dimanche 22 mars 2015

André Brink et le NON à l’apartheid.




« Antigone est la première
dans l’Histoire à avoir osé
dire : NON » (André Brink)




André Brink est né dans une famille afrikaner descendant de colons boers, arrivés en Afrique depuis trois siècles, son père était magistrat et sa mère institutrice. En 1960, le jeune étudiant sud-africain André Brink, découvre, à la Sorbonne … qu’il existe des Noirs. Il avait vécu jusque-là dans son pays natal, ne fréquentant que des Blancs, au sein d’une famille de farouches partisans de l’apartheid. C’est alors qu’il ose dire : NON, et qu’il rompt avec le régime raciste. Puis il rejoint les « Sestigers » (« Ceux des années 60 »), un groupe d’écrivains compatriotes hostiles à la ségrégation : Alan Paton, Breyten Breytenbach, Nadine Gordimer, John Coetzee.


Après L'Ambassadeur en 1964, il engage le combat par le roman en 1973, il publie Au plus noir de la nuit, qui relate les amours réciproques entre une Blanche et un acteur noir, lequel est torturé, puis condamné à mort, sous l’accusation du meurtre … de celle qu’il aime. Il fut le premier écrivain afrikaneer frappé par la censure en Afrique du Sud pour ce roman qualifié de «pornographique».
Suivent Un instant dans le vent (1976) et Rumeurs de pluie (1978), puis en 1979, Une Saison blanche et sèche est structuré autour d’une triple enquête, dans le cadre du massacre de Soweto (1976). Un jardinier noir enquête sur la disparition de son fils, qui est allé manifester. Le jeune homme mourra en prison. Puis le père disparaît à son tour : trop curieux. Il mourra sous la torture. Un professeur blanc, jusque-là partisan du gouvernement, reprend l’enquête du jardinier de son école, et l’étend aux deux morts : il est écrasé par une voiture. Un 3e enquêteur prend le relais : un journaliste, ami de l’enseignant, dont on nous laisse entendre que sa dernière heure a sonné.
Un turbulent silence, en 1982, évoque une révolte d’esclaves de 1824, puis un roman en France, Le Mur de la peste (1983) où l’on reconnaît l’influence d’Albert Camus, son auteur préféré.
États d’urgence  (1988)  puis, Un acte de terreur en 2 tomes (1991), qui est une réflexion sur le terrorisme : la bombe jetée sur un chef d’Etat épargne sa cible, et tue des innocents.
Adamastor (1993), Tout au contraire (1994), Les Imaginations du sable (1995), Le Vallon du Diable (2000), Les Droits du désir (2000). Dans Au-delà du silence (2003), voilà que les femmes s’en mêlent : elles se révoltent à leur tour, et font entendre leur voix, au-delà du silence imposé par l’oppression.
L'Insecte missionnaire, 2006, L'amour et l'oubli, 2006, La porte bleue, 2007, Dans le miroir suivi de Appassionata , 2009.
En 2007, il publie ses mémoires d’Afrikaner, sous le titre de Mes Bifurcations : il revendique ses liens avec Nelson Mandela et la bourgeoisie noire. Il critique le gouvernement tripartite, et notamment les dirigeants de l’ANC, incapables et corrompus, le tout dans un mélange de déception et de résignation.
Malgré quelques positions devenues ambiguës, André Brink est resté fidèle au combat de sa vie contre les préjugés ancestraux entretenus par le colonialisme, selon lesquels « les Noirs sont des porteurs d’eau et des coupeurs de bois » (Hendrik Verwoerd, ministre afrikaner « aux affaires indigènes », créateur de l’apartheid) ou bien « les races supérieures ont le devoir de civiliser les races inférieures » (Jules Ferry, Président du conseil, organisateur de l’expansion coloniale française).
Un grand écrivain et un grand combattant antiraciste nous a quitté le 6 février 2015, n’hésitez surtout pas à plonger dans sa littérature qui m’a, et qui vous passionnera.

A bientôt.

dimanche 1 mars 2015

Un témoignage et mise au point



Les évènements qu'on a abusivement étiquetés de 11 septembre français n'en finissent plus de faire causer la gent. On a pourtant que peu entendu déplorer que les criminels n'aient pas été pris vivants et traduits dans un procès exemplaire avec des philosophes, des sociologues, et des politiciens internationalistes. Plutôt que leur loger deux balles dans la tempe comme si on sortait... de l'automne 2011, et susciter d'autres vocations de martyres. On perd là une occasion de théoriser des sujets de société capitaux et d'éduquer les foules.
Je refuse de m'estampiller "Charlie", parce que j'ai peur de ces unanimités bêlantes (je pense donc je suis, ou bien : je suis le cortège ?) et que je les ressens en totale contradiction avec l'esprit des défunts. Des tas de gens se sont trouvés en résonance avec des journalistes qu'ils ne connaissaient pas ou dont les opinions leur auraient profondément déplu s'ils avaient compulsé le journal avant. Et comme j'ai l'esprit mal-tourné, je crois discerner dans cette immense manifestation de solidarité une pointe de satisfaction de voir arraisonnée, aplatie, banalisée une expression frondeuse.
Pour le reste, le recentrage des débats sur les caricatures de Mahomet -droit de satire ou agression à l'encontre de la population musulmane- me navrent, les remèdes éducatifs de cette société en dérive m'intéressant plus que ce qui finit par s'apparenter à une bravade de ses errements.
Au final, les excès de laïcité me débectent autant que le goût du sacré.

