Nous vivons une bien curieuse époque.
Il n’y a plus de saisons, les héros contemporains se nomment Jérôme Kerviel ou Luis Suarez, et le FN se voit définitivement banalisé. Oui, banalisé comme une vieille tante qui ferait son coming-back familial après avoir ravalé ses aigreurs, rasé ses épis sous le menton et teinté son chignon comme une tricoteuse virée branchée et coquette.
Le FN, devenu premier parti français, n’a pas provoqué comme en 2012 suffocations, crises d’asthme et actes de contrition. Pas même une démission… Il fait depuis longtemps partie du paysage, comme l’allusion raciste meuble les conversations vides de sens. On a tout dit tout fait sur le FN : on l’a décortiqué, soupesé, diabolisé, marginalisé. Depuis le sociologue en descendant jusqu’au présentateur de JT. Et pourtant, contre la plus évidente des logiques, le FN est parvenu à imposer sa propagande grotesque qui veut laisser penser qu’il est un parti non-corrompu et serviteur des intérêts du peuple. A-t-on jamais vu pareille escroquerie ?
Un détail symbolique de l’actualité aurait du nous alerter en 1989 : la jetset de la rhétorique télévisée se trouvait alors systématiquement débordée par la faconde de Jean-Marie Le Pen, et n’avait dû qu’au truand Bernard Tapie de pouvoir lui tenir la dragée haute. Nous avions déjà atteint le point d’orgue du non-sens attribué par les mass-médias au fait politique.
Et donc, pour y revenir, votre grand-tante épuisait les anniversaires où vous l’invitiez encore, malgré l’opprobre dont elle était majoritairement couverte : acariâtre, eau de Cologne aux effluves épouvantables, jet de verre à la figure de ses contradicteurs, voix de crécelle et interventions coupantes dans la conversation, excessivité passionnelle exclusivement nourrie de détestations… et fuites assumées sans mesures absorbantes.
Les jumeaux Jérémy et Matthieu envisagèrent même un jour de l’empoisonner en introduisant de la mort au rat dans les capsules de cellulose de son pilulier ; Tatie Danielle, comme l’appelaient les garnements, échappa à l’intoxication grâce à Didier, qui fumait 10 grammes aux toilettes de l’étage, et perçut les conciliabules du forfait au travers des volutes de cannabis fuyant vers le fenestron ouvert. Notre tante passait alors une majeure partie de ses loisirs à intenter d’interminables procès à son voisinage, pour une tonte de pelouse à l’heure de la sieste, pour un trottoir non déneigé l’hiver, ou pour une branche d’arbre trop longue. Son grand exercice à elle. Du coup, Jim, son avocat, lui garantissait, via la constance d’un chiffre d’affaire détourné à sa descendance, la fidélité et l’amitié qu’elle avait toute sa vie refusées à quiconque s’aventurait à explorer les cernes mauvais que cachait sa peu-amène écorce.
Une nuit comme une autre, où Tatie Danielle avait jeté trente bassines d’eau bouillante sur des chats amoureux, pesté contre l’arthrose, les impôts locaux, et voué aux gémonies ce Conseil Municipal qui nourrissait dans le cadre d’un jumelage des relations culturelles transsahariennes, sa femme de ménage la retrouva gisante entre prie-Dieu et bonnetière, serrant contre elle un poing qui contenait tous les reproches de la terre. Attaque cérébrale, diagnostiqua sans mal l’urgentiste, un caillot vite dissous dans une perfusion d’aspirine qui lui redonna en moins de deux jours vivacité et méchanceté.
Malgré cette stupéfiante convalescence, cet évènement ne resta pas sans conséquence. Notre tante prit conscience de l’insignifiante compassion dont elle fut l’objet à l’occasion de cet accident. Elle décida donc, au travers d’une métamorphose dont seuls les malfaisants sont capables, de changer d’attitude à l’égard de ses prochains.
Les transformations lentes autour d’elle ne lui avaient d’ailleurs pas échappé. Serge, son neveu n’avait plus rien à voir avec le jeune homme libre-penseur et idéaliste qui occupait la salle du conseil de la faculté de Lettres de Nanterre le 22 mars 1968. Ventru et cardiaque, il avait pris les rennes d’une société de volets roulants que lui avait léguée son père, en déléguant autant qu’il pouvait ses pouvoirs à un jeune étalon sorti de Sup de Co et leader d’un think tank centriste. Amin s’était détaché de sa maison de quartier et encarté dans un club Jeunes Populaires, rassemblement local d’émules républicains. Même la magnifique Paula avait mis un terme à ses frasques, s’entichant d’un vieux satyre ayant pognon sur rue, comme elle se plaisait à le souligner auprès de ses amis, qui se plaignaient qu’elle eût si brutalement bifurqué.
Tout ce monde fréquentait les grandes surfaces le samedi, vivait à crédit, allumait durablement des téléviseurs à écrans plats et aspirait à bronzer dans sa piscine l’été, la Rolex des classes moyennes.
Tatie Danielle prit la mesure de la métamorphose qui lui fallait accomplir sur elle-même pour espérer régner sur ses prochains. Elle rangea dans un placard sourd tous les attributs qui lui donnaient l’apparence vitreuse d’un sac de naphtaline habillé d’un scapulaire de bénédictine, et, avec l’entremise de Jim, se choisit une garde-robe neuve et bariolée, qui pétait mille feux sous le rouge à lèvres assorti qu’elle ne manqua désormais plus de peindre sur une bouche refondue par trois mois de chirurgie dentaire. Epilation, manucure, gommage des taches pigmentaires. Et coaching : sourires automatiques découvrant des séracs de bienséance, coups d’œil entendus décochés avec la précision d’un laser. Tatie Danielle était devenue une Danielle qu’elle n’avait jamais été.
Sans jamais s’être repentie de ses mauvais penchants, elle œuvrait maintenant à la séduction : abondement aux études des petits neveux, compassion gratuite, à propos pour emprunter le sens de ses interlocuteurs, flatteries habiles. Cela suffit pour que l’Inopportune se fasse une cour de cette population familiale, certes rassise, mais pourtant rancunière comme une sciatique.
Elle fut de nouveau invitée aux anniversaires et autres communions. Sa participation à l’émission de téléréalité Teaparty fut accueillie comme une consécration. Mieux encore : elle fut consultée sur des sujets aussi déterminants que le choix d’un papier peint, l’accommodement d’un plat, ou encore les modalités de déracinement d’un hêtre. L’avocat Jim fût même mis à la disposition expresse pour quelques interventions, dont la dernière permit à Jérémy d’écourter un interrogatoire judiciaire après qu’il fût soupçonné de participer à des bagarres (que Danielle eût le courage de qualifier de ratonnade, appelons les choses par leur nom). Courtisée par ceux qui naguère se détournaient de ses mauvaises grâces, elle débarquait aujourd’hui bruyamment en agitant des bras de star adulée. Jacasseries et débordements bien tolérés puisqu’elle incarnait une Castafiore chantant les louanges de la famille, du travail et de la patrie, valeurs brandies en tant que slogans branchés, donc peu offertes à la contestation immédiate, vociférations multiples pour proclamation d’un bon goût contemporain unique et autocentré sur sa personne.
Forte de ce charisme d’animatrice de supermarché, Danielle se saisit des rênes de la présidence de sa copropriété, puis fut tentée de militer pour « La France aux Français » ; c’est assez naturellement qu’elle devint porte-parole du parti, à l’échelle de l’arrondissement ouest de sa commune. De 25 ans son ainée, elle adulait Sarah Palin et affinait ses manières en scannant le jeu de l’américaine, qu’elle mettait en pratique dans l’animation de réunions hebdomadaires Tupperware et Linsvosges. Son dynamisme de septuagénaire tricolore fut remarqué par l’épouse d’un élu Front National, ce qui permit à l’emblématique Danielle d’intégrer un sillon du parti en devenant une mascotte régionale. Le FN cherchait à se guérir des coliques du « Vieux » et dissimulait sa garde de skinheads en épinglant au devant de ses meetings des bobines plus traditionalistes : une Mamie Confiture plutôt que le kop de Boulogne !
Et ma foi, oui, si ce n’était l’âge, Danielle, vieille garniture rafraichie au rouleau, semblerait aujourd’hui encore tournée vers un avenir prometteur : il y a assurément un courant porteur pour le simplisme. Il n’a pas d’âge, pas de race, il est intergénérationnel, universel. Les élites politiques semblent aujourd’hui jalouses des ses bénéfices, se sondant pour savoir s’il faut aller plus loin encore dans sa voie.
Un conte actuel de E.H.
Merci pour la contribution qu'elle devienne régulière...
Examiner les choses avec recul, permet de constater que la « vérité » est sujette à des évolutions et que finalement la « sagesse » et la lenteur sont plus adaptées pour évaluer la réalité des faits. Continuons donc à ne pas nous laisser prendre dans le « tourbillon médiatique » sujet à retournements permanents.
samedi 23 août 2014
jeudi 14 août 2014
La mission du centenaire de la Première Guerre mondiale ou les leçons du passé.
En ces temps de célébration du centenaire de la grande boucherie de 14-18, dite « la grande guerre », il est aussi temps de rappeler certaines vérités la concernant, qui devraient nous faire réfléchir, car elles sont toujours d’actualité. Et oui ! Cent ans après ! Le temps passe, et pourtant c’est si court par rapport à l’Histoire.
