mardi 9 octobre 2018

La loi asile selon Collomb : un modèle d’humanité !



La loi du ministre de l'intérieur Gérard Collomb contre les migrants et les libertés démocratiques est en cours de discussion, ce début avril, à l'Assemblée Nationale. Elle ne fera qu'aggraver la situation. Pourtant M. Collomb explique que sa loi est un modèle d'humanité ! 
L'audition du Défenseur des droits Jacques Toubon, mercredi 11 avril en commission des Lois, a très vite tourné à la confrontation avec certains députés de la majorité. Depuis deux mois, celui qui est chargé de défendre les droits des citoyens critique méthodiquement et régulièrement « le projet de réforme du droit d'asile et de l'accueil des migrants » soutenu par le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb. Jacques Toubon a vertement répondu, ce mercredi en commission des Lois, à certains députés LREM qui dénonçaient sa « vision caricaturale » sur le projet de loi asile et immigration.  Le Défenseur des droits les a renvoyé à « la défense des droits fondamentaux », c’est « une loi répressive ». « Les droits fondamentaux, c'est savoir si je passe la nuit dans la rue ou si je les passe au chaud. Ça, c'est le contraire de l'abstraction », a poursuivi Jacques Toubon. « Les droits fondamentaux (...) c'est sur les trottoirs du boulevard de la Villette ». Avec plus de 140.000 demandes d'intervention, près de 94.000 dossiers de réclamations et quelque 51.000 appels aux plateformes de conseil, les réclamations auprès du Défenseur des droits Jacques Toubon ont connu une hausse de 7,8% en un an, et de 17,3% depuis 2015, selon le rapport dont l'AFP a obtenu copie ce mercredi.
Gérard Collomb, vous savez, c’est celui qui a dit : « Emmanuel Macron a le sens de l’absolu, il y a du poète chez lui ». Mais qui depuis l’affaire Benalla critique le « manque d’humilité de l’exécutif ».

Aquarius.



Début juin pendant plusieurs jours, 629 « migrants », notamment des femmes enceintes et des enfants, sont dans une situation précaire sur le navire Aquarius. Ils sont en danger de mort ! Après 48 heures de silence, M. Macron (le poète !) se permet de dénoncer le gouvernement italien comme « cynique et irresponsable » parce qu'il refuse d'accueillir ce bateau. C'est ce même M. Macron et son ministre de l'intérieur, M. Collomb, qui ont verrouillé les frontières avec l'Italie, qui chassent, au péril de leur vie jusque dans les montagnes enneigées, des « migrants » en quête de refuge pour les expulser en Italie et qui dans toute la France multiplient les rafles de police et les expulsions. Voir()… Et qui vont dénoncer les « populismes », agiter 1e spectre de l'extrême droite au nom des « valeurs européennes »; eux qui sont responsables avec leurs guerres et leurs pillages du fait que des centaines de milliers de personnes fuient leur pays pour survivre, eux qui en pérorant sur les droits de l'homme ferment les yeux sur le fait que 700 000 personnes ont échoué en Italie; eux, qui, avec les dirigeants européens s'attachent à maintenir ces réfugiés en Italie, transformée en gigantesque camp de rétention au compte de l'Union européenne, eux qui voudraient repousser ces mêmes migrants dans des camps au Moyen Orient ou en Afrique. Ce sont ces mêmes, Macron, Merkel, Juncker qui sont responsables de la situation et ouvrent ainsi la voie à la victoire électorale de la Ligue et du mouvement 5 étoiles en Italie. C’est cette « Europe » qui est responsable de la détresse, de la misère et de la mort de ces milliers de femmes et d'hommes qui cherchent à survivre aux différentes guerres (« humanitaires ») et ne trouvent aucun secours, si ce n’est de recevoir leurs bombes sans broncher. 

MEDECINE, SANTE.



