mardi 21 janvier 2014

Les inégalités économiques s’accroissent depuis le début de la crise.



Début d’année; les statistiques et les données économiques fleurissent :

85 individus
accumulent autant de richesse que les
3,570 milliards de personnes
qui forment la moitié la plus pauvre de la population mondiale.

La moitié de la richesse mondiale
est aux mains d'à peine
1 % de la population mondiale.

La fortune combinée des 10 personnes les plus riches d’Europe
(217 milliards d'euros)
dépasse le coût total des mesures de relance mises en œuvre dans l’Union européenne entre 2008 et 2010 ( 200 milliards d'euros).

Même dans les pays réputés plus égalitaires comme la Suède et la Norvège, la part de revenus allant aux 1% les plus riches a augmenté de plus de 50%. Cela sans oublier que la majorité de la  quantité considérable de cette richesse est dans des paradis fiscaux.
Le Forum économique mondial (Davos) a identifié les disparités de revenus grandissantes comme un risque pour les progrès humains. Ah bon !...

Le journal Echos relate :
«  que le rapport de l’Oxfam impute notamment l’aggravation des inégalités à la déréglementation financière, aux systèmes fiscaux biaisés et à l'évasion fiscale. Depuis la fin des années 1970, 29 des 30 pays pour lesquels Oxfam dispose de données appliquent un taux marginal d'imposition plus faible pour les tranches les plus riches de la société, ce qui s'accompagne très souvent d'une hausse des revenus avant impôt pour le 1 % en haut de l’échelle. Elle dénonce également la confiscation des recettes issues du pétrole et de l'extraction minière, des ressources vitales qui échappent aux budgets nationaux. Selon les données de la Banque mondiale, les sommes détenues offshore s'élèveraient à 18,5 trillions de dollars contre 15,8 trillions pour le PIB des Etats-Unis. Les inégalités économiques extrêmes aggravent d'autres inégalités et ont des conséquences négatives sur l’économie et la réduction de la pauvreté tout en exacerbant les problèmes sociaux. D’un côté, les profits des entreprises, les salaires des dirigeants et les transactions boursières battent chaque jour de nouveaux records, et ne montrent aucun signe de ralentissement, tandis que de l’autre, le chômage et la précarité augmentent, souligne Sébastien Fourmy d’Oxfam France. Un rapport de l’Organisation Internationale du Travail également publié lundi chiffre à près de 202 millions le nombre de chômeurs indemnisés dans le monde en 2013. »

De très beaux jours pour les millionnaires.
De très mauvais jours pour les peuples.
LA CRISE : en fait un transfert d’argent de la classe exploitée vers la calasse exploiteuse.
Le reste n’est que bavardage.

Oxfam établit enfin un lien entre les inégalités économiques extrêmes et la confiscation du pouvoir politique par une riche élite qui ne gouverne que pour servir ses intérêts. Alors qu’on peut lire qu'une autre étude, réalisée par WealthInsight pour le magazine "Spear", prédit une explosion du nombre de millionnaires en 2014  leur population devrait bondir de près de 500.000, rien qu’aux Etats-Unis.

Le problème est qu’alors que l’avenir, le réchauffement climatique, par exemple, demande de nombreuses  recherches et investissements, les « riches » thésaurisent au lieu d’investir. Pour mémoire, la thésaurisation est un terme technique économique décrivant une accumulation de monnaie pour en tirer un profit, une spéculation  ou par absence de meilleur emploi, et non par principe d'économie ou d'investissement productif. Plus simplement, c'est le fait d'accumuler de l'argent.

Contre qui doit-on se battre ?
Je vous laisse juge !...

"Ceux qui se sont sagement limités à ce qui leur paraissait possible n'ont jamais avancé d'un seul pas."

A bientôt

lundi 20 janvier 2014

Une bonne piqure de rappel !


Fernand Raynaud (1972).

J'aime pas les étrangers parce que moi je suis français, et je suis fièr d'être français.
Mon nom à moi, c'est Koularkientensky du côté de ma mère... et Piazzano-Venditti du côté d'un copain à mon père.
C'est pour vous dire si j'suis français !
J'aime pas les étrangers, ils viennent manger l'pain des français...
Dans le village où on habite, on a un étranger, alors, quand on le voit passer, on dit : "Tiens, ça, là, ça - c'est l'étranger".
On l'montre du doigt, comme un objet... On n'a pas de respect.
Quand on a du respect pour un être humain, on ne dit pas "ça", là, non. On dirait : "Ce monsieur"...
C'est un étranger, il vient manger l'pain des français...

Quand sa femme passe, la tête basse, avec ses p'tis enfants qui baissent la tête; on dit :
"Ça, ça là, c'est des étrangers : ils viennent bouffer l'pain des français."
L'autre dimanche, dans mon village, j'avais été - c'était à la sortie de la messe de dix heures - j'avais été communier au café d'en face.
Y a l'étranger qui a voulu me parler. Moi, j'avais aute chose à faire, pensez, parler avec un étranger !
J'avais mon tiercé à préparer... Je suis douanier. Je suis pas un imbécile.
Enfin, du haut de ma grandeur, étant fonctionnaire, j'ai daigné l'écouter, cet imbécile (il est étranger, forcément)...
Il m'a dit, euh :
« Ne pensez vous pas qu'à notre époque c'est un peu ridicule de traiter certaines personnes d'étrangères, nous sommes tous égaux.
Voilà ce que j'avais sur le cœur, je voulais vous dire ça, Monsieur le Douanier, vous qui êtes fonctionnaire et très important, vous qui avez le bouclier de la loi... Nous sommes tous égaux. On peut vous le prouver : quand un chirurgien opère un cœur humain, que ce soit au Cap, à Genève, à Washington, à Moscou, à Pékin, il s'y prend de la même manière : nous sommes tous égaux. »
Pauvre andouille va ! Venir me déranger pour dire des inepties pareilles !!!
Il a poursuivi... Ils sont tellement bêtes ces étrangers, ils viennent manger l'pain des français.
Y m'a dit... euh ... :
« Est-ce que vous connaissez une race où une mère aime d'avantage ou moins bien son enfant qu'une autre race ? »
Là, j'ai rien compris à ce qu'il a voulu dire... J'en ai conclu, qu'il était bête...
En effet, lorsque quelqu'un s'exprime et que l'on comprend pas ce qu'il dit, c'est qu'il est bête !
Et moi je peux pas être bête, .... je suis douanier ... : "Vas-t-en, étranger !"
Il m'a répondu: « J'en ai ras-le-bol, moi. Votre pain, et votre France. Je m'en vais. »
Il a pris sa femme, sa valise, ses enfants, ils sont montés sur un bateau, ils ont été au delà des mers, lououain...
Et, depuis ce jour là, dans notre village, eh ben on mange plus de pain, dit !