Tout d’abord je voudrais rappeler qu’au moment où le Président de la République refusait de réhabiliter les Fusillés pour l'exemple (1), le jury Goncourt couronnait le roman de Pierre Lemaitre « Au revoir là-haut »(2), dont le titre reprend les derniers mots de la dernière lettre du soldat Jean Blanchard, fusillé pour l'exemple avec cinq de ses camarades, le 4 décembre 1914 à Vingré. L'auteur, connu pour ses romans policiers, écrit ici une histoire de la fin de la guerre où les personnages sont exemplaires de la réalité de ce carnage, dans un style qui sait aménager surprises et rebondissements, et dont je recommande vivement la lecture. Dans une interview au Courrier Picard, il déclare : « je crois que mon travail a été dirigé, piloté par une pensée qui est celle d'Anatole France, qui disait : ''On croit mourir pour la patrie, mais on meurt pour les industriels.''…Il n'y a aucun doute que de toutes les guerres - et celle de 14 peut-être plus que les autres - le capitalisme s'en nourrit. L'industrie adore la guerre avant, pendant, après. Et j'ai pensé que si on regardait l'après-guerre, l'axe était encore plus amer plus décapant. »
Anatole France
Dans l'épilogue, l'auteur rappelle que les malversations relatives aux sépultures n'ont pas été inventées : il y a bien eu un scandale qui a éclaté en 1922 et qui a mis en cause les « mercantis de la mort ». Quant à l'arnaque aux monuments aux morts, elle est le fruit de son imagination et comme il l'écrit : « Ainsi, l'un des faits est réel, l'autre non, mais ç'aurait pu être l'inverse. » !
Nous entrons ainsi dans le vif du sujet. La réalité dépasse souvent la fiction. L’ambition, le cynisme : un lieutenant, qui veut devenir capitaine, comprend qu'il n'a plus beaucoup de temps pour obtenir du galon, il se crée une « occasion ». Un général aimerait bien fusiller pour l'exemple un de nos deux soldats, accusé à tort de désertion. L’horreur : les hôpitaux militaires surchargés, dans l'incapacité de faire face à l'afflux des blessés. Pour le commerce, la guerre présente beaucoup d'avantages, même après…
Après l’armistice, on trouve ces soldats bien gênants avec leurs mutilations et leurs gueules cassées; on voudrait les oublier, mais cela peut rapporter. Tous les sentiments sont présents dans ce magnifique livre.
Jean Jaurès
C’est un exemple de la folie meurtrière de nos exploiteurs, car comme disait Jean Jaurès (député socialiste, interpellation à la Chambre des députés, le 8 mars 1895) : « Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l'orage. Toujours votre société violente et chaotique, même quand elle veut la paix, même quand elle est à l'état d'apparent repos, porte en elle la guerre, comme une nuée dormante porte l'orage. (. . .) Il n'y a qu'un moyen d'abolir la guerre entre les peuples, c'est abolir la guerre économique, le désordre de la société présente ». Et Anatole France le 18 juillet 1922 dans l’Humanité : « La guerre mondiale fut essentiellement l’œuvre des hommes d’argent. Ce sont les hauts industriels des différents Etats de l’Europe qui la voulurent, la rendirent nécessaire, la firent, la prolongèrent…Ces hommes là, ils ressemblent à leurs Hauts fourneaux dont il faut sans cesse, le jour, la nuit, emplir les entrailles de minerais, de charbon, afin que ruisselle au bas la coulée de métal. Leur insatiable appétit exige qu’on jette au feu, sans relâche, dans la paix, dans la guerre, toutes les richesses du sol et tous les fruits du travail, et les hommes, oui, les hommes par troupeaux, par armées, tous précipités pêle mêle dans la fournaise béante afin que s’amassent à leur pieds les lingots, toujours plus de lingots ».
Depuis rien n’a changé si ce n’est la manière. Le grand combat de nos parents, grands parents ou arrière grands parents en 36 a apporté des droits et une certaine justice à la classe ouvrière. Malgré une tentative de destruction en 40, le rapport de force de la lutte de classes en 45 a permis une embellie durant quelques décennies. La brèche ouverte en 68 après la trahison de l’appareil stalinien et de l’action simultanée des « gauchistes » a permis ce que nous vivons, de reculs en reculs sur tous les droits sociaux.
Et la folie meurtrière a continué. Ils ont fait la guerre quand ils l’ont décidé, guerre mondiale, guerres coloniales, aujourd’hui guerres sous différents prétextes, de guerre mondiale à guerre mondialisée, parfois sous le couvert d’une certaine démocratie. Dans ce système pourrissant, les mots patrie, qui désigne, étymologiquement, le pays des pères, ou nation persistent pour diviser la classe laborieuse, alors qu'il n'ont plus cours pour l'argent des exploiteurs qui monopolisent le pouvoir de leur monde « mondialisé ». En France les dirigeants de gauche, comme de droite, favorisent la formation des communautarismes, au mépris de la République française laïque, laïcité si bien définie par la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat en 1905. Tous les ingrédients sont bons pour diviser le peuple quand on veut monopoliser toutes les richesses. Ils n’hésitent pas à nous faire croire que s’il y a des pauvres, c’est parce qu’ils sont fainéants, ou profiteurs, ou étrangers, comme le fait si bien le Tea Party aux Etats-Unis et les partis d’extrême droite européens. Les communautarismes sont une conséquence du système, pas la cause des tensions. Il faut éliminer la cause pas le résultat. Faire croire qu’on peut éliminer le résultat par des restrictions de circulation, des isolements, c’est du « populisme ».
Et pendant ce temps les grands profiteurs encaissent. Toutes les statistiques prouvent que le fossé se creuse entre richesse et pauvreté. Si 14-18 est un exemple de la folie meurtrière de nos exploiteurs, aujourd’hui, comme hier, n’ayez crainte pour sauvegarder leurs avoirs : « Leur insatiable appétit exige qu’on jette au feu, sans relâche, dans la paix, dans la guerre, toutes les richesses du sol et tous les fruits du travail, et les hommes, oui, les hommes par troupeaux, par armées, tous précipités pêle mêle dans la fournaise béante afin que s’amassent à leur pieds les lingots, toujours plus de lingots ».
Cent ans après Jean Jaurès, (le vrai, pas celui revendiqué par Sarkozy ou Hollande-Valls) :
« il n'y a toujours qu'un moyen d'abolir la guerre entre les peuples, c'est abolir la guerre économique, le désordre de la société présente. »
Au-delà des célébrations de ce centenaire, il faut se rappeler ce que devrait nous enseigner l’Histoire, par l’enseignement laïque généralisé, comment on peut en finir avec ces retours à la barbarie. La lutte des classes est toujours à l’ordre du jour.
A bientôt.
(1) Sur le combat pour la réhabilitation des Fusillés pour l'exemple voir :
http://www.fnlp.fr/spip.php?article1070
(2) Au revoir là-haut de Pierre Lemaitre chez Albin Michel
Sciences : Les journaux racontent n’importe quoi !... (suite)
Vous regardez la télévision ?
Oui, comme tout le monde.
Voici deux exemples récents qui confirment les recherches du
NIH américain que j’ai citées dans « Les journaux racontent n’importe quoi !... »
du 15 juin dernier.
Le premier sur TF1. Là ce n’est pas surprenant :
« Etre bon en maths ou en lecture, ça va souvent de
pair et c'est dans les gênes ».
Je vous fais remarquer que j’ai copié/collé le titre sur le
site MYTF1News, sans changement, et l’on peut déjà voir que ceux-ci ne s’embarrassent
pas pour l’orthographe : là où il y a de la gêne, il n’y a pas de plaisir,
n’est-ce-pas. Sur TF1 on n’est pas à un gène près. Sur ce site donc, on vous
prévient déjà sous le titre : temps de lecture 3min.
Ouf ! On n’a pas besoin de se concentrer trop longtemps !
Et nous
démarrons : « Une étude
britannique révèle qu'au moins 10% des gènes liés à la maîtrise de la lecture
chez l'enfant interviennent aussi dans la compétence en mathématiques. »
Une seule étude, donc pas un résultat scientifique car rappelons que
pour qu’un fait scientifique soit avéré, il faut que les expériences qui le
sous-tendent soient reproduites par des équipes différentes; une étude, donc, dans
laquelle 90% des intervenants ne sont pas concernés selon l’auteur.
Continuons : « La maîtrise des maths et de la lecture aurait le même
socle génétique. C'est du moins ce que révèle une étude britannique. Au moins
10%, et sans doute même autour de 50%, des gènes liés à la maîtrise de la
lecture chez l'enfant interviennent aussi dans la compétence en
mathématiques. »
« La maîtrise des maths et de la lecture aurait …», comme dirait Coluche
« il se pourrait que, mais on n’est pas sûr, pourquoi en parler
alors ? ».
Je continue : « Au moins 10%, et sans doute même
autour de 50%, ». Quelle rigueur, on n’est pas à 40% près ! Et pour
finir : « L'étude ne pointe
pas de gènes spécifiques liés à l'alphabétisation et au calcul, explique
Robert Plomin. Elle suggère plutôt
que l'influence génétique sur des caractéristiques complexes, comme les
capacités d'apprentissage, ou des troubles fréquents, comme la dyslexie, relève
d'une multitude de gènes ayant chacun un tout petit effet ».
Et en conclusion : « Les chercheurs relèvent
toutefois que la génétique n'explique pas tout et insistent sur le rôle
important que peut jouer l'environnement d'un enfant dans le développement de
ses compétences en lecture et en mathématiques. »
Ce n’était peut-être pas la peine de donner
« l’information » !... Scientifique ?
Sur France5 on aurait retrouvé la mémoire de l’eau !