E.H.

dimanche 1 février 2015

Et maintenant ?

Et maintenant ?...  Où est le problème ?

La « crise économique ».
Elle entraîne (et ce n’est pas fini) l’appauvrissement d’une partie de la population et rends précaires nombre de garanties sociales. Ces dernières décennies ont été marquées par les processus suivants :
1. Appauvrissement massif d’une classe sociale.
2. Précarisation d’une grande partie des travailleurs qui, même avec un emploi, redoutent l’avenir.
3. Accroissement démesuré des inégalités au profit de la classe dirigeante.
4. Régression des services publics et de solidarité : école, services de santé, retraites, etc…
5  Discrimination raciste grandissante (selon le Bureau International du Travail, on ne peut pas dire que c’est une organisation militante radicale, quatre employeurs sur cinq font de la discrimination à l’embauche).

Est-ce l’échec de la politique d’immigration ?
La politique d’immigration est très simple : assurer une force de travail moins chère que la force de travail nationale. Cette mise en concurrence des travailleurs permet de niveler par le bas les coûts du travail. Par conséquent, au-delà des beaux discours idéologiques sur l’intégration, il y a toujours eu une politique très simple qui visait à assigner les immigrés et leurs enfants, français, à des places sur le marché du travail moins bien payées. L’immigré est alors pour les populistes le bouc-émissaire.
Ici rien de nouveau, ce fut le cas pour la politique d’immigration européenne, polacs, ritals, portugais, lors de l’essor de l’industrie. Assigner systématiquement des personnes à des places subalternes ne peut entraîner que des frustrations, des revendications, des révoltes et des réaffirmations identitaires. Ce type de revendications perturbe donc l’ordre établi, elles vont donner de l’eau au moulin de l’extrême-droite en particulier et, de manière générale, vont être utilisées par les politiciens pour dire : « vous voyez, ils ne sont pas assimilables ». Ce qui s’est passé pour les enfants de l’immigration européenne, mais les fameux acquis sociaux et le travail ont permis un gommage des problèmes.
Pour l’immigration suivante, entièrement engagés dans les politiques de dérégulation imposées par l’UE, les gouvernements de gauche comme de droite tentent d’éviter les colères sociales en diffusant sur la délinquance, sur l’insécurité, etc.. Au sein des classes populaires, la composante issue de l’immigration des anciennes colonies est celle qui est la plus touchée par la crise en même temps qu’elle est désignée comme responsable des maux sociaux. Le colonialisme déplace la cible de l’immigré vers le musulman. 
Processus d’humiliation dans les quartiers (ghettos) populaires avec des contrôles de police permanents, pas de travail + discrimination à l’embauche. A cause de la « crise économique », l’immigré passe du modèle de bouc-émissaire, modèle historique qui a toujours existé en Europe, à celui de l’ennemi de l’intérieur, bien connu aussi des Européens, l’exemple le plus flagrant les juifs « allemands ».

Et les médias ?
Différence dans le traitement médiatique des affaires Breivik et Merah ? Le premier est qualifié de fou, le second est étiqueté terroriste musulman… les médias ont directement écarté les explications de type pathologique : on l’a présenté comme un homme stable, faisant des choix politiques rationnels qui seraient compatibles avec ses mœurs… Par contre, quand le tueur n’est pas musulman, on dit généralement que ça ne peut être qu’un malade mental. A force de diaboliser les musulmans, on crée des islamophobes. Comme si l’islam était une entité uniforme. Qu’une organisation comme Amnesty International puisse aujourd’hui objectiver les faits et conclure même à l’existence de législations islamophobes dans certains pays européens, c’est une étape positive. Ca nous sort du champ idéologique.

Alors ?
Opposer la haine à la haine serait une défaite collective.
Eradiquer le terrorisme par la violence, l’expérience et l’Histoire nous apprennent que c’est impossible. Il ne faudrait quand même pas oublier que dans une époque, que j’ai vécue, nous avons connu un terrorisme entre français (où certains leaders d’extrême droite d’aujourd’hui ont participé activement) avec l’OAS, où l’ETA en Espagne, l’IRA en Irlande, la fraction armée rouge en Allemagne, qui n’avaient rien à envier au djihad. Ce sont des actes que nos jeunes ne connaissent pas car nous les avons refoulés.
Restreindre les libertés au nom des libertés serait un manquement à la République, comme l’a fait l’illuminé Bush avec le Patriot Act et Guantanamo, qui n’ont fait qu’envenimer les choses par leur illégalité et leur bestialité.
Il ne faut pas permettre aux terroristes de nous obliger à leur ressembler. Les fous furieux qui sont morts sont des enfants perdus du système qui nous régit, le sang d’un assassin est encore le sang d’un homme.


