samedi 23 avril 2016

Code du travail.



« En France les réformes ne passent pas ». Ah bon ! Pourtant les acquis de nos aînés de 36 et 45 (durement acquis !) se dissolvent dans le bain de « l’adaptation à la modernité » chère à nos dirigeants et « experocrates » larbins aux ordres de l’UE libérale.
La dernière cible en date : le Code du Travail.

Vu d’Italie :
Pour Anna Maria Merlo Poli, correspondante du quotidien italien Il Manifesto, « la France fait comme les autres, elle arrive bonne dernière concernant cette réforme, que beaucoup de pays ont faite avant elle en Europe. Mais ça ne veut pas dire que c’est une bonne réforme... En Italie, des mesures analogues ont été adoptées l’année dernière : on a “détricoté” le droit du travail, “facilité” les licenciements et “assoupli ” les procédures, comme on dit. Les jeunes, par exemple, n’ont presque plus droit au CDI, mais doivent se contenter de contrats plus précaires. Un an après, le gouvernement parle de “réussite”, mais il y a beaucoup d’effets d’optique, et le chômage n’a pas vraiment baissé. Y a-t-il plus d’embauches si on supprime des droits ? Vu d’Italie, il est impossible de répondre à cette question par l’affirmative. » A la question : Pourtant, la France n’a-t-elle pas besoin de réformer son Code du travail ? Elle répond : « Bien sûr, il faut simplifier des procédures qui se sont empilées au fil des ans. Mais, quand on parle de “dépoussiérer” ou de “réformer”, c’est finalement toujours la même chose : à la fin, on a moins de droits. Le travail est devenu la seule variable d’ajustement de nos sociétés. » «  La France est dans une meilleure situation économique que les Italiens quand la réforme du droit du travail a été adoptée chez eux : le pays était alors épuisé par un chômage très important. La situation française est meilleure. » « Les relations entre employeurs et employés sont une épreuve de force permanente. Les salariés, les chômeurs et les jeunes qui dénoncent le projet de loi n’ont aucune raison de faire confiance aux chefs d’entreprise. Assouplir les conditions de licenciement pour faciliter de nouvelles embauches ? Vu le bilan de ces dix dernières années, ils n’en croient pas un mot et jugent cela totalement irréaliste. »

Vu d’Espagne :
Pour Gabriela Canas correspondante du quotidien espagnol El Pais:
« les Français doivent se mobiliser. Le gouvernement français a-t-il peur ? Je crois que oui, car la menace sociale est grande en ce moment. Les syndicats sont en position de force, à un peu plus d'un an de et l'élection présidentielle c'est le moment ou jamais de faire plier le gouvernement. Les Français ont raison de se mobiliser : ce n'est pas une réforme naturelle de la gauche, et elle est dangereuse. L’Espagne a adopté une loi analogue il y a quatre ans, qui a fait très mal aux Espagnols : aujourd'hui le chômage n'a pas baissé, contrairement à ce qu'on entend souvent. Il aurait même dû augmenter s'il n'y avait pas eu la légère reprise économique qu'on observe en Europe grâce à la chute des prix du pétrole. Par contre, il y a eu des licenciements massifs dans beaucoup d'entreprises, facilités par cette loi, et les salaires ont considérablement baissé… Mais il existe d'autres solutions que de simplement casser les droits des travailleurs. Il faut trouver une voie différente et regarder ailleurs pour voir les bonnes solutions qui ont été trouvées. Nous pensions que les Français en étaient capables. Pour les Espagnols, la France est un miroir, un exemple pour toute l'Europe, elle symbolise la résistance, la patrie des droits de l'homme et des droits des travailleurs. Or la réforme du droit du travail va à l'inverse de cela. Nous observons donc sa mise en place avec une certaine déception. »

Dans le monde politique comme dans les médias, « l’économiste expert », c’est-à-dire l’officiel, délivre sa sentence indiscutable basée sur une pseudo science (pseudo car tous les éléments ne sont pas matérialisables), mais qui fait autorité au détriment de l’action politique. Après Thatcher en Grande Bretagne, les « gauches » européennes se sont chargées du « boulot » pour la classe dominante : Schroeder (SPD) en Allemagne, Zapatero (PSOE) en Espagne, Renzi (Centre gauche) en Italie.
Voir aussi : http://levieuxguitou29.blogspot.fr/2015/12/23-millions-delecteurs-ne-sont-pas.html

A bientôt.