Il était boulanger !!!

 

mercredi 15 janvier 2014

Xénophobie, politique, solutions.



Pourquoi à certaines périodes les peuples, français ou autres, ressentent une hostilité démesurée contre une partie de la population, présentée comme des fraudeurs vivant à nos crochets, qui auraient tous les droits, qui seraient cause de tous nos problèmes, alors que 80% de la fraude est d'origine économique ?

L’Histoire nous apprend que dès qu'une difficulté économique survient, la xénophobie, le racisme et le nationalisme font surface dans les médias, toujours à l’affût du petit fait divers supplémentaire, comme dans l’imaginaire collectif de ceux qui font « la majorité silencieuse ». Disons tout de suite que ceux-ci deviennent alors une majorité bruyante. Toujours la même obsession anti-étrangers, alors que 1 français sur 3 a au moins un grand-parent immigré. Toujours la même démagogie, les mêmes bobards qui circulent.
La société est multiculturelle, c’est un fait d’évidence. Il faudrait de curieuses lunettes pour ne pas s’apercevoir que nous ne sommes pas tous blonds aux yeux bleus, aimant la choucroute et la bière, ou bruns aux yeux foncés dégustant couscous et cornes de gazelles. La société résulte de l’histoire, par les différentes époques qui l’ont façonnée et par la diversité des habitants qui la composent. Par contre je mesure les risques de communautarisme et surtout les conséquences de celui-ci, il porte en lui le risque de guerre civile. Les exemples proches ne manquent pas.

Reprenons les définitions des mots xénophobie et racisme car l’utilisation est parfois inconvenante ou brouillée, même si nous savons que la notion de race est un héritage inexact d’un passé colonial encore très proche:
Racisme : sentiment de supériorité d’une race par rapport à une autre.
Xénophobie : sentiment d’hostilité par rapport à l’étranger, ou ce qui parait être un étranger.
On voit déjà, par exemple, que le « racisme antiblanc » n’existe pas. Il n’y a pas de sentiment de race supérieure dans cette expression, mais ceux  qui subissent (ou se rendent solidaires de ceux  qui subissent) le racisme, la xénophobie ou la discrimination développent de la haine envers ceux qu’ils rendent responsables de cet état de fait. On peut voir qu’il y a trente ans la « marche des beurs » qui voulaient s’intégrer, n’ayant récolté aucun écho favorable, a abouti à un communautarisme exacerbé.
Ces maux sont permanents, mais sont largement minoritaires quand notre système vit une période de relatif équilibre social. La peur du présent et de l’avenir dans les moments que l’on qualifie de crise, développe un sentiment exacerbé (et les gouvernements et les médias attisent cet affolement hors de raison) contre tout ce qui est « étranger », en fait différent.
Un exemple parmi d’autres : lors de la Grande Dépression des années 1930 : les Polonais sont alors désignés comme des concurrents pour les travailleurs français, des personnes inassimilables en raison de leur langue, de leur religion ou de leurs habitudes de vie, ou encore des populations dangereuses dénoncées tour à tour comme délinquantes, alcooliques ou trop religieuses.

Pourcentage d'immigrants par pays UE

Le terreau sur lequel se développe ces idéologies sont les politiques d’austérité, le développement des inégalités, le libéralisme débridé. Les poncifs, les clichés, les lieux communs, l’imagination sont dans ces périodes au pouvoir, contre les chiffres, la réalité.
Exemple :
La France, paradis des migrants accueille toute la « misère du monde » !
La France est le pays "le plus attractif socialement en Europe pour les immigrés" (Jean-François Copé, AFP, 22 octobre).
On devrait s'interroger : si la France est le pays le plus "attractif socialement", pourquoi reçoit-il moins de migrants que d'autres ?
Ceci est confirmé par l'organisme européen Eurostat. En 2010, la France est loin d'être le pays qui accueille le plus de migrants : 149 500 étrangers, contre 497 000 au Royaume-Uni, 430 400 en Espagne, ou 317 200 en Allemagne. La population non nationale vivant sur le sol français représentait, toujours en 2010, 5,9 % de la population totale, contre 7,2 % au Royaume-Uni, 7.5% en Italie, 8,8 % en Allemagne, 12,3 % en Espagne. Les immigrants font la queue à Calais pour rejoindre le Royaume Uni, pas pour rester en France. Je n’irais pas plus loin, même si l’ami intime de la femme du frère qui connaît personnellement un immigré (au minimum clandestin) a une Audi et même un avion personnel. Mais oui, je l’ai entendu ! Je me refuse ici à détailler les soi disants « privilèges » auxquels ont « droit » ces « étrangers » en France. Je pourrais. Il suffit de se documenter, au lieu de prendre des loupes sur un cas particulier. Je l’ai fait.
Lisez les statistiques Eurostat et les lois européennes, la France n’est pas le paradis que certains imaginent. Cela est la réalité !
Quand à la ''préférence nationale '' c'est toujours le rêve absurde d'une France ''blanche''. C’est une discrimination illégale. Aujourd’hui le discours de Valls  ne dépare pas beaucoup de celui de Sarkozy et de sa bande dans l’approfondissement du propos xénophobe.

Alors doit on combattre le racisme et la xénophobie ou ses origines ?
L’histoire témoigne que cette mauvaise graine fleurit et prospère sur le terreau de la décomposition sociale. Le racisme et la xénophobie exploitent politiquement des préjugés fondés sur l'ignorance pour tenter d'opposer les exploités entre eux. Ce qu’on appelle « populisme ». Et la tendance européenne est de les porter au pouvoir.
Hors si l'un et l'autre se développent aujourd'hui, c'est en conséquence directe de la politique du gouvernement Hollande-Ayrault, qui poursuivent les politiques de Sarkozy-Fillon, répondant aux injonctions de l'Union européenne et du capital financier.