Un système qui pour survivre s’appuie sur une coalition militaire chargée de maintenir  « l'ordre » impérialiste à l'échelle mondiale, sous la direction des Etats-Unis sous couvert de lutte contre un terrorisme que cette coalition a elle-même armé et souvent soutenu, qui se fixe de terminer le travail de désintégration des peuples et des nations du Moyen-orient, dans une guerre qui n'est pas « une guerre de civilisations » mais une guerre pour le contrôle des marchés et des matières premières ; cicatrices de guerres coloniales, ghettos de quartiers sacrifiés, génération grandie entre deux cultures, services publics délaissés, échec scolaire, chômage, il faut s’estimer heureux que tout n’est pas pris feu, mais le désespoir et l’humiliation ne conduisent pas toujours au suicide, loin de là..

La laïcité contenue dans la loi de 1905, loi de séparation des Eglises et de l'Etat (après des années de discussions et de combats) ne doit pas être rénovée comme on peut l’entendre trop souvent, mais appliquée. Opposer et servir les religions comme le font les Médias et les Politiques, finirait par un bain de sang. La loi de 1905 nous a préservé de cela depuis 110 ans. C'est une loi de concorde, pour une République qui reconnaît aux citoyens la liberté de conscience, la liberté de culte, la liberté de croyance et de non croyance dans le cercle privé, et la laïcité dans les sphères de l’Etat. Fonds publics au public, fonds privés au privé.
Il faut en finir avec l’austérité pour les peuples qui détruit la solidarité. Les peuples ne doivent rien à personne. Si l’on en croit le milliardaire Warren Buffet : « Il y a une lutte des classes. C’est ma classe, les riches, qui a déclaré cette guerre et qui est en train de la gagner. »
Donnons lui tort sur l’issue !

A bientôt

lundi 26 janvier 2015

L'histoire de George Stinney



George Stinney avait 14 ans ce 16 juin 1944 quand les gardiens sont venus le chercher à l'aube dans sa cellule pour le conduire dans le couloir de la mort vers la chaise électrique.
Sa petite taille les obligea à mettre un annuaire sur cette chaise. Le masque noir mis sur son visage avant l'exécution étant trop grand pour lui, il tomba, si bien que lors des premières décharges électriques, les cris et le visage de l'enfant qui se tordait de douleur resteront gravés à jamais dans la mémoire des témoins.
Un tribunal l'avait condamné, le 24 avril de cette même année, à la peine de mort pour le meurtre de deux adolescentes blanches (en Caroline du Sud la majorité pénale était de 14 ans).
George était noir.
George, enfant noir, était le coupable idéal. Il était le dernier à avoir parlé aux deux adolescentes, qui lui avaient demandé un renseignement. A l'annonce de leur disparition, il était allé voir la police pour lui signaler ce fait. La police en avait conclu qu'il était le meurtrier. Le procès dura à peine trois heures. Il suffira de dix minutes au jury, composé de douze hommes blancs, pour le déclarer coupable. Son avocat, un Blanc, ne fit pas son métier, ne convoquant quasiment pas de témoins, n'engageant pas de recherches. Et quand l'enfant fut condamné à mort il ne fit pas appel de la décision, ce qui aurait permis de suspendre l'exécution et de contester les « preuves » avancées.
Le 17 décembre 2014, soixante-dix ans après de longues procédures, un juge vient de casser ce jugement. Il a démontré, sur la base d'une étude minutieuse du dossier, que la police avait fabriqué l'accusation, extorqué des aveux, que le procès n'avait été qu'un simulacre, et que rien, rien ne permettait un quelconque soupçon sur sa responsabilité. Soixante-dix ans après, le procès est donc cassé. Mais un enfant de 14 ans a été exécuté.
George n'avait qu'un tort, comme beaucoup d'autres après lui, y compris en 2014, celui d'être un Noir aux Etats Unis.
    
    

2015

2015.
Encore une nouvelle année qui commence.
Sous quels auspices !
Quelques chiffres parlent d’eux-mêmes :

Cent trente millions.
C’est le chiffre record de couverts annoncé par les Restos du cœur pour cette nouvelle campagne durant quelques mois, à ceux qui en ont besoin.
Coluche, en septembre 1985, il y a près de trente ans, lance, sur les ondes d'Europe 1, l'idée "d'une cantine qui aurait l'ambition de distribuer deux à trois mille couverts par hiver ". Il fait cette proposition face à la pauvreté qui se développe. En effet, depuis le tournant de la rigueur en 1982-1983, le gouvernement PS-PC-Radicaux, sous la présidence de Mitterrand, a décidé le gel des salaires dans la fonction publique, les coupes dans les budgets sociaux, les restructurations dans l'industrie, la création de stages et petits boulots pour les jeunes, le forfait hospitalier, etc… Il ne s’agit pas de crise mais de « réformes » pour adapter l’Europe à la « compétitivité » nous dit-on. Pour les besoins du système capitaliste financier.
Le résultat est là : le chômage augmente, la précarité se répand, notamment chez les jeunes. Aux clochards traditionnels se substituent les SDF. Tous les gouvernements successifs, de droite et de gauche, ont poursuivi ces contre-réformes.
En 1986-1987, les Restos du cœur distribuent 11,5 millions de repas ; en 1988-1989, 25 millions ; en 1991-1992, 29 millions ; en 1993-1994, 36 millions ; en 1995-1996, 50 millions ; en 1998-1999, 60 millions ; en 2012-2013, 130 millions !
La politique d'austérité et de contre-réformes des gouvernements successifs, dictées par l’Union européenne au service des capitalistes et des banquiers, aboutit à ce que des organisations capitalistes comme les Restos du coeur, financés par les dons des citoyens de ce pays, avec des dizaines de milliers de bénévoles qui tiennent les antennes des Restos, jouent un rôle social majeur, se substituant à l'Etat, dans le même temps où les différents gouvernements ont remis en cause nombre de services de l'Etat ou de services publics qui jouaient ce rôle. La charité chrétienne remplace la solidarité républicaine honteusement répudiée par les différents gouvernements et l’UE.
Quel succès, et jusqu’où ?

