lundi 2 octobre 2017

Travailleurs déplacés, précaires, intérimaires, sous traitants…



Toutes les ordonnances sur le Code du Travail n’auront aucun impact sur le chômage (si ce n’est de l’augmenter au départ), même les « experôcrates officiels» en sont conscients. En Gréce, au Portugal, en Espagne et en Italie, il n’y a pas moins de chômeurs. Macron ( et peut être ses sponsors ) espère que, comme en Allemagne et au Royaume Uni, la multiplication des contrats précaires payés en dessous du SMIC, diminuera petit à petit le nombre de chômeur indemnisé, et le tour sera joué. Rien n’est moins sur.

Au Royaume Uni « The Guardian » le 11 juillet disait ;
«  Il faudrait être particulièrement naïf pour être déçu par le “rapport Taylor” des conservateurs. Sur l’échiquier politique, ces derniers existent pour défendre les intérêts du patronat et de ceux qui détiennent argent et pouvoir. C’est leur rôle principal. Et c’est pourquoi les grandes entreprises et les grandes fortunes sont si généreuses avec ce parti. Elles considèrent, certainement à juste titre, que c’est un investissement : le jeu en vaut largement la chandelle grâce aux abattements fiscaux, à la déréglementation, aux privatisations et à l’érosion des droits des travailleurs…
Thomson Sollicitors, un cabinet d’avocats spécialisé dans le droit du travail, propose que les travailleurs ni indépendants ni salariés soient appelés des “prestataires dépendants”. Ces personnes disposent déjà de droits tels que les indemnités d’arrêt maladie mais leur mise en application pose toujours problème. Les tribunaux ont déjà tranché en faveur de ces employés de la « gig economy », dont les droits ne sont pas respectés : Uber a perdu son procès pour la qualification de ses chauffeurs en travailleurs indépendants [en octobre]. Selon le jugement rendu, ces derniers devraient être payés un minimum décent et bénéficier d’autres acquis sociaux, comme les congés payés…
Ce qui est alarmant, c’est que le rapport risque de saper le droit du travail. Le Trade Union Congress [fédération des syndicats britanniques] craint un retour du salaire “à la tâche” : dans ce cas, un chauffeur Uber ou un coursier Deliveroo coincé dans les embouteillages serait “moins payé parce qu’il n’a pas rempli son quota”. Aucune proposition n’aborde la création de nouvelles réglementations, il s’agit plutôt de promouvoir des changements dans la culture d’entreprise. Mais ce n’est pas une quelconque morale qui conférera aux travailleurs les droits qu’ils méritent : les employeurs sans scrupule se contenteront d’appliquer la loi au strict minimum. »

La réforme du Code du travail est inacceptable, ce serait en France, comme ailleurs, une victoire du mépris de la classe dominante sur la classe exploitée. Experts de cafés du commerce télévisés, professeurs d’économie proches du pouvoir ou travaillant en sous-main pour de grands groupes, éditorialistes vendus aux vertus de l’indispensable «simplification », tous tentent de faire croire au pays que le capitalisme nous veut du bien. Mais ils ne savent  même plus « tenir leur langue ». Arrogance et mépris sont leur lot quotidien.
Travailleurs déplacés, précaires, intérimaires, sous traitants… C’est le retour de l’esclavage dans le cadre de la rentabilité capitaliste.

Seule l’unité des travailleurs avec leurs organisations peut marquer un coup d’arrêt définitif à la liquidation de toutes les conquêtes de la classe ouvrière. Le chômage augmente, les dividendes des actionnaires aussi, les salaires baissent, la pauvreté monte, c’est cette politique qu’il faut combattre.
Six cents militants délégués de comités locaux appartenant à différentes organisations syndicales et politiques, des élus, ont décidé de constituer un « Comité national de résistance et de reconquête » pour la défense des conquêtes arrachées en 1936 et 1945. Il est plus que jamais d’actualité.