Mais si !
Je lis dans Sciences et Avenir sous
la plume d’Hervé Ratel : « Sauve qui peut, le serpent de mer refait
surface ! La mémoire de l’eau de feu Jacques Benveniste est de retour. Et pas
sous la férule de n’importe qui, mais d’un prix Nobel, excusez du peu, Luc
Montagnier, récompensé en 2008 avec Françoise Barré-Sinoussi pour la découverte
du virus du sida. Un documentaire "On a retrouvé la mémoire de l’eau"
est actuellement diffusé sur France 5 et le moins qu’on puisse dire, c’est
qu’il ne fait pas honneur au service public... »
Je ne saurais mieux exprimer ce
retour d’une imposture scientifique que cette petite critique qui remonte un peu le niveau de la presse scientifique
souvent motivée par des considérations philosophiques et téléologiques. Je vous
livre donc le texte complet :
« Les expériences actuelles de
Luc Montagnier sont dans la droite ligne de celles de Benvéniste : montrer que
de l’eau mise en contact avec des macro molécules (comme de l’ADN par exemple)
peut restituer la forme et la composition de ces dernières en leur absence, par
la mesure des champs électromagnétiques émis. Jamais publiés, uniquement
présentés dans des colloques et n’ayant donc qu’une portée scientifique
limitée, les résultats de Luc Montagnier ne font pourtant l’objet d’aucune
critique ni du moindre recul dans ce documentaire de France 5. Aucun des milliers de biologistes
travaillant dans l’hexagone n’était donc disponible pour un commentaire sur une
découverte susceptible de bouleverser un siècle et demi de science ? Amnésique, partisan et manquant du
recul nécessaire, le film joue de surcroît la partition du chercheur seul
contre tous, isolé du monde scientifique et des autres chercheurs parce que
détenteur d’une vérité que personne ne souhaiterait voir. Refrain connu des
groupuscules complotistes mais qu’on n’a guère l’habitude de rencontrer ici, au
sein d’un programme national. »
Je n’ai rien à ajouter.
A bientôt.
dimanche 15 juin 2014
L’objectif de la Réforme territoriale départementale : une « escroquerie ».
Les médias nous assurent « la fin des départements :
les Français sont pour. »
Cherchant l'étalage culturel, un éditorialiste du Journal du
dimanche titre début mai : « Effacer Napoléon », prouvant ainsi
que les attaques contre l'instruction n'épargnent pas la presse, déjà truffée
de fautes d’orthographes, et de narrations sans rapport. Car c'est exactement
le contraire.
Le premier Bonaparte inventa les préfets, alors que la
Révolution avait confié à des élus les pouvoirs départementaux. Son neveu, Napoléon
III, canaille politique entourée de crapules, fit de la France un Etat policier,
ou les préfets tout-puissants nommaient les maires, et surveillaient tout.
« Le vautour avait remplacé l'aigle : il ne descend pas de Napoléon,
disait Hugo, il en tombe ».
Voilà le modèle de notre gouvernement, lorsqu'il pense remplacer,
dans les départements, le suffrage
universel, rétabli après l'empire, par la seule autorité des préfets. Si certains,
lassés de « l’inefficacité » de la classe politique peuvent penser
que les économies réalisées par la diminution du nombre d’élus du peuple seront
un premier pas pour résoudre nos problèmes, ils s’égarent dans un
« poujadisme » restrictif. On ne retrouve pas de la démocratie en
éliminant la représentation populaire. On en perd. Quant aux économies elles
sont factices et faibles, l’objectif des gouvernants n’est pas quelques
millions d’euros. La question est : où passe le budget des
départements ?
Déjà regardons de plus près à quoi sont affectés les budgets
départementaux ? Il suffit de consulter les compétences du Conseil
Général.
“Le Conseil général règle par ses délibérations les affaires du
département” (loi de décentralisation du 2 mars 1982).
Il est chargé d’aménager, développer, animer et administrer
le territoire. Depuis 1982, avec les étapes successives de la décentralisation,
l'Etat lui a transféré de nombreuses compétences, obligatoires ou facultatives.
Les compétences
d'attribution
Ce sont les missions obligatoires que le Conseil général se
doit de mettre en œuvre, en application de loi.
Action sociale et
solidarités
·
Missions de protection maternelle et infantile
(PMI) et d’aide sociale à l’enfance (ASE),
·
gestion de l’allocation personnalisée
d’autonomie (APA),
·
versement de la prestation de compensation du
handicap (PCH),
·
gestion du RSA,
·
du fonds de solidarité pour le logement (FSL),
·
du fonds d’aide aux jeunes (FAJ)...
Routes
·
Aménagement des 4000 km du réseau routier
départemental et d'une partie des routes nationales.
·
Transports
·
Organisation et gestion du réseau de transport
interurbain (les 43 lignes du réseau “Haute-Vienne en car”, les services
“Taxicar” et “Handicar 87”),
·
Organisation et gestion des transports
scolaires.
Collèges
·
Construction et entretien des bâtiments,
·
Dotation de fonctionnement, et rémunérations des
agents TOS.
Tourisme
·
Développement du plan départemental des
itinéraires de promenade et de randonnée (PDIPR),
·
Participation au développement d’infrastructures
touristiques,
·
Promotion des richesses du patrimoine naturel et
culturel local...
Service d’incendie et
de secours (Sdis)
Culture
Archives
départementales, Lecture publique (bibliothèque départementale de prêt),
Schéma des
enseignements artistiques.
Environnement
Appui technique aux
communes pour l’exploitation des stations d'épuration et des réseaux de
distribution d’eau potable,
Plan départemental
d’élimination des déchets ménagers.
Je ne vous développerais pas les actions volontaristes du
Département. Ce sont des compétences facultatives qui font l'objet
d'interventions choisies par l'Assemblée départementale. Elles sont toutefois
aussi importantes.
Je ferais remarquer simplement, qu’à votre avis, lorsqu'un
régime s'assigne l'objectif d'économiser 12 à 25 milliards d'euros dans des
budgets départementaux (selon Vallini, ministre du charcutage territorial)
chargés de l’aide aux pauvres, de la protection de l’enfance, des handicapés,
des collèges, des routes, et des agents territoriaux, il ne va pas les trouver
dans la seule suppression du suffrage populaire, remplacé par des préfets
obéissants, révocables à sa discrétion, sans budget, mais qu’on ne prévoit pas
de supprimer.
Expliquez et les citoyens comprennent vite l'escroquerie,
toujours dirigée contre ceux qui en ont besoin.
A bientôt.
Les journaux racontent n’importe quoi !...
Ce n’est pas moi qui dis
cela, c’est un site d’information espagnol spécialisé dans l’information
scientifique. Lancé en juin 2012 par des journalistes du service Science
du quotidien espagnol Público lorsque ce dernier a renoncé à sa version
imprimée, “Matière” est un site spécialisé dans les sciences, l’environnement,
la santé et la technologie. Issue de diverses rédactions comme celles d’El
País, El Mundo, ABC ou de l’agence EFE, l’équipe compte une dizaine de personnes.
Enquêtes, interviews et articles d’opinion constituent le cœur du projet, venu
combler un vide dans la presse espagnole. Le site s’est récemment associé au
prestigieux site anglophone Matter.
« En irait-il de
l’information comme de l’alimentation ? Nous avons beau savoir que les
bettes à la vapeur sont meilleures pour la santé que les hamburgers de
McDonald’s, le macdo l’emporte souvent sur les légumes dans l’ordre de nos
goûts. En matière d’information, bien souvent, le sujet le plus important perd
la bataille de l’audience contre les ragots ou les anecdotes à connotation
sexuelle – voire simplement contre quelques photos de chatons. »
s’étonne Daniel Mediavilla sur ce site (13 mars2014). « La même tendance
serait à l’œuvre derrière un phénomène observé par des chercheurs des National
Institutes of Health (NIH, agences gouvernementales américaines en charge de la
recherche médicale et biomédicale), dans un article publié par la revue
spécialisée Plos One : dans leur traitement de la recherche médicale, les
médias ont tendance à privilégier les études scientifiques les moins fiables. »
Un exemple :
Un exemple :
« Pour observer ce qu’il
se passe dans le processus de transmission de ces recherches depuis les revues
spécialisées vers les médias grand public, les auteurs du rapport se sont
d’abord penchés sur deux articles semblables et publiés au cours de la même
période. Le premier faisait état d’une étude d’observation (où les chercheurs
recueillent sans intervention des informations sur une population donnée pour
répondre à une question précise et principale) qui établissait un lien entre la
prise de statines, classe de médicaments utilisée dans la réduction du
cholestérol, et la mortalité par cancer. Sur cette information, CBS News
titrait “Les patients qui prennent des statines ont moins de risques de mourir
d’un cancer”, tandis que le Los Angeles Times intitulait son article “Les
statines susceptibles de réduire le risque de mort par cancer.” Pour les
chercheurs, ces deux titres sont sujets à caution, dans la mesure où ils
peuvent conduire le lecteur à tirer des conclusions excessives par rapport à la
pertinence des résultats d’une étude d’observation. Ce type d’études peut en
effet établir une corrélation entre deux phénomènes, comme la prise de statines
et des probabilités moindres d’être atteint d’un cancer, mais pas un lien de
cause à effet.
La manière de présenter des résultats, quand on ne fait aucun cas de la rigueur scientifique, induit (je dirais même sciemment) en erreur un lecteur non averti ou même distrait. On fabrique ainsi des « rumeurs ».