Un milliard trois cents millions,
c'est le coût en euros de vingt années de recherche de centaines de scientifiques européens et de dix ans de voyage de la sonde Rosetta et du robot Philae qui est descendu sur la comète « Tchouri ». Un milliard trois cents millions pour une fantastique aventure scientifique et humaine.
Un milliard deux cents millions,
c'est le coût final en euros pour la construction du nouvel immeuble de la Banque centrale européenne (BCE).
En effet, celle-ci était « à l'étroit » dans ses locaux et avait décidé de faire construire un nouveau bâtiment dont le devis était de 800 millions d'euros, et dont la facture finale est de 1,2 milliard. Quand le secteur public ne respectait pas les devis c’était un scandale, le secteur privé lui peut arriver à quadrupler le coût, c’est une légère imperfection.
La BCE est cet organisme de l'Union européenne qui participe de l'offensive pour la réduction des déficits publics, pour le maintien de la rigueur et de l'austérité contre les peuples et les travailleurs.
Et dans cette situation, une bande de bureaucrates surpayés décide de s'offrir le luxe d'un nouveau bâtiment. Mais qui paye ce 1,2 milliard ? Cet argent est pris dans les contributions que les Etats versent à l'Union européenne. Ces contributions sont puisées dans les budgets des Etats financés par les impôts des populations des pays de l'Union européenne. Le président de la BCE a gagné près de 400 000 euros l'an dernier, soit le double de ce que gagne le président de la Réserve fédérale américaine.
Un milliard trois cents millions : pour vingt ans de recherche scientifique, pour l’avenir, pour la civilisation humaine.
Un milliard deux cents millions pour la destruction de l’avenir et de la civilisation humaine !

Six milliards et demi,
Les prélèvements sur les entreprises vont diminuer de 6,5 milliards d’euros en 2015. Ces mesures s’ajoutent au Cice, qui doit monter en puissance l’an prochain. 41 milliards d’euros sur quatre ans, offerts aux patrons.
Objectif: diminuer le coût du travail, en français « d’en bas » baisser les salaires, pour relancer l’emploi. Effet du pacte de responsabilité : à partir du 1er janvier 2015, les patrons qui paient leurs salariés au smic sont exonérés de toute cotisation de Sécurité sociale, le taux de cotisations familiales est abaissé de 5,25 % à 3,45 % pour les patrons dont les salariés sont payés en dessous de 1,6 Smic. Encore une fois : baisse des bas salaires, et amputation des budgets dont celui de la santé, pour le profit des entreprises ! On va vous faire pleurer ensuite sur le montant des fraudes détectées sur la SS qui ont crû de 12 %, à 174 millions et on oubliera encore que l’une des fraudes à la TVA, appelée « carrousel de TVA », résultante du traité de Maatstricht, coûte chaque année plusieurs milliards d'euros aux finances publiques. La France peine encore à lutter contre ces circuits de fraude, qui se sont criminalisés, tout comme dans les autres pays européens, mais mieux vaut taper sur les peuples fraudeurs que sur les entreprises fraudeuses !

Le désastre social et politique auquel conduit l’orientation d’un gouvernement entièrement subordonné à l’UE et à la classe capitaliste et ses financiers ne peut plus être masqué. Valls dans le journal espagnol El Mundo, qui publie une interview du Premier ministre français, avertit les Français que les sacrifices pour redresser le pays devront continuer pendant des années. « Je ne veux pas dire aux Français que d'ici deux à trois ans nous en aurons fini avec les sacrifices », déclare le Premier ministre né à Barcelone au journal conservateur qui le présente comme « l'Espagnol qui veut changer la France ». Répéter le leitmotiv de la Troïka, « les peuples doivent payer », une nouvelle spécialité « socialiste ».