Un peu d'humour



Pas intéressants allez ! (suite)



J’avais, dans la dernière publication, rapporté un article de Morvan Lebesque, écrit il y a 50 ans, et je relevais que, bien qu’en France aujourd’hui on parlait peu de la classe sociale la plus pauvre pour rejeter l’immigration, l’actualité de cet article était pourtant éminente.
Vous pouvez relire, ou lire cet article
Pour résumer, un extrait du texte et la conclusion :
« Pas intéressants allez ! »  Cette petite phrase révélatrice, il faut, pour bien la comprendre, avoir été prolétaire, ne fut-ce qu'un temps. On apprend là une vérité pour toute la vie : la morale c'est la condition qu'on vous fait. Les ouvriers sont comme tout le monde, ni meilleurs ni pires. Les ouvriers sont vous et moi, avec leur bien et leur mal. Mais leur condition est de produire sans en tirer juste profit, c'est- dire d'être exploités, c'est-à-dire d'être opposants. Alors, on se défend d'eux avec des moralismes. Classe inférieure égale moeurs inférieures. A l'extrême, devant le bidonville : « Ah, ces gens-là ne sont guère intéressants, allez ! Vous pourriez vivre, vous, dans cette crasse ? »…En vérité, ce qui n'est pas intéressant, mais alors pas du tout ! , c'est cette absence de dimension de l’esprit et du cœur : c'est un système assez rétrograde pour nous parler morale, comme en 1900, quand il s'agit seulement de la condition humaine.

En Allemagne aujourd’hui, depuis les fameuses lois Hartz IV, le modèle qui inspire Emmanuel Macron a généré l’ostracisme envers les ayants droits à la solidarité étatique, qualifiés de parasites. En Allemagne on n’a jamais compté aussi peu de demandeurs d’emploi, ni autant de précaires. Le démantèlement de la protection sociale au milieu des années 2000 a converti les chômeurs en travailleurs pauvres. « L’enfer du miracle allemand », un article d’Olivier Cyran, journaliste indépendant allemand vivant en France,  décrit, par exemple, l’ambiance du Jobcenter d’un quartier berlinois : « … Un membre de l’équipe l’entraîne par le coude pour lui prodiguer ses conseils à l’écart : à qui adresser un recours, à quelle porte frapper pour porter plainte si le recours n’aboutit pas, etc... Parfois, le minibus sert de refuge pour traiter d’un problème à l’abri des regards ». « C’est l’un des effets de Hartz IV, observe Mme Freitag. La stigmatisation des chômeurs est si prégnante que beaucoup éprouvent de la honte à seulement évoquer leur situation devant d’autres. »
En 2005, on pouvait lire dans une brochure du ministère de l’économie, préfacée par le ministre Wolfgang Clement (SPD) et intitulée : « Priorité aux personnes honnêtes. Contre les abus, les fraudes et le self-service dans l’État social ». Dans le texte on pouvait lire : « Les biologistes s’accordent à utiliser le terme “parasites” pour désigner les organismes qui subviennent à leurs besoins alimentaires aux dépens d’autres êtres vivants. Bien entendu, il serait totalement déplacé d’étendre des notions issues du monde animal aux êtres humains. » Mais, « bien entendu », l’expression « parasite Hartz IV » fut abondamment reprise par la presse de caniveau, Bild en tête.
Les déclarations des leaders, dont particulièrement le SPD, sociaux-démocrates allemands, au pouvoir, s’enveniment :
« La misère, ce n’est pas la pauvreté du porte-monnaie, mais la pauvreté de l’esprit. Les classes inférieures ne manquent pas d’argent, elles manquent de culture. (...) La pauvreté découle de leur comportement, c’est une conséquence de la sous-culture. » Walter Wüllenweber, éditorialiste, Stern, 16 décembre 2004.
« La pauvreté n’est pas qu’une question d’argent. (...) Ce qui compte pour une famille, c’est de bien savoir dépenser son argent. (...) Un repas dans un fast-food est non seulement moins bon pour la santé, mais aussi plus coûteux qu’un ragoût avec des légumes de saison. »  Renate Schmidt, ministre fédérale de la famille (Parti social-démocrate, SPD), Bild am Sonntag, 27 février 2005.
« Seul celui qui travaille doit pouvoir manger. » Franz Müntefering, président du SPD, vice-chancelier et ministre fédéral du travail et des affaires sociales, devant le groupe SPD au Bundestag, 9 mai 2006.
« Si vous vous lavez et que vous vous rasez, vous trouverez un boulot. » Kurt Beck, président du SPD, s’adressant à un chômeur, Wiesbadener Tagblatt, 13 décembre 2006.
Aujourd’hui un actif sur dix est considéré comme pauvre en Allemagne.Le nombre de personnes concernées a plus que doublé en dix ans. Le chancelier SPD Schroeder, travail accompli pour le patronat, est retourné dans le privé, avec une rémunération conséquente. Et le SPD ne s’en remet toujours pas !
Quand aux victimes de la soi-disant « crise » : Pas intéressants allez !