La manière de présenter des résultats, quand on ne fait aucun cas de la rigueur scientifique, induit (je dirais même sciemment) en erreur un lecteur non averti ou même distrait. On fabrique ainsi des « rumeurs ».
De la même façon, une étude
d’observation pourrait distinguer un lien entre deux heures quotidiennes ou
plus de télévision et l’augmentation des risques cardiovasculaires. Ce qui ne
voudrait pas dire qu’on peut conclure, comme le font une majorité de médias,
qu’il y ait dans le poste de télévision quelque mécanisme néfaste pour le cœur,
mais une sédentarité excessive, liée, notamment, à un trop grand nombre
d’heures passées devant la télé, peut effectivement causer des problèmes
cardiovasculaires. La relation de cause à effet ne peut être établie que par un
essai clinique comparatif randomisé, conçu afin d’éliminer les biais pouvant
conduire à des conclusions erronées. (Il s’agit d’études expérimentales de références
en recherche clinique où les participants sont répartis de façon aléatoire
entre un groupe expérimental et un groupe témoin.)
Autre exemple :
Autre exemple :
« Une équipe conduite
par Vinay Prasad, du service d’oncologie médicale des NIH, a comparé l’écho reçu
par cette étude d’observation ayant décelé un lien entre prise de statines et
risque de cancer avec ceux d’une autre étude, comparative et randomisée cette
fois, qui constatait une baisse de la mortalité des femmes atteintes d’un
certain type de cancer du sein quand elles reçoivent un traitement
médicamenteux au T-DM1. Si ces dernières recherches ont elles aussi été
médiatisées, elles n’ont fait l’objet que de 77 reprises par les médias,
contre 311 pour celles sur les statines.
Pour évaluer la récurrence de ce type de traitement de l’information, les chercheurs se sont penchés sur 75 articles parus à propos de recherches médicales dans cinq grands journaux comme The New York Times et le Washington Post, qu’ils ont comparés à 75 travaux publiés dans cinq revues scientifiques prestigieuses. Ils ont découvert que les journaux accordaient une place plus limitée aux essais randomisés, cantonnés à 17 % dans la presse grand public contre 35 % dans les revues spécialisées. Les études d’observation, elles, représentaient à l’inverse 75 % des articles publiés dans les journaux généralistes, contre 47 % dans les revues scientifiques. »
Le NIH en conclue : « moins une recherche scientifique est fiable, plus elle a de chances d’être reprise par un grand quotidien. »
Pour évaluer la récurrence de ce type de traitement de l’information, les chercheurs se sont penchés sur 75 articles parus à propos de recherches médicales dans cinq grands journaux comme The New York Times et le Washington Post, qu’ils ont comparés à 75 travaux publiés dans cinq revues scientifiques prestigieuses. Ils ont découvert que les journaux accordaient une place plus limitée aux essais randomisés, cantonnés à 17 % dans la presse grand public contre 35 % dans les revues spécialisées. Les études d’observation, elles, représentaient à l’inverse 75 % des articles publiés dans les journaux généralistes, contre 47 % dans les revues scientifiques. »
Le NIH en conclue : « moins une recherche scientifique est fiable, plus elle a de chances d’être reprise par un grand quotidien. »
Il en va ainsi des médias. La
recherche du « buzz » est plus importante que l’information.
Pour les dernières élections
européennes on a entendu les mots de « séisme », « tsunami »
à propos du score du Front National. En fait le tsunami c’est le score des non
votants, mais les lunettes des médias sont dotées d’un réglage qui trompe leur
acuité visuelle. D’abord je me répète, on compare en pourcentage, donc on ne
peut tenir compte du résultat que si les bases de calculs sont comparables ce
qui n’est pas le cas. La seule comparaison mathématique de base valide est le
score en voix. Il y a 44,8 millions d’inscrits sur les listes électorales, 60%
(abstentions, votes nuls et blancs) donc 27 millions d’électeurs n’ont pas
manifesté un intérêt particulier pour ce scrutin. Pour différentes raisons
peut-être mais justement c’est la voix de la majorité donc il faut en tenir
compte. Le véritable « tsunami » est là ! C’est un rejet massif
du gouvernement et de l’Union Européenne. Rejet profond
et massif qui s’est exprimé dans toute l’Europe, 57% (pourcentage explicite et comparable puisque
basé sur l’ensemble des corps électoraux) des Européens se sont abstenus.
Pour le « séisme », le FN est crédité de 4,7 millions de voix, que
l’on peut comparer aux élections où tout le corps électoral est concerné (comme
dans cette dernière élection) 6,4 millions de voix réalisées à
l’élection présidentielle de 2012 par Marine Le Pen, ou aux 4,8 millions de Jean-Marie Le Pen à l’élection présidentielle de
2002. Les législatives de 2012 ne peuvent être prises comme comparatif car le
parti ne se présentait pas dans toutes les circonscriptions mais déjà il avait 3,5
millions d’électeurs. La réalité c’est que les français persistent dans le vote
négatif à Maatstricht, contre toutes les pressions.
La liberté de la presse ne
s’use que si l’on s’en sert, écrivait le Canard Enchainé, il y a bien
longtemps, mais l’indépendance de la presse est bien plus importante encore, et
il y a aussi longtemps qu’elle a disparue du paysage officiel.
PS (pour éviter un
erreur post scriptum) :
FranceTV info a
collationné les résultats de cinquante villes battant les records du rejet de
Hollande, entre 2012 et 2014. Lisons donc les « triomphes » du FN.
Roubaix passe
de 30 % à 75 % d'abstentions; Hollande perd 11 000 de ses 12 900 voix. Le FN,
ne perd que 2 000 de ses 4 800 voix c’est donc un …
« triomphe » !
A
Behren-lès-Forbach (Moselle), il ne reste que 17 % de votants le 25 mai dernier
! Dans ce mouchoir de poche, où Martin (CFDT-PS) ne glane que 104 voix sur les
1 488 de Hollande, Philippot du FN, avec
moins de la moitié des voix Le Pen 2012, « triomphe » à 40 %.
Record à Stains
(SeineSaint-Denis) : perdant « seulement » 800 voix, contre 4 432
perdues par Hollande (ramoné à 293 voix !) le FN … « triomphe ».
Où sont-ils, ô
savants analystes bourgeois, vos transferts de suffrages ouvriers au FN ? Il y
a toujours eu une minorité d’ouvriers qui ont voté extrême droite, on peut
toujours en faire des « triomphes »…
La classe exploitée a besoin
de dirigeants et de combattants indépendants, pas d’une représentation
politique rémunérée puisqu’ils font … un métier. Il faut en finir avec cette
République et cette Europe. Pour une Assemblée Constituante et une Europe des
peuples.
A bientôt.
Les bonnes nouvelles des marchés.
Le résultat des
Européennes : pas une surprise pour les marchés financiers.
Pas de panique sur les marchés financiers au lendemain des
élections européennes. Les bourses sont au mieux. Les investisseurs n’ont pas
d’inquiétude pour l’avenir, et l’indice CAC 40 s’offre un nouveau « plus
haut » de 2014, des sommets qu’on n’attendait soi disant plus. Satisfaction
d’autant plus grande qu’un « bouc émissaire » est à l’Elysée.
Guillaume de Calignon dans les Echos du 30/05 nous annonce
même que :
« Le PIB a retrouvé son niveau d’avant-crise deux ans plus tôt
qu’annoncé. »
Que du bonheur !
Le journal nous explique : « Grâce un changement de mode de calcul, le PIB a renoué fin 2011
et non fin 2013 avec son niveau d’avant-crise. La croissance avait été
sous-estimée de 1% sur cinq ans.
La crise a été moins
forte en France que ce que l’on pensait. C’est l’Insee qui le dit. Pas en
raison d’un recul inespéré du chômage, d’un rebond inattendu du pouvoir d’achat
ou d’un envol de la production industrielle. Mais simplement parce que le PIB a
augmenté plus vite depuis 2008. Alors que l’Insee estimait jusqu’à présent que
l’Hexagone avait retrouvé son niveau de richesse produite d’avant-crise au
quatrième trimestre 2013, il l’a en fait dépassé dès le troisième trimestre de
2011. Deux ans de crise en moins ! »
Croyez-vous çà ! Un effet d’optique, non, un changement
statistique !
Evidemment, personne ne s’en est aperçu puisqu’il s’agit
d’un changement statistique. Les dépenses de R&D (Recherches et
développements) ne sont plus considérées comme des consommations intermédiaires
mais comme des investissements.
« A ce titre,
elles viennent donc grossir le PIB. Elles ont représenté 41 milliards
d’euros en 2010, soit 2,1% de la richesse nationale. Ce changement n’aurait pas
dû avoir d’impact sur le taux de croissance mais seulement sur la richesse.
Mais les économistes de l’Insee ont eu la surprise de découvrir que ce n’était
pas le cas. La croissance du PIB a été sous-estimée d’environ 1% sur les cinq
dernières années. »
«Les dépenses de
R&D croissent en moyenne plus vite que le PIB et sont relativement inertes
en cas de baisse de l’activité», explique Laurent Clavel, économiste à
l’Insee. « Les entreprises ont tendance à
licencier les salariés dont l’activité est directement liée à la production
lorsque la demande baisse brutalement et à garder les chercheurs. D’abord parce
que ces derniers travaillent à un horizon long, de trois à cinq ans. Ensuite
parce que les crises sont aussi souvent des moments d’accélération de la
mutation d’un secteur ou d’un produit», décrypte-t-il. Ainsi, les dépenses
de R & D ont grimpé plus vite que le PIB depuis 2008 dans l’Hexagone.