La marche à la barbarie s’accélère. L’exemple de la Grèce est significatif.
« Si le FMI comme l'Union européenne n'ont cessé de reprocher aux gouvernements grecs successifs n'avoir pu aller jusqu'au bout de la mise en oeuvre des mesures destructrices, il n'empêche que les coups portés aux travailleurs, aux jeunes, aux retraités sont gigantesques.
Pour n’en citer  que quelques-uns : le taux de chômage y est passé de 7,5 % en 2009, à 28 % en 2014 (officiellement 49,8 % chez les moins de 25 ans, et en réalité beaucoup plus). Amputés par différentes mesures issues des mémorandums, les salaires ont diminué de 22 % en trois ans… lorsqu'il sont versés, puisque le mémorandum du « socialiste » Papandréou, en 2011, aboutissait à verser 60 % seulement de leur salaire à 30 000 fonctionnaires, sommés de trouver un nouvel emploi avant d'être congédiés de leur poste. Des entreprises publiques ont été privatisées et bradées par dizaines, comme le port industriel du Pirée à la Chine, ou purement liquidées, comme la chaîne de radio-télévision publique ERT. Dans l’Education nationale, explique un syndicaliste de I'ELME (branche régionale du syndicat des enseignants du secondaire, OLME) d'Argolide : « Quand la situation en arrive à un point où il nous arrive de voir des élèves faire des malaises parce qu’ils ont faim, cela pourrait paraître dérisoire d'ajouter que les mémorandums ont supprimé des centaines de postes d’enseignants, les manuels scolaires, des laboratoires et des équipements sportifs. Nous n'avons pas assez de fioul l'hiver pour chauffer les classes. »
Pendant ce temps, par exemple, les armateurs grecs qui n’ont jamais payés d’impôts en Grèce s’enrichissent toujours. Au Portugal on meurt cet hiver de la grippe faute de pouvoir consulter assez rapidement. Des directeurs d’hôpitaux démissionnent car le taux de mortalité dans leurs établissement augmente. Et l’on entend Merkel, assassin en liberté, inflexible.
Les 1 % les plus riches posséderont bientôt la moitié de la richesse mondiale.
Aider au rassemblement des forces qui refusent au gouvernement la collaboration du mouvement ouvrier dans un parti indépendant : c'est l'urgence du moment.

A bientôt.

mercredi 21 janvier 2015

LE CYCLISTE DESEQUILIBRE



Le forcené de Nantes avait frappé, dégommant le petit peuple du marché de Noël. C’était à peine quelques jours après le drame de Dijon où un autre chauffeur fou avait envoyé treize passants à l’hôpital.
Il ruminait ces nouvelles moroses tout en caressant dans le sens du poil sa misanthropie. L’être humain se portait décidemment bien mal. La fête jetait papillotes et guirlandes sur tous les maux de la planète.
Et lui, il roulait ce jour-là sur sa piste cyclable journalière, en routinier des transports doux, longeant la plateforme du tramway et ses voitures qui lui prenaient de l’avance avant qu’il ne les rejoigne à la prochaine station.
C’est à la station Vaulx-en-Velin La Soie que ça s’est passé : un attroupement s’était provisoirement constitué à la descente des voyageurs, avant que ceux-ci ne s’éparpillassent. Tous se ressaisissaient de leurs sacs, choisissaient les directions nouvelles de ce matin grisâtre, en butant sur les talons d’une personne plus âgée ou plus lente. Une force s’est emparée de lui, le poussant à accélérer le pédalage, monter en danseuse sur ses pédales, faire danser ses sacoches à l’unisson et à foncer dans la foule en criant violemment « Allah Akbar ». Son dix vitesses fendait l’air humide à l’approche de ce carnage programmé, et il était trop tard pour actionner les deux notes de sa sonnette quand ses hurlements atteignirent les oreilles de la gent. A son grand étonnement, celle-ci ne parut pas terrorisée et se rangea sans précipitation en deux paquets opposés, jetant à son encontre un regard blasé et somme-toute peu hostile ; des adolescents prirent même son assaut pour une plaisanterie. L’absence de choc lui fit perdre l’équilibre et chuter au milieu de l’assemblée, sans avoir brusqué quiconque.
Seule la vidéo-surveillance du quai s’émut de cette action.
Aujourd’hui, la police hésite encore entre l’acte d’un terroriste et celui d’un déséquilibré.
E.H.
Ecrit le 1 janvier 2015

samedi 15 novembre 2014

Gangsters légaux d’Europe.




On recense, en France, 20106 centenaires.
Mais la Cour des comptes recense 674 014 comptes bancaires de centenaires.
Cette étonnante longévité financière, 33 fois supérieure à l'autre, a une cause simple : des avoirs de défunts sont déposés chez d'honnêtes assureurs, d'honnêtes banquiers, à qui la loi prescrit de rechercher les ayants droit. Las ! Malgré des recherches acharnées, les investigations infatigables que vous imaginez, 4,5 milliards "d'avoirs non réclamés" restent dans leurs poches. Et l’on apprend que ces mêmes banques ont passées brillamment les « crash tests », car elles placent un quart de leurs avoirs dans les paradis fiscaux.
Ce n'est là qu'amuse gueule, lecteur.

Ce qui doit intéresser tout citoyen, tout salarié, à qui Sapin et Hollande arrachent en ce moment un mois de salaire en impôt pour le reverser aux patrons en crédit d'impôt (pacte de responsabilité), c'est l'affaire du Luxembourg. Il s'agit d'un système, d'une combine, entre cet Etat et les plus grandes multinationales d'Europe et d’ailleurs, permettant à ces dernières, en transférant leurs profits au Luxembourg, de le conserver net d'impôts. Cinquante huit multinationales françaises, toutes les premières bien sur, se retrouvent aux côtés d'lkea, de Deutsche Bank, de Pepsi Cola et de tous les magnats de la finance, dans 548 accords appelés « tax rulling ».
Le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ) a enquêté sur la base de 28000 pages de dossiers confidentiels et découvert que plus de trois cents multinationales, ont échappé à la fiscalité de leur pays d'origine, en faisant transiter par le Grand-Duché de Luxembourg des sommes colossales. L'enquête évoque plusieurs centaines de milliards de dollars.
Petit problème : Jean-Claude Juncker a été, sans discontinuer depuis 1982, ministre, puis Premier ministre au Luxembourg. C'est d'ailleurs en sa qualité de ministre des Finances du Grand-Duché qu'il fut choisi comme président de l'Eurogroupe de 2005 à 2013... Durant toute la période où fut monté ce système de blanchiment fiscal des profits, un même homme dirigeait et l'Etat du Luxembourg et l'Eurogroupe, réunion de tous les ministres des Finances d’Europe : Jean-Claude Juncker.
Il était donc en même temps le superviseur des « tax rulling » et, comme on dit en Sicile, le capo di tutti i capi pour les ministres des impôts de tous les Etats.

