lundi 16 mai 2016

Non, Guardiola et Simeone ce n’est pas le même chose, par François Sorton.



A quoi sert le football pour le commun des mortels? A cette question de prime abord simpliste ou infantile, on a juste envie de répondre à prendre du plaisir, à se distraire, à passer un bon moment. En étant si basique, on a l’impression ridicule d’enfoncer une porte ouverte. A ceux - dont nous sommes - qui pensent donc que l’Atletico Madrid et son entraîneur Diego Simeone sont des venins toxiques justement parce qu’ils tuent le plaisir, tous nos prétendus experts (entraîneurs ou ex-joueurs) nous expliquent que nous sommes de robustes crétins et que nous ne savons pas apprécier la science et la culture de la gagne.
Miroir Du Football — 8 Mai 2016

En faisant preuve de curiosité, on a beaucoup lu et entendu les commentaires depuis mardi soir et c’est une déferlante enthousiaste à l’égard de Simeone  ; juste certains ont osé une légère préférence pour un jeu plus ouvert. Mais comme il y eut une Mourinhomania, une Guardiolamania, il y a aujourd’hui une Simeonemania. Tout est pareil, tout se vaut, disent-ils, attaquer, défendre, peu importe du moment que la victoire est au bout. Les plus audacieux ont  même décrété qu’après le football de possession de la balle incarné par le Barça et l’équipe d’Espagne, la tendance symbolisée par l’Atletico allait prendre le pouvoir avec des déductions qu’ils jugent imparables  : le Bayern a eu la balle 72% du temps, a réussi 625 passes contre 147 mais a perdu, donc Simeone est plus fort que Guardiola. Ah  ! Ces syllogismes hâtifs, péremptoires, comme si une victoire allait décider du futur du football. Cette notion de modernité est en fait d’un fol archaïsme, elle nous ramène 50 ans en arrière, à l’époque de l’Inter de Milan du Franco-Argentin Helenio Herrera. Herrera-Simeone, même combat, libero en moins  : le vice est aussi constant (les coups sont moins fréquents grâce à l’amélioration de l’arbitrage), sur chaque touche, chaque remise en jeu, on grappille du temps, au moindre choc on se roule par terre, au moindre coup de sifflet on ceinture l’arbitre, enfin du grand classique de pourrissement de match.
Si Simeone a du génie –il en faut pour tenir tête durablement avec 200 millions d’Euros face au Real et au Barça qui en ont 550- c’est un génie démoniaque, le génie de la destruction. Depuis que le football existe, est-ce qu’une équipe a autant et aussi remarquablement défendu collectivement, autant rendu l’adversaire impuissant  ? On n’en a pas le souvenir. Est-ce qu’une équipe a déjà été aussi assommante  ? Peut-être mais l’Atletico n’est pas mal placé dans le palmarès. Imagine-t-on le désastre lorsque deux équipes identiques se rencontrent  ? On l’a vécu en huitièmes de finale de la Champion’s League. Le PSV Eindhoven, reniant une tradition plutôt joueuse, a rivalisé tant à l’aller qu’au retour  : 9 défenseurs campés devant leur but, une demi-occasion en 180 minutes jusqu’à l’épreuve des tirs au but au bout de la nuit et de l’ennui.
Venin contaminant   
D’une certaine manière, les gagnants font toujours école, influencent le jeu. Depuis l’avènement du Barça, beaucoup d’équipes en Europe jouent mieux au football, perdent moins vite le ballon, ont amélioré leur fond de jeu. Le phénomène est perceptible à près partout, sauf en France malheureusement qui accuse beaucoup de retard et n’a pas compris qu’il fallait offrir autre chose. Elle ne se pose même pas la question de savoir pourquoi, alors que de nombreux stades ont été construits ou rénovés, la moyenne de spectateurs est en chute libre (20  695 contre 22  033 l’an passé, soit 7% de moins) alors que le PSG fait le plein partout. Si le virus Atletico devait sévir quelque part, soyons sûrs que nous serions les premiers servis. C’est pourquoi il faut souhaiter la victoire du Real en finale. L’équipe de Zidane n’est pas très brillante, son jeu est un peu décousu avec les purs contre-attaquants que sont Cristiano Ronaldo et Gareth Bale mais enfin elle essaie de jouer. Simeone en perdrait du coup un peu de hauteur et de grandeur. Ce n’est même pas une question de morale mais de salubrité publique. Ecoutons l’entraîneur de Sochaux, Albert Cartier qui fait souvent descendre les équipes dont il a la charge  :  «  J’aime les «  impact players  » de l’Atletico  ». Des sorties comme ça rempliraient des cahiers depuis mardi soir.
Éthiquede responsabilité
Alors que le football a entamé une épreuve de visibilité et de popularité universelle, que les droits télé explosent partout dans le monde, que l’on consomme le football comme un divertissement ou un spectacle, l’avènement de la pieuvre Atletico serait évidemment contre-productif s’il faisait boule de neige. L’épopée doit rester un feu de paille, un épiphénomène. Simeone, c’est vrai, inspire le respect parce qu’à l’inverse de Mourinho, par exemple, égocentrique exacerbé, il s’appuie sur une haute culture collective, la diffusion d’un supplément d’âme, une adhésion totale. Du respect, donc mais aussi de l’effroi car la propagation de «  l’esprit Simeone  » nous plongerait dans la désolation d’un football de «  muerte  ».
Simeone et Guardiola nous font penser à deux chercheurs maîtres es-football  : le premier a inventé un poison, le second un vaccin. On préfère un vaccin à un poison.

Allez faire un tour de temps en temps sur ce site si vous aimez le "beau" football, en tout cas le foot collectif et construit.
A bientôt.