Après des dizaines de fermetures de lits et pour continuer à en fermer d'autres, les autorités développent massivement la chirurgie ambulatoire. On vous opère et vous sortez de l'hôpital « aussi sec » libérant les lits. L'avantage, c'est qu'on peut réduire le personnel puisque le nombre de lits est réduit. Mais on va encore plus loin dans cette liquidation de la santé. Le médecin et le personnel hospitalier doivent suivre la personne qui est rentrée chez elle.
Les autorités ont trouvé mieux. D'ici à la fin de l'année, les hôpitaux de Paris seront tous équipés de Memoquest, un algorithme qui envoie des SMS pour suivre les patients.
Ceux-ci recevront des textos envoyés par un " chatbot " (robot conversationnel) leur demandant si tout va bien. En cas de non-réponse, il sera considéré que le patient a peut- être trois problèmes : il a mal, il a envie de vomir ou il saigne. Dans ce cas-là, le robot renvoie un message demandant quel  est le type de problème en fonction de la réponse, le logiciel informatique renvoie des consignes adaptées. Si cela ne va toujours pas, à ce moment-là c'est le médecin qui prend le relais. Un médecin du service de chirurgie ambulatoire de l'hôpital St-Antoine explique : « il y a une énorme pression pour que l'on fasse de plus en plus d'ambulatoire ». « On est à 45 % et on nous demande de viser 60% en 2020, tout cela à personnel constant. On n'a plu le temps d'appeler les patients. On est obligé d'avoir des outils comme çà ».



Des associations dénoncent « l’explosion » de l’inégalité d’accès aux soins.


Regroupements hospitaliers, fermetures d’urgences, de maternités, de blocs opératoires… La coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et des maternités de proximité tire la sonnette d’alarme.
Elles réclament une « véritable égalité d’accès aux soins » en France. Des associations de défense des hôpitaux de proximité ont dénoncé, samedi 9 juin, des territoires « souffrant de plus en plus de la désertification sanitaire » et des « économies budgétaires ». « Partout , les médecins manquent : 20 à 30 % des postes hospitaliers sont vacants, 30 % des généralistes ont plus de 60 ans et ne trouvent pas de remplaçants, et un tiers des Français, éloignés des services de santé, renonce à des soins », détaille, dans un communiqué, la Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et des maternités de proximité, réunie samedi 9 juin pour ses « rencontres nationales » à Lure (Haute-Saône).
Regroupements hospitaliers, fermetures d’urgences, de maternités, de blocs opératoires, concentration accrue pour « faire des économies », pénurie de médecins libéraux : les politiques publiques « détruisent le maillage territorial » en matière de santé, a déploré, lors d’un point de presse, la présidente de la coordination, Hélène Derrien.
Les inégalités vont s’aggraver et « il ne va pas faire bon vivre entre deux métropoles », prévient la Coordination. De plus, la pénurie de médecins touche aujourd’hui « les grandes villes, même Paris ». Elle prône donc « la remise en cause de la liberté d’installation des médecins ».

Les sirènes du privé



Le président américain, Trump, a manqué une occasion (février 2018) de se taire lorsqu’il a critiqué sur les réseaux sociaux le NHS, le système de santé britannique, qu’il a accusé d’être « en faillite et hors d’usage ». Il n’en fallait pas plus pour que nos voisins, qui pourtant dénoncent les ratés du NHS – plus de 4 millions de personnes sont en attente d’une opération au Royaume-Uni, un record depuis dix ans –, se déchaînent contre le locataire de la Maison-Blanche. « Vous êtes un grand malade, Monsieur le président », a titré le Daily Mirror. Il est évident qu’il pourrait regarder d’abord chez lui, un des plus mauvais système de santé au monde ! L’exemple américain rappelle qu’en l’absence de véritable couverture universelle de santé – sans parler des tentatives de Donald Trump de détruire l’Obamacare – 30 millions d’Américains restent privés d’assurance-maladie. Il ne faut pas s’étonner si les États-Unis ne se classent qu’au 35ème rang mondial pour la qualité de leurs soins (selon la revue The Lancet ), derrière la France ou le Royaume-Uni, alors qu’ils sont en tête des dépenses de santé. En cause : l’inégalité dans l’accès aux soins.
Difficile pourtant de fermer les yeux sur la thrombose qui menace le dispositif  britannique confronté à des besoins toujours plus grands (vieillissement de la population, maladies chroniques...) et à des ressources limitées. Ailleurs, les sirènes du privé font de la retape pour prendre le relais des acteurs publics. “Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé”, stipule la Déclaration universelle des droits de l’homme, qui date de 1948... L’année de la création du NHS.

Espérance de vie. « Plus on est aisé, plus l'espérance de vie est élevée ».