« Ce changement
statistique ne change toutefois pas l’histoire économique de la France au
XXIe siècle : la révision à la hausse de la croissance depuis 2008 est
somme toute relativement faible puisqu’elle n’est que de 1% étalé sur cinq ans ».
«Il ne faut pas sur interpréter ce chiffre», estime Laurent Clavel.
« En revanche, le
fait que la crise a été «raccourcie» par rapport aux précédentes estimations,
alors que les Français n’en ont pas moins supporté les difficultés, vient
rappeler la fragilité des statistiques, dépendant
de conventions, et surtout, leur caractère partiel et partial. C’est
l’effet réverbère. Dans la nuit, il est possible de distinguer les bâtiments
d’une ville alors que, sous un réverbère, l’homme voit très bien mais est
incapable de voir les bâtiments, plongés dans la pénombre.L’indicateur est un
réverbère. Il éclaire une problématique, mais n’explique pas la totalité des
problèmes», conclut Laurent Clavel.
Ne croyez pas que ceci change un iota à la politique d’austérité pour le peuple français. Les lois ne sont pas immuables, particulièrement les règles comptables. Vous verrez que quand vos salaires seront au niveau espéré par le patronat et votre protection sociale amputée on vous dira que la dette était correcte, et que celle-ci est bien un élément constitutif du système capitaliste !
Actuellement en France, la loi organique relative aux lois
de finances (abrégée en LOLF) n°2001-692 du 1er août 2001 est le texte
déterminant le cadre juridique des lois de finances. Mais tout ceci peut
changer au gré des événements, les règles même obligatoires sont modifiables.
Mieux !
Les activités
illégales devraient être prise en compte dans le PIB, selon la Commission
européenne. Mais l’Insee s’y refuse pour l’instant.
« Faut-il
intégrer le trafic de drogue, la prostitution et les autres activités illégales
dans le calcul du PIB ? La question peut paraître incongrue. Elle est
pourtant légitime, au moins d’un point de vue européen. L’an dernier, Eurostat,
l’institut statistique communautaire, a demandé, en effet, aux Etats membres de
l’Union européenne de tenir compte des activités illicites qui créent de la
richesse dans leurs statistiques », explique Guillaume de Calignon
toujours dans les Echos.
Les Pays-Bas comptabilisent par exemple déjà le trafic de
drogue et la prostitution. Le commerce de cannabis étant permis dans ce pays,
l’institut national de statistiques néerlandais a une bonne connaissance de
cette activité. La consommation des autres drogues interdites comme l’héroïne,
la cocaïne ou l’ecstasy, est, elle, désormais prise en compte, comme le demande
Bruxelles. Elle est estimée en multipliant le nombre d’utilisateurs dans le
pays par les doses annuelles nécessaires à un consommateur et le cours de la
drogue en question dans les grandes villes. Quant à la prostitution, elle est
légale et donc, les prostitués déclarent leur rémunération au fisc
L’Italie s’apprête à prendre en compte ces activités
illicites, qui pourraient gonfler le PIB du pays de plus de 10 %. De quoi
justifier une contribution plus élevée au budget européen, mais le pays dirigé
par Matteo Renzi y verrait aussi un avantage : un tel changement
permettra à l’Italie, très endetté, de réduire le ratio de dette nette sur PIB,
suivi à la loupe par Bruxelles.
Comme quoi les « experocrates » officiels qui nous
serinent quotidiennement leur appréciation de la situation devraient parfois se
documenter au lieu de mijoter dans leurs discours d’agents publicitaires du
capital financier. Les règles de comptabilité, même nationale, sont fluctuantes
au gré des évènements.
Je termine cet article le 5 juin après un nouveau
« plus haut » depuis six ans pour le CAC 40, alors que Francfort
culmine à plus de 10 000 points ! Tout va très bien … pour les
financiers ! Pour vous pain sec et eau ! Et toujours baisse des
salaires (en particulier par la baisse des cotisations patronales) et des budgets
sociaux.
A bientôt
mardi 29 avril 2014
VOYAGE AU VIETNAM (2) suite du 28.10.2013
J'avais débuté le récit de notre voyage au Vietnam, Laos et Cambodge du mois de mai 2013, dans ce blog, le 28.10.02013. Dans la première partie nous avons séjourné à Hanoï, puis vers la région Nord Est, frontalière avec la Chine, Ha Giang, Dong Van, Yen Nin, et Méo Vac. Je vous propose aujourd'hui la suite de ce voyage.
Près de Bao Lac nous séjournons
deux nuits dans un petit village d’une ethnie venue du Sud de la Chine les Lolo
noirs. Nous vivons dans une famille Lolo et sa maison sur pilotis. Au sol les
animaux et le matériel, et à l’étage une grande salle unique qui fait office de
cuisine (avec sa cheminée centrale allumée en permanence, sans conduit pour le
fumage des aliments), de salle à manger (sur la natte), et de chambre à
coucher, sans oublier l’autel des Ancêtres en position principale. Ce village a
été rendu célèbre en France par une émission de TV « Voyage en terre
inconnue ». Bien sûr au village tout le monde se rappelle du tournage et
nous apprenons quelques « à côtés ». Maintenant quelques touristes
viennent ici, mais n’abondent pas, les séjours de toute façon sont limités à un
petit groupe à la fois. L’électricité est fournie par un groupe électrogène que
l’on économise le soir, donc on mange à la bougie. Deux sanitaires ont été
rajoutés en annexe aux deux maisons qui reçoivent des touristes, un wc et un robinet
d’eau froide, alimenté par un réservoir d’une centaine de litres d’eau de
source sur le toit. Un luxe, puisque les Lolos vont chercher l’eau à la source,
plus haut dans le village. En fait, un Lolo alimente le réservoir quand l’eau
baisse avec un tuyau venant de la source. Nous profitons de cette vie
communautaire en immersion totale. Une longue randonnée à pied nous a permis de
découvrir leur terrain en montagne. Le paysage est très sauvage. À la sortie du
village de Khuoi Khon : longue ascension vers des hameaux habités par des Lolo
et des Nung. Les costumes portés par ces ethnies sont particulièrement
chatoyants. Le chemin se poursuit sur des balcons, et les rencontres
occasionnent l’échange de sourires et de rires : peu de randonneurs viennent
s’aventurer ici, notre présence ne passera pas inaperçue
Nous partons ensuite vers le sud et séjournerons dans une
maison Tay bâtie sur pilotis sur les rives du lac Ba Be dans le petit village
de Pac Ngoi, 300 habitants. Ce lac, entouré de montagnes recouvertes de forêts tropicales
épaisses et luxuriantes, est un site charmant. Le dépliant touristique indique
« C’est sans conteste l'une des plus belles régions du Vietnam que vous
découvrirez là ! », classée parc national. Ici nous retrouverons des
touristes, pas en masse, mais cela nous change des jours précédents. La famille
vit du tourisme. Toujours la maison sur le pilotis, mais la famille a fermé le
bas qui sert d’habitation et de garage, la jeune fille fait le service et est
particulièrement sympathique. L’étage est partagé en plusieurs chambres, une
grande salle, salle de bains et la cuisine. Nous aurons l’eau chaude par
chauffe eau solaire. Promenades en bateau, traversée du lac en longueur avec
baignade, et à vélo pour découvrir la région, riche en grottes, cascades et d’une
importante biodiversité. Et toujours contacts souriants avec les Tays.
Retour à Hanoï pour une nouvelle soirée dans l’attachante
vieille ville, puis nous allons à Mai Chau. Arrivée au village Van des Thai
Blanc, l’ethnie essentielle de la région, où la famille de M. Cuong nous
accueille bien chaleureusement. Les maisons sont aussi sur pilotis, mais
toujours adaptées au tourisme, d’ailleurs assez important ici. Le bas est
l’habitation de la famille, le haut les chambres collectives, séparées par un
rideau pour les deux groupes. Deux salles de bains et les toilettes à
l’extérieur. Balade en vélo dans la campagne avec de beaux paysages de rizières
et de montagne. Un village, supermarché artisanal, où l’on tisse la soie. Le
soir les jeunes du village offrent un spectacle
de danse et musique folklorique, avec dégustation du vin à la paille
("Can") à base de riz fermenté. Tout le monde boit avec la même
paille ! Joli, mais nous sommes plus au spectacle, que partageant la vie des
lolos noirs !
Nous nous dirigeons ensuite vers Son La. Une petite randonnée au
village de Pa Co nous permet de rencontrer l’ethnie des H’Mong Noirs. Vers Moc
Chau, la route traverse une vaste plantation de thé. Nous continuons la
route vers le village de Na Ken, à 80 km de Son La, une passerelle de bambous
traverse la rivière. Dans ce village typique des Thai Noirs, quelques maisons
possèdent encore des toits de chaume en forme de « carapace » qui disparaissent
et sont refaits en tuiles. Les femmes mariées doivent porter les cheveux en
chignon sur le haut de la tête. Assez amusant avec un casque de moto sur le
haut du chignon !
Nous prenons la route pour Dien Bien Phu en franchissant le
col de Pha Din, l’un des plus longs cols routiers du Vietnam et qui culmine à
1500 mètres. Au milieu du col, nous nous arrêtons pour découvrir un village de
l’ethnie « H’Mong Blanc à Pompons rouges ». A Dien Bien Phu, nous avons un aperçu
général des vestiges de la guerre d'Indochine (Le PC de De Castries, le Musée
de la guerre,…). Quelle idée s’enterrer dans ce lieu pour lutter ! Mais quel
cœur avaient les Viets pour se libérer !