Ce n'est pas « le racisme » qui organise, avec les patrons, les plans de licenciements, qui fait voter les contre-réformes des retraites, la « baisse du coût du travail » donc de vos salaires, la dévaluation des services de santé, la réforme Peillon qui liquide l’Ecole Républicaine en la dénationalisant, l’intégration aux décisions des organisations ouvrières, ou l'acte III de la décentralisation, qui menace dans tous les domaines les droits de la classe ouvrière et qui impose l'austérité et la division de la République. C'est le gouvernement sur injonction ou recommandation de l’UE. (*)
Aujourd’hui dans la rhétorique dominante l’intérêt général, ou l'union nationale, quel que soit le nom qu'on lui donne, c'est la voie royale du corporatisme qui divise, c’est l’inverse de la démocratie. Le fait qu’il n’y ait qu’UNE seule politique possible sans discussion est l’inverse de la démocratie.
La démocratie, c’est le choix entre plusieurs solutions effectué en toute indépendance par le peuple, c'est la défense de la lutte de classe contre la classe des exploiteurs pour défendre pied à pied les intérêts des exploités et bloquer les politiques meurtrières du gouvernement. N’en déplaise aux « modernistes » du « dialogue social » où seuls ont raison les financiers. Le soi disant impossible est toujours possible, l’Histoire nous l’a toujours prouvé.
Il faut se refuser à prendre place dans quelque combinaison que ce soit, dont l'objectif ne soit pas d'aider à réaliser l’unité des travailleurs et de leurs organisations dans le combat de classe, sur une ligne de rupture avec le gouvernement, sa politique et l’Union européenne.
Il ne faut pas se tromper « d’ennemi ».

(*) pour les développements sur ces politiques lire les articles précédents.

A bientôt.

jeudi 2 janvier 2014

VŒUX 2014



Euphorie pour Les Echos : Wall Street domine une capitalisation mondiale qui a doublé en dix ans.
 
(Entendez : la crise a dopé la valeur des Bourses mondiales). Pour La tribune : Après un gain de 18% en 2013, jamais deux sans trois. Le CAC 40, l'indice phare de la Bourse de Paris, devrait grimper en 2014, pour la troisième année d'affilée, après avoir gagné 15,23% en 2012, puis 18% en 2013. 

Euphorie toujours : en 2013 il y a 80 millions de très pauvres, 25 millions de chômeurs en UE.
Bonne nouvelle pour le capital !

Donnez leur des jeux, du cirque et de la religion, ils ne vous emmerderont pas !...
Dans un grand pays de ce monde, le gouvernement a ordonné mi-octobre sur la base d’une vision reçue en rêve par un religieux mystique, des fouilles archéologiques très importantes concernant l’existence d’une réserve d’or enterrée quelque part par un marajah.
Non ce n’est pas un « buzz ».
« Oui; en cette année 2013, le gouvernement indien parie sur la communication avec l’au-delà.
On ne sait pas si quelqu’un a réfléchi à l’impact que l’affaire aura sur les institutions chargées d’apporter des réponses scientifiques au pays. L’Archeological Survey of India (ASI, agence gouvernementale chargée du patrimoine bâti), qui est censée être à la pointe des études historiques, se retrouve affectée à la prospection sur la base d’une prophétie onirique. » rajoute Shankkar Aiyar essayiste indien.
En Inde, deuxième pays le plus peuplé et septième pays le plus grand du monde, le gouvernement pour ne pas perdre les élections, agit sous la pression du parti hindouiste religieux et croit « au père Noël ». Aujourd'hui, l'économie indienne est la dixième du monde en PIB nominal et la quatrième en PIB à parité de pouvoir d'achat. Mais le FMI et la Banque mondiale ont revu à la baisse leurs prévisions concernant son PIB. Les Indiens ont été informés qu’il y avait 30 millions d’esclaves dans le monde et que près de la moitié d’entre eux se trouvaient en Inde. L’Inde fait partie des seize pays, pour la plupart d’Afrique sud-saharienne, où la faim est considérée comme “alarmante”. D’après l’indice de la faim dans le monde (calculé chaque année par l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires, à Washington), plus de 40 % des enfants de moins de 5 ans sont sous-alimentés. Une personne sur quatre souffrant de la faim dans le monde vit en Inde. Et le gouvernement perd toute raison, et obéit aux extrémistes religieux du BJP ! Un pays soi disant démocratique.

Est-ce le seul ?
Je ne ferais pas le tour du monde de ce que l’obscurantisme religieux inflige aux peuples dans les pays les plus pauvres, il suffit de regarder les « vitrines » des pays riches qui se croient à l’abri de ces croyances.  
Sans aller bien loin, tout prés de chez nous, en Espagne le gouvernement prête l’oreille aux extrémistes de l’Opus Dei et vote les lois les plus rétrogrades sur l’IVG et autres, en annonçant que tout cela peut servir d’exemple à l’Europe.

 Un tiers des Américains sont convaincus que les êtres humains "existent sous leur forme actuelle depuis l'origine" et ne croient donc pas à la théorie de l'évolution des espèces. La théorie de l'évolution a fait ces dernières années l'objet d'un débat politique enflammé aux Etats-Unis, où les cours de sciences sont devenus des champs de bataille entre partisans d'un enseignement non religieux dans les écoles publiques et chrétiens fondamentalistes soutenant l'enseignement du "créationnisme".
Nous avons vu la France catho se mobiliser avec des slogans rétrogrades dans les soi disant « manifs pour tous ». Alors ne nous croyons pas à l’abri de ces obscurantistes.

Des voix s’élèvent, et pas seulement dans nos pays, comme celle Wole Soyinka, Prix Nobel de littérature nigérian, musulman; je le cite : « Réaffirmons notre refus, sur notre continent, que la religion soit établie comme une seconde nature humaine, indiquée sur nos documents d’identité, et de laquelle déprendrait notre nationalité, mais également le droit même d’exister sur la planète ».

Il y a un an, j’ouvrais ce blog. Même pas une goutte d’eau dans cette grande agora médiatique.
Mais je suis optimiste sur le cours de l’Histoire, même si elle balbutie parfois. Sur la grande échelle de l’homme (aujourd’hui notre dernier grand ancêtre commun avec le singe est situè à 6 à 7 millions d’année) les modes d’organisation de l’humanité disparaissent et les nouveaux progressent.
C’est l’heure des vœux, je souhaite donc que la raison et la science progressent encore aux dépens des religions, les pires obstacles à l'émancipation de la pensée. Mobilisons contre ce système pourrissant.
Reprenons nos devises, toujours d’actualité :
Ni dieu, ni maître.
A bas la calotte, vive la sociale.

A bientôt

samedi 28 décembre 2013

Education et instruction.



A l’occasion du Congrès de Conception au Chili de L’Association Internationale de la Libre Pensée début novembre 2013, une introduction portait sur la différence éducation-instruction, je vous la livre in-extenso.