Une vie toujours plus longue : telle était la promesse des « trente glorieuses », donnant la mesure des progrès sociaux (temps de travail, retraite, Sécurité sociale, congés payés, assurance chômage, …) et médicaux acquis depuis la seconde guerre mondiale. Les gains d’espérance de vie forment le socle des politiques, soi disant modernes, notamment le recul de l’âge de départ à la retraite. Pourtant, ils ne sont pas immuables, et statistiquement s’avèrent faux à l’heure actuelle. Les raisons : le recul sur toutes les conquêtes collectives de 1936 et 1945 signalées plus haut.
Un autre aspect. Moderne celui-ci, ou retour au début du XXème siècle. Selon l’Insee, 13 années séparent les 5 % d'hommes les plus aisés, qui peuvent espérer vivre jusqu'à 84,4 ans, des plus modestes. Ces derniers risquant en effet de ne pas dépasser les 71,1 ans, selon l'étude publiée ce mois de février par l'Insee et qui s'appuie sur des données couvrant les années 2012 à 2016.
Chez les femmes, la situation est un peu plus favorable. Non seulement cet écart s'avère plus faible (8 ans), mais qui plus est, elles vivent en général plus longtemps : « Celles dont le niveau de vie se situe parmi les 70 % les plus aisées ont une espérance de vie plus longue que les hommes parmi les 5 % les plus aisés », précise l'Insee. Les statistiques servent souvent à venir confirmer une intuition, et surtout lui donner un peu de corps. Celles publiées par l'Insee ce mois de février en sont l'illustration. «  Plus on est aisé, plus l'espérance de vie est élevée », constate l'Institut.
Les difficultés financières peuvent  limiter l'accès aux soins et donc influer sur l'état de santé, donc l'espérance de vie. Pour autant, rappelle l'Insee, l'aisance financière ne s'explique « pas seulement par le niveau d'éducation » et au final « avec ou sans diplôme, plus on est aisé, plus l'espérance de vie augmente ».

Dans la presse étrangère : chaos dans les chemins de fer britanniques.




Les chemins de fer en Grande Bretagne connaissent de grandes difficultés. Le Times réclame la démission du ministre des transports, un proche de Theresa May. D'après le quotidien, les chemins de fer en Grande-Bretagne sont menacés d'être à l'arrêt. « Le chaos règne grâce à l'introduction de nouveaux horaires par deux opérateurs Govia Thameslink Railway et  Northern », écrit le journal, quelque peu ironique. Car, ajoute-t-il, « la question des chemins de fer au Royaume Uni a toujours été politiquement une patate chaude et le secrétaire aux transports, Chris Grayling, tente de s'en débarrasser ». The Times reconnaît néanmoins que l'erreur initiale est due, cette fois-ci, au fait que les opérateurs n'avaient pas prévu de former suffisamment des conducteurs de train avant de mettre en place les nouveaux horaires. Mais le ministre, connu déjà pour sa réforme impopulaire des prisons et son militantisme pro-Brexit, a un peu rapidement pointé du doigt les deux opérateurs et promis des indemnisations. Chris Grayling a néanmoins été obligé de nationaliser « de façon temporaire » la principale ligne à l'Est alors que Stagecoach et Virgin sombraient « dans le chaos financier »..
Près de 70% des Britanniques se déclarent favorables à la renationalisation des chemins de fer. Vingt ans après la privatisation de British Rail la dégradation des chemins de fer est considérable. L'argument de faire baisser les prix grâce à la concurrence se retourne en son contraire depuis 2010, les prix ont augmenté de 27%. Pour se rendre sur leur lieu de travail en empruntant le train, les britannique dépensent six fois plus que les français :14 % de leur budget mensuel contre 2 % en France. De nombreuses gares ont été fermées. Ainsi, à Ashington, au nord du Royaume-uni, l'express d'Edimbourg passe trois fois par heure, mais ne marque plus l'arrêt à cette gare. Donc, pour Newcastle, il faut prendre l'autocar de substitution et compter une heure de transport alors qu'avec le train, il ne fallait prévoir que trente minutes.
Les usagers comme les cheminots ne peuvent que constater des retards à répétition, la suppression des trains, la réduction des effectifs en gare. Dans le sud du pays entre avril 2015 et mars 2016, quatre trains sur cinq du réseau privé Southern Rails qui permettent chaque jour à 300 000 personnes de se rendre à Londres pour y travailler étaient en retard. Record : le très fréquenté Brighton-Londres de 7 h 29, n'est pas arrivé une seule fois à l'heure en 2014. La dégradation est telle que les accidents ferroviaires graves et moins graves, se multiplient en Grande-Bretagne. Nous avons vu que c’est la même chose aux Etats-Unis. Après un déraillement l'enquête a révélé que l'ensemble des lignes du pays était en très mauvais état, du fait d'un sous investissement chronique, alors même que Rail Track gestionnaire du réseau ferroviaire, a engrangé des bénéfices. Contrainte de remplacer les rails défectueux, elle a demandé des subventions au gouvernement qui ont été partiellement versées en dividendes aux actionnaires !
La privatisation : les exemples sont probants, c’est mieux, mais ça roule pour qui ? 