« Le manque à gagner pour les recettes des Etats se compte en centaines de milliards d'euros alors que Jean-Claude Juncker qui préside aujourd'hui la Commission européenne, supervise les budgets des Etats membres et impose l'austérité aux peuples européens » déclare Pierre Laurent, dirigeant du PCF et président du Parti de la gauche européenne (PGE).
Parfaitement juste !
Les institutions de l'Union européenne, créées par le traité de Maastricht de 1992, apparaissent au grand jour pour ce qu'elles ont toujours été : un instrument exclusivement au service des capitalistes et des spéculateurs.
C'est pourquoi on ne manquera pas de s'interroger sur la suite du communiqué du président du PGE : « et L'UE doit impérativement mettre un terme au dumping fiscal consacré dans ses traités, notamment celui de Maastricht ».
Si le dumping fiscal a été consacré par le traité fondateur de l'Union européenne, n'y a-t-il pas une contradiction à appeler cette même Union européenne pour lutter contre celui-ci ?... A moins qu’il ne s’agisse d’un prétexte pour préserver le statu quo, une position habituelle de l’ « ancien » PC stalinien et ne pas rompre avec l’UE, ses traités et sa politique exclusivement en défense de ses capitalistes.
Dans le plus pur style des Mafias.

A bientôt (et merci à Michel Sérac et Dominique Ferré).

vendredi 14 novembre 2014

Contre les dogmes !



Le N° 1248 de Courrier International, dans son document « à la une » se penche sur les « Athées leur chemin de croix », à travers plusieurs articles de presse internationale. L’introduction indique : « Alors que, selon le rapport du think tank américain Pew, les minorités religieuses n'ont jamais été aussi opprimées dans le monde, l'athéisme peut être très difficile à vivre. Obtenir un mariage laïque en Inde ou élever ses enfants sans référence à Dieu aux Etats-Unis relève du parcours du combattant. En Arabie Saoudite comme en Colombie, les jeunes athées sont mis au ban de la société, mais en Europe, ils s'organisent. Certains inventent même de nouvelles liturgies athées. »
Quand on sait qu’en Europe seule la France est une République laïque et au plus près la Turquie était il y a peu encore dans ce cas grâce à Ataturk, on comprend que le journaliste dans sa première phrase mette au même rang athées et minorités religieuses. Quant aux athées qui inventent même de nouvelles liturgies, ils doivent être aussi étrangers aux athées que certains de nos laïques « ouverts » sont étrangers à notre laïcité définie en 1905.
Mais l’édito de Jean-Hébert Armengaud me fait aussi quelque peu sursauter, on a l’impression que sa conclusion essaie de rééquilibrer le jugement des articles cités. Je cite :
« En 2012 une enquête menée sur les cinq continents estimait que le nombre d'athées représentait 13 % de la population mondiale (et 23 % des sondés se déclaraient sans religion). Un chiffre en augmentation : à mesure que les peuples s'enrichissent, ils se détournent des dieux. » A peu près autant que les hindouistes, moitié moins que les musulmans, plus du tiers des chrétiens.
« Alors, demain, la fin des religions ? On en est encore loin et, dans certains pays très religieux, les athées sont toujours brimés sinon harcelés. Une aberration puisque l'incroyance comme la foi sont avant tout des sentiments intimes et personnels. »  Sphère publique laïque, sphère privée incroyance et foi, c’est la République laïque selon la loi de 1905.
« Mais ce serait compter sans les hiérarchies religieuses qui instrumentalisent cette intimité - jusqu'à verser, parfois, dans le fondamentalisme. Comme le disait Voltaire -qui était croyant-, la religion est une foi simple en Dieu et non la croyance en des dogmes ou des superstitions encouragés par l'Eglise.
A priori, les athées, qui s'appuient sur le rationalisme, ne devraient donc pas effrayer grand monde. C'est oublier que les impies ne sont pas immunisés contre la tentation extrémiste. Il existe en effet un athéisme agressif. Le satrape sanguinaire Enver Hoxha a fait de l'Albanie communiste un "pays athée'' pourchassant toute pratique religieuse ». On a bien dit toute République laïque ne peut être laïque, si elle est athée ou religieuse, puisqu’elle ne respecte plus la sphère privée. L’Albanie n’était pas laïque, donc pas de respect de la sphère privée.
« Beaucoup plus près de nous, des scientifiques et intellectuels britanniques s'en sont pris à la foi comme à un virus totalement incompatible avec la science ». Là on ne peut que leur donner raison, la science basée sur la raison, la connaissance et l’expérimentation, est incompatible avec la foi qui est basée sur une croyance.
« Jusqu'à demander, comme le biologiste Richard Dawkins, la condamnation du pape Benoît XVI pour crime contre l'humanité (pour avoir couvert des affaires de pédophilie) ». D’après notre légalité le pape sachant que ses collègues outrepassaient les lois, il aurait du les traduire en justice, sinon il est justiciable lui aussi. Ne rajoutons pas à son débit les affaires d’enfants vendus en Espagne, en Irlande et autres, et des « charniers » d’enfants de filles mères en Irlande, actuellement en commission d’enquêtes.
« Les religions ont suffisamment de problèmes avec leurs fondamentalistes sans que les athées en rajoutent... »
Ce qu’il faudrait surtout, alors que le choix des articles permet de se faire une opinion, c’est que les journalistes qui rapportent tout cela ne se « perdent » dans leurs analyses.