La Libre Pensée reçue à l’Observatoire de la Laïcité



Dans le cadre de la rédaction de son rapport annuel, l’Observatoire de la Laïcité, présidé par Jean-Louis Bianco a reçu le mardi 15 mars 2016 la Fédération nationale de la Libre Pensée, représentée par son Président Jean-Sébastien Pierre et son Secrétaire général David Gozlan. Sous la conduite du rapporteur général de l’Observatoire, Nicolas Cadène, nous avons pu y développer dans le temps imparti les positions de notre association. Après avoir remercié l’Observatoire d’avoir reçu la Libre Pensée, nous nous félicitons qu’il puisse de nouveau travailler sereinement.

Nous avons rappelé que :

Nous sommes pour l’application de la Loi de 1905 sur la Séparation des Eglises et de l’Etat sur l’ensemble du territoire de la République.
C’est une loi de liberté. Il ne peut y avoir pour nous, ni religion d’Etat (ou reconnues par un Concordat), ni d’athéisme d’Etat, mais bien le respect de la liberté de conscience pour tous. C’est pourquoi elle n’a pas pour but d’infliger des restrictions à l’expression des citoyens dans la sphère privée. Nous refusons que la laïcité serve de prétexte à des fins de discriminations contre les étrangers et en particulier les musulmans. Nous rappelons que l’argutie selon laquelle l’Islam n’existait pas en France en 1905 est parfaitement mensongère. Les musulmans étaient plus de dix millions dans les 3 départements de l’Algérie qui était « française » à l’époque. Ce fut une décision politique colonialiste de maintien de l’indigénat que de ne pas appliquer la loi de 1905 dans ces territoires. L’association des « Ulemas progressistes » puis le Parti du Peuple Algérien de Messali Hadj réclamaient l’application de la loi de 1905 et la liberté cultuelle qui lui était associée.

Nous sommes opposés à tout financement public des cultes ainsi que des écoles privées.
Nous avons réitéré notre évaluation du détournement de dix milliards annuels de fonds publics en direction des Eglises et de l’enseignement privé. Il s’agit de la concurrence déloyale que l’Etat inflige à sa propre Ecole publique en finançant un système scolaire à caractère propre religieux. Il faut abroger la loi Debré, « mère de toutes les lois antilaïques » et toutes les lois qui en découlent.

Nous avons réaffirmé notre attachement aux Franchises universitaires.
Ces franchises datent de 1231 comme concession du Pape de l’époque, et ont rapidement été obtenues par presque toutes les universités d’Europe, puis du monde. Elles sont consignées de façon moderne dans le Code de l’éducation. Ces franchises font du Président de l’Université le garant des libertés, interdisant aux forces de l’ordre et à la justice d’intervenir directement dans l’établissement sans son consentement express, sauf dans des cas très particuliers et prévus par la loi. Or, nous avons vu dans deux cas, celui de Rachid Zouhhad à l’IUT de Saint Denis et de Bernard Mezzadri à Avignon, un Directeur ou un Président d’Université dénoncer directement leurs agents au Parquet, sans même réunir les instances disciplinaires paritaires. Notons que le Directeur de l’IUT de Saint-Denis, bénéficiaire d’un « Prix de la laïcité » décerné par le Premier ministre (on a fait beaucoup mieux en matière de laïcité), est maintenant convaincu de harcèlement et de calomnie vis-à-vis de deux de ses enseignants, accusés indûment de détournements de fonds et de montage d’un complot islamiste. Nous avons fait état de notre satisfaction devant les avis promulgués par le CNESER, puis par la Conférence des Présidents des Universités et par l’Observatoire sur les questions de la laïcité à l’Université.

Nous sommes revenus sur les violations de la loi de 1905 constituées, outre par la question des crèches de Noël, par les affaires de la « Vierge » de Publier et de la statue de Jean-Paul II, surmontée d’une arche et d’une croix monumentale, à Ploërmel. Ces deux affaires nous semblent suffisamment graves et emblématiques, nous demandons que les décisions de justice soient appliquées et que les violations flagrantes de la loi de 1905 cessent au plus vite.

Nous rappelons l’attitude scandaleuse au cours de l’émission « C dans l’air » de décembre 2014, ou la Libre Pensée, nommément désignée, a été vouée à la vindicte publique sans possibilité d’intervenir et sans droit de réponse. Nous avons, en conséquence, déposé une requête au Conseil Supérieur de l’Audiovisuel qui n’a jamais répondu. Nous communiquons la requête à l’Observatoire pour qu’il intervienne afin d’obtenir une réponse de la part du CSA.

Enfin, nous abordons la question des aumôneries dans les hôpitaux qui vient de faire l’objet d’un guide de l’Observatoire. Nous avons pris bonne note du fait que ce guide n’a pour objet que de confirmer les dispositions juridiques en vigueur, la loi telle qu’elle est et non de la changer. Nous émettons les plus vives réserves sur la circulaire évoquée dans le point 2, introduisant, selon nous, des éléments communautaristes dans les relations entre hospitaliers et patients.

Paris le 20 mars 2016

samedi 23 avril 2016

Hommage à Umberto Eco.