Macron et le PIB.



Février 2018. L'agence des statistiques de l'Union européenne a demandé à chacun des Etats membres d'inclure dans le calcul du PIB les marchés de la drogue et de la prostitution. L'Allemagne, la Grande-Bretagne et la Hollande notamment l'ont déjà fait. En Grande-Bretagne, l'inclusion du trafic de drogue et de la prostitution a augmenté le PIB de 3 milliards. On fait une estimation du nombre de drogués et de la moyenne d'achat pour établir son chiffre, et concernant la prostitution, on évalue le nombre de prostituées et une estimation moyenne des « passes » quotidiennes.
En Grande-Bretagne cela donne 87 000 prostituées à 85 euros !
Dans notre système, quand on n’a pas de bons chiffres on peut changer les règles.
Ce que les gouvernements de droite et de gauche précédents s'étaient refusés à faire, le gouvernement Macron qui n'est ni de droite ni de gauche l'a accepté.
Le gouvernement français de Macron-Philippe a refusé (compte tenu de la situation actuelle, difficile de faire autrement) toutefois d'inclure la prostitution dans le calcul du PIB arguant que celle-ci n'était pas volontaire mais subie. Mais pour le trafic de drogue il a demandé à l'INSEE de la comptabiliser dans le PIB.
L'argent du trafic de la drogue sera donc comptabilisé au même titre que les autres productions, agricoles ou industrielles. Conformément aux directives gouvernementales, l'Insee a donc fait les calculs. Selon l'Insee, la consommation de drogue par les ménages français se monterait à 3,1 milliards d'euros et les importations à 400 millions d'euros. Ainsi donc, la contribution du trafic de drogue au PIB s'élèverait à 2,7 milliards d'euros. « Les grossistes français achètent, parait-il, le cannabis pour un prix d'environ l 500 euros le kilogramme avant de le rapporter sur le sol français à un prix d'environ 6 500 euros le kilo ». L'Insee a dû aussi estimer le nombre de personnes qui travaillent pour vendre et acheminer la drogue en France. Selon cette étude, 21 000 personnes seraient employées en équivalent temps plein. Ah ! Bon. En réalité un plus grand nombre parce que beaucoup travaillent à temps partiel. Rappelons que le trafic de drogue est illégal en France. Mais il est tout à fait légal de le comptabiliser dans la production des « richesses » de la France !...En tout cas la prévision du PIB selon notre Jupiter étant loin de la réalité pour le moment, ça donnera un coup de pouce !
Pour le capital, seuls les résultats financiers comptent.

Rappelons l’hiver dernier chez nous…



Février-Mars 2018.
Macron avait annoncé qu'il n'y aurait plus de SDF à la fin de 2017. L'un de ses porte-parole avait osé dire qu'ils n'étaient à Paris qu'une cinquantaine à rester dehors la nuit. Selon une première enquête, 3 500 SDF sont à la rue sans trouver de centre d'hébergement.
Un tapage médiatique pour nous faire croire que l'état prend ses responsabilités. Bien évidemment, il faut loger dans l'urgence les gens à la rue, compte tenu de la vague de froid.
« Et après  la vague de froid ? » : Ils peuvent continuer à être dans la rue en attendant de nouvelles mesures d'urgence pour l'hiver prochain. En  moyenne 2000 sans abris meurent chaque année en France  à l'age moyen de 49 ans.
Une étude l’INSEE dénombrait 86 000 sans domicile fixe en France en 2001. En 2012, elle en comptabilisait 133 000, puis 150 000 l’année suivante. Ils seraient aujourd'hui de l'ordre de 240 000, une augmentation de plus de 50 % en dix ans.
Nombre de ces sans-abri ont un travail et sont même pour certains fonctionnaires. Mais impossible pour eux d'accéder à un logement social faute d'investissement et de construction par les gouvernements successifs et encore moins d'accéder à un logement dans le privé. C'est la politique mise en oeuvre par les gouvernements ces dernières décennies, qui jettent à la rue des dizaines de milliers de personnes chaque année. En même temps, selon l'Insee, il y a 100 000 logements vacants à Paris.
Et tandis que la masse s'appauvrit, que le nombre de SDF bondit, en 2017, les profits pour les entreprises du CAC40 ont bondi de 32,6% atteignant 75,8 milliards d'euros. Le capitalisme, c'est non seulement la guerre mais c'est l'exploitation, l’oppression, la barbarie.

dimanche 21 janvier 2018

Au revoir là-haut.