A bientôt.

mardi 4 novembre 2014

« La fraude des pauvres est une pauvre fraude ».



Dans une étude sur l’évolution du pouvoir d’achat des Français, réalisée pour le magazine 60 millions de consommateurs dans son numéro 497 d’octobre 2014, on apprend que les Français auraient perdu en cinq ans plus de 4 % de pouvoir d’achat soit 1 500 euros par an.
Cette dégradation du pouvoir d’achat est due en particulier à la hausse considérable des dépenses de loyer, chauffage, eau, gaz, électricité, carburants.
En 2013 déjà, l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) constatait que la part des dépenses contraintes des plus modestes stagnait : « Ils n’ont, non seulement plus de gains de pouvoir d’achat à dépenser sur les postes qu’ils jugent les moins nécessaires, mais une partie d’entre eux semble également se contraindre sur les dépenses d’alimentation. » Ce que constate aussi le Secours Populaire.
Le nombre de personnes  sous le seuil de pauvreté (60% du niveau médian, soit 964 euros) a augmenté de près de 10% en 10 ans, atteignant 8,6 millions. Le niveau des impayés ne cesse d’augmenter dans cette population.

C’est le moment choisi par les politiques pour attaquer les chômeurs et le peuple « assisté » : « La fraude sociale : ce sport national qui plombe notre économie » ; « Fisc, Sécu, chômage : ce que les fraudeurs nous coûtent » ; « Fraudeurs de la Sécu. Ceux qui ruinent la France » ; « La France des assistés. Ces “allocs” qui découragent le travail » … Manuel Valls a affirmé à la City que « la France a fait le choix d’un chômage de masse très bien indemnisé ». Cette affirmation est pour le moins surprenante quand on sait que plus de la moitié (54,4 % très exactement) des 5 570 000 chômeurs officiellement recensés en France ne reçoivent aucune indemnisation. Si l’on compare les dépenses d’indemnisation du chômage rapportées à la part de la richesse nationale consacrée à l’indemnisation de chaque chômeur dans les pays de l’UE, la France n’arrive qu’en 9e position derrière, notamment, les Pays-Bas et l’Allemagne. Les 2,27 millions de chômeurs indemnisés (auxquels s’ajoutent les bénéficiaires de l’allocation spécifique de solidarité, l’ASS) reçoivent 13 740 € par an, soit une indemnité moyenne de 1 100 € net par mois.
Une « fuite » bienvenue a divulgué les conclusions d’un « rapport d’étape » de Pôle emploi sur l’expérimentation des contrôles renforcés dans quatre régions : 20 % des chômeurs ne chercheraient pas de travail activement. Mais cette étude ne porte que sur 2 600 chômeurs de Manosque et de Toulon sans que l’on sache le nombre total des demandeurs d’emploi dans ces deux villes pas plus que les critères qui ont permis de sélectionner ceux qui ont été contrôlés… C’est pourtant sur cette étude que tous vont s’appuyer pour envisager la généralisation du renforcement des contrôles.

La meilleure façon de saper la légitimité d’un service, aujourd’hui la protection sociale, c’est de laisser entendre qu’elle ressemble à une passoire. Les tricheurs se glisseraient aisément entre les mailles d’un filet trop lâche, et leur parasitisme finirait par transformer la solidarité nationale en une menace pour le pays. Conclusion : protéger la France impliquerait d’éradiquer la fraude, et éradiquer la fraude, de supprimer les droits sociaux.
Je n’insinue pas que les filous bénéficiant de prestations indues n’existent pas. Mais, de l’avis même du Conseil d’Etat, « la fraude des pauvres est une pauvre fraude ». Si les estimations peuvent être contestées, elles donnent un ordre de grandeur, et une base de comparaison. Enregistré le 29 juin 2011, le rapport Tian, du nom du député de l’UMP Dominique Tian, rapporteur de la mission d’évaluation des comptes de la Sécurité sociale, évoque :
4 milliards d’euros de fraude aux prestations,
contre 16 milliards d’euros aux prélèvements des cotisations sociales
et 25 milliards d’euros d’impôts non perçus par le Trésor — ces deux formes de truanderie étant l’apanage des entreprises et des contribuables fortunés. Pire la fraude aux cotisations sociales a explosé en 2012 dépassant les 20 milliards d'euros selon le rapport de la Cour des comptes. Un montant qui a doublé en cinq ans et s'explique en partie par l'émergence de nouvelles formes de fraudes « difficiles à combattre » selon la juridiction financière. Elargie à l'assurance-chômage et aux retraites complémentaires obligatoires, l'estimation grimpe dans une fourchette entre 20,1 milliards et 24,9 milliards. En tête: les secteurs de la construction et du commerce avec respectivement 3,8 milliards et 3,3 milliards de cotisations «éludées». Mais l’amour porté aux entreprises et aux fortunés par la Commission Européenne et ses larbins dirigeant les Etats ne permet pas d’aborder ces pistes.