De là nous prendrons la route pour Tay Trang à la frontière avec le Laos.
A suivre...
A suivre...
lundi 28 avril 2014
La science au service de la coopération au Moyen-Orient.
Le synchrotron du Moyen-Orient :
La science au service de la coopération au Moyen-Orient.
La coopération scientifique est possible partout, la preuve est
donnée … au Moyen Orient !
J’ai traduit un article paru dans un journal allemand,
déjà traduit en espagnol dans El Pais, et donc lisible maintenant en français,
édifiant.
Le Centre international de rayonnement synchrotron pour les
sciences expérimentales et appliquées au Moyen-Orient (SESAME), créé sous
l’égide de l’UNESCO, a vu le jour en tant qu’organisation intergouvernementale
le 15 avril 2004, à Allan (Jordanie). En août 2007, l'Iran est devenu
membre de SESAME. Les membres actuels de SESAME sont Bahreïn, Chypre, l’Egypte,
Iran, Israël, la Jordanie, le Pakistan, l’Autorité palestinienne, et la
Turquie. Les pays observateurs sont l’Allemagne, les Etats-Unis, la
France, la Grèce, l’Italie, le Koweït, le Portugal, le Royaume-Uni, la
Fédération de Russie et la Suède. En outre, les Emirats arabes unis et le
Japonles, qui ont joué un grand rôle dans les premières étapes du projet, sont
en voie de confirmer leur statut au sein du Centre.
Voici l’article :
Une nuit tiède d'hiver à Jérusalem. Eiliezer Rabinovici, un
professeur de Physique de Hautes Énergies de l'Université Juive à Jérusalem, voyage
dans un taxi sur un chemin de Jordanie pour réussir l'impossible : " Nous tentons
quelque chose qui est comme un conte des mille et une nuits", affirme le
scientifique israélien. Le taxi a pris une route qui descend sur presque mille
mètres dans la direction de la mer Morte. Rabinovici commence à parler de Sésame,
l'une des expériences physiques les plus audacieuses de la planète. "Nous
construisons une espèce d'univers parallèle. Malgré le fait que nos pays s’affrontent
plus ou moins gravement, nous, nous voulons construire le premier accélérateur
de particules du Proche Orient". Sésame est un synchrotron. Rabinovici est
vice-président du Projet Sésame, l'organisme de recherche indépendante qui
construit l'accélérateur et il aura à faire les démarches sous l’égide de
l'Unesco. L'argent et les chercheurs viennent surtout des pays membres
officiels. Avec Israël, sont présents, entre autres, la Turquie, Chypre, Jordanie,
le Pakistan, l'Égypte … et l'Iran. C'est une réunion presque surréaliste dans
le lieu le plus bas de la surface terrestre, à près de 400 mètres sous le
niveau de la mer.
Cela semble incroyable, mais c'est pourtant réel : des
physiciens d'Israël et de l'Iran construisent dans une collaboration un
accélérateur de particules. Le point de départ de l'expérience est presque un
conte : une fois, en 1995, des chercheurs scientifiques d'Israël et de la
Palestine se sont réunis à un magasin de bédouins en Égypte et ont commencé à
projeter un synchrotron dans le Proche Orient. Quelques semaines avant, le
premier ministre israélien, Isaac Rabin, avait été assassiné. "Nous
commençons à le commémorer ensemble avec une minute de silence", raconte Rabinovici.
"elle résonne toujours dans mes oreilles". Cette minute de silence,
dans le désert se a produit un tremblement de terre, bien que personne n'a
semblé blessé. La chose a démarré avec difficultés … et on a poursuivi",
continue Rabinovici.
L'atmosphère devient oppressive. Des barrières sur la route
et les tourelles de vigilance annoncent la transition vers la frontière qui
croise la rivière le Jourdain. Pour raccourcir une attente qui peut durer des
heures, Rabinovici achète un visa VIP qui, pour un bref voyage en voiture pour
passer la frontière, lui coûte l'équivalent de 120 euros. Ces derniers temps,
le scientifique s'est fréquemment vu obligé d'entreprendre ce voyage ennuyeux.
Jérusalem est impossible comme lieu de réunion : l'Iran interdit de visiter
Israël. "J'essaie de profiter des moments au mieux", commente
Rabinovici en souriant. "Tout compte fait, c'est le voyage en taxi le plus
cher du monde".
Des noms très importants appuient Sésame, parmi eux sir Christopher Llewellyn Smith, directeur général ex-et physique du CERN de Genève.
Un nouveau changement de véhicule après le contrôle
frontalier jordanien. Un troisième taxi porte Rabinovici à l'hôtel où la
réunion est prévue, près de la mer Morte. Trois heures ont été nécessaire pour
faire un voyage d’une cinquantaine de kilomètres. On croirait avoir fait le
tour du monde. De l'autre côté on voit les lumières d'un kibboutz, qu’on semble
pouvoir presque toucher, mais qui est inaccessible.
Dans le vestibule de l'hôtel, des palestiniens, des
Israéliens et des iraniens, hommes et femmes, se saluent comme de vieux amis,
se demandent des nouvelles de la famille et parlent des sujets relatifs à la
recherche. Les scientifiques de la Turquie et de la Chypre se donnent la main,
et se joignent à eux, des Pakistanais, des Egyptiens et des délégués du CERN,
de l'Unesco et de l'Organisation internationale de l'Énergie Atomique (Agence
Internationale de l'Energie Atomique)) de Vienne. Un sommet presque surréaliste
dans le lieu le plus bas de la surface terrestre, à près de 400 mètres sous le
niveau de la mer.
Les physiciens sans frontières travaillent fiévreusement
pour rendre opérationnel le synchrotron l'année prochaine, mais le sprint final
est une course d'obstacles. Plus de cinquante délégués parlent dans l'hôtel de
gigaelectrovolts et des millions qui n'arrivent pas.
Plus de 36 millions d'euros ont été investis dans
l'installation, et il en va falloir presque six autres. Le fonctionnement du
centre aura un prix inférieur aux 4,5 millions. "C’est le chocolat du
perroquet pour des pays comme l'Allemagne", affirme un représentant
palestinien qui considère que l'Europe ne s’implique pas suffisamment dans le
projet. Le plan initial prévoyait que Sésame serait prêt il y a déjà plus de
dix ans. Le manque de financement a produit des retards constants.
Sésame s’éveille un peu au son du West-East Divan Orchestra
de Daniel Barenboim, composé par des musiciens palestiniens et israéliens.
"Barenboim, dans une comparaison facile", dit Rabinovici. " unit
deux cultures; nous, une douzaine". En 2010 deux physiciens du Projet
Sésame sont morts dans des attentats à la bombe à Téhéran. Il y a eu des
rumeurs selon lesquels les deux participaient au programme iranien supposé pour
développer l'arme nucléaire. Encore une fois il y a eu des minutes de silence
dans Sésame.
Quand la situation politique devient difficile, les
physiciens se retirent dans leur microcosme : ils sont invulnérables aux
agitateurs et aux prédicateurs de haine. Celui qui cherche à accélérer des
électrons, le fait mieux dans le vide, aussi politique. L'accélérateur est
assemblé dans une zone industrielle à environ 35 kilomètres au nord-ouest de la
capitale jordanienne, Amman. Un groupe de scientifiques s'échinent dans le lieu
de construction. L'un égyptien dit qu'il veut faire des recherches sur des nano
particules. L'autre jordanienne affirme qu'elle désire étudier le cancer de la
peau. L'idée d'un enquêteur de Jérusalem est d'utiliser l'accélérateur pour
examiner des documents bibliques, comme les rouleaux de Qumran.
Quand on entre dans la salle, on est saisi par une sensation
de grand vide. Un tunnel circulaire construit en béton, est l’anneau de l’accélérateur.
"Le coeur de l'accélérateur fonctionne déjà", affirme Erhard Huttel,
un ingénieur de Karlsruhe (Allemagne) qui passe la moitié de l'année à Amman et
apparemment préoccupé. : "Attention, danger de mort!", prévient une
plaque sur le canon central d'électrons, une donation de Berlin. Dans les
années quatre-vingt-dix le synchrotron berlinois s'est renouvelé, ce composant
était destiné à la ferraille, mais maintenant il ressuscite dans le désert. En
ce moment on étudie les aimants de l'anneau de stockage.
Quand en décembre il a inopinément neigé en Jordanie, le plafond
a cédé sous le poids de la neige et les réparations ont recommencé à retarder
le projet. Dans l’été ils seront finis.
Comme les chercheurs qui collaborent dans Sésame, Fatemeh
Elmi s'est impatienté. Malgré son apparence timide et cachée, l'iranienne est
l'une des éléments de l'équipe qui jouit d'une des plus grande popularité. Pour
elle, Sésame est une porte au monde. Elle est professeur de Chimie de Babolsar,
un petit port de la mer à environ 200 kilomètres au nord-est de Téhéran. En
2004 elle a obtenu une bourse pour se former à Taiwan en vue de travailler dans
le synchrotron Sésame. Par la suite elle a fait des séjours de recherche en
Norvège et en France. Sésame lui a changé la vie. Il n'y a pas beaucoup
d'iraniens qui peuvent quitter leur pays avec tant de fréquence. Elmi a été l'une
des premières chercheuses qui a travaillé avec les ordinateurs et les
laboratoires de Sésame : elle a analysé des cellules de patientes avec le
cancer du sein qui avaient été été traitées au préalable dans un synchrotron
français. Avec une voix juvénile elle récite la liste de collègues avec qui elle
a déjà travaillé dans une douzaine de publications spécialisées. Il y a peu, il
aurait été impensable qu’elle enquête au coude avec coude avec des collègues
israéliens.
Son travail n'est-il pas un déshonneur pour les imans ?
Souriante, debout au centre vide de l'accélérateur de particules, elle dit :
"Je n'ai rien à voir avec la politique; je veux seulement de bonnes
recherches".
A bientôt.
vendredi 25 avril 2014
Le saviez vous ?
Un petit tour dans la presse internationale, sans la « dictature
de l’actu » est toujours plus clarificateur. Faisons donc ce petit tour.
La Grèce fait un retour triomphal sur les marchés.
2 avril 2014.
« La Grèce ( en fait les
dirigeants ) se réjouit d'avoir obtenu de l'Eurogroupe, le déblocage d'une
tranche d'aide de 6,3 milliards d'euros. Mais pour le peuple grec la lecture du
dernier rapport de la Commission européenne sur la progression de la pauvreté
en Europe aurait de quoi lui saper le moral, si la vie quotidienne n’avait pas
déjà fait son œuvre. En 2013, la Grèce détenait le triste record du pays
européen où la pauvreté a le plus progressé entre 2012 et 2013. La pauvreté
touche 23,7 % de la population en 2013, contre 11,8 % en 2012. Entre 2008 et
2013 le revenu des ménages a baissé de 14,8 % et, sur la même période, le
chômage des jeunes a triplé.
La cure d'austérité imposée
au pays depuis quatre ans a fait son œuvre, les dirigeants et financiers sont
satisfaits, ils vont pouvoir encaisser les dividendes de leur œuvre ! »
10 avril 2014.
« L’explosion d’une
bombe ce matin dans les rues d’Athènes n’a pas dissuadé le gouvernement de
lancer son emprunt obligataire, le premier depuis que la Grèce a été exclue des
marchés début 2010. Le carnet d’ordres a donc été ouvert à 9h30 (heure de
Paris), après le feu vert donné par l’armée de banquiers d’affaires en charge
de cette opération hors norme. Les
investisseurs se sont rués sur les titres émis ce jeudi matin. La demande
dépasserait 20 milliards d’euros. Un énorme succès pour la Grèce, qui a été
absente pendant quatre ans. Les investisseurs se sont rués sur le livre
d’ordres pour obtenir le précieux «papier» qui devrait leur rapporter 4,95% de
rendement, ce qui correspond au coût de financement du pays ce matin sur cette
émission à 5 ans. La demande dépasse 20 milliards d’euros, alors que le pays ne
souhaitait emprunter que 2,5 milliards. Il pourrait, dès lors, décider de lever
davantage. Pour le gouvernement actuel,
il était important de montrer au peuple grec que son pays sort enfin du tunnel
et ce, avant les élections locales et européennes programmées fin mai. »
Mais ce que ces dirigeants
évitent de dire en Grèce, ils l’expriment à la radio en France : pour le
peuple l’étreinte de l’austérité ne se desserrera pas avant une dizaine
d’années !
Décidément la barbarie est
bien à l’œuvre !
Espagne. CONTRE LES « ACCORDS » DE PAIX SOCIALE.
Suite à la réunion du 18 mars
au palais de la Moncloa entre les représentants
du gouvernement Rajoy, du patronat et des syndicats, afin d’obtenir un
accord assurant une « paix sociale »,
150 militants syndicaux de toutes tendances s'adressent
dans un appel publié le 31 mars, à Toxo et Mendez, secrétaires généraux des
Commissions ouvrières (CCOO) et de l'Union générale des travailleurs (UGT) pour
dire :
« Nous, signataires de ce manifeste, nous
adressons aux camarades lgnacio Fernandez Toxo et Candido Mendez et aux comités
exécutifs confédéraux des CCOO et de I'UGT. Nous le faisons après avoir appris
avec stupeur l'annonce d'un prétendu nouveau scénario de « dialogue
social » proposé par un gouvernement dont les mesures ont provoqué deux
grèves générales et une multitude de manifestations, et suscité un rejet
généralisé de la part des travailleurs et des citoyens.
Un rejet qui, comme on a pu le constater samedi 22
mars avec la marche impressionnante réalisée à Madrid, reste entier et
s'amplifie. (...) Camarades Toxo el Mendez, nous ne pouvons tourner le dos à
tous ces travailleurs et travailleuses qui nous ont accompagnés dans les
mobilisations. Nombre d'entre eux ne comprennent pas que nous ne soyons pas en
train d'organiser la mobilisation - y compris la grève générale - pour le
retrait de la réforme du travail et de toutes les mesures antisociales jusqu'à
la victoire, jusqu'à obliger Rajoy à faire marche arrière ou à démissionner.
Dans tout le pays se produisent des centaines de conflits et de mobilisations
qui expriment la volonté de résister, de changer les choses. La puissante
manifestation du 22 mars le confirme. L'expérience de ces derniers mois
démontre que nous, les travailleurs, ne sommes pas vaincus et que à l'inverse,
ce gouvernement et ses attaques peuvent bien être vaincus. Le combat pour la
défense de la santé, à Madrid, a gagné, comme l’ont fait les éboueurs de Madrid
et les habitants du quartier du Gamonal. Unis et décidés, nous pouvons
transformer en réalité le cri unanime de toutes les manifestations :
« oui, nous le pouvons ! ». Il est possible de vaincre ce
gouvernement ! ».
En même temps les manifestations contre la législation
sur l’avortement du gouvernement Rajoy continuent. Pauvreté et recul historique
des peuples c’est le constat de l’austérité européenne.
France. LA BOURSE AU PLUS HAUT.
La Bourse de Paris fait
confiance à François Hollande pour mettre en œuvre le programme d’austérité
européen :
Au dernier trimestre 2013, le CAC40 a
retrouvé son haut niveau de septembre 2008, avant la « crise »
financière.
En Allemagne, AVEC LA REDUCTION DES DEPENSES PUBLIQUES, l'assurance-maladie DEVIENT un système riche, mais …. L’EFFICACITE A DISPARUE !
17.04.2014 Sabine Grandadam
(extraits)
« Dix ans de réformes ont profondément modifié le
régime public d'assurance-maladie.
Mission accomplie pour
l'Allemagne : en un peu plus de dix ans, le nombre de caisses est passé de 485
à 160, sous la férule des réductions de budget imposées par les pouvoirs
publics à l'assurance-maladie. Résultat : après un train de réformes qui,
depuis 2007, a aussi convié les assurés à mettre la main à la poche, la sécu
allemande dispose d'un matelas plus que confortable : ses réserves financières
atteignent quelque 30 milliards d'euros, selon les derniers chiffres du
gouvernement fédéral. Une manne nécessaire, car l'Allemagne dépense plus que
nombre de ses voisins pour son système de santé : 300 milliards en 2012, soit
11,3 % de son PIB. C'est le premier constat du cabinet d'audit Kpmg, qui a
réalisé un comparatif de 24 pays européens sur l'efficacité de leur système
respectif de santé.
Malheureusement, l'efficacité
n'est pas forcément au rendez-vous. C'est ce que constatent les experts de
l'Ocde, rapportait en août dernier le quotidien Die Welt. En particulier
pour les soins hospitaliers.
Ainsi un plus grand nombre de femmes
souffrant du cancer du sein décèdent outre-Rhin : 30 sur 100 000, contre 21 en
Espagne. Le constat est semblable pour le cancer de l'utérus. Ou encore pour
l'infarctus : 9 % de décès en Allemagne un mois après traitement, moitié moins
en Norvège ou en Suède et 3 % seulement en Estonie.
Beaucoup d'hôpitaux ne
parviennent pas à sortir de l'ornière : ils sont endettés et ne parviennent
plus à fidéliser leurs équipes de soignants. » … « Demain,
avertit Finanzen.net, l'assurance-maladie pourrait à nouveau être en
danger, notamment à cause du déséquilibre croissant entre les jeunes actifs qui
financent et les seniors qui vivent plus longtemps. » …
( Avertissement ! Attention ça ne va pas s’améliorer,
les profits d’abor, la santé avec ce qui reste !)
… « L'Allemagne a opté
pour une couverture universelle, destinée à couvrir les soins médicaux,
l'hospitalisation et les prestations paramédicales. Cette "sécu"
repose sur un régime principal "obligatoire", pour lequel salariés et
employeurs cotisent à hauteur de 15,5 % du salaire brut (8,2 % pour les
salariés, 7,3 % pour les employeurs). Ce régime couvre près de 70 millions
d'Allemands (y compris les retraités ou chômeurs) alors que les assurances santé
privées comptent 9 millions d'adhérents. »
Bientôt à nous aussi. C’est
pourquoi l’allongement de la vie devient un leurre !
FINANCE. « QUAND C’EST FINI ON RECOMMENCE… »
Le retour en grâce de
la titrisation, ou, spéculation quand tu nous tient !
Publié le 11 janvier
2014 dans The Economist (extraits) Londres :
« Discréditée par la
crise des subprimes, cette technique est de nouveau à la mode. Avec la
bénédiction des autorités, qui estiment avoir limité les risques de dérapage.
En 2008, si vous aviez demandé aux autorités de
contrôle quel instrument financier n’aurait jamais dû voir le jour, elles
auraient certainement cité un acronyme en trois lettres lié à la titrisation.
Avant la crise financière, la pratique consistant à regrouper des revenus futurs comme les remboursements de prêts automobiles et de cartes de crédit, à les reconditionner en titres de créance et à les vendre par lots assortis de différents niveaux de risque faisait figure de gestion avisée. Mais ce ne fut plus le cas après que l’on eut découvert que de nombreux CDO, CLO, ABS et autres MBS étaient infestés de subprimes, ces prêts hypothécaires à hauts risques. Aujourd’hui, ces mêmes autorités tentent de ressusciter ces produits.
L’enthousiasme suscité par la titrisation est palpable. Andy Haldane, directeur de la Banque d’Angleterre, l’a récemment qualifiée de “véhicule financier des quatre saisons” qu’il ne faudrait plus voir comme un “épouvantail”. La Banque centrale européenne (BCE) est fan de la titrisation, tout comme les autorités internationales de contrôle du système bancaire, qui, en décembre dernier, ont édulcoré les règlements susceptibles d’en limiter l'usage. »
… « Les émissions d’ABS (adossées à des prêts automobiles, des dettes sur cartes de crédit et d’autres crédits à la consommation) ont doublé depuis 2010, où elles étaient au plus bas. Celles de titres adossés à des prêts pour l’immobilier commercial sont passées de 4 milliards de dollars en 2009 à plus de 100 milliards de dollars en 2013. D’autres sources de revenus utilisées sont plus inattendues, comme celles générées par les panneaux solaires ou par les locations résidentielles – le genre de gadgets autrefois considérés comme ridicules et caractéristiques d’une période de boom. » … « la quantité d’actifs titrisés est en progression continue au niveau mondial.
…
Avant la crise financière, la pratique consistant à regrouper des revenus futurs comme les remboursements de prêts automobiles et de cartes de crédit, à les reconditionner en titres de créance et à les vendre par lots assortis de différents niveaux de risque faisait figure de gestion avisée. Mais ce ne fut plus le cas après que l’on eut découvert que de nombreux CDO, CLO, ABS et autres MBS étaient infestés de subprimes, ces prêts hypothécaires à hauts risques. Aujourd’hui, ces mêmes autorités tentent de ressusciter ces produits.
L’enthousiasme suscité par la titrisation est palpable. Andy Haldane, directeur de la Banque d’Angleterre, l’a récemment qualifiée de “véhicule financier des quatre saisons” qu’il ne faudrait plus voir comme un “épouvantail”. La Banque centrale européenne (BCE) est fan de la titrisation, tout comme les autorités internationales de contrôle du système bancaire, qui, en décembre dernier, ont édulcoré les règlements susceptibles d’en limiter l'usage. »
… « Les émissions d’ABS (adossées à des prêts automobiles, des dettes sur cartes de crédit et d’autres crédits à la consommation) ont doublé depuis 2010, où elles étaient au plus bas. Celles de titres adossés à des prêts pour l’immobilier commercial sont passées de 4 milliards de dollars en 2009 à plus de 100 milliards de dollars en 2013. D’autres sources de revenus utilisées sont plus inattendues, comme celles générées par les panneaux solaires ou par les locations résidentielles – le genre de gadgets autrefois considérés comme ridicules et caractéristiques d’une période de boom. » … « la quantité d’actifs titrisés est en progression continue au niveau mondial.
…
Pourquoi ces autorités de
contrôle, désirent-elles réhabiliter ces produits qui ont failli anéantir
l’économie mondiale il y a cinq ans seulement ? Pour résumer, elles
souhaitent alimenter davantage l’économie en crédits. D’aucuns assurent que
c’était le contenu de ces instruments – les créances à hauts
risques – qui était toxique et non la titrisation elle-même. C’est un
argument qui se défend. » ….
« La nécessité de ressusciter la titrisation se fait particulièrement sentir sur le Vieux Continent. Alors qu’aux Etats-Unis les marchés de capitaux sont prêts à financer les entreprises (par le truchement des obligations), l’Europe est bien plus dépendante du crédit bancaire. Ses banques ont besoin de plus de capitaux et représentent le maillon faible dans la reprise qui s’amorce parce qu’elles ne répondent pas à la demande de prêts des ménages et des petites entreprises. Les autorités veulent que les banques prennent moins de risques, et ont pour cela relevé leur ratio fonds propres sur prêts. Comme les banques rechignent à augmenter leur capital, elles doivent se délester de certains actifs. C’est là que la titrisation est utile : en regroupant dans leurs comptes les créances (qui forment une partie de leurs actifs) et en les vendant à des gestionnaires d’actifs ou à des compagnies d’assurances, les banques peuvent à la fois alléger leur bilan et améliorer leurs ratios. »
« La nécessité de ressusciter la titrisation se fait particulièrement sentir sur le Vieux Continent. Alors qu’aux Etats-Unis les marchés de capitaux sont prêts à financer les entreprises (par le truchement des obligations), l’Europe est bien plus dépendante du crédit bancaire. Ses banques ont besoin de plus de capitaux et représentent le maillon faible dans la reprise qui s’amorce parce qu’elles ne répondent pas à la demande de prêts des ménages et des petites entreprises. Les autorités veulent que les banques prennent moins de risques, et ont pour cela relevé leur ratio fonds propres sur prêts. Comme les banques rechignent à augmenter leur capital, elles doivent se délester de certains actifs. C’est là que la titrisation est utile : en regroupant dans leurs comptes les créances (qui forment une partie de leurs actifs) et en les vendant à des gestionnaires d’actifs ou à des compagnies d’assurances, les banques peuvent à la fois alléger leur bilan et améliorer leurs ratios. »
« Faire de l’argent avec de l’argent » c’est
le credo de l’impérialisme capitaliste agonisant. Lisez le Capital : le
système capitaliste ne peut vivre sans le crédit (et la dette) et engendre
lui-même les contradictions qui le détruisent.
BIODIVERSITÉ
Mon voisin le coyote
Dans un article publié le
20/09/2013 dans Science Washington par Virginia Morell celle-ci
explique (extraits) :
« Aux Etats-Unis, de plus en plus de prédateurs,
comme l’ours, le puma ou le coyote, s’aventurent au cœur des villes. Ils
peuvent tout à fait cohabiter avec l’être humain, estiment les
scientifiques. » … « Les ours noirs se baladent un peu partout dans
l’Ohio et le Missouri, deux Etats qui n’en comptaient aucun jusqu’à une époque
pas si lointaine. Enfin, les coyotes, jadis présents seulement dans les Etats
de la Prairie, vivent désormais du Panamà à l’Alaska, et leur population
explose même au centre-ville de Chicago. » … « Autrefois chassés
jusqu’à leur quasi-extinction dans l’ensemble des Etats-Unis, les plus grands
prédateurs du pays font un retour spectaculaire. Le phénomène suscite des
réactions diverses, qui vont de la surprise et de la joie, aux appels en faveur
d’un contrôle strict de ces animaux, voire de leur abattage pur et
simple. » … « Aussi scientifiques, écologistes et gestionnaires de la
faune se creusent-ils la tête pour trouver le meilleur moyen de gérer des
animaux qui vivent littéralement à nos portes et sont capables de tuer un être
humain. » … « Plusieurs facteurs favorisent l’avancée des
prédateurs. Le premier tient au verdissement du paysage. Les surfaces
forestières ont augmenté de 28 % dans vingt des Etats du Nord, alors même
que la population humaine a fait un bond de 130 %, selon un rapport des
services forestiers américains de 2012. Les villes voient leur couverture
végétale s’étendre, et avec elle une multiplication des cerfs de Virginie et
des lapins de garenne. “Quand on parle de verdir nos villes, on ne s’attend
sans doute pas à avoir des coyotes comme voisins, commente Mark Weckel. Mais
voilà le résultat, et c’est positif. S’ils prospèrent ici, cela veut dire que
nous avons réussi.” »…
Que pensez vous d’un loup
dans votre jardin ? Enfin vivons dans un cocon sécuritaire notre vie
d’êtres humains en communautés séparées, mais en partageant notre liberté avec
des animaux dangereux ! C’est un nouveau « credo » libertaire :
oui aux droits de vivre pour les animaux où ils veulent, et d’un autre côté,
non aux mêmes droits aux humains, sous prétexte de non-conformité entre les
cultures. C’est un racisme.
… « les ours noirs n’ont tué que 14 personnes dans les 48 Etats contigus. Certes, il arrive que quelqu’un se fasse griffer en donnant imprudemment à manger, ou qu’un plantigrade entre dans une maison, comme certains l’ont fait à Durango. Et lorsqu’un ours, un puma ou un coyote devient une nuisance, les agents prennent systématiquement leur fusil. “C’est la solution de facilité, déplore Heather Johnson. Mais rien ne prouve qu’elle soit efficace à grande échelle.” Pour un nombre grandissant de chercheurs, abattre un prédateur ne résout pas forcément le problème, parce que cela laisse simplement le champ libre à l’un de ses congénères. »
… « les ours noirs n’ont tué que 14 personnes dans les 48 Etats contigus. Certes, il arrive que quelqu’un se fasse griffer en donnant imprudemment à manger, ou qu’un plantigrade entre dans une maison, comme certains l’ont fait à Durango. Et lorsqu’un ours, un puma ou un coyote devient une nuisance, les agents prennent systématiquement leur fusil. “C’est la solution de facilité, déplore Heather Johnson. Mais rien ne prouve qu’elle soit efficace à grande échelle.” Pour un nombre grandissant de chercheurs, abattre un prédateur ne résout pas forcément le problème, parce que cela laisse simplement le champ libre à l’un de ses congénères. »
La liberté des animaux vaut
bien la mort de 14 personnes ! La biodiversité élevée au dessus de
l’égalité humaine, je ne trouve pas que ce soit un résultat de la raison.
Permettez que je sois
surpris !
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