Umberto Eco, né en 1932 à Alexandrie dans le Piémont est mort le 19 février 2016 à Milan. Eco est un universitaire, érudit et écrivain italien. Reconnu pour ses nombreux essais universitaires sur la sémiotique, l’esthétique médiévale, la communication de masse, la linguistique et la philosophie, il est connu du grand public pour ses œuvres romanesques.
Titulaire de la chaire de sémiotique et directeur de l’École supérieure des sciences humaines à l’Université de Bologne, il en est professeur émérite depuis 2008.
Pionnier des recherches en sémiotique (La Structure absente, 1968, Trattato di semiotica generale, 1975), il développe une théorie de la réception (Lector in fabula (1959), Lector in fabula ou La Coopération interprétative dans les textes narratifs (1985)) qui le place parmi les penseurs européens les plus importants de la fin du XXe siècle.
Son premier roman, Le Nom de la rose (1980) connaît un succès mondial avec plusieurs millions d'exemplaires vendus et des traductions en quarante-trois langues, malgré un contenu dense et ardu. Umberto Eco met en application dans ce « policier médiéval » ses concepts sémiologiques et ses théories du langage, ceux-là mêmes qu'il enseigne à Turin. Ce fut un film à succés.
Dans Kant et l'ornithorynque (1999), il aborde la perception d’un point de vue généralisé mettant en rapport culture, appareil cognitif et appareil linguistique.
En 2014, dans un recueil de conférences, il parle de l’attrait de l’être humain à se Construire un ennemi.
Je vous cite la fin de la conférence :
« Il n'est pas nécessaire d'atteindre les délires de 1984 pour reconnaître en nous des êtres ayant besoin d'un   ennemi. On voit bien la force de la peur engendrée par les nouveaux flux migratoires. En élargissant à toute une ethnie les caractéristiques de certains de ses membres marginalisés, on est en train de construire aujourd'hui en Italie l'image de l'ennemi rom (aujourd’hui immigrant ou autre), bouc émissaire idéal pour une société qui, emportée dans un processus de transformation ethnique, n'arrive plus à se reconnaître.
La vision la plus pessimiste à ce propos est celle de Sartre dans Huis clos. D'un côté, nous ne pouvons nous reconnaître nous-mêmes qu'en présence d'un Autre, et c'est sur cela que reposent les règles de la cohabitation et de la mansuétude. Mais, plus volontiers, nous trouvons cet Autre insupportable parce qu'il n'est pas nous. En le réduisant à l'ennemi, nous nous construisons notre enfer sur terre. Quand Sartre enferme trois défunts, qui ne se connaissaient pas de leur vivant, dans une chambre d'hôtel, l'un d'eux comprend la terrible vérité :
Vous allez voir comme c'est bête. Bête comme chou ! Il n'y a pas de torture physique, n'est-ce pas ? Et cependant, nous sommes en enfer. Et personne ne doit venir. Personne. Nous resterons jusqu'au bout seuls ensemble. [... ] En somme, il y a quelqu'un qui manque ici : c'est le bourreau. [...] Eh bien, ils ont réalisé une économie de personnel. Voilà tout. [...] Le bourreau, c 'est chacun de, nous pour les deux autres. »
Ou dans Absolu et relatif, il dit :
« …à certains croyants de tirer de cette mort annoncée la fausse conséquence dostoïevskienne : si Dieu n'existe pas ou n'existe plus, alors tout est permis. Mais peut-être est-ce justement le non-croyant qui sait que, puisqu'il n'y a ni enfer ni paradis, alors il est indispensable de nous sauver sur terre en établissant bienveillance, compréhension et loi morale. »
Un homme a disparu. Ses écrits resteront.

A bientôt.

Code du travail.



« En France les réformes ne passent pas ». Ah bon ! Pourtant les acquis de nos aînés de 36 et 45 (durement acquis !) se dissolvent dans le bain de « l’adaptation à la modernité » chère à nos dirigeants et « experocrates » larbins aux ordres de l’UE libérale.
La dernière cible en date : le Code du Travail.

Vu d’Italie :
Pour Anna Maria Merlo Poli, correspondante du quotidien italien Il Manifesto, « la France fait comme les autres, elle arrive bonne dernière concernant cette réforme, que beaucoup de pays ont faite avant elle en Europe. Mais ça ne veut pas dire que c’est une bonne réforme... En Italie, des mesures analogues ont été adoptées l’année dernière : on a “détricoté” le droit du travail, “facilité” les licenciements et “assoupli ” les procédures, comme on dit. Les jeunes, par exemple, n’ont presque plus droit au CDI, mais doivent se contenter de contrats plus précaires. Un an après, le gouvernement parle de “réussite”, mais il y a beaucoup d’effets d’optique, et le chômage n’a pas vraiment baissé. Y a-t-il plus d’embauches si on supprime des droits ? Vu d’Italie, il est impossible de répondre à cette question par l’affirmative. » A la question : Pourtant, la France n’a-t-elle pas besoin de réformer son Code du travail ? Elle répond : « Bien sûr, il faut simplifier des procédures qui se sont empilées au fil des ans. Mais, quand on parle de “dépoussiérer” ou de “réformer”, c’est finalement toujours la même chose : à la fin, on a moins de droits. Le travail est devenu la seule variable d’ajustement de nos sociétés. » «  La France est dans une meilleure situation économique que les Italiens quand la réforme du droit du travail a été adoptée chez eux : le pays était alors épuisé par un chômage très important. La situation française est meilleure. » « Les relations entre employeurs et employés sont une épreuve de force permanente. Les salariés, les chômeurs et les jeunes qui dénoncent le projet de loi n’ont aucune raison de faire confiance aux chefs d’entreprise. Assouplir les conditions de licenciement pour faciliter de nouvelles embauches ? Vu le bilan de ces dix dernières années, ils n’en croient pas un mot et jugent cela totalement irréaliste. »