 Au fil du temps, avec le développement de l'enseignement public, une distinction s'est faite nettement entre « éducation » et  « instruction ». L'instruction est devenue l'objet de l'école et de l'université en dispensant des savoirs, sanctionnés le plus souvent par des diplômes délivrés par l'Etat (les Eglises, le patronat, et le secteur marchand en étant exclus dans un Etat laïque). L’éducation est le rôle des familles et de la société.
Du fait de l'École républicaine et laïque, l'éducation n'a pas pris le même sens que dans d'autres pays où elle est confondue avec l'instruction. L'éducation est assimilée à une sorte de dressage qui fait obéir à l'autorité (aux parents, aux chefs, aux patrons). Elle permet aussi, il est vrai, aux personnes de se conduire de manière civilisée entre elles. La politesse, la courtoisie, la tolérance, les règles morales ne sont pas des savoirs, elles ne sont que des règles de comportement. L'éducation est indispensable pour toute vie en société.

C'est pourquoi la Libre Pensée française n'est nullement partisane de l'enseignement d'une morale à l'école, car cela relève des familles, c'est-à-dire de l'espace privé et non public, Pour les libres penseurs, il n'y a pas de morale laïque, car la morale ou les morales religieuses n'existent pas en tant qu’universelle.
Autre chose est ce que nous appelons en France l'instruction civique qui est la connaissance des lois, des institutions publiques et politiques de la société et de l'attitude que les élèves doivent avoir avec eux. C'est par l'enseignement de ces savoirs que l'on forme des citoyens conscients et responsables.

L'instruction a donc pour objet de construire l'individu en lui donnant les moyens de sa liberté et de son émancipation. L'instruction est libératrice par essence. C'est pourquoi la Libre Pensée est profondément attachée à l'Ecole publique et au développement de l'enseignement du rationalisme et des sciences.

L'éducation est du domaine privé. C'est donc aussi un terrain sur lequel les libres penseurs doivent agir pour développer les idées et les concepts d'émancipation intégrale en s'affrontant aux dogmes et conceptions religieuses. Des conceptions antagoniques de la vie se confrontent en conséquence dans le domaine de l'Education en fonction des engagements des citoyens et de leur famille.
Il y a une véritable éducation à faire à la liberté, à la conscience, à la pensée libre pour combattre une éducation visant à maintenir l'oppression sociale, politique, culturelle et économique. Mais ces " conceptions de vie " ne sont pas des savoirs, mais des opinions. La confrontation n'a donc pas à avoir lieu dans le domaine de l'instruction.
Il n'est pas neutre qu'en France, depuis des décennies, les gouvernements antilaïques qui se sont succédé ont remplacé les mots « Ministère de l'Instruction publique » par  «Ministère de l'Education nationale ». Il ne s'agit pas de la même chose.

La confusion des genres remet en cause profondément l'idée même de Séparation du « religieux » et du « public ».

 Pour les libres penseurs français, l'instruction libère, l'éducation peut opprimer.


A bientôt.

vendredi 27 décembre 2013

Espagne, crise, affaires, intégrisme catholique.



Début novembre notre migration vers le sud commence; nous traversons une contrée appelée Catalogne. Les panneaux de signalisation sont en catalan. De toute façon quand on entre en Espagne il faut être multilingue pour suivre la signalisation. Aux balcons sont accrochés des drapeaux jaunes et rouges, mais … à plusieurs bandes horizontales au lieu de trois, apparence extrêmement importante pour se différencier du rival espagnol, à qui l’on demande de reconnaître l’indépendance de l’autonomie catalane. Le 11 septembre pour la fête de la Catalogne, la Diada, une chaîne humaine s’est formée de la frontière nord à la frontière sud pour demander cette indépendance. Impressionnant !
L’indépendance aujourd’hui plus qu’hier, pourquoi ? Parce que la classe populaire en a assez de supporter seule le poids de la soi disant crise financière. Mais aujourd’hui les circonstances sont exceptionnelles car il s’agit d’un processus qui échappe aux institutions européennes. Cette Union Européenne qui a mis en place les processus (diviser pour régner) de régionalisation et de balkanisation des pays, est aujourd’hui, en Catalogne, dépassée par ses conséquences. A mettre de l’huile sur le feu parfois on se brûle. Les dirigeants au pouvoir sont allés très loin : « la Catalogne aux catalans » ! Et pourtant ceux-ci ont pratiqués plus de « recortes » que l’administration centrale de Madrid, ce qui n’est pas peu dire !... Ils savent aller loin dans tous les sens. Et la police catalane, les Mossos, entretient une mauvaise réputation suite à de nombreuses « bavures ».

Nous continuons vers Castellon, pour prendre l’autoroute gratuite qui dessert l’aéroport. Qui dessert, un bien grand mot, car l’aéroport tout neuf n’a jamais ouvert faute de passagers. La communitat Valenciana, aux mains du PP, et quand je dis aux mains je pourrais préciser aux mains sales vu les nombreuses « affaires » et inculpations, a investi pour un avenir différent. Investi, en tout cas a touché beaucoup de « commissions » occultes. La côte de Castellon est la région espagnole où l’on trouve le plus grand nombre d’appartements vides de toute l’Espagne, et là aussi ce n’est pas peu dire ! Mais ici les églises adventistes, pentecôtistes, du petit jésus de la Trinité, de la sainte du vendredi, etc… sont florissantes. Une bien bonne chose la religion, pour calmer les contestataires. Et bien sûr une nouvelle langue, le « patois valencian ». Patois, je vais être déclaré indésirable !

On arrive ensuite à la petite « Region de Murcia » et l’Andalousie, ici la signalisation reste en « castellan », et l’usage de l’espagnol est quasi général. L’Andalousie se distingue par le fait que la « junta a Andalucia » est la seule autonomie aux mains du PSOE en Espagne. Les « problèmes » ne sont pas absents pour autant : scandale des ERE, etc… Pour les espagnols les andalous sont déjà des « maures », un camping cariste catalan m’a dit un jour : « en passant ici en rentrant du Maroc, je croyais que j’y étais encore, les gens, le paysage ». Cette année la sécheresse est particulièrement importante. A la « frontière » murciane, à Aguilas, une visite à la galerie marchande de l’Eroski nous donne une idée du recul de l’activité espagnole : de 30% des magasins fermés, nous en sommes à 80%. Désolant.