Le tapage autour des « abus » des soi-disant « assistés » pourrait présenter un intérêt pour les partisans de l’austérité. En faisant peser le soupçon sur les bénéficiaires légitimes, on parvient à en dissuader un grand nombre de faire valoir leurs droits pour des raisons certes différentes : honte de leur situation, manque de volonté, méconnaissance de leurs droits, etc … Face à « l’armée des parasites » s’en dresse ainsi une autre, plus massive encore : celle des personnes qui n’accèdent pas aux prestations auxquelles elles ont droit. 5,7 milliards d’euros de revenu de solidarité active (RSA), 700 millions d’euros de couverture-maladie universelle complémentaire (CMU-C), 378 millions d’euros d’aide à l’acquisition d’une complémentaire santé, etc…, ne sont pas versés à ceux qui devraient les toucher. Et l’addition est loin d’être complète !…Evidemment on fera moins de bruit sur ces économies collatérales !
Un scandale d’autant plus grand que ceux qui renoncent à leurs droits les financent néanmoins. Un exemple : dix millions de ménages démunis n’ont pas bénéficié des tarifs sociaux de l’énergie entre la date de leur mise en œuvre — 2005 pour l’électricité, 2008 pour le gaz — et la fin 2011, ce qui représente 767 millions d’euros de manque à percevoir pour eux; ils ont pourtant abondé à cette somme en payant au prix fort l’électricité et le gaz... Cette situation n’est pas particulière à la France. On ne peut, par conséquent, l’imputer à une générosité incontrôlée de notre système de protection sociale. Une étude de 2004 de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a estimé que le taux moyen de non-recours aux aides ou aux programmes sociaux oscillait en Europe entre 20 et 40 % selon les pays.

Ne parlons pas des paradis fiscaux chers à nos grandes et … petites entreprises, j’en ai connu, et du profil des redevables de l’ISF qui ont quitté la France en 2012. D’après un document de la Direction générale des finances publiques (DGFiP), transmis dans le cadre de la commission d’enquête parlementaire sur l’exil des forces vives, ce sont 587 redevables de l’ISF qui ont quitté la France en 2012, soit 20% de plus qu’en 2011. Les données relatives aux déclarations d’impôt sur le revenu montrent aussi une certaine stabilité, autour de 35.000 départs en 2012 comme en 2011, tandis que les déclarations d’«exit tax» – impôt qui frappe les plus-values latentes des candidats au départ – sont passées de 169 à 300 en 2012.
Les données du fisc confirment toutefois une évidence : les ménages assujettis à l’ISF qui quittent le territoire sont nettement plus riches que les autres. En 2012, ils disposaient ainsi d’un patrimoine moyen de 6,6 millions d’euros. Une moyenne cachant des situations très diverses, puisqu’environ la moitié d’entre eux (287) affichaient un patrimoine moyen de 12,5 millions d’euros, composé très majoritairement d’actifs mobiliers (parts sociales, actions, liquidités…). Là aussi la situation n’est pas particulière à la France.

Le constat est évident mais n’est pas repris par nos « experôcrates » médiatiques : les riches fraudent plus que les pauvres, en tout cas l’impact est incomparable. L’Europe s’est construite pour protéger le capitalisme pourrissant, et les intérêts financiers, sur la base souvent évoquée de la baisse du coût du travail, en langage normal baisser les salaires. Baisser les « charges des entreprises », en fait les cotisations sociales, c’est baisser les salaires et baisser ou supprimer nos acquis sociaux, c’est notre santé, nos retraites qui sont en jeux. Tout est bon  pour récupérer sur le peuple le maximum de profit.
N’en déplaise aux « faiseurs d’opinion » !
Honte à nos gouvernants, prétendument « socialistes » !
Piller, à la Hollande-Valls, les retraités, les salariés, les malades, pour couvrir de milliards les plus riches possédants, tel serait le fin mot du génie humain selon le capitalisme.
Le gouvernement Hollande-Valls sous les ordres de la Commission Européenne, est un gouvernement de guerre contre la classe ouvrière. Opposer un « non » sans compromis, ni accommodement, à ce gouvernement, à son pacte et à ses contre-réformes : là est le point de départ de l’indépendance politique du mouvement ouvrier et donc de la résistance qui ouvrira la voie à l’indispensable rupture avec le carcan du FMI, de l’Union européenne, de la Ve République, et de toutes les institutions de la classe capitaliste.

Sources : Les Echos, Le Monde, IO, INSEE, OCDE, DGFiP, Cour des Comptes.

 A bientôt.