Vu d’Espagne :
Pour Gabriela Canas correspondante du quotidien espagnol El Pais:
« les Français doivent se mobiliser. Le gouvernement français a-t-il peur ? Je crois que oui, car la menace sociale est grande en ce moment. Les syndicats sont en position de force, à un peu plus d'un an de et l'élection présidentielle c'est le moment ou jamais de faire plier le gouvernement. Les Français ont raison de se mobiliser : ce n'est pas une réforme naturelle de la gauche, et elle est dangereuse. L’Espagne a adopté une loi analogue il y a quatre ans, qui a fait très mal aux Espagnols : aujourd'hui le chômage n'a pas baissé, contrairement à ce qu'on entend souvent. Il aurait même dû augmenter s'il n'y avait pas eu la légère reprise économique qu'on observe en Europe grâce à la chute des prix du pétrole. Par contre, il y a eu des licenciements massifs dans beaucoup d'entreprises, facilités par cette loi, et les salaires ont considérablement baissé… Mais il existe d'autres solutions que de simplement casser les droits des travailleurs. Il faut trouver une voie différente et regarder ailleurs pour voir les bonnes solutions qui ont été trouvées. Nous pensions que les Français en étaient capables. Pour les Espagnols, la France est un miroir, un exemple pour toute l'Europe, elle symbolise la résistance, la patrie des droits de l'homme et des droits des travailleurs. Or la réforme du droit du travail va à l'inverse de cela. Nous observons donc sa mise en place avec une certaine déception. »

Dans le monde politique comme dans les médias, « l’économiste expert », c’est-à-dire l’officiel, délivre sa sentence indiscutable basée sur une pseudo science (pseudo car tous les éléments ne sont pas matérialisables), mais qui fait autorité au détriment de l’action politique. Après Thatcher en Grande Bretagne, les « gauches » européennes se sont chargées du « boulot » pour la classe dominante : Schroeder (SPD) en Allemagne, Zapatero (PSOE) en Espagne, Renzi (Centre gauche) en Italie.
Voir aussi : http://levieuxguitou29.blogspot.fr/2015/12/23-millions-delecteurs-ne-sont-pas.html

A bientôt.

L'union européenne organise la concurrence des salaires et droits sociaux.




 "L'interdiction légale à un patron d'employer les ouvriers étrangers à un salaire inférieur à celui des ouvriers français » : c'est l'une des plus anciennes revendications ouvrières (programme du Parti ouvrier français, 1880). La classe patronale et financière, de son côté, cherche avidement cette concurrence entre salariés. Coup double : à l'exploitation bas coût, s'ajoutent les divisions, les hostilités, les violences, attisées par les partis réactionnaires. « Dehors les métèques ! », aboyaient, dans l'entre-deux-guerres, les ligues fascistes, contre les travailleurs immigrés venus d'Europe de l'Est. Les mêmes aujourd’hui, aboient à nouveau.
L'union européenne vient de promulguer cette inégalité, derrière l'accord destiné à empêcher le « Brexit ». L'Union européenne a « autorisé » Cameron et la bourgeoisie britannique à priver les travailleurs européens immigrés de prestations sociales (logement, allocations familiales, etc,) abaissant ainsi le salaire brut par discrimination xénophobe. Concession aux Britanniques dit-on. Mon œil ! « Ce dispositif  vaut pour tout le monde. L'Allemagne pourra l'appliquer et elle le fera » a dit Merkel, qui paie déjà au tarif et dans le pays d’origine, polonais, tchèques, etc… D’autres exemples existaient déjà, mais comme l’Allemagne avec des artifices de paiement. Cela leur facilitera la comptabilité.
Tandis que s'applique ainsi, contre la classe exploitée, la « concurrence libre et non faussée » de l'Union européenne, rejetée par 54,67 % du peuple français en 2005, on feint de s'étonner du « rejet des partis ». Plus finement un institut de sondage remarque que notre peuple « reste toujours passionné par la politique. Mais c'est le monde politique qui ne lui convient plus ». Ce qui pour nous, revient à dire que les travailleurs conscients doivent s'organiser en une force politique indépendante et nous devons l’y aider. Le POI y travaille(*). Ensuite seule la lutte permettra de gagner, les élections ne sont que des thermomètres du ras le bol, en tout cas dans l’UE d’aujourd’hui.

(*)PS : N’en déplaise à Médiapart qui avait début 2015 titré « crise finale au POI », ce n’est toujours pas le cas, et voyait dans les nouvelles forces issues des pensées intellectuello-critiques des Forums sociaux la véritable gauche révolutionnaire moderne. (les révolutionnaires en question, Syriza, Podemos, ou s’accommodent bien de l’UE actuelle, ou sont eux aussi en crise dislocatrice).


A bientôt.

Insultes, vociférations... des habitants du XVIe déchaînés contre un centre d'hébergement d'urgence.



"Escroc", "fils de pute", "menteur", "collabo", "stalinien", "vendu", "salopard", "salope", "caca" : c'est la liste, non exhaustive, des insultes et insanités proférées en moins de vingt-cinq minutes par les habitants du XVIe arrondissement de Paris mobilisés massivement pour assister à une réunion d'information lundi 14 mars, sur un projet de centre d'hébergement d'urgence dans le quartier.
Monique Pinçon-Charlot, habitante du quartier, sociologue, avait décidé d’assister à cette réunion, dans le cadre des études sur lesquelles elle travaille. Elle a eu du « pain sur la planche »… et déclarait le mercredi sur France Inter au journal de 13h:
« "Entre-soi géographique", "entre-soi social", "entre-soi idéologique"… La population du XVIe arrondissement peut être assimilée à une forme de classe sociale. Non seulement elle l’est objectivement mais en plus un vrai sentiment de classe existe et l'anime. Ce sentiment de classe se traduit notamment par un rejet de toute forme de mixité, celle-ci étant contraire à leurs intérêts. Cette singularité sociale est revendiquée et assumée parce qu'elle permet la transmission de ce patrimoine aux générations suivantes, et la démultiplication de la richesse de chacun (par le don et le contre-don). Voilà une population qui ne baisse jamais la garde et qui a une capacité de mobilisation impressionnante (lundi, ils étaient 800 à l’intérieur de l’amphithéâtre, et 300 à l’extérieur !). Elle cumule concentration des richesses et concentration des pouvoirs. En découle un extraordinaire sentiment d’impunité. Lundi soir, on ne trouvait trace dans les discours de ces habitants aucun sentiment de culpabilité et aucune trace de mauvaise conscience. »
Avez-vous entendu une « stigmatisation médiatique » de ce mouvement ? Si peu… Ah ! Si les « non éduqués » ou les « quartiers » avaient eu une telle réaction !...La meute aurait réagi avec vigueur. 