La lecture de la presse, en particulier El Pais, nous donne une idée de l’actualité.
Les scandales sont nombreux qui touchent la famille royale (caso Urdangarin, le gendre du roi, l’Infante, …), le PP au pouvoir (les cas sont si nombreux que je ne vous citerais que Bardenas le trésorier du PP), et le PSOE.
L’Opus Dei, intégristes catho dont la réputation n’est plus à faire, ancien bras droit et même tête pensante de Franco, a été viré de la « commandantur » au Vatican par le nouveau pape, son leader en Espagne le Cardinal Rouco mis à la retraite par le même François. Ce  pape François chargé de remettre « un peu d’ordre ou de morale selon les canons religieux » dans la Curie et notamment dans la banque du Vatican, qualifiée par la commission Européenne de « techniquement criminelle ». Cet Opus Dei reste très puissant au gouvernement espagnol par l’intermédiaire, en particulier, du Ministre de l’Intérieur, prêtre laïc de l’Opus. L’Espagne va donc rétablir l’interdiction de l’IVG, loi promulguée par le gouvernement Zapatero, et d’autres lois réactionnaires dictées par les « intégristes catho ».

Pedro Solbes, ancien ministre des Finances de Zapatero, ancien commissaire européen, s’impose aussi dans l’actualité avec un livre dans lequel il défend sa démission du gouvernement Zapatero en invoquant l’incompatibilité de ses options économiques avec celles de son chef. Intéressant. Il dit lui avoir demandé d’imposer la politique d’austérité recommandée par la Commission Européenne, et celui-ci a refusé parce qu’il avait discuté avec l’économiste américain Krugman, prix Nobel, qui critique cette option. Solbes a démissionné, et prétend maintenant que l’Espagne aurait gagné 2 ans. Deux ans de gagné pour qui ? On s’en doute. Ce n’est qu’une opinion, et ça dépend dans l’intérêt de qui on se place. On voit, lui, quels intérêts il défend ! On constate aujourd’hui les résultats de « l’austérité » : le supplément « Negocios » du 24.11.2013 d’El Pais indique que l’enquête annuelle du Crédit Suisse donne en Espagne un nombre de millionnaires de 13% supérieur par rapport à l’année dernière et un doublement du nombre de personnes en « extrême pauvreté ». Pour la Troika ce sont des chiffres « rassurants » mais il faut encore des restrictions sur les pensions de retraite.
En 2011 Zapatero a reçu par lettre (Il n’est pas le seul à en parler) un ultimatum de la Commission et le 7 septembre 2011 il fait voter « la règle d’or » (en France TSCG) qui rend obligatoire l’examen du budget du pays par cette Commission Européenne. La souveraineté des Etats devient un leurre. L’austérité est la règle sans discussion. Le budget, ressource de l’Etat, outil de sa souveraineté, de tous les pays de l’UE passe de « recommandation » à « obligation ». (Nous avons cette fin d’année en France le premier budget passé par Bruxelles, contre l’avis du peuple qui a refusé le traité l’instituant). A l’époque un avocat espagnol Isaac Ibanez décide d’écrire à Bruxelles pour demander la publication de la lettre. Réponse : « la lettre est maximo secreto ». Puisque cette époque revient à la mode, on l’a interviewé sur la suite qu’il a donnée à cette interpellation. Il a ensuite contacté le Défenseur des peuples européens, les réponses furent les mêmes. Sa remarque : « une Commission non élue qui dirige en fait l’Europe a des secrets pour les peuples, où est la démocratie ? ». Concluez vous-mêmes.
Puisque nous parlons de Krugman, signalons qu’il tient une rubrique sur le supplément dominical « Negocios » du journal El Pais. Il développe une défense du capitalisme en totale contradiction avec les politiques d’austérité imposées par les financiers et les économistes à la mode. Dans un article intitulé : « La guerre contre les pauvres », il tance les dirigeants républicains américains qui disent « que si tu es pauvre c’est que d’une certaine façon tu es un incompétent ou un vagabond », « le gouvernement Obama aide les perdants », « la protection sociale est un hamac dans lequel se vautre des gens sains, mais qui vivent de la dépendance et de la complaisance », « les marchés ont raison, donc les gens qui finissent dans la pauvreté méritent d’être pauvres », en leur répondant « qu’ils ont un esprit d’adolescents libertaires fantaisistes ». En fait « la base  républicaine (et surtout Tea Party) sont conscients que leur condition de blancs est chaque jour plus minoritaire ». Consciemment ou inconsciemment le racisme prend le dessus sur la raison. Dans « Complot contre la France », il dit « que pour les défenseurs de l’austérité, la  France a commis l’impardonnable péché d’avoir une fiscalité responsable et une sécurité sociale qui ne faisait pas souffrir les pauvres et pour cela elle doit être châtiée ». Dans « Ces allemands déprimants », il accuse les allemands « de chercher à démolir ses partenaires, et de ne pas cotiser suffisamment pour construire une Europe viable ». Ainsi on comprend mieux le « différend » entre Solbes et Zapatero.

A Marinaleda, le village andalou de « l’utopie communiste » (pas celle de Staline), mauvaise nouvelle : Sanchez Gordillo, le maire, et quelques autres dirigeants sont passibles de prison pour « occupation illégale d’une finca publique ». Vu le durcissement des peines imposé par la nouvelle loi dite de Sécurité votée par le gouvernement Rajoy ils sont pratiquement certains de finir en prison.

Le revirement sécuritaire et « moralisateur » catholique intégriste fait de l’Espagne un des pays européens les plus rétrogrades. Le XXIème siècle ne démarre pas sous les auspices prévus par les experocrates médiatiques aussi rapides à tourner leur veste qu’à avoir un avis autorisé. Ne nous flattons pas, nous avons eu notre « manif pour tous » avec des curés hurleurs à leur tête qui ne dépareraient à l’Opus Dei.

Un seul point satisfaisant, l’Espagne est le pays « modèle » pour l’Europe d’intégration des « gens du voyage », pour prendre une dénomination générale, pourtant avec une population de ce type très nombreuse. Certes tout n’est pas rose, mais l’exemple est probant d’intégration et de vie commune. J’en parlerais sans doute prochainement.

Partout la politique européenne fait payer aux travailleurs par les restrictions budgétaires et la baisse du coût du travail la crise du système, mais même s’ils ne sont plus que des exécutants, les gouvernements sont directement responsables puisque ce sont les seuls élus.

A bientôt.


Centenaire de la guerre de 14-18.



Monsieur le Président de la République,


Vous en avez le pouvoir,


Vous devez réparer une injustice vieille de cent ans :



Réhabilitez collectivement les Fusillés pour l’exemple !



Voilà près de dix ans maintenant que des organisations comme la Libre Pensée, l’Association Républicaine des Anciens Combattants, l’Union pacifiste, le Mouvement de la Paix, et de nombreuses sections départementales de la Ligue des droits de l’Homme, se prononcent ensemble pour une réhabilitation collective des Fusillés pour l’exemple.
Elle gagne, maintenant, certaines organisations syndicale –CGT et FORCE OUVRIERE- qui rappellent le sacrifice des ouvriers et travailleurs durant la dite guerre.