Le jeudi 14 août 2014, sous le titre : La mission du centenaire de la Première Guerre mondiale ou les leçons du passé. , je parlais du remarquable livre de Pierre Lemaitre  « Au revoir là-haut », couronné par le prix Goncourt 2013.
Le titre reprend les derniers mots de la dernière lettre du soldat Jean Blanchard, fusillé pour l'exemple avec cinq de ses camarades, le 4 décembre 1914 à Vingré. L'auteur, connu pour ses romans policiers, écrit ici une histoire de la fin de la guerre où les personnages sont exemplaires de la réalité de ce carnage, dans un style qui sait aménager surprises et rebondissements, et dont je recommande vivement la lecture. Dans une interview au Courrier Picard, il déclare : « je crois que mon travail a été dirigé, piloté par une pensée qui est celle d'Anatole France, qui disait : ''On croit mourir pour la patrie, mais on meurt pour les industriels.''…Il n'y a aucun doute que de toutes les guerres - et celle de 14 peut-être plus que les autres - le capitalisme s'en nourrit. L'industrie adore la guerre avant, pendant, après. Et j'ai pensé que si on regardait l'après-guerre, l'axe était encore plus amer plus décapant. »
Dans l'épilogue, l'auteur rappelle que les malversations relatives aux sépultures n'ont pas été inventées : il y a bien eu un scandale qui a éclaté en 1922 et qui a mis en cause les « mercantis de la mort ». Quant à l'arnaque aux monuments aux morts, elle est le fruit de son imagination et comme il l'écrit : « Ainsi, l'un des faits est réel, l'autre non, mais ç'aurait pu être l'inverse. » !
Nous entrons ainsi dans le vif du sujet. La réalité dépasse souvent la fiction. L’ambition, le cynisme : un lieutenant, qui veut devenir capitaine, comprend qu'il n'a plus beaucoup de temps pour obtenir du galon, il se crée une « occasion ». Un général aimerait bien fusiller pour l'exemple un de nos deux soldats, accusé à tort de désertion. L’horreur : les hôpitaux militaires surchargés, dans l'incapacité de faire face à l'afflux des blessés. Pour le commerce, la guerre présente beaucoup d'avantages, même après…
Après l’armistice, on trouve ces soldats bien gênants avec leurs mutilations et leurs gueules cassées; on voudrait les oublier, mais cela peut rapporter. Tous les sentiments sont présents dans ce magnifique livre.


La force de ce livre, très détaillé, me paraissait quasiment impossible à adapter au cinéma dans son ensemble. Et bien c’est une performance exceptionnelle qu’a réussi Albert Dupontel. Avec un montage rythmé, et beaucoup d’imagination, le film parait court. Et Dupontel réussit à être fidèle à l’esprit, et souvent à la lettre, du livre de Pierre Lemaître, tout en l’incorporant à son propre univers. Il n’y a qu’une scène de combat, mais c’est l’une des plus impressionnantes jamais vues sur les tranchées. La richesse et la beauté des décors et des costumes ne figent jamais le film. Les acteurs jouent leur rôle superbement.
Je vous conseille aussi le film.

mercredi 17 janvier 2018

Dernières news : Budget 2018 :



« Les grands gagnants sont les 5% les plus riches »,… « Ils vont voir leur niveau de vie augmenter de 1,6%, et dans le même temps, les perdants sont les 5% les plus pauvres, leur niveau de vie va diminuer de 0,6%. Les plus aisés bénéficient de la suppression de l'ISF, ainsi que d'une fiscalité allégée sur les revenus du capital. En revanche, les plus modestes vont pâtir de la baisse des APL, de la hausse des taxes sur le tabac, et surtout, sur le carburant. »… « L’impact sur le pouvoir d’achat du budget 2018 se traduira par 9600 euros de revenus en plus pour le 1 % de Français les plus riches, et seulement 25 euros pour les plus pauvres », selon l’institut OFCE, Observatoire français des Conjonctures Économiques, qui vient de passer au crible le budget 2018.