A bientôt.

France, terre d'asile...




C'est un enfant de huit ans. Il s'appelle lbrahim, il est comorien. Il y a quelques jours (fin mars 2016), il est arrivé seul à Paris, venant de Moroni par avion. Sa famille ayant explosé et certains disparus, il est envoyé en France chez sa tante. Au poste de contrôle de la police des frontières, il est refoulé. Il ne peut mettre un pied sur le sol français au risque d'être dans 1' « illégalité », car immigré à un moment inopportun. Il n'a que huit ans, mais on ne sait jamais, n’est-ce-pas ! Et durant dix jours, il sera cantonné dans la zone sous douane de l'aéroport de Roissy. Il ne sera pas placé dans un centre pour enfants, car il ne peut mettre un pied sur le territoire de la France ! Il sera resté dix jours dans cet espace hors zone sous contrôle de la police. Sur décision de justice, oui, oui, justice ! Il sera ensuite reconduit par les policiers à bord d'un avion pour être renvoyé aux Comores. L'enfant perdu, désespéré, qui n'a plus personne sur qui compter aux Comores, est en pleurs en montant à bord. Selon les règles, le pilote est seul maître à bord. Celui-ci décide de ne pas faire décoller l'avion tant que l'enfant sera à bord. Les policiers sont donc contraints de redescendre de l'avion avec l'enfant et de le reconduire dans la zone sous douane.
Il aurait pu y rester encore longtemps si des avocats et des associations ne s'étaient pas démenés pour obtenir enfin d'un juge l'autorisation pour l'enfant de pouvoir entrer sur le territoire de la France, terre d'asile ( ?...)  et d'être remis à sa tante, qui ne demandait que cela !
Il a huit ans. Il s'appelle lbrahim. Bienvenue en France, terre d'asile qui ne veut plus accueillir toute la misère du monde. Mais ça se sait et malgré tout ce qu’on leur donne (parait-il !) de gratuit, les immigrés ne souhaitent plus rester chez nous. Le Français n’a plus bonne presse ! Ce fait divers, faites le connaître, n’améliorera pas les choses, mais choquera j’en suis sûr beaucoup de français, car le rejet de la politique unique exprimé par l’abstention de près de 50% du corps électoral prouve que la France n’est pas encore totalement acquise aux idées xénophobes.
A bientôt.

PS : Les médias participent à banaliser ces idées, et même ceux qui pensent les combattre y participent, tel Alexandre Jardin, l'écrivain qui vient de lancer avec cinq mouvements citoyens la « Primaire des Français ». Présentant l’action sur Canal, il dit répondre à une attente des français puisque 50% s’abstiennent, et lutter contre un parti populiste soutenu par 30% des français. Non monsieur, les maths de primaire (à mon époque) ne donnent pas ce résultat. Jardin parle d'abstention 50% de l’ensemble des inscrits, mais et ensuite 30% des exprimés donc environ 15% de l’ensemble des inscrits. Rectification effectuée sur le propos, qui est approximatif quand même car le vote en voix exact (au premier tour) donne 10% des inscrits pour le fameux parti.


A bientôt.

La France était un Empire.



Il est toujours bon pour expliquer le présent de se référer au passé, à l’Histoire. Notre manière de penser est, le plus souvent inconsciemment, un produit de notre vécu, d’une vérité relative, dépendante de notre milieu et de notre localisation pendant ce vécu. Manuel Valls a expliqué dans un discours qu’expliquer, c’était commencer à excuser. Non monsieur, essayer d’expliquer est tenter de trouver des solutions. Ne pas le faire est se murer dans une vérité relative, c’est oublier que la Raison existe pour être exercée.

Ma mémoire m’a rappelé que mon père m’avait donné, très jeune, un petit opuscule géographique, avec beaucoup de cartes, ce qui me passionnait, sur les colonies françaises.

Ce petit livre écrit par Georges R. Manue, édité en 1940, s’intitulait « L’Empire français ». L’auteur est référencé à la BNF (Bibliothèque Nationale), à l'ISNI, à l’IdRef, au VIAF donc une référence de l’époque.

Il était à cette époque (pourtant après le Front Populaire) normal de nommer Empire, les pays colonisateurs et leurs conquêtes coloniales. La rhétorique suit les mouvements de l’idéologie dominante, mais si les mots utilisés changent au gré de la classe dominante, la pensée est longtemps marquée dans l’inconscient collectif des peuples vous diront les neuro-cogniticiens. Voyez 150 ans après la généralisation scientifique de la théorie de l’évolution, combien la récusent encore, ou la fourvoient dans des déformations indignes (Les pronazis par exemple et le fameux darwinisme social, qui n’a aucun lien avec Darwin).
 

Je vous livre ici la préface de l’auteur :

« L'Empire sauvera la France » répète-t-on depuis la défaite.
Mais qu'est-ce que l'Empire ? Plus que jamais nous avons besoin de définitions claires qui cernent leur objet.
Il n'y a pas une France et son Empire, ou bien un empire colonial de la France, comme on le dit souvent.