Il s’agit de rendre la dignité aux fusillés pour l’exemple, 2500 ayant fait l’objet de condamnations à mort par des tribunaux d’exception, où les dossiers furent exclusivement à charge puisqu’il s’agissait de faire des exemples. 650 furent exécutés et encore, en ne tenant pas compte des exécutions sommaires, sous des prétextes les plus fallacieux, voire des assassinats effectués sur le champ, après tirage au sort, des victimes.
Le dossier a fait l’objet de nombreuses publications voire de films et de chansons. L’opinion publique est régulièrement sensibilisée.
Situation dramatique, des soldats français ont été tués par des balles françaises !
De quoi ébranler tous les patriotismes du monde.
Cette notion de patriotisme, que les pays utilisent pour faire marcher la troupe; « on croit se battre pour sa patrie et on meurt pour les industriels », disait Anatole France.

En qualité de Président de la République, nous espérions que celui-ci se souvienne de ses engagements d’élu départemental lors de la présentation des travaux pour le centième anniversaire de la guerre. Nous espérions dans sa fidélité à Jean Jaurès. Or, celui-ci a pris l’engagement d’instaurer un monument particulier à la mémoire des fusillés. Faudra-t-il que sur ce monument on indique : mort pour la France.
En dehors du fait qu’il s’agit d’une singularisation, cela ne répond pas à la revendication de réhabilitation qui est la seule qui permette de placer les victimes comme des victimes de la guerre, car tel est l’objectif : condamner la guerre pour ce qu’elle a comme données barbares, dire que les hommes sont incapables de prévoir leur comportement dans des conditions autoritaires et barbares, que nous n’avons pas tous vocation à être des héros.
 
Je rappelle que de nombreux pays belligérants, l’Angleterre, la Nouvelle Zélande, le Canada, ont, dans des formes juridiques applicables à leur pays, décidé de cette réhabilitation.
La France s’encroûte dans la Mesquinerie. En effet, le bon sens conduit à conclure qu’il faut réhabiliter la totalité des Fusillés pour l’exemple, sans prise en compte de cas particuliers, inaccessibles à une investigation scientifique digne de ce nom.
Nombre d’historiens ont une parfaite conscience de ces difficultés insurmontables qui rendent l’étude au cas par cas impossible, définitivement hors de portée. Beaucoup de ces historiens ont accompli un travail remarquable, qui a enrichi de façon décisive notre connaissance de la Grande Guerre, loin des clichés hérités du passé qui perduraient dans une certaine opinion soucieuse d’un patriotisme de circonstance, comme elles perduraient dans beaucoup de travaux universitaires, et du même coup dans les manuels scolaires.
« Il vaut mieux hasarder de sauver un coupable que de condamner un innocent. »

Lors de la cérémonie du 11 novembre 2013 plus d’une centaine de rassemblements et d’initiatives dans tout le pays, dans tous les départements ont vu se rassembler  libres penseurs, pacifistes internationalistes, syndicalistes, militants de toutes tendances, un nombre considérable d’Elus municipaux, Maires, Conseillers généraux, Conseillers régionaux, Députés, Sénateurs.
Une volonté s’est exprimée. Et il y a eu une condamnation nette des propos honteux du Président de la République qui a refusé, dans la continuité de tous ses prédécesseurs, de rendre la justice et leur honneur aux 650 Fusillés pour l’exemple.
Celui-ci a mis ses pas dans ceux de Nicolas Sarkozy en appliquant méticuleusement la loi Laffineur qui mélange toutes les guerres, celle de 1914-1918 et celles coloniales d’Indochine et d’Algérie.
L’année du Centenaire commence il est encore temps pour le camarade Hollande de prouver sa fidélité à Jaurès.
Signez et faites signer cet appel avec des historiens, des cinéastes, des réalisateurs, des comédiens, des artistes, des écrivains, des libres penseurs, des syndicalistes, des pacifistes et des internationalistes qui, par delà leurs engagements respectifs, par delà les investissements personnels, culturels, philosophiques, politiques, qui leur sont propres, se retrouvent ensemble sur cette exigence, dont la satisfaction sera à l’honneur de la République.


A bientôt

lundi 28 octobre 2013

VOYAGE AU VIETNAM (1)



Notre souhait il y a juste quatre ans, en rentrant d’un périple au Vietnam, qui nous avait amené de Hanoï à Lao Caï (train), Sapa, Ta Van (trek), Bac Ha, la baie d’Halong, Hoa Lu, Tam Coc (baie d’Halong terrestre), le train Hanoï-Hué, Hué, Col des Nuages, Hoï An, Da Nang, Nha Trang, Buon Me Thot, Lac Lak, Dalat, Ho Chi Minh ville, Cai Be, Long Xuyen, Ho Chi Minh ville, était de retrouver et revoir ce peuple viet, fier et chaleureux, et ce pays du dragon aux multiples facettes. C’est fait, ce mois de mai. Et l’enchantement perdure.
Oui la banlieue d’Hanoï se hérisse de petits buildings à l’occidentale et les travaux autoroutiers sont nombreux, mais le centre ville n’a rien perdu de son charme, de sa grouillante activité, seule la jeunesse est de plus en plus présente. Tradition et modernité se mélangent naturellement. Les petits marchands  sont toujours présents en nombre le long des trottoirs. Ici vous trouvez de tout avec une fraîcheur remarquable vu les conditions. Et le sourire fait partie de l’ambiance générale. Si le sourire n’est pas exprimé sur le visage c’est que la personne détient du pouvoir ou de l’argent (les deux ensemble souvent).






Nous partons pour une boucle dans la région du Nord-Est, site qui devrait prochainement être classé au Patrimoine Mondial Naturel par l’Unesco, pour ses paysages grandioses et la conservation des activités culturelles traditionnelles des ethnies minoritaires qui la peuple. Malgré la beauté de cette région et sa richesse culturelle, elle est encore très peu visitée et les installations touristiques sont basiques et rustiques. Notre jeune guide est spécialiste du trek et très avenant.
Nous pouvons constater au long du circuit que les travaux de constructions de maisons en « dur » (moëllons) sont nombreux, surtout près des villages, confirmant l’évolution actuelle du pays.
A partir de HAGIANG la nature devient grandiose et sauvage. Nous sommes à 350 km au Nord de Hanoi, la route côtoie la frontière chinoise, dans un décor de vallées entourées de montagnes karstiques, traversées par des rivières qui s’étirent comme des serpents et des rizières en terrasses. Nous avons une idée de ces paysages au travers des gravures chinoises du Yunan.