L’Allemagne rejoint en cela les Etats-Unis où, selon le prix Nobel d’économie Krugman, les Républicains partisans de la politique libérale « du moins d’Etat », qualifient les pauvres de voleurs et de profiteurs.
Et voilà que notre Jupiter toujours aussi arrogant, exprime son mépris pour « les fainéants, les cyniques et les extrêmes… » Tiens ! Le rejet est à la mode. Quant aux médias, ils amalgament « les pauvres qui ne comprennent rien » et « votent donc pour Mélenchon et le Pen ». Pour eux, la démocratie n’est possible que dans une république « élitaire », donc revenir chez les grecs de l’antiquité sans doute. Le bon temps où le vote était réservé à la classe dominante. Quant il faudra envoyer les CRS contre les grévistes les gens « qui comprennent » pourront dire : « Pas intéressants allez ! »
Adieu le droit à la solidarité, à la justice sociale, aux fonctions de régulation de l’Etat. En route vers le barbarisme de la jungle économique. Retour vers le futur antérieur ! Le capitalisme dans sa phase de décomposition  « est un système assez rétrograde pour nous parler morale, comme en 1900, quand il s'agit seulement de la condition humaine ».
On parle plus obligeamment des fraudeurs au fisc, des spécialistes des paradis fiscaux, pourtant : « Nous, sans eux, on peut faire, mais eux, sans nous, ils ne sont rien »
A bientôt.

Un livre remarquable



J’ai lu un livre remarquable. Un journaliste noir américain, TaNehisi Coates, déjà récompensé de nombreux prix pour ses articles, écrit à son fils de 15 ans, pour lui retracer d’où il est sorti, et comment ses parents lui ont appris à se poser des questions et à réfléchir, à la place des réponses toutes faites. Dès la préface d’Alain Mabanckou, on perçoit l’universalité du problème qu’il ne peut éviter. Car si on constate au fil des pages la profondeur du problème aux Etats-Unis, on constate aussi que le Rêve américain est un rêve qui se conjugue à la couleur blanche, même s’il n’est pas partout à sa hauteur.
Je vous propose quelques extraits qui demandent un instant de réflexion fort intéressante :

« Eh, négro, on fait quoi maintenant ? ». Je les jugeais en fonction du pays que j'avais sous les yeux, qui avait conquis ses terres par le meurtre et les avait cultivées grâce à l'esclavage, ce pays qui éparpillait ses armées partout dans le monde afin d'étendre sa domination. Le monde, le monde réel, c'était la civilisation, installée et contrôlée par la sauvagerie. Comment l'école pouvait-elle glorifier des hommes et des femmes dont les valeurs étaient piétinées aussi résolument par la société ? Comment pouvait-elle nous lâcher dans les rues de Baltimore, en connaissance de cause et nous parler de non-violence ? J'en suis venu à considérer la rue et l'école comme les deux bras d'un même monstre. L'une profitait du pouvoir officiel de l'état tandis que l'autre s'appuyait sur son approbation implicite.
Mais c'est la peur et la violence qui constituaient leur arsenal. Si tu échouais dans la rue, les bandes profitaient de ta chute et s'emparaient de ton corps. Si tu échouais à l'école, tu en étais renvoyé et tu finissais par atterrir dans cette même rue, où les bandes s'emparaient, à peine un peu plus tard, de ton corps. J'ai donc commencé à comprendre la relation qui unissait ces deux bras.
Ceux qui se retrouvaient en situation d'échec à l'école offraient à la société toutes les armes pour justifier leur destruction dans la rue. La société pouvait dire : « Il aurait dû rester à l'école » et s'en laver les mains.
Que les « intentions » de chaque éducateur individuel aient été nobles n'a aucune importance. Oublie les intentions. