samedi 23 août 2014

METAPHORE DU SIMPLISME

Nous vivons une bien curieuse époque.

Il n’y a plus de saisons, les héros contemporains se nomment Jérôme Kerviel ou Luis Suarez, et le FN se voit définitivement banalisé. Oui, banalisé comme une vieille tante qui ferait son coming-back familial après avoir ravalé ses aigreurs, rasé ses épis sous le menton et teinté son chignon comme une tricoteuse virée branchée et coquette.

Le FN, devenu premier parti français, n’a pas provoqué comme en 2012 suffocations, crises d’asthme et actes de contrition. Pas même une démission… Il fait depuis longtemps partie du paysage, comme l’allusion raciste meuble les conversations vides de sens. On a tout dit tout fait sur le FN : on l’a décortiqué, soupesé, diabolisé, marginalisé. Depuis le sociologue en descendant jusqu’au présentateur de JT. Et pourtant, contre la plus évidente des logiques, le FN est parvenu à imposer sa propagande grotesque qui veut laisser penser qu’il est un parti non-corrompu et serviteur des intérêts du peuple. A-t-on jamais vu pareille escroquerie ?

Un détail symbolique de l’actualité aurait du nous alerter en 1989 : la jetset de la rhétorique télévisée se trouvait alors systématiquement débordée par la faconde de Jean-Marie Le Pen, et n’avait dû qu’au truand Bernard Tapie de pouvoir lui tenir la dragée haute. Nous avions déjà atteint le point d’orgue du non-sens attribué par les mass-médias au fait politique.

Et donc, pour y revenir, votre grand-tante épuisait les anniversaires où vous l’invitiez encore, malgré l’opprobre dont elle était majoritairement couverte : acariâtre, eau de Cologne aux effluves épouvantables, jet de verre à la figure de ses contradicteurs, voix de crécelle et interventions coupantes dans la conversation, excessivité passionnelle exclusivement nourrie de détestations… et fuites assumées sans mesures absorbantes.

Les jumeaux Jérémy et Matthieu envisagèrent même un jour de l’empoisonner en introduisant de la mort au rat dans les capsules de cellulose de son pilulier ; Tatie Danielle, comme l’appelaient les garnements, échappa à l’intoxication grâce à Didier, qui fumait 10 grammes aux toilettes de l’étage, et perçut les conciliabules du forfait au travers des volutes de cannabis fuyant vers le fenestron ouvert. Notre tante passait alors une majeure partie de ses loisirs à intenter d’interminables procès à son voisinage, pour une tonte de pelouse à l’heure de la sieste, pour un trottoir non déneigé l’hiver, ou pour une branche d’arbre trop longue. Son grand exercice à elle. Du coup, Jim, son avocat, lui garantissait, via la constance d’un chiffre d’affaire détourné à sa descendance, la fidélité et l’amitié qu’elle avait toute sa vie refusées à quiconque s’aventurait à explorer les cernes mauvais que cachait sa peu-amène écorce.

Une nuit comme une autre, où Tatie Danielle avait jeté trente bassines d’eau bouillante sur des chats amoureux, pesté contre l’arthrose, les impôts locaux, et voué aux gémonies ce Conseil Municipal qui nourrissait dans le cadre d’un jumelage des relations culturelles transsahariennes, sa femme de ménage la retrouva gisante entre prie-Dieu et bonnetière, serrant contre elle un poing qui contenait tous les reproches de la terre. Attaque cérébrale, diagnostiqua sans mal l’urgentiste, un caillot vite dissous dans une perfusion d’aspirine qui lui redonna en moins de deux jours vivacité et méchanceté.

Malgré cette stupéfiante convalescence, cet évènement ne resta pas sans conséquence. Notre tante prit conscience de l’insignifiante compassion dont elle fut l’objet à l’occasion de cet accident. Elle décida donc, au travers d’une métamorphose dont seuls les malfaisants sont capables, de changer d’attitude à l’égard de ses prochains.

Les transformations lentes autour d’elle ne lui avaient d’ailleurs pas échappé. Serge, son neveu n’avait plus rien à voir avec le jeune homme libre-penseur et idéaliste qui occupait la salle du conseil de la faculté de Lettres de Nanterre le 22 mars 1968. Ventru et cardiaque, il avait pris les rennes d’une société de volets roulants que lui avait léguée son père, en déléguant autant qu’il pouvait ses pouvoirs à un jeune étalon sorti de Sup de Co et leader d’un think tank centriste. Amin s’était détaché de sa maison de quartier et encarté dans un club Jeunes Populaires, rassemblement local d’émules républicains. Même la magnifique Paula avait mis un terme à ses frasques, s’entichant d’un vieux satyre ayant pognon sur rue, comme elle se plaisait à le souligner auprès de ses amis, qui se plaignaient qu’elle eût si brutalement bifurqué.

Tout ce monde fréquentait les grandes surfaces le samedi, vivait à crédit, allumait durablement des téléviseurs à écrans plats et aspirait à bronzer dans sa piscine l’été, la Rolex des classes moyennes.

Tatie Danielle prit la mesure de la métamorphose qui lui fallait accomplir sur elle-même pour espérer régner sur ses prochains. Elle rangea dans un placard sourd tous les attributs qui lui donnaient l’apparence vitreuse d’un sac de naphtaline habillé d’un scapulaire de bénédictine, et, avec l’entremise de Jim, se choisit une garde-robe neuve et bariolée, qui pétait mille feux sous le rouge à lèvres assorti qu’elle ne manqua désormais plus de peindre sur une bouche refondue par trois mois de chirurgie dentaire. Epilation, manucure, gommage des taches pigmentaires. Et coaching : sourires automatiques découvrant des séracs de bienséance, coups d’œil entendus décochés avec la précision d’un laser. Tatie Danielle était devenue une Danielle qu’elle n’avait jamais été.

Sans jamais s’être repentie de ses mauvais penchants, elle œuvrait maintenant à la séduction : abondement aux études des petits neveux, compassion gratuite, à propos pour emprunter le sens de ses interlocuteurs, flatteries habiles. Cela suffit pour que l’Inopportune se fasse une cour de cette population familiale, certes rassise, mais pourtant rancunière comme une sciatique.

Elle fut de nouveau invitée aux anniversaires et autres communions. Sa participation à l’émission de téléréalité Teaparty fut accueillie comme une consécration. Mieux encore : elle fut consultée sur des sujets aussi déterminants que le choix d’un papier peint, l’accommodement d’un plat, ou encore les modalités de déracinement d’un hêtre. L’avocat Jim fût même mis à la disposition expresse pour quelques interventions, dont la dernière permit à Jérémy d’écourter un interrogatoire judiciaire après qu’il fût soupçonné de participer à des bagarres (que Danielle eût le courage de qualifier de ratonnade, appelons les choses par leur nom). Courtisée par ceux qui naguère se détournaient de ses mauvaises grâces, elle débarquait aujourd’hui bruyamment en agitant des bras de star adulée. Jacasseries et débordements bien tolérés puisqu’elle incarnait une Castafiore chantant les louanges de la famille, du travail et de la patrie, valeurs brandies en tant que slogans branchés, donc peu offertes à la contestation immédiate, vociférations multiples pour proclamation d’un bon goût contemporain unique et autocentré sur sa personne.

Forte de ce charisme d’animatrice de supermarché, Danielle se saisit des rênes de la présidence de sa copropriété, puis fut tentée de militer pour « La France aux Français » ; c’est assez naturellement qu’elle devint porte-parole du parti, à l’échelle de l’arrondissement ouest de sa commune. De 25 ans son ainée, elle adulait Sarah Palin et affinait ses manières en scannant le jeu de l’américaine, qu’elle mettait en pratique dans l’animation de réunions hebdomadaires Tupperware et Linsvosges. Son dynamisme de septuagénaire tricolore fut remarqué par l’épouse d’un élu Front National, ce qui permit à l’emblématique Danielle d’intégrer un sillon du parti en devenant une mascotte régionale. Le FN cherchait à se guérir des coliques du « Vieux » et dissimulait sa garde de skinheads en épinglant au devant de ses meetings des bobines plus traditionalistes : une Mamie Confiture plutôt que le kop de Boulogne !

Et ma foi, oui, si ce n’était l’âge, Danielle, vieille garniture rafraichie au rouleau, semblerait aujourd’hui encore tournée vers un avenir prometteur : il y a assurément un courant porteur pour le simplisme. Il n’a pas d’âge, pas de race, il est intergénérationnel, universel. Les élites politiques semblent aujourd’hui jalouses des ses bénéfices, se sondant pour savoir s’il faut aller plus loin encore dans sa voie.


Un conte actuel de E.H.


Merci pour la contribution qu'elle devienne régulière...


jeudi 14 août 2014

La mission du centenaire de la Première Guerre mondiale ou les leçons du passé.


En ces temps de célébration du centenaire de la grande boucherie de 14-18, dite « la grande guerre », il est aussi temps de rappeler certaines vérités la concernant, qui devraient nous faire réfléchir, car elles sont toujours d’actualité. Et oui ! Cent ans après ! Le temps passe, et pourtant c’est si court par rapport à l’Histoire.

Tout d’abord je voudrais rappeler qu’au moment où le Président de la République refusait de réhabiliter les Fusillés pour l'exemple (1), le jury Goncourt couronnait le roman de Pierre Lemaitre « Au revoir là-haut »(2), dont le titre reprend les derniers mots de la dernière lettre du soldat Jean Blanchard, fusillé pour l'exemple avec cinq de ses camarades, le 4 décembre 1914 à Vingré. L'auteur, connu pour ses romans policiers, écrit ici une histoire de la fin de la guerre où les personnages sont exemplaires de la réalité de ce carnage, dans un style qui sait aménager surprises et rebondissements, et dont je recommande vivement la lecture. Dans une interview au Courrier Picard, il déclare : « je crois que mon travail a été dirigé, piloté par une pensée qui est celle d'Anatole France, qui disait : ''On croit mourir pour la patrie, mais on meurt pour les industriels.''…Il n'y a aucun doute que de toutes les guerres - et celle de 14 peut-être plus que les autres - le capitalisme s'en nourrit. L'industrie adore la guerre avant, pendant, après. Et j'ai pensé que si on regardait l'après-guerre, l'axe était encore plus amer plus décapant. »


 Anatole France

Dans l'épilogue, l'auteur rappelle que les malversations relatives aux sépultures n'ont pas été inventées : il y a bien eu un scandale qui a éclaté en 1922 et qui a mis en cause les « mercantis de la mort ». Quant à l'arnaque aux monuments aux morts, elle est le fruit de son imagination et comme il l'écrit : « Ainsi, l'un des faits est réel, l'autre non, mais ç'aurait pu être l'inverse. » !
Nous entrons ainsi dans le vif du sujet. La réalité dépasse souvent la fiction. L’ambition, le cynisme : un lieutenant, qui veut devenir capitaine, comprend qu'il n'a plus beaucoup de temps pour obtenir du galon, il se crée une « occasion ». Un général aimerait bien fusiller pour l'exemple un de nos deux soldats, accusé à tort de désertion. L’horreur : les hôpitaux militaires surchargés, dans l'incapacité de faire face à l'afflux des blessés. Pour le commerce, la guerre présente beaucoup d'avantages, même après…
Après l’armistice, on trouve ces soldats bien gênants avec leurs mutilations et leurs gueules cassées; on voudrait les oublier, mais cela peut rapporter. Tous les sentiments sont présents dans ce magnifique livre.

Jean Jaurès

C’est un exemple de la folie meurtrière de nos exploiteurs, car comme disait Jean Jaurès (député socialiste, interpellation à la Chambre des députés, le 8 mars 1895) : « Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l'orage. Toujours votre société violente et chaotique, même quand elle veut la paix, même quand elle est à l'état d'apparent repos, porte en elle la guerre, comme une nuée dormante porte l'orage. (. . .) Il n'y a qu'un moyen d'abolir la guerre entre les peuples, c'est abolir la guerre économique, le désordre de la société présente ». Et Anatole France le 18 juillet 1922 dans l’Humanité : « La guerre mondiale fut essentiellement l’œuvre des hommes d’argent. Ce sont les hauts industriels des différents Etats de l’Europe qui la voulurent, la rendirent nécessaire, la firent, la prolongèrent…Ces hommes là, ils ressemblent à leurs Hauts fourneaux dont il faut sans cesse, le jour, la nuit, emplir les entrailles de minerais, de charbon, afin que ruisselle au bas la coulée de métal. Leur insatiable appétit exige qu’on jette au feu, sans relâche, dans la paix, dans la guerre, toutes les richesses du sol et tous les fruits du travail, et les hommes, oui, les hommes par troupeaux, par armées, tous précipités pêle mêle dans la fournaise béante afin que s’amassent à leur pieds les lingots, toujours plus de lingots ».

Depuis rien n’a changé si ce n’est la manière. Le grand combat de nos parents, grands parents ou arrière grands parents en 36 a apporté des droits et une certaine justice à la classe ouvrière. Malgré une tentative de destruction en 40, le rapport de force de la lutte de classes en 45 a permis une embellie durant quelques décennies. La brèche ouverte en 68 après la trahison de l’appareil stalinien et de l’action simultanée des « gauchistes » a permis ce que nous vivons, de reculs en reculs sur tous les droits sociaux.
 

Et la folie meurtrière a continué. Ils ont fait la guerre quand ils l’ont décidé, guerre mondiale, guerres coloniales, aujourd’hui guerres sous différents prétextes, de guerre mondiale à guerre mondialisée, parfois sous le couvert d’une certaine démocratie. Dans ce système pourrissant, les mots patrie, qui désigne, étymologiquement, le pays des pères, ou nation persistent pour diviser la classe laborieuse, alors qu'il n'ont plus cours pour l'argent des exploiteurs qui monopolisent le pouvoir de leur monde « mondialisé ». En France les dirigeants de gauche, comme de droite, favorisent la formation des communautarismes, au mépris de la République française laïque, laïcité si bien définie par la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat en 1905. Tous les ingrédients sont bons pour diviser le peuple quand on veut monopoliser toutes les richesses. Ils n’hésitent pas à nous faire croire que s’il y a des pauvres, c’est parce qu’ils sont fainéants, ou profiteurs, ou étrangers, comme le fait si bien le Tea Party aux Etats-Unis et les partis d’extrême droite européens. Les communautarismes sont une conséquence du système, pas la cause des tensions. Il faut éliminer la cause pas le résultat. Faire croire qu’on peut éliminer le résultat par des restrictions de circulation, des isolements, c’est du « populisme ».

Et pendant ce temps les grands profiteurs encaissent. Toutes les statistiques prouvent que le fossé se creuse entre richesse et pauvreté. Si 14-18 est un exemple de la folie meurtrière de nos exploiteurs, aujourd’hui, comme hier, n’ayez crainte pour sauvegarder leurs avoirs : « Leur insatiable appétit exige qu’on jette au feu, sans relâche, dans la paix, dans la guerre, toutes les richesses du sol et tous les fruits du travail, et les hommes, oui, les hommes par troupeaux, par armées, tous précipités pêle mêle dans la fournaise béante afin que s’amassent à leur pieds les lingots, toujours plus de lingots ».


Selon IEP (Institut for Economics and Peace, organisme de recherches international à but non lucratif) les guerres engendrent 11% du PIB mondial. Les Etats payent les guerres avec nos impôts et bien sûr ce sont les exploiteurs qui encaissent les bénéfices qu’ils mettent en lieu sur dans les paradis fiscaux.

Cent ans après Jean Jaurès, (le vrai, pas celui revendiqué par Sarkozy ou Hollande-Valls) :
« il n'y a toujours qu'un moyen d'abolir la guerre entre les peuples, c'est abolir la guerre économique, le désordre de la société présente. »

Au-delà des célébrations de ce centenaire, il faut se rappeler ce que devrait nous enseigner l’Histoire, par l’enseignement laïque généralisé, comment on peut en finir avec ces retours à la barbarie. La lutte des classes est toujours à l’ordre du jour.

A bientôt.

(1) Sur le combat pour la réhabilitation des Fusillés pour l'exemple voir :
http://www.fnlp.fr/spip.php?article1070

(2) Au revoir là-haut de Pierre Lemaitre chez Albin Michel

Sciences : Les journaux racontent n’importe quoi !... (suite)



Vous regardez la télévision ?
Oui, comme tout le monde.
Voici deux exemples récents qui confirment les recherches du NIH américain que j’ai citées dans « Les journaux racontent n’importe quoi !... » du 15 juin dernier.

Le premier sur TF1. Là ce n’est pas surprenant :
« Etre bon en maths ou en lecture, ça va souvent de pair et c'est dans les gênes ». 

Je vous fais remarquer que j’ai copié/collé le titre sur le site MYTF1News, sans changement, et l’on peut déjà voir que ceux-ci ne s’embarrassent pas pour l’orthographe : là où il y a de la gêne, il n’y a pas de plaisir, n’est-ce-pas. Sur TF1 on n’est pas à un gène près. Sur ce site donc, on vous prévient déjà sous le titre : temps de lecture 3min. Ouf ! On n’a pas besoin de se concentrer trop longtemps !
Et nous démarrons : « Une étude britannique révèle qu'au moins 10% des gènes liés à la maîtrise de la lecture chez l'enfant interviennent aussi dans la compétence en mathématiques. » Une seule étude, donc pas un résultat scientifique car rappelons que pour qu’un fait scientifique soit avéré, il faut que les expériences qui le sous-tendent soient reproduites par des équipes différentes; une étude, donc, dans laquelle 90% des intervenants ne sont pas concernés selon l’auteur. Continuons : « La maîtrise des maths et de la lecture aurait le même socle génétique. C'est du moins ce que révèle une étude britannique. Au moins 10%, et sans doute même autour de 50%, des gènes liés à la maîtrise de la lecture chez l'enfant interviennent aussi dans la compétence en mathématiques. »
« La maîtrise des maths et de la lecture aurait …», comme dirait Coluche « il se pourrait que, mais on n’est pas sûr, pourquoi en parler alors ? ».
Je continue : « Au moins 10%, et sans doute même autour de 50%, ». Quelle rigueur, on n’est pas à 40% près ! Et pour finir : « L'étude ne pointe pas de gènes spécifiques liés à l'alphabétisation et au calcul, explique Robert Plomin. Elle suggère plutôt que l'influence génétique sur des caractéristiques complexes, comme les capacités d'apprentissage, ou des troubles fréquents, comme la dyslexie, relève d'une multitude de gènes ayant chacun un tout petit effet ».
Et en conclusion : « Les chercheurs relèvent toutefois que la génétique n'explique pas tout et insistent sur le rôle important que peut jouer l'environnement d'un enfant dans le développement de ses compétences en lecture et en mathématiques. »
Ce n’était peut-être pas la peine de donner « l’information » !... Scientifique ?

Sur France5 on aurait retrouvé la mémoire de l’eau ! Mais si !

Je lis dans Sciences et Avenir sous la plume d’Hervé Ratel : « Sauve qui peut, le serpent de mer refait surface ! La mémoire de l’eau de feu Jacques Benveniste est de retour. Et pas sous la férule de n’importe qui, mais d’un prix Nobel, excusez du peu, Luc Montagnier, récompensé en 2008 avec Françoise Barré-Sinoussi pour la découverte du virus du sida. Un documentaire "On a retrouvé la mémoire de l’eau" est actuellement diffusé sur France 5 et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il ne fait pas honneur au service public... »
Je ne saurais mieux exprimer ce retour d’une imposture scientifique que cette petite critique qui remonte  un peu le niveau de la presse scientifique souvent motivée par des considérations philosophiques et téléologiques. Je vous livre donc le texte complet :
« Les expériences actuelles de Luc Montagnier sont dans la droite ligne de celles de Benvéniste : montrer que de l’eau mise en contact avec des macro molécules (comme de l’ADN par exemple) peut restituer la forme et la composition de ces dernières en leur absence, par la mesure des champs électromagnétiques émis. Jamais publiés, uniquement présentés dans des colloques et n’ayant donc qu’une portée scientifique limitée, les résultats de Luc Montagnier ne font pourtant l’objet d’aucune critique ni du moindre recul dans ce documentaire de France 5. Aucun des milliers de biologistes travaillant dans l’hexagone n’était donc disponible pour un commentaire sur une découverte susceptible de bouleverser un siècle et demi de science ? Amnésique, partisan et manquant du recul nécessaire, le film joue de surcroît la partition du chercheur seul contre tous, isolé du monde scientifique et des autres chercheurs parce que détenteur d’une vérité que personne ne souhaiterait voir. Refrain connu des groupuscules complotistes mais qu’on n’a guère l’habitude de rencontrer ici, au sein d’un programme national. »

Je n’ai rien à ajouter.

A bientôt.

dimanche 15 juin 2014

L’objectif de la Réforme territoriale départementale : une « escroquerie ».



Les médias nous assurent « la fin des départements : les Français sont pour. »
Cherchant l'étalage culturel, un éditorialiste du Journal du dimanche titre début mai : « Effacer Napoléon », prouvant ainsi que les attaques contre l'instruction n'épargnent pas la presse, déjà truffée de fautes d’orthographes, et de narrations sans rapport. Car c'est exactement le contraire.
Le premier Bonaparte inventa les préfets, alors que la Révolution avait confié à des élus les pouvoirs départementaux. Son neveu, Napoléon III, canaille politique entourée de crapules, fit de la France un Etat policier, ou les préfets tout-puissants nommaient les maires, et surveillaient tout. « Le vautour avait remplacé l'aigle : il ne descend pas de Napoléon, disait Hugo, il en tombe ».
Voilà le modèle de notre gouvernement, lorsqu'il pense remplacer, dans les départements,  le suffrage universel, rétabli après l'empire, par la seule autorité des préfets. Si certains, lassés de « l’inefficacité » de la classe politique peuvent penser que les économies réalisées par la diminution du nombre d’élus du peuple seront un premier pas pour résoudre nos problèmes, ils s’égarent dans un « poujadisme » restrictif. On ne retrouve pas de la démocratie en éliminant la représentation populaire. On en perd. Quant aux économies elles sont factices et faibles, l’objectif des gouvernants n’est pas quelques millions d’euros. La question est : où passe le budget des départements ?

Déjà regardons de plus près à quoi sont affectés les budgets départementaux ? Il suffit de consulter les compétences du Conseil Général.
“Le Conseil général règle par ses délibérations les affaires du département” (loi de décentralisation du 2 mars 1982).
Il est chargé d’aménager, développer, animer et administrer le territoire. Depuis 1982, avec les étapes successives de la décentralisation, l'Etat lui a transféré de nombreuses compétences, obligatoires ou facultatives.
Les compétences d'attribution
Ce sont les missions obligatoires que le Conseil général se doit de mettre en œuvre, en application de loi.
Action sociale et solidarités
·       Missions de protection maternelle et infantile (PMI) et d’aide sociale à l’enfance (ASE),
·       gestion de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA),
·       versement de la prestation de compensation du handicap (PCH),
·       gestion du RSA,
·       du fonds de solidarité pour le logement (FSL),
·       du fonds d’aide aux jeunes (FAJ)...
Routes
·       Aménagement des 4000 km du réseau routier départemental et d'une partie des routes nationales.
·       Transports
·       Organisation et gestion du réseau de transport interurbain (les 43 lignes du réseau “Haute-Vienne en car”, les services “Taxicar” et “Handicar 87”),
·       Organisation et gestion des transports scolaires.
Collèges
·       Construction et entretien des bâtiments,
·       Dotation de fonctionnement, et rémunérations des agents TOS.
Tourisme
·       Développement du plan départemental des itinéraires de promenade et de randonnée (PDIPR),
·       Participation au développement d’infrastructures touristiques,
·       Promotion des richesses du patrimoine naturel et culturel local...
Service d’incendie et de secours (Sdis)
Culture
Archives départementales, Lecture publique (bibliothèque départementale de prêt),
Schéma des enseignements artistiques.
Environnement
Appui technique aux communes pour l’exploitation des stations d'épuration et des réseaux de distribution d’eau potable,
Plan départemental d’élimination des déchets ménagers.

Je ne vous développerais pas les actions volontaristes du Département. Ce sont des compétences facultatives qui font l'objet d'interventions choisies par l'Assemblée départementale. Elles sont toutefois aussi importantes.

Je ferais remarquer simplement, qu’à votre avis, lorsqu'un régime s'assigne l'objectif d'économiser 12 à 25 milliards d'euros dans des budgets départementaux (selon Vallini, ministre du charcutage territorial) chargés de l’aide aux pauvres, de la protection de l’enfance, des handicapés, des collèges, des routes, et des agents territoriaux, il ne va pas les trouver dans la seule suppression du suffrage populaire, remplacé par des préfets obéissants, révocables à sa discrétion, sans budget, mais qu’on ne prévoit pas de supprimer. 

Expliquez et les citoyens comprennent vite l'escroquerie, toujours dirigée contre ceux qui en ont besoin.

A bientôt.

Les journaux racontent n’importe quoi !...



Ce n’est pas moi qui dis cela, c’est un site d’information espagnol spécialisé dans l’information scientifique. Lancé en juin 2012 par des journalistes du service Science du quotidien espagnol Público lorsque ce dernier a renoncé à sa version imprimée, “Matière” est un site spécialisé dans les sciences, l’environnement, la santé et la technologie. Issue de diverses rédactions comme celles d’El País, El Mundo, ABC ou de l’agence EFE, l’équipe compte une dizaine de personnes. Enquêtes, interviews et articles d’opinion constituent le cœur du projet, venu combler un vide dans la presse espagnole. Le site s’est récemment associé au prestigieux site anglophone Matter.
« En irait-il de l’information comme de l’alimentation ? Nous avons beau savoir que les bettes à la vapeur sont meilleures pour la santé que les hamburgers de McDonald’s, le macdo l’emporte souvent sur les légumes dans l’ordre de nos goûts. En matière d’information, bien souvent, le sujet le plus important perd la bataille de l’audience contre les ragots ou les anecdotes à connotation sexuelle – voire simplement contre quelques photos de chatons. » s’étonne Daniel Mediavilla sur ce site (13 mars2014). « La même tendance serait à l’œuvre derrière un phénomène observé par des chercheurs des National Institutes of Health (NIH, agences gouvernementales américaines en charge de la recherche médicale et biomédicale), dans un article publié par la revue spécialisée Plos One : dans leur traitement de la recherche médicale, les médias ont tendance à privilégier les études scientifiques les moins fiables. »

Un exemple :
« Pour observer ce qu’il se passe dans le processus de transmission de ces recherches depuis les revues spécialisées vers les médias grand public, les auteurs du rapport se sont d’abord penchés sur deux articles semblables et publiés au cours de la même période. Le premier faisait état d’une étude d’observation (où les chercheurs recueillent sans intervention des informations sur une population donnée pour répondre à une question précise et principale) qui établissait un lien entre la prise de statines, classe de médicaments utilisée dans la réduction du cholestérol, et la mortalité par cancer. Sur cette information, CBS News titrait “Les patients qui prennent des statines ont moins de risques de mourir d’un cancer”, tandis que le Los Angeles Times intitulait son article “Les statines susceptibles de réduire le risque de mort par cancer.” Pour les chercheurs, ces deux titres sont sujets à caution, dans la mesure où ils peuvent conduire le lecteur à tirer des conclusions excessives par rapport à la pertinence des résultats d’une étude d’observation. Ce type d’études peut en effet établir une corrélation entre deux phénomènes, comme la prise de statines et des probabilités moindres d’être atteint d’un cancer, mais pas un lien de cause à effet.

La manière de présenter des résultats, quand on ne fait aucun cas de la rigueur scientifique, induit (je dirais même sciemment) en erreur un lecteur non averti ou même distrait. On fabrique ainsi des « rumeurs ».
De la même façon, une étude d’observation pourrait distinguer un lien entre deux heures quotidiennes ou plus de télévision et l’augmentation des risques cardiovasculaires. Ce qui ne voudrait pas dire qu’on peut conclure, comme le font une majorité de médias, qu’il y ait dans le poste de télévision quelque mécanisme néfaste pour le cœur, mais une sédentarité excessive, liée, notamment, à un trop grand nombre d’heures passées devant la télé, peut effectivement causer des problèmes cardiovasculaires. La relation de cause à effet ne peut être établie que par un essai clinique comparatif randomisé, conçu afin d’éliminer les biais pouvant conduire à des conclusions erronées. (Il s’agit d’études expérimentales de références en recherche clinique où les participants sont répartis de façon aléatoire entre un groupe expérimental et un groupe témoin.)

Autre exemple :
« Une équipe conduite par Vinay Prasad, du service d’oncologie médicale des NIH, a comparé l’écho reçu par cette étude d’observation ayant décelé un lien entre prise de statines et risque de cancer avec ceux d’une autre étude, comparative et randomisée cette fois, qui constatait une baisse de la mortalité des femmes atteintes d’un certain type de cancer du sein quand elles reçoivent un traitement médicamenteux au T-DM1. Si ces dernières recherches ont elles aussi été médiatisées, elles n’ont fait l’objet que de 77 reprises par les médias, contre 311 pour celles sur les statines.
Pour évaluer la récurrence de ce type de traitement de l’information, les chercheurs se sont penchés sur 75 articles parus à propos de recherches médicales dans cinq grands journaux comme The New York Times et le Washington Post, qu’ils ont comparés à 75 travaux publiés dans cinq revues scientifiques prestigieuses. Ils ont découvert que les journaux accordaient une place plus limitée aux essais randomisés, cantonnés à 17 % dans la presse grand public contre 35 % dans les revues spécialisées. Les études d’observation, elles, représentaient à l’inverse 75 % des articles publiés dans les journaux généralistes, contre 47 % dans les revues scientifiques. »
Le NIH en conclue : « moins une recherche scientifique est fiable, plus elle a de chances d’être reprise par un grand quotidien. »

Il en va ainsi des médias. La recherche du « buzz » est plus importante que l’information.
Pour les dernières élections européennes on a entendu les mots de « séisme », « tsunami » à propos du score du Front National. En fait le tsunami c’est le score des non votants, mais les lunettes des médias sont dotées d’un réglage qui trompe leur acuité visuelle. D’abord je me répète, on compare en pourcentage, donc on ne peut tenir compte du résultat que si les bases de calculs sont comparables ce qui n’est pas le cas. La seule comparaison mathématique de base valide est le score en voix. Il y a 44,8 millions d’inscrits sur les listes électorales, 60% (abstentions, votes nuls et blancs) donc 27 millions d’électeurs n’ont pas manifesté un intérêt particulier pour ce scrutin. Pour différentes raisons peut-être mais justement c’est la voix de la majorité donc il faut en tenir compte. Le véritable « tsunami » est là ! C’est un rejet massif du gouvernement et de l’Union Européenne. Rejet profond et massif qui s’est exprimé dans toute l’Europe, 57%  (pourcentage explicite et comparable puisque basé sur l’ensemble des corps électoraux) des Européens se sont abstenus. Pour le « séisme », le FN est crédité de 4,7 millions de voix, que l’on peut comparer aux élections où tout le corps électoral est concerné (comme dans cette dernière élection) 6,4 millions de voix réalisées à l’élection présidentielle de 2012 par Marine Le Pen, ou aux 4,8 millions de Jean-Marie Le Pen à l’élection présidentielle de 2002. Les législatives de 2012 ne peuvent être prises comme comparatif car le parti ne se présentait pas dans toutes les circonscriptions mais déjà il avait 3,5 millions d’électeurs. La réalité c’est que les français persistent dans le vote négatif à Maatstricht, contre toutes les pressions.

La liberté de la presse ne s’use que si l’on s’en sert, écrivait le Canard Enchainé, il y a bien longtemps, mais l’indépendance de la presse est bien plus importante encore, et il y a aussi longtemps qu’elle a disparue du paysage officiel.

PS (pour éviter un erreur post scriptum) :
FranceTV info a collationné les résultats de cinquante villes battant les records du rejet de Hollande, entre 2012 et 2014. Lisons donc les « triomphes » du FN.
Roubaix passe de 30 % à 75 % d'abstentions; Hollande perd 11 000 de ses 12 900 voix. Le FN, ne perd que 2 000 de ses 4 800 voix c’est donc un … « triomphe » !
A Behren-lès-Forbach (Moselle), il ne reste que 17 % de votants le 25 mai dernier ! Dans ce mouchoir de poche, où Martin (CFDT-PS) ne glane que 104 voix sur les 1 488 de Hollande, Philippot du FN,  avec moins de la moitié des voix Le Pen 2012, « triomphe » à 40 %.
Record à Stains (SeineSaint-Denis) : perdant « seulement » 800 voix, contre 4 432 perdues par Hollande (ramoné à 293 voix !) le FN … « triomphe ».
Où sont-ils, ô savants analystes bourgeois, vos transferts de suffrages ouvriers au FN ? Il y a toujours eu une minorité d’ouvriers qui ont voté extrême droite, on peut toujours en faire des « triomphes »…

La classe exploitée a besoin de dirigeants et de combattants indépendants, pas d’une représentation politique rémunérée puisqu’ils font … un métier. Il faut en finir avec cette République et cette Europe. Pour une Assemblée Constituante et une Europe des peuples.

A bientôt.

Les bonnes nouvelles des marchés.



Le résultat des Européennes : pas une surprise pour les marchés financiers.

Pas de panique sur les marchés financiers au lendemain des élections européennes. Les bourses sont au mieux. Les investisseurs n’ont pas d’inquiétude pour l’avenir, et l’indice CAC 40 s’offre un nouveau « plus haut » de 2014, des sommets qu’on n’attendait soi disant plus. Satisfaction d’autant plus grande qu’un « bouc émissaire » est à l’Elysée. 

Guillaume de Calignon dans les Echos du 30/05 nous annonce même que :
« Le PIB a retrouvé son niveau d’avant-crise deux ans plus tôt qu’annoncé. »
Que du bonheur !
Le journal nous explique : « Grâce un changement de mode de calcul, le PIB a renoué fin 2011 et non fin 2013 avec son niveau d’avant-crise. La croissance avait été sous-estimée de 1% sur cinq ans.
La crise a été moins forte en France que ce que l’on pensait. C’est l’Insee qui le dit. Pas en raison d’un recul inespéré du chômage, d’un rebond inattendu du pouvoir d’achat ou d’un envol de la production industrielle. Mais simplement parce que le PIB a augmenté plus vite depuis 2008. Alors que l’Insee estimait jusqu’à présent que l’Hexagone avait retrouvé son niveau de richesse produite d’avant-crise au quatrième trimestre 2013, il l’a en fait dépassé dès le troisième trimestre de 2011. Deux ans de crise en moins ! »
Croyez-vous çà ! Un effet d’optique, non, un changement statistique !
Evidemment, personne ne s’en est aperçu puisqu’il s’agit d’un changement statistique. Les dépenses de R&D (Recherches et développements) ne sont plus considérées comme des consommations intermédiaires mais comme des investissements.
« A ce titre, elles viennent donc grossir le PIB. Elles ont représenté 41 milliards d’euros en 2010, soit 2,1% de la richesse nationale. Ce changement n’aurait pas dû avoir d’impact sur le taux de croissance mais seulement sur la richesse. Mais les économistes de l’Insee ont eu la surprise de découvrir que ce n’était pas le cas. La croissance du PIB a été sous-estimée d’environ 1% sur les cinq dernières années. »
«Les dépenses de R&D croissent en moyenne plus vite que le PIB et sont relativement inertes en cas de baisse de l’activité», explique Laurent Clavel, économiste à l’Insee. « Les entreprises ont tendance à licencier les salariés dont l’activité est directement liée à la production lorsque la demande baisse brutalement et à garder les chercheurs. D’abord parce que ces derniers travaillent à un horizon long, de trois à cinq ans. Ensuite parce que les crises sont aussi souvent des moments d’accélération de la mutation d’un secteur ou d’un produit», décrypte-t-il. Ainsi, les dépenses de R & D ont grimpé plus vite que le PIB depuis 2008 dans l’Hexagone.
« Ce changement statistique ne change toutefois pas l’histoire économique de la France au XXIe siècle : la révision à la hausse de la croissance depuis 2008 est somme toute relativement faible puisqu’elle n’est que de 1% étalé sur cinq ans ». «Il ne faut pas sur interpréter ce chiffre», estime Laurent Clavel.
« En revanche, le fait que la crise a été «raccourcie» par rapport aux précédentes estimations, alors que les Français n’en ont pas moins supporté les difficultés, vient rappeler la fragilité des statistiques, dépendant de conventions, et surtout, leur caractère partiel et partial. C’est l’effet réverbère. Dans la nuit, il est possible de distinguer les bâtiments d’une ville alors que, sous un réverbère, l’homme voit très bien mais est incapable de voir les bâtiments, plongés dans la pénombre.L’indicateur est un réverbère. Il éclaire une problématique, mais n’explique pas la totalité des problèmes», conclut Laurent Clavel.

Ne croyez pas que ceci change un iota à la politique d’austérité pour le peuple français. Les lois ne sont pas immuables, particulièrement les règles comptables. Vous verrez que quand vos salaires seront au niveau espéré par le patronat et votre protection sociale amputée on vous dira que la dette était correcte, et que celle-ci est bien un élément constitutif du système capitaliste !
Actuellement en France, la loi organique relative aux lois de finances (abrégée en LOLF) n°2001-692 du 1er août 2001 est le texte déterminant le cadre juridique des lois de finances. Mais tout ceci peut changer au gré des événements, les règles même obligatoires sont modifiables.
Mieux !
Les activités illégales devraient être prise en compte dans le PIB, selon la Commission européenne. Mais l’Insee s’y refuse pour l’instant.
« Faut-il intégrer le trafic de drogue, la prostitution et les autres activités illégales dans le calcul du PIB  ? La question peut paraître incongrue. Elle est pourtant légitime, au moins d’un point de vue européen. L’an dernier, Eurostat, l’institut statistique communautaire, a demandé, en effet, aux Etats membres de l’Union européenne de tenir compte des activités illicites qui créent de la richesse dans leurs statistiques », explique Guillaume de Calignon toujours dans les Echos.
Les Pays-Bas comptabilisent par exemple déjà le trafic de drogue et la prostitution. Le commerce de cannabis étant permis dans ce pays, l’institut national de statistiques néerlandais a une bonne connaissance de cette activité. La consommation des autres drogues interdites comme l’héroïne, la cocaïne ou l’ecstasy, est, elle, désormais prise en compte, comme le demande Bruxelles. Elle est estimée en multipliant le nombre d’utilisateurs dans le pays par les doses annuelles nécessaires à un consommateur et le cours de la drogue en question dans les grandes villes. Quant à la prostitution, elle est légale et donc, les prostitués déclarent leur rémunération au fisc
L’Italie s’apprête à prendre en compte ces activités illicites, qui pourraient gonfler le PIB du pays de plus de 10 %. De quoi justifier une contribution plus élevée au budget européen, mais le pays dirigé par Matteo Renzi y verrait aussi un avantage  : un tel changement permettra à l’Italie, très endetté, de réduire le ratio de dette nette sur PIB, suivi à la loupe par Bruxelles.

Comme quoi les « experocrates » officiels qui nous serinent quotidiennement leur appréciation de la situation devraient parfois se documenter au lieu de mijoter dans leurs discours d’agents publicitaires du capital financier. Les règles de comptabilité, même nationale, sont fluctuantes au gré des évènements.

Je termine cet article le 5 juin après un nouveau « plus haut » depuis six ans pour le CAC 40, alors que Francfort culmine à plus de 10 000 points ! Tout va très bien … pour les financiers ! Pour vous pain sec et eau ! Et toujours baisse des salaires (en particulier par la baisse des cotisations patronales) et des budgets sociaux.

A bientôt

mardi 29 avril 2014

VOYAGE AU VIETNAM (2) suite du 28.10.2013

J'avais débuté le récit de notre voyage au Vietnam, Laos et Cambodge du mois de mai 2013, dans ce blog, le 28.10.02013. Dans la première partie nous avons séjourné à Hanoï, puis vers la région Nord Est, frontalière avec la Chine, Ha Giang, Dong Van, Yen Nin, et Méo Vac. Je vous propose aujourd'hui la suite de ce voyage.











Près de  Bao Lac nous séjournons deux nuits dans un petit village d’une ethnie venue du Sud de la Chine les Lolo noirs. Nous vivons dans une famille Lolo et sa maison sur pilotis. Au sol les animaux et le matériel, et à l’étage une grande salle unique qui fait office de cuisine (avec sa cheminée centrale allumée en permanence, sans conduit pour le fumage des aliments), de salle à manger (sur la natte), et de chambre à coucher, sans oublier l’autel des Ancêtres en position principale. Ce village a été rendu célèbre en France par une émission de TV « Voyage en terre inconnue ». Bien sûr au village tout le monde se rappelle du tournage et nous apprenons quelques « à côtés ». Maintenant quelques touristes viennent ici, mais n’abondent pas, les séjours de toute façon sont limités à un petit groupe à la fois. L’électricité est fournie par un groupe électrogène que l’on économise le soir, donc on mange à la bougie. Deux sanitaires ont été rajoutés en annexe aux deux maisons qui reçoivent des touristes, un wc et un robinet d’eau froide, alimenté par un réservoir d’une centaine de litres d’eau de source sur le toit. Un luxe, puisque les Lolos vont chercher l’eau à la source, plus haut dans le village. En fait, un Lolo alimente le réservoir quand l’eau baisse avec un tuyau venant de la source. Nous profitons de cette vie communautaire en immersion totale. Une longue randonnée à pied nous a permis de découvrir leur terrain en montagne. Le paysage est très sauvage. À la sortie du village de Khuoi Khon : longue ascension vers des hameaux habités par des Lolo et des Nung. Les costumes portés par ces ethnies sont particulièrement chatoyants. Le chemin se poursuit sur des balcons, et les rencontres occasionnent l’échange de sourires et de rires : peu de randonneurs viennent s’aventurer ici, notre présence ne passera pas inaperçue












Nous partons ensuite vers le sud et séjournerons dans une maison Tay bâtie sur pilotis sur les rives du lac Ba Be dans le petit village de Pac Ngoi, 300 habitants. Ce lac, entouré de montagnes recouvertes de forêts tropicales épaisses et luxuriantes, est un site charmant. Le dépliant touristique indique « C’est sans conteste l'une des plus belles régions du Vietnam que vous découvrirez là ! », classée parc national. Ici nous retrouverons des touristes, pas en masse, mais cela nous change des jours précédents. La famille vit du tourisme. Toujours la maison sur le pilotis, mais la famille a fermé le bas qui sert d’habitation et de garage, la jeune fille fait le service et est particulièrement sympathique. L’étage est partagé en plusieurs chambres, une grande salle, salle de bains et la cuisine. Nous aurons l’eau chaude par chauffe eau solaire. Promenades en bateau, traversée du lac en longueur avec baignade, et à vélo pour découvrir la région, riche en grottes, cascades et d’une importante biodiversité. Et toujours contacts souriants avec les Tays.
 








Retour à Hanoï pour une nouvelle soirée dans l’attachante vieille ville, puis nous allons à Mai Chau. Arrivée au village Van des Thai Blanc, l’ethnie essentielle de la région, où la famille de M. Cuong nous accueille bien chaleureusement. Les maisons sont aussi sur pilotis, mais toujours adaptées au tourisme, d’ailleurs assez important ici. Le bas est l’habitation de la famille, le haut les chambres collectives, séparées par un rideau pour les deux groupes. Deux salles de bains et les toilettes à l’extérieur. Balade en vélo dans la campagne avec de beaux paysages de rizières et de montagne. Un village, supermarché artisanal, où l’on tisse la soie. Le soir les jeunes du  village offrent un spectacle de danse et musique folklorique, avec dégustation du vin à la paille ("Can") à base de riz fermenté. Tout le monde boit avec la même paille ! Joli, mais nous sommes plus au spectacle, que partageant la vie des lolos noirs !

Nous nous dirigeons ensuite vers Son La. Une petite randonnée au village de Pa Co nous permet de rencontrer l’ethnie des H’Mong Noirs. Vers Moc Chau, la route traverse une vaste plantation de  thé. Nous continuons la route vers le village de Na Ken, à 80 km de Son La, une passerelle de bambous traverse la rivière. Dans ce village typique des Thai Noirs, quelques maisons possèdent encore des toits de chaume en forme de « carapace » qui disparaissent et sont refaits en tuiles. Les femmes mariées doivent porter les cheveux en chignon sur le haut de la tête. Assez amusant avec un casque de moto sur le haut du chignon !
Nous prenons la route pour Dien Bien Phu en franchissant le col de Pha Din, l’un des plus longs cols routiers du Vietnam et qui culmine à 1500 mètres. Au milieu du col, nous nous arrêtons pour découvrir un village de l’ethnie « H’Mong Blanc à Pompons rouges ». A Dien Bien Phu, nous avons un aperçu général des vestiges de la guerre d'Indochine (Le PC de De Castries, le Musée de la guerre,…). Quelle idée s’enterrer dans ce lieu pour lutter ! Mais quel cœur avaient les Viets pour se libérer !
De là nous prendrons la route pour Tay Trang à la frontière avec le Laos.

A suivre...

lundi 28 avril 2014

La science au service de la coopération au Moyen-Orient.

Le synchrotron du Moyen-Orient :
La science au service de la coopération au Moyen-Orient.

 La coopération scientifique est possible partout, la preuve est donnée … au Moyen Orient !

J’ai traduit un article paru dans un journal allemand, déjà traduit en espagnol dans El Pais, et donc lisible maintenant en français, édifiant.

Le Centre international de rayonnement synchrotron pour les sciences expérimentales et appliquées au Moyen-Orient (SESAME), créé sous l’égide de l’UNESCO, a vu le jour en tant qu’organisation intergouvernementale le 15 avril 2004, à Allan (Jordanie). En août 2007, l'Iran est devenu membre de SESAME. Les membres actuels de SESAME sont Bahreïn, Chypre, l’Egypte, Iran, Israël, la Jordanie, le Pakistan, l’Autorité palestinienne, et la Turquie. Les pays observateurs sont l’Allemagne, les Etats-Unis, la France, la Grèce, l’Italie, le Koweït, le Portugal, le Royaume-Uni, la Fédération de Russie et la Suède. En outre, les Emirats arabes unis et le Japonles, qui ont joué un grand rôle dans les premières étapes du projet, sont en voie de confirmer leur statut au sein du Centre.

Voici l’article :

Une nuit tiède d'hiver à Jérusalem. Eiliezer Rabinovici, un professeur de Physique de Hautes Énergies de l'Université Juive à Jérusalem, voyage dans un taxi sur un chemin de Jordanie pour réussir l'impossible : " Nous tentons quelque chose qui est comme un conte des mille et une nuits", affirme le scientifique israélien. Le taxi a pris une route qui descend sur presque mille mètres dans la direction de la mer Morte. Rabinovici commence à parler de Sésame, l'une des expériences physiques les plus audacieuses de la planète. "Nous construisons une espèce d'univers parallèle. Malgré le fait que nos pays s’affrontent plus ou moins gravement, nous, nous voulons construire le premier accélérateur de particules du Proche Orient". Sésame est un synchrotron. Rabinovici est vice-président du Projet Sésame, l'organisme de recherche indépendante qui construit l'accélérateur et il aura à faire les démarches sous l’égide de l'Unesco. L'argent et les chercheurs viennent surtout des pays membres officiels. Avec Israël, sont présents, entre autres, la Turquie, Chypre, Jordanie, le Pakistan, l'Égypte … et l'Iran. C'est une réunion presque surréaliste dans le lieu le plus bas de la surface terrestre, à près de 400 mètres sous le niveau de la mer.
Cela semble incroyable, mais c'est pourtant réel : des physiciens d'Israël et de l'Iran construisent dans une collaboration un accélérateur de particules. Le point de départ de l'expérience est presque un conte : une fois, en 1995, des chercheurs scientifiques d'Israël et de la Palestine se sont réunis à un magasin de bédouins en Égypte et ont commencé à projeter un synchrotron dans le Proche Orient. Quelques semaines avant, le premier ministre israélien, Isaac Rabin, avait été assassiné. "Nous commençons à le commémorer ensemble avec une minute de silence", raconte Rabinovici. "elle résonne toujours dans mes oreilles". Cette minute de silence, dans le désert se a produit un tremblement de terre, bien que personne n'a semblé blessé. La chose a démarré avec difficultés … et on a poursuivi", continue Rabinovici.
L'atmosphère devient oppressive. Des barrières sur la route et les tourelles de vigilance annoncent la transition vers la frontière qui croise la rivière le Jourdain. Pour raccourcir une attente qui peut durer des heures, Rabinovici achète un visa VIP qui, pour un bref voyage en voiture pour passer la frontière, lui coûte l'équivalent de 120 euros. Ces derniers temps, le scientifique s'est fréquemment vu obligé d'entreprendre ce voyage ennuyeux. Jérusalem est impossible comme lieu de réunion : l'Iran interdit de visiter Israël. "J'essaie de profiter des moments au mieux", commente Rabinovici en souriant. "Tout compte fait, c'est le voyage en taxi le plus cher du monde".

Des noms très importants appuient Sésame, parmi eux sir Christopher Llewellyn Smith, directeur général ex-et physique du CERN de Genève.
Un nouveau changement de véhicule après le contrôle frontalier jordanien. Un troisième taxi porte Rabinovici à l'hôtel où la réunion est prévue, près de la mer Morte. Trois heures ont été nécessaire pour faire un voyage d’une cinquantaine de kilomètres. On croirait avoir fait le tour du monde. De l'autre côté on voit les lumières d'un kibboutz, qu’on semble pouvoir presque toucher, mais qui est inaccessible.

Dans le vestibule de l'hôtel, des palestiniens, des Israéliens et des iraniens, hommes et femmes, se saluent comme de vieux amis, se demandent des nouvelles de la famille et parlent des sujets relatifs à la recherche. Les scientifiques de la Turquie et de la Chypre se donnent la main, et se joignent à eux, des Pakistanais, des Egyptiens et des délégués du CERN, de l'Unesco et de l'Organisation internationale de l'Énergie Atomique (Agence Internationale de l'Energie Atomique)) de Vienne. Un sommet presque surréaliste dans le lieu le plus bas de la surface terrestre, à près de 400 mètres sous le niveau de la mer.
Les physiciens sans frontières travaillent fiévreusement pour rendre opérationnel le synchrotron l'année prochaine, mais le sprint final est une course d'obstacles. Plus de cinquante délégués parlent dans l'hôtel de gigaelectrovolts et des millions qui n'arrivent pas.

Plus de 36 millions d'euros ont été investis dans l'installation, et il en va falloir presque six autres. Le fonctionnement du centre aura un prix inférieur aux 4,5 millions. "C’est le chocolat du perroquet pour des pays comme l'Allemagne", affirme un représentant palestinien qui considère que l'Europe ne s’implique pas suffisamment dans le projet. Le plan initial prévoyait que Sésame serait prêt il y a déjà plus de dix ans. Le manque de financement a produit des retards constants.

Sésame s’éveille un peu au son du West-East Divan Orchestra de Daniel Barenboim, composé par des musiciens palestiniens et israéliens. "Barenboim, dans une comparaison facile", dit Rabinovici. " unit deux cultures; nous, une douzaine". En 2010 deux physiciens du Projet Sésame sont morts dans des attentats à la bombe à Téhéran. Il y a eu des rumeurs selon lesquels les deux participaient au programme iranien supposé pour développer l'arme nucléaire. Encore une fois il y a eu des minutes de silence dans Sésame.
Quand la situation politique devient difficile, les physiciens se retirent dans leur microcosme : ils sont invulnérables aux agitateurs et aux prédicateurs de haine. Celui qui cherche à accélérer des électrons, le fait mieux dans le vide, aussi politique. L'accélérateur est assemblé dans une zone industrielle à environ 35 kilomètres au nord-ouest de la capitale jordanienne, Amman. Un groupe de scientifiques s'échinent dans le lieu de construction. L'un égyptien dit qu'il veut faire des recherches sur des nano particules. L'autre jordanienne affirme qu'elle désire étudier le cancer de la peau. L'idée d'un enquêteur de Jérusalem est d'utiliser l'accélérateur pour examiner des documents bibliques, comme les rouleaux de Qumran.

Quand on entre dans la salle, on est saisi par une sensation de grand vide. Un tunnel circulaire construit en béton, est l’anneau de l’accélérateur. "Le coeur de l'accélérateur fonctionne déjà", affirme Erhard Huttel, un ingénieur de Karlsruhe (Allemagne) qui passe la moitié de l'année à Amman et apparemment préoccupé. : "Attention, danger de mort!", prévient une plaque sur le canon central d'électrons, une donation de Berlin. Dans les années quatre-vingt-dix le synchrotron berlinois s'est renouvelé, ce composant était destiné à la ferraille, mais maintenant il ressuscite dans le désert. En ce moment on étudie les aimants de l'anneau de stockage.

Quand en décembre il a inopinément neigé en Jordanie, le plafond a cédé sous le poids de la neige et les réparations ont recommencé à retarder le projet. Dans l’été ils seront finis.
Comme les chercheurs qui collaborent dans Sésame, Fatemeh Elmi s'est impatienté. Malgré son apparence timide et cachée, l'iranienne est l'une des éléments de l'équipe qui jouit d'une des plus grande popularité. Pour elle, Sésame est une porte au monde. Elle est professeur de Chimie de Babolsar, un petit port de la mer à environ 200 kilomètres au nord-est de Téhéran. En 2004 elle a obtenu une bourse pour se former à Taiwan en vue de travailler dans le synchrotron Sésame. Par la suite elle a fait des séjours de recherche en Norvège et en France. Sésame lui a changé la vie. Il n'y a pas beaucoup d'iraniens qui peuvent quitter leur pays avec tant de fréquence. Elmi a été l'une des premières chercheuses qui a travaillé avec les ordinateurs et les laboratoires de Sésame : elle a analysé des cellules de patientes avec le cancer du sein qui avaient été été traitées au préalable dans un synchrotron français. Avec une voix juvénile elle récite la liste de collègues avec qui elle a déjà travaillé dans une douzaine de publications spécialisées. Il y a peu, il aurait été impensable qu’elle enquête au coude avec coude avec des collègues israéliens.
Son travail n'est-il pas un déshonneur pour les imans ? Souriante, debout au centre vide de l'accélérateur de particules, elle dit : "Je n'ai rien à voir avec la politique; je veux seulement de bonnes recherches".

A bientôt.

vendredi 25 avril 2014

Le saviez vous ?



Un petit tour dans la presse internationale, sans la « dictature de l’actu » est toujours plus clarificateur. Faisons donc ce petit tour.

La Grèce fait un retour triomphal sur les marchés.


2 avril 2014.
« La Grèce ( en fait les dirigeants ) se réjouit d'avoir obtenu de l'Eurogroupe, le déblocage d'une tranche d'aide de 6,3 milliards d'euros. Mais pour le peuple grec la lecture du dernier rapport de la Commission européenne sur la progression de la pauvreté en Europe aurait de quoi lui saper le moral, si la vie quotidienne n’avait pas déjà fait son œuvre. En 2013, la Grèce détenait le triste record du pays européen où la pauvreté a le plus progressé entre 2012 et 2013. La pauvreté touche 23,7 % de la population en 2013, contre 11,8 % en 2012. Entre 2008 et 2013 le revenu des ménages a baissé de 14,8 % et, sur la même période, le chômage des jeunes a triplé.
La cure d'austérité imposée au pays depuis quatre ans a fait son œuvre, les dirigeants et financiers sont satisfaits, ils vont pouvoir encaisser les dividendes de leur œuvre ! »
10 avril 2014.
« L’explosion d’une bombe ce matin dans les rues d’Athènes n’a pas dissuadé le gouvernement de lancer son emprunt obligataire, le premier depuis que la Grèce a été exclue des marchés début 2010. Le carnet d’ordres a donc été ouvert à 9h30 (heure de Paris), après le feu vert donné par l’armée de banquiers d’affaires en charge de cette opération hors norme. Les investisseurs se sont rués sur les titres émis ce jeudi matin. La demande dépasserait 20 milliards d’euros. Un énorme succès pour la Grèce, qui a été absente pendant quatre ans. Les investisseurs se sont rués sur le livre d’ordres pour obtenir le précieux «papier» qui devrait leur rapporter 4,95% de rendement, ce qui correspond au coût de financement du pays ce matin sur cette émission à 5 ans. La demande dépasse 20 milliards d’euros, alors que le pays ne souhaitait emprunter que 2,5 milliards. Il pourrait, dès lors, décider de lever davantage. Pour le gouvernement actuel, il était important de montrer au peuple grec que son pays sort enfin du tunnel et ce, avant les élections locales et européennes programmées fin mai. »

Mais ce que ces dirigeants évitent de dire en Grèce, ils l’expriment à la radio en France : pour le peuple l’étreinte de l’austérité ne se desserrera pas avant une dizaine d’années !
Décidément la barbarie est bien à l’œuvre !

Espagne. CONTRE LES « ACCORDS » DE PAIX SOCIALE.


Suite à la réunion du 18 mars au palais de la Moncloa entre les représentants  du gouvernement Rajoy, du patronat et des syndicats, afin d’obtenir un accord assurant une « paix sociale »,
150 militants syndicaux de toutes tendances s'adressent dans un appel publié le 31 mars, à Toxo et Mendez, secrétaires généraux des Commissions ouvrières (CCOO) et de l'Union générale des travailleurs (UGT) pour dire :
« Nous, signataires de ce manifeste, nous adressons aux camarades lgnacio Fernandez Toxo et Candido Mendez et aux comités exécutifs confédéraux des CCOO et de I'UGT. Nous le faisons après avoir appris avec stupeur l'annonce d'un prétendu nouveau scénario de « dialogue social » proposé par un gouvernement dont les mesures ont provoqué deux grèves générales et une multitude de manifestations, et suscité un rejet généralisé de la part des travailleurs et des citoyens.
Un rejet qui, comme on a pu le constater samedi 22 mars avec la marche impressionnante réalisée à Madrid, reste entier et s'amplifie. (...) Camarades Toxo el Mendez, nous ne pouvons tourner le dos à tous ces travailleurs et travailleuses qui nous ont accompagnés dans les mobilisations. Nombre d'entre eux ne comprennent pas que nous ne soyons pas en train d'organiser la mobilisation - y compris la grève générale - pour le retrait de la réforme du travail et de toutes les mesures antisociales jusqu'à la victoire, jusqu'à obliger Rajoy à faire marche arrière ou à démissionner. Dans tout le pays se produisent des centaines de conflits et de mobilisations qui expriment la volonté de résister, de changer les choses. La puissante manifestation du 22 mars le confirme. L'expérience de ces derniers mois démontre que nous, les travailleurs, ne sommes pas vaincus et que à l'inverse, ce gouvernement et ses attaques peuvent bien être vaincus. Le combat pour la défense de la santé, à Madrid, a gagné, comme l’ont fait les éboueurs de Madrid et les habitants du quartier du Gamonal. Unis et décidés, nous pouvons transformer en réalité le cri unanime de toutes les manifestations : « oui, nous le pouvons ! ». Il est possible de vaincre ce gouvernement ! ».
En même temps les manifestations contre la législation sur l’avortement du gouvernement Rajoy continuent. Pauvreté et recul historique des peuples c’est le constat de l’austérité européenne.

France. LA BOURSE AU PLUS HAUT.


La Bourse de Paris fait confiance à François Hollande pour mettre en œuvre le programme d’austérité européen :
Au dernier trimestre 2013, le CAC40 a retrouvé son haut niveau de septembre 2008, avant la « crise » financière.

En Allemagne, AVEC LA REDUCTION DES DEPENSES PUBLIQUES, l'assurance-maladie DEVIENT un système riche, mais …. L’EFFICACITE A DISPARUE !


17.04.2014 Sabine Grandadam (extraits)
« Dix ans de réformes ont profondément modifié le régime public d'assurance-maladie.
Mission accomplie pour l'Allemagne : en un peu plus de dix ans, le nombre de caisses est passé de 485 à 160, sous la férule des réductions de budget imposées par les pouvoirs publics à l'assurance-maladie. Résultat : après un train de réformes qui, depuis 2007, a aussi convié les assurés à mettre la main à la poche, la sécu allemande dispose d'un matelas plus que confortable : ses réserves financières atteignent quelque 30 milliards d'euros, selon les derniers chiffres du gouvernement fédéral. Une manne nécessaire, car l'Allemagne dépense plus que nombre de ses voisins pour son système de santé : 300 milliards en 2012, soit 11,3 % de son PIB. C'est le premier constat du cabinet d'audit Kpmg, qui a réalisé un comparatif de 24 pays européens sur l'efficacité de leur système respectif de santé.
Malheureusement, l'efficacité n'est pas forcément au rendez-vous. C'est ce que constatent les experts de l'Ocde, rapportait en août dernier le quotidien Die Welt. En particulier pour les soins hospitaliers.
Ainsi un plus grand nombre de femmes souffrant du cancer du sein décèdent outre-Rhin : 30 sur 100 000, contre 21 en Espagne. Le constat est semblable pour le cancer de l'utérus. Ou encore pour l'infarctus : 9 % de décès en Allemagne un mois après traitement, moitié moins en Norvège ou en Suède et 3 % seulement en Estonie.
Beaucoup d'hôpitaux ne parviennent pas à sortir de l'ornière : ils sont endettés et ne parviennent plus à fidéliser leurs équipes de soignants. » … « Demain, avertit Finanzen.net, l'assurance-maladie pourrait à nouveau être en danger, notamment à cause du déséquilibre croissant entre les jeunes actifs qui financent et les seniors qui vivent plus longtemps. » …
( Avertissement ! Attention ça ne va pas s’améliorer, les profits d’abor, la santé avec ce qui reste !)
… « L'Allemagne a opté pour une couverture universelle, destinée à couvrir les soins médicaux, l'hospitalisation et les prestations paramédicales. Cette "sécu" repose sur un régime principal "obligatoire", pour lequel salariés et employeurs cotisent à hauteur de 15,5 % du salaire brut (8,2 % pour les salariés, 7,3 % pour les employeurs). Ce régime couvre près de 70 millions d'Allemands (y compris les retraités ou chômeurs) alors que les assurances santé privées comptent 9 millions d'adhérents. »
Bientôt à nous aussi. C’est pourquoi l’allongement de la vie devient un leurre !

FINANCE. « QUAND C’EST FINI ON RECOMMENCE… »


Le retour en grâce de la titrisation, ou, spéculation quand tu nous tient !
Publié le 11 janvier 2014 dans The Economist (extraits) Londres :
« Discréditée par la crise des subprimes, cette technique est de nouveau à la mode. Avec la bénédiction des autorités, qui estiment avoir limité les risques de dérapage.
En 2008, si vous aviez de­mandé aux autorités de contrôle quel instrument financier n’aurait jamais dû voir le jour, elles auraient certainement cité un acronyme en trois lettres lié à la titrisation.
Avant la crise financière, la pratique consistant à regrouper des revenus futurs comme les remboursements de prêts automobiles et de cartes de crédit, à les reconditionner en titres de créance et à les vendre par lots assortis de différents niveaux de risque faisait figure de gestion avisée. Mais ce ne fut plus le cas après que l’on eut découvert que de nombreux CDO, CLO, ABS et autres MBS étaient infestés de subprimes, ces prêts hypothécaires à hauts risques. Aujourd’hui, ces mêmes autorités tentent de ressusciter ces produits.
L’enthousiasme suscité par la titrisation est palpable. Andy Haldane, directeur de la Banque d’Angleterre, l’a récemment qualifiée de “véhicule financier des quatre saisons” qu’il ne faudrait plus voir comme un “épouvantail”. La Banque centrale européenne (BCE) est fan de la titrisation, tout comme les autorités internationales de contrôle du système bancaire, qui, en décembre dernier, ont édulcoré les règlements susceptibles d’en limiter l'usage. »
… « Les émissions d’ABS (adossées à des prêts automobiles, des dettes sur cartes de crédit et d’autres crédits à la consommation) ont doublé depuis 2010, où elles étaient au plus bas. Celles de titres adossés à des prêts pour l’immobilier commercial sont passées de 4 milliards de dollars en 2009 à plus de 100 milliards de dollars en 2013. D’autres sources de revenus utilisées sont plus inattendues, comme celles générées par les panneaux solaires ou par les locations résidentielles – le genre de gadgets autrefois considérés comme ridicules et caractéristiques d’une période de boom. » … « la quantité d’actifs titrisés est en progression continue au niveau mondial.
Pourquoi ces autorités de contrôle, désirent-elles réhabiliter ces produits qui ont failli anéantir l’économie mondiale il y a cinq ans seulement ? Pour résumer, elles souhaitent alimenter davantage l’économie en crédits. D’aucuns assurent que c’était le contenu de ces instruments – les créances à hauts risques – qui était toxique et non la titrisation elle-même. C’est un argument qui se défend. » ….
 « La nécessité de ressusciter la titrisation se fait particulièrement sentir sur le Vieux Continent. Alors qu’aux Etats-Unis les marchés de capitaux sont prêts à financer les entreprises (par le truchement des obligations), l’Europe est bien plus dépendante du crédit bancaire. Ses banques ont besoin de plus de capitaux et représentent le maillon faible dans la reprise qui s’amorce parce qu’elles ne répondent pas à la de­mande de prêts des ménages et des petites entreprises. Les autorités veulent que les banques prennent moins de risques, et ont pour cela relevé leur ratio fonds pro­pres sur prêts. Comme les ban­ques rechignent à augmenter leur capital, elles doivent se délester de certains actifs. C’est là que la titrisation est utile : en regroupant dans leurs comptes les créances (qui forment une partie de leurs actifs) et en les vendant à des gestionnaires d’actifs ou à des compagnies d’assurances, les banques peuvent à la fois alléger leur bilan et améliorer leurs ratios. »

« Faire de l’argent avec de l’argent » c’est le credo de l’impérialisme capitaliste agonisant. Lisez le Capital : le système capitaliste ne peut vivre sans le crédit (et la dette) et engendre lui-même les contradictions qui le détruisent.
 

BIODIVERSITÉ


Mon voisin le coyote
Dans un article publié le 20/09/2013 dans Science Washington par Virginia Morell celle-ci explique (extraits) :
« Aux Etats-Unis, de plus en plus de prédateurs, comme l’ours, le puma ou le coyote, s’aventurent au cœur des villes. Ils peuvent tout à fait cohabiter avec l’être humain, estiment les scientifiques. » … « Les ours noirs se baladent un peu partout dans l’Ohio et le Missouri, deux Etats qui n’en comptaient aucun jusqu’à une époque pas si lointaine. Enfin, les coyotes, jadis présents seulement dans les Etats de la Prairie, vivent désormais du Panamà à l’Alaska, et leur population explose même au centre-ville de Chicago. » … « Autrefois chassés jusqu’à leur quasi-extinction dans l’ensemble des Etats-Unis, les plus grands prédateurs du pays font un retour spectaculaire. Le phénomène suscite des réactions diverses, qui vont de la surprise et de la joie, aux appels en faveur d’un contrôle strict de ces animaux, voire de leur abattage pur et simple. » … « Aussi scientifiques, écologistes et gestionnaires de la faune se creusent-ils la tête pour trouver le meilleur moyen de gérer des animaux qui vivent littéralement à nos portes et sont capables de tuer un être humain. » … « Plusieurs facteurs favorisent l’avancée des prédateurs. Le premier tient au verdissement du paysage. Les surfaces forestières ont augmenté de 28 % dans vingt des Etats du Nord, alors même que la population humaine a fait un bond de 130 %, selon un rapport des services forestiers américains de 2012. Les villes voient leur couverture végétale s’étendre, et avec elle une multiplication des cerfs de Virginie et des lapins de garenne. “Quand on parle de verdir nos villes, on ne s’attend sans doute pas à avoir des coyotes comme voisins, commente Mark Weckel. Mais voilà le résultat, et c’est positif. S’ils prospèrent ici, cela veut dire que nous avons réussi.” »…
Que pensez vous d’un loup dans votre jardin ? Enfin vivons dans un cocon sécuritaire notre vie d’êtres humains en communautés séparées, mais en partageant notre liberté avec des animaux dangereux ! C’est un nouveau « credo » libertaire : oui aux droits de vivre pour les animaux où ils veulent, et d’un autre côté, non aux mêmes droits aux humains, sous prétexte de non-conformité entre les cultures. C’est un racisme.
 « les ours noirs n’ont tué que 14 personnes dans les 48 Etats contigus. Certes, il arrive que quelqu’un se fasse griffer en donnant imprudemment à manger, ou qu’un plantigrade entre dans une maison, comme certains l’ont fait à Durango. Et lorsqu’un ours, un puma ou un coyote devient une nuisance, les agents prennent systématiquement leur fusil. “C’est la solution de facilité, déplore Heather Johnson. Mais rien ne prouve qu’elle soit efficace à grande échelle.” Pour un nombre grandissant de chercheurs, abattre un prédateur ne résout pas forcément le problème, parce que cela laisse simplement le champ libre à l’un de ses congénères. »
La liberté des animaux vaut bien la mort de 14 personnes ! La biodiversité élevée au dessus de l’égalité humaine, je ne trouve pas que ce soit un résultat de la raison.
Permettez que je sois surpris !

A bientôt.