Au long des journées nous avons profité des rencontres avec les habitants des villages ethniques minoritaires (Hmongs, Dao,.. ) qui ont conservé leurs activités culturelles traditionnelles. Dans les villages l’administration locale met à la disposition des habitants le sable et le ciment nécessaire pour construire un réseau routier, à charge de ceux-ci de le mettre en œuvre collectivement ce qui, nous le constatons, est fait. Le moindre petit hameau possède son école, grouillante. Les viets doivent se limiter à deux enfants par couple, mais les minorités ont des dispenses, la main d’œuvre agricole étant plus importante. Malgré ces limitations la jeunesse domine. La nature offre une multitude de fruits et légumes à qui veut entretenir ses richesses, ce qui n’empêche pas les nombreux petits jardins près des maisons. La terre est propriété de l’Etat, et l’administration locale donne la « gérance » à qui la cultive. Et le moindre carré de terre est mis à profit, même pour deux pieds de maïs. Les travaux des champs sont entrepris souvent de manière collective. Nous sommes charmés par les couleurs chatoyantes des costumes traditionnels des montagnards et amusés par l’animation des marchés, toujours avec des sourires.













Pour se rendre de Dông Van à Mèo Vac, il faut passer par le sommet de Ma Pi Lèng. Près du sommet, du belvédère nommé la Porte Céleste, on profite d’une vue incroyable. En bas, 1500 mètres plus bas, la rivière Nho Que serpente tel un ruban de soie.







Près de  Bao Lac nous séjournons deux nuits dans un petit village d’une ethnie venue du Sud de la Chine les Lolo noirs. Nous vivons dans une famille Lolo et sa maison sur pilotis. Au sol les animaux et le matériel, et à l’étage une grande salle unique qui fait office de cuisine (avec sa cheminée centrale allumée en permanence, sans conduit pour le fumage des aliments), de salle à manger (sur la natte), et de chambre à coucher, sans oublier l’autel des Ancêtres en position principale. Ce village a été rendu célèbre en France par une émission de TV « Voyage en terre inconnue ». Bien sûr au village tout le monde se rappelle du tournage et nous apprenons quelques « à côtés ». Maintenant quelques touristes viennent ici, mais n’abondent pas, les séjours de toute façon sont limités à un petit groupe à la fois. L’électricité est fournie par un groupe électrogène que l’on économise le soir, donc on mange à la bougie. Deux sanitaires ont été rajoutés en annexe aux deux maisons qui reçoivent des touristes, un wc et un robinet d’eau froide, alimenté par un réservoir d’une centaine de litres d’eau de source sur le toit. Un luxe, puisque les Lolos vont chercher l’eau à la source, plus haut dans le village. En fait, un Lolo alimente le réservoir quand l’eau baisse avec un tuyau venant de la source. Nous profitons de cette vie communautaire en immersion totale. Une randonnée à pied nous a permis de découvrir leur terrain en montagne.

Les photos seront dans le prochain article.


A SUIVRE...

mercredi 16 octobre 2013

OPTIMISME Economique !



Mais oui l’optimisme est de rigueur. Mais prenez garde, vos intérêts ne coïncident avec les leurs ! Documentons nous donc.

CROISSANCE
Le site internet Boursier.com signale que
« Le Fonds monétaire international a révisé en baisse ses prévisions de croissance mondiale  pour cette année et 2014 mais a rehaussé celles de l'Union européenne et de la France. Le FMI vise désormais une croissance mondiale de +2,9% cette année et +3,6% en 2014, contre respectivement +3,2% et +3,8% projetés en juillet dernier. Concernant la zone euro, le FMI estime que la contraction sera moins importante que prévu en 2013 (-0,4 % contre -0,5% jusqu'ici), avant une reprise en 2014. Au coeur de l'Europe, "on voit enfin de véritables signes de reprise grâce à un changement d'humeur", a expliqué Olivier Blanchard. Pour ce qui est de la France, le FMI se montre en revanche plus optimiste... L'institution table désormais sur un PIB de +0,2% en 2013 et +1% en 2014, contre respectivement -0,1% et +0,9% projetés en juillet dernier.
Selon les Echos et Edouard Lederer « Les Français sont plus riches que les Allemands ».
Quelle surprise ! Et d’expliquer :
« La France tient bien son rang au sein des plus gros patrimoines. Les particuliers y détiennent en moyenne 296.000 dollars (soit 219.000 euros) à mi-2013, ce qui place l'Hexagone en septième position mondiale, juste derrière la Suède (299.000 dollars) et les Etats-Unis (301.000 dollars), mais loin derrière la Suisse (513.000 dollars). Surprenant à première vue, les Français sont même bien plus riches que leurs voisins allemands, dont le patrimoine moyen est de 193.000 dollars (143.000 euros). Il faut sans doute y voir le poids de l'immobilier, bien plus important dans l'Hexagone qu'outre-Rhin. Point positif, la richesse des Français a progressé de 8,2 % sur un an. Comment l'expliquer dans un climat économique pourtant bien morose ? C'est plutôt sur le front des actifs financiers que la France paraît plus faible, avec un peu plus de 100.000 dollars en actions par individu, alors que les Etats-Unis dépassent les 250.000 dollars par tête.»

FRAUDE FISCALE
Selon le Monde du 9 octobre : « La fraude fiscale coûte 2000 milliards d'euros par an à l'Europe » !
« Les députés de l'Essonne Nicolas Dupont-Aignan (non inscrit) et du Nord Alain Bocquet (communiste) ont présenté, mercredi 9 octobre devant la Commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale, le résultat des investigations qu'ils ont menées dans le cadre de la mission d'information sur les paradis fiscaux, constituée en novembre 2012. Le premier intérêt de ce rapport est de dresser un nouvel état des lieux, documenté et chiffré, de ce qu'ils nomment "le poison moderne des démocraties", en révélant des sommes, des lieux, des noms de multinationales s'adonnant à une optimisation abusive de leurs impôts à travers, notamment, la technique financière des prix de transfert (qui revient à transférer les bénéfices dans les pays à fiscalité faible voire nulle). » Selon les informations obtenues par MM. Dupont-Aignan et Bocquet, issues de données de l'administration, la fraude fiscale entraîne un manque à gagner de 60 à 80 milliards d'euros chaque année pour la France et le budget de l'Etat – à comparer aux 53 milliards d'euros de recettes provenant de l'impôt sur les sociétés. »
Tiens !... Et dire que, selon certains, si nous donnions la « préférence nationale » et éliminions les tricheurs à la Sécu et autres « chômeurs » fainéants, nous réglerions soi disant les problèmes. C’est pas demain la veille qu’on va y arriver si on se trompe de cible, de tricheurs, et d’intérêts !