L'empire : c'est la communauté des intérêts spirituels et matériels de la France dans la Métropole dans ses provinces d'outre-mer, et dans tout lieu du monde où un Français travaille avec son esprit, sa manière de français, où un étranger parle la langue française et participe ainsi à notre culture.
On entend bien que ces vastes limites imparties à une France universelle sont de deux ordres. Il y a celles qui entourent des terres dûment possédées, pacifiées, bonifiées et celles qui, respectueuses des pavillons étrangers, n'intéressent que l'esprit. Ce petit livre veut s'attacher à montrer ce qu'est cette France d'Outre-Mer, née de la volonté patiente du vieux pays, ce qu'elle représente dans l'actif français, par la contribution qu'elle a apportée à l'économie nationale depuis cinquante ans, par l'avenir fécond qu'elle permet d'envisager, pour peu que nous le voulions.

Chaque nation d'occident, prenant pied sur une terre neuve, en a entrepris la bonification selon les lois de son tempérament. Avec des réussites inégales, quant à la durée tout au moins. Le succès du Portugal et celui de l'Espagne furent éclatants. On a pu critiquer certaines méthodes appliquées par les conquistadores qui ne craignaient guère la brutalité.
Mais la justification des colonisations ibériques, elle nous est sensible jusque dans le présent, Les métropoles ont pu perdre de leur puissance européenne passer du rang où elles primaient à un second plan. Mais les rejets plantés par elles en Asie, en Amérique centrale, en Amérique du Sud, sont d'une étonnante vigueur. Encore adolescents et pour différenciés qu'ils soient de la nation originelle, des pays comme les républiques sud- américaines témoignent pour l'Espagne et pour le Portugal.
A quoi est due cette persistance ? A ceci, que le Portugal, mais l'Espagne surtout, ont imposé aux naturels leur foi catholique et leur langue nationale. Non sans une sévère contrainte certes : la conquête a eu ses martyrs.
Mais l'arbre jugé à ses fruits, avec ce recul des siècles, comment ne pas admirer ?  

L'Angleterre s'est médiocrement souciée de l'âme des colonisés. Maîtresse dans la science de tirer d'une terre toutes ses ressources, elle a bien compris que son succès était lié à une collaboration des indigènes dans le travail. Considérant les noirs ou les jaunes comme les instruments de son œuvre, elle a donné tous ses soins à l'amélioration de leur condition matérielle. Il n'y a eu que rarement des famines ou des disettes dans les possessions anglaises. Gérant son empire en bon propriétaire - mais non en père de famille - l'Anglais n'a jamais hésité à faire l'effort financier nécessaire pour équiper ses colonies en voies de communications, en matériel de tous ordres. Elle a largement récolté parce qu'elle n'avait pas lésiné au moment des semailles.
Mais quelles seront, dans un avenir prochain, les conséquences de ce dédain, dans lequel la Grande-Bretagne a tenu la vie intérieure des indigènes ?  

La France, elle, a fait un empire d'abord par des réussites individuelles. Audace dans la conquête, magnanimité dans la pacification, débrouillage dans la mise en valeur.
On peut lui reprocher d'avoir souvent négligé l'aspect matériel des problèmes qu'elle avait à résoudre. Il faut se souvenir du peu d'intérêt que la Métropole, comblée, donnait aux colonies jusqu'au lendemain de l'autre guerre.
En revanche, chaque Français engagé dans une action de quelqu'ordre qu'elle fût, outre- mer, révélait une âme d'apôtre. Il faisait des Français avec ces noirs, ces blancs, ces jaunes qu'il commandait, enseignait, soignait.
Cette faculté d'imprégnation provoquait l'étonnement admiratif des étrangers. A l'épreuve, on a pu en mesurer l'efficacité. Les soldats d'outre-mer se sont tous battus en héros avec le sentiment de se battre en Français, et non pas pour les Français. Notion peut- être obscure chez la plupart, mais fort nette et cent fois vérifiée.
Dans le présent une fidélité générale à la France meurtrie s'exprime en mots naïfs ou ampoulés. On fait la part d'un certain conventionnel. Mais interrogez les Français qui sont en contact permanent avec l'indigènes en Asie et en Afrique, ils vous diront leur certitude d'un attachement dont ils ignoraient qu'il fût si profond, si délié de l'intérêt matériel.
Cela se traduit par des gestes tout simples un mot, une phrase qu'on peut résumer en ceci   : « Nous sommes avec vous parce que nous sommes français. » C'est là la part propre de la France, la part du coeur. On la retrouvera, égale à elle-même tout au long de ces mille ans d'histoire qui séparent notre temps de la création, au XIème siècle, d'une première France d'Outre-Mer : le royaume de Jérusalem, oeuvre des Croisés.
Georges R. Manue 1940



Photo : L'Empire triomphant

Quelques repères sur « L’Empire français ».

La France se lance dans la conquête de l'Afrique avec la campagne militaire d'Algérie (1830-1847) contre des troupes locales emmenées par Abdelkader. La législation de conquête mise en place en Algérie dès 1834, y est confirmée par la loi du 28 juin 1881. L’Algérie est un département français (en fait 3 départements). Puis elle colonise la majeure partie de l’Afrique occidentale et équatoriale, l'Indochine, ainsi que de nombreuses îles d'Océanie. Elle établit en Algérie un régime de l'indigénat qui est une législation d'exception et un ensemble de pratiques utilisées dans les territoires du second empire colonial français depuis le milieu du XIXe siècle jusqu'après la Seconde Guerre mondiale. Cet ensemble de pratiques est resté disparate, et si l'on parle fréquemment de Code de l'indigénat, il ne s'agit pas d'un texte unique. L'indigénat est aboli en 1946 mais certaines pratiques perdurent jusqu'aux indépendances. Des décrets en étendent peu à peu la pratique, sous des formes variées, à l'ensemble de l'empire colonial français à partir de 1881. Il s'agit d'une justice administrative qui s'applique aux seules personnes définies comme « indigènes ». Elle ne respecte pas les principes généraux du droit français, en particulier en autorisant des sanctions collectives, des déportations d'habitants et en sanctionnant des pratiques que la loi n'interdit pas, sans défense ni possibilité d'appel.

Le second espace colonial atteint son apogée après la Première Guerre mondiale, lorsque la France reçoit de la Société des Nations un mandat sur la Syrie et le Liban.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, les territoires français d'Outre-mer sont un enjeu central : entre l'été 1940 et la mi-1943, la quasi-totalité bascule dans le camp des forces de résistance. Malgré des tentatives d'intégration plus grande des colonies dans la République (Union française en 1946), celles-ci restent dans un état de sujétion, et leurs élites et populations ne se satisfont plus de cet état de fait. La décolonisation de l'Afrique occidentale et de l'Asie diminue drastiquement l'étendue de l'outre-mer français entre 1954 (accords de Genève, fin de la guerre d’Indochine) et 1962 (accords d'Évian, fin de la guerre d’Algérie). Celui-ci se limite alors aux départements d'outre-mer, déjà intégrés à la République, aux colonies du Pacifique, et à quelques possessions résiduelles. Entre 1975 et 1980, trois colonies obtiennent l'indépendance, achevant la décolonisation de l'Afrique : les Comores sauf Mayotte, les Afars et Issas et les Nouvelles-Hébrides.
Les historiens, après les militants anticolonialistes en leur temps, soulignent l'incohérence existant entre l'affirmation des principes républicains par la France (« Liberté, Égalité, Fraternité ») et la pratique autoritaire de la colonisation, notamment par l'intermédiaire du Code de l'Indigénat et du travail forcé. La colonisation en Afrique a bâti des États dont les frontières ne correspondent pas au découpage ethnique, séparant certaines ethnies entre plusieurs États, ou rassemblant au contraire des ethnies rivales dans le même État.

Si la colonisation s’est faite par les armes, il en fut souvent de même pour la décolonisation, guerre appelée en Algérie « pacification ».
La France a attiré dans la métropole dans les années 50/60 une main d’œuvre issue des « départements » de l’Empire qu’elle souhaitait intégrer. Comme le dit Boris Cyrulnik psychiatre-cogniticien à propos de l’intégration « Dans un premier temps les migrants acceptent de se taire et de souffrir en secret pour être acceptés. Mais leurs enfants savent qu’ils ont des parents amputés d’une partie d’eux-mêmes et cela peut devenir une bombe à retardement ». Avec le temps il semble que, contrairement à ce que pensait Georges R. Manue, l'Angleterre « qui s'est médiocrement souciée de l'âme des colonisés » a mieux réussi la libération de ses colonies que la France qui s’est souciée plus de l’âme des indigènes, que (soi disant) de l'aspect matériel des problèmes. Les colonies ont bien rapporté à une époque à la France.



A bientôt.

jeudi 10 décembre 2015

Retour sur la coupe du monde de rugby



Le modèle tournoi sur un match ne récompense pas toujours l’équipe au plus beau jeu loin s’en faut. Pourtant dans une société où les vertus éducatives seraient reines, ce serait un progrès énorme. Cette année toutefois l’avance des Blacks, que l’on donne pour morts après chaque coupe du monde, à cause du pillage des « champions » par les financiers européens, a été récompensé d’un titre sans conteste qui devrait servir d’exemple au monde, s’il était dirigé par des gens « intelligents ».

Revenons à l’ouverture de cette coupe et relevons des déclarations françaises :
« Avec trois mois de préparation, on va enfin pouvoir rivaliser avec les meilleurs »
« Les Bleus sont la bête noire des Blacks en Coupe du monde »
« Le top 14 est le meilleur championnat du monde »
Saint-André : « Je suis convaincu que la France peut remporter le titre »
Un malin : « Les Français sont tellement imprévisibles, il faut s’attendre à tout »

Après la déculottée contre ces blacks que nous allions déballoner :
Saint-André: « On n'est pas plus cons que les autres » «  Je laisse les intellectuels analyser »"
Laporte : « On s’est vus trop beaux »  (Ca arrive trop souvent)
Pascal Papé : « Je m’en veux surtout à moi de finir ma carrière en bleu sur 60 points, ça me fait chier. Moi, j’ai simplement envie d’envoyer une alerte, les joueurs ne sont pas assez écoutés, ça fait un moment qu’on se bat, qu’on dit qu’on a beaucoup trop de matches. Le rugby, il évolue dans tous les autres pays, on voit les que toutes les équipes nationales évoluent, sauf nous. Donc il faut se poser les questions. C’est sûr qu’on a un championnat attractif avec beaucoup de beaux joueurs, beaucoup de stars, sauf qu’aujourd’hui on est quand même enfermés dans un certain système. L’Angleterre, la Ligue Celte, c’est pas pareil, il y a plus de jeu. Nous, on est toujours dans les guerres de tranchée, et c’est compliqué. Je tenais à la dire car ça me fait chier depuis cinq ans. »
Jean-Claude Skréla (ancien DTN): Disons qu'il faudra que la DTN soit encore plus performante dans la détection des potentiels. Après, dans l'accompagnement jusqu'à 20 ans, on est pas mal. Je pense qu'il faudrait aussi faire un travail spécifique dans les écoles de rugby, autour du développement de la prise d'initiatives. C'est un changement auquel je ne suis pas parvenu moi. Aujourd'hui, le rugby est beaucoup plus entraîné qu'enseigné, c'est à dire qu'on répète des combinaisons, des actions de jeu et on ne laisse pas le joueur choisir d'avancer, de soutenir, etc. C'est toujours sous la responsabilité de l'entraîneur, sans autonomie. C'est à 17-18 ans que cette capacité à voir et agir en même temps se développe. Et si l'on ne joue pas à ce moment-là au plus haut niveau, c'est ensuite trop tard ».
Le président de la FFR a également déploré que le Top 14 ou la Pro D2 n'accordent pas plus d'espace aux jeunes espoirs, cantonnés aux postes de réservistes. « Depuis 6 ans, on essaye de tout réformer, les tranches d'âge, les formations », a-t-il relevé. « Mais les gamins ne jouent pas (en Top 14 ou Pro D2, ndlr)! Ils ne jouent jamais. Or, la meilleure des formations, c'est le jeu ».
Ah tiens !... Je croyais qu’il y avait des règles, notamment JIFF, mais je constate que les clubs « riches » ne les appliquent pas. Pourquoi ?

Regardons le champion :
Si la Nouvelle-Zélande n'a pas connu d'apartheid comme l'Afrique du Sud, l'une des raisons qui explique l'engouement pour le rugby est justement liée dans l'histoire du pays à son aspect rassembleur, dans une société multi-ethnique où les Maoris représentent 15% de la population. Depuis la première Coupe du monde de rugby, ce sport est ainsi « le lieu d’expression de la fierté maorie, particulièrement par la revitalisation du haka comme symbole fondamental des Blacks », relève un journal néo zélandais.
« Que vous soyez Fidjien, Maori, Samoan, Tongien ou Européen, nous sommes tous de Nouvelle-Zélande et la terre sur laquelle nous nous dressons est la nôtre », soulignait le capitaine des All Blacks Mac Caw. « Si la plus grande partie de l’aura qui entoure les All Blacks provient de réminiscences nostalgiques et de l’imagination d’un passé victorieux, la combinaison d’un usage astucieux de cette imagerie et des souvenirs a permis de présenter les joueurs à une nouvelle génération et à une audience plus large comme les représentants de l’identité néo-zélandaise, insiste John Nauright, qui parle de mélange particulièrement habile qui [...] voit la culture ethnique primitive s’allier à la mystique du maillot ».
Cette place à part explique la popularité sans faille du rugby dans le pays. Rien que pour le rugby à XV on compte pas moins de 600 clubs et, selon les données de 2013, plus de 160.000 licenciés. Un chiffre à mettre en perspective avec celui de 454.000 licenciés en France.
Proportionnellement, c'est comme si plus de 2,6 millions de personnes pratiquaient le rugby en club dans l'Hexagone, ce qui en ferait le sport le plus populaire devant le football. Chaque week-end se jouent 3500 matchs rien qu'en Nouvelle-Zélande, sans compter que le rugby est aussi pratiqué dans les collèges et lycées.
La Nouvelle-Zélande se distingue par sa formation ainsi que le « sérieux bagage technique » exigé pour devenir rugbyman dans ce pays, et ce dès le plus jeune âge. Au programme, un gros travail sur les « skills », à savoir les fondamentaux tels que les passes, le jeu au pied ou les contacts, ces gestes techniques individuels à maîtriser absolument pour pouvoir ensuite jouer en équipe.
Autre particularité, des catégories de poids à l'intérieur des catégories d'âge. Un système « unique au monde » mis en place pour ne pas dissuader les jeunes joueurs d'origine européenne face à leurs homologues polynésiens, dont la maturité physique arrive plus tôt. « Cela explique également pourquoi les Néo-Zélandais ont toujours été obligés de travailler leur technique individuelle et les un-contre-un pour espérer faire la différence » résume Ian Borthwick, grand reporter à L'Equipe.
Résultat, la Nouvelle-Zélande présente l'un des jeux les plus techniques et complets et est à l'origine de certaines évolutions du rugby moderne (comme celle du poste de 2e ligne) et dispose d'un vivier lui permettant d'aligner les meilleurs joueurs du monde génération après génération. Les Colin Meads, John Kirwan et Jonah Lomu ont fait place aux Richie McCaw, Kieran Read et Dan Carter d'aujourd'hui, qui eux-mêmes vont laisser place aux Nehe Milner-Skudder, Brodie Retallick et Julian Savea. La relève est assurée et la fédération (NZRU) y tient.
Accusée de « piller » les îles Samoa ou Fidji, la Nouvelle-Zélande dispose de plus de moyens pour dissuader ses propres jeunes de partir. De plus, les joueurs doivent être sous contrat avec la Fédération (donc jouer au pays) pour être internationaux, ce qui permet à la Nouvelle-Zélande d'avoir des clubs très compétitifs avec une forte émulation. La plupart de ceux qui rejoignent l'Europe, comme Carter et Nonu après le Mondial, cherchent surtout une retraite dorée.

Imanol Harinordoqui remarque « Moi, je ne considère pas que le problème soit physique. C’est surtout un décalage de technique et cela commence très jeune, dès la formation. Les Blacks ne courent pas plus vite, ne sont pas plus puissants : c’est d’abord dans les attitudes et techniquement qu’ils font la différence. »

Tout est là. En attendant les blacks nous enchanterons au long de l’année, car le rugby néo zélandais est bâti sur de bonnes bases.

A bientôt.

23 millions d’électeurs ne sont pas allés voter !


50 % 

des électeurs n'ont pas voté, La question n'est-elle pas là ?
La liste FN avec 7,66 % des inscrits (la seule à ne pas perdre de voix) est en tête, où est la démocratie ?