CRISE : DES MILLIONNAIRES TOUJOURS PLUS NOMBREUX.
Dans les Echos :
Le chiffre peut paraître surprenant dans un environnement encore marqué par la crise : le patrimoine total des particuliers (actifs financiers et réels desquels on retranche les dettes) a atteint un record cette année, à 241.000 milliards de dollars, soit 51.600 dollars par adulte. C'est ce qui ressort du dernier « Global Wealth Report » publié hier par Credit Suisse. Dans la période examinée, de mi-2012 à mi-2013, le patrimoine mondial s'est ainsi étoffé de 4,9 %.
Attention, cependant, à ne pas en conclure trop rapidement à un enrichissement généralisé ; la crise est bien passée par là. Au niveau global, sur un an, ce sont bien les plus riches (au-delà de 1 million de dollars de patrimoine) qui s'enrichissent le plus. Alors qu'ils ne représentent que 0,7 % des ménages étudiés, ils détiennent 41 % du patrimoine, contre 39,3 % un an plus tôt, soit une hausse d'environ 10.000 milliards de dollars. A l'inverse, en bas de la pyramide, les patrimoines compris entre 10.000 et 100.000 dollars, largement majoritaires, ont fait du surplace à 7.300 milliards de dollars. Mais être riche ne suffit pas. Encore faut-il parvenir à le demeurer. C'est aux Etats-Unis que l'on a le plus de chance de conserver sa fortune : 65 % des ménages américains millionnaires en 2000-2001 restent au-dessus de la barre fatidique dix ans plus tard. Cela est dû au niveau de fortune relativement plus élevé outre-Atlantique, qui demande donc de s'appauvrir davantage avant de sortir du club des millionnaires. De plus, comme les Américains ont le plus souvent des actifs libellés en dollars, ils ne souffrent bien entendu d'aucun effet de change. A l'inverse, les millionnaires ont beaucoup moins « survécu » en France, où seuls 47 % des heureux élus de 2000 faisaient encore partie du club en 2010. Ce taux est encore plus faible au Japon, en Italie ou en Allemagne.
C’est ben vrai tout ça ! Ca devient difficile de rester riche, si on n’est pas vraiment riche !

La même statistique sur le site internet Rue89, par Clément Guillou :
La richesse mondiale a doublé depuis 2000 (et autres chiffres révoltants).
Ah bon, je croyais que c’était de bonnes nouvelles économiques !
Le groupe de services financiers Crédit suisse et la Croix-Rouge viennent chacun de sortir un rapport dont la lecture conjuguée est désespérante.
Le premier (en anglais, PDF) fait un bilan statistique de la richesse mondiale. On apprend qu’elle « a plus que doublé depuis 2000, atteignant un nouveau record historique de 241 000 milliards de dollars ».
Le deuxième (en anglais, PDF) parle des « impacts humanitaires de la crise économique en Europe » (42 pays étudiés dans l’Union européenne, les Balkans, l’Europe orientale). Il constate que « le nombre de personnes dépendant des distributions de nourriture de la Croix-Rouge dans 22 des pays concernés a augmenté de 75% entre 2009 et 2012 ».
Quelques chiffres à retenir de ces deux rapports.
46% du patrimoine mondial est détenu par 1% des ménages
La richesse mondiale a crû de 4,9% entre mi-2012 et mi-2013, la période examinée par Crédit suisse, et de 68% ces dix dernières années. Le pourcent le plus fortuné des ménages commence à 753 000 dollars (557 000 euros) et amasse 46% du patrimoine mondial – part en hausse –, tandis que les deux tiers des ménages, dont le patrimoine reste stable, ne représentent que 3% de la richesse globale.
25% de travailleurs pauvres en Allemagne
Le nombre de salariés allemands ne pouvant subvenir à leurs besoins est en constante augmentation, relève la Croix-Rouge : un quart d’entre eux ont des bas salaires – le montant n’est pas précisé, mais il n’y a pas de salaire minimum en Allemagne. Près de la moité des contrats signés en Allemagne depuis 2008 sont à court terme, sans sécurité sociale, et 1,3 million de travailleurs ne peuvent subvenir à leurs besoins. Une étude de la Fondation Bertelsmann publiée en décembre 2012 montre que la classe moyenne est passée de 65% de la population en 1997 à 58% quinze ans plus tard :
5,5 millions d’Allemands sont devenus « pauvres » ;
500 000 sont devenus « riches ».
31 millions : le nombre de millionnaires en dollars
Le nombre de millionnaires en dollars n’a jamais été aussi élevé. L’économie actuelle est propice à l’accumulation de fortune 
5 : nombre de pays en Europe où le chômage des jeunes dépasse 50%
Bosnie, Macédoine, Serbie, Espagne, Grèce : dans tous ces pays, plus d’un jeune de 15 à 24 ans sur deux, en situation de travailler, était au chômage en 2012. Le rapport de la Croix-Rouge dénonce l’austérité qui « ajoute de la pauvreté, alors que les autres continents la réduisent avec succès ».
14% de la population française sous le seuil de pauvreté
En 2011, selon l’indice d’Eurostat repris par la Croix-Rouge, le pourcentage de ménages français sous le seuil de pauvreté (moins de 60% de la richesse médiane dans le pays) s’élevait à 14%. Une hausse de 1,3 point, soit 350 000 habitants de plus, par rapport à 2008.
40 : part des Chinois dans la « classe moyenne » mondiale
La Chine a, par rapport à sa population, peu de très pauvres et peu de très riches. En revanche, en rangeant la population mondiale par déciles de richesse, on s’aperçoit qu’elle constitue 40% de la classe moyenne supérieure : celle des déciles 6 à 9.
40% : l’augmentation du taux de suicide en Grèce au premier semestre 2011
Selon le ministère grec de la Santé, le taux de suicide en Grèce a grandi de 40% entre janvier et mai 2011 par rapport à la même période en 2010. Les premiers effets des plans d’austérité se faisaient sentir. Le taux de suicide des femmes a plus que doublé. Bien d’autres pays européens ont vu leur taux de suicide augmenter pendant la crise, après un long ralentissement, explique la Croix-Rouge.

Même si c’est fatigant, il n’est pas interdit de réfléchir … en fonction de nos intérêts.
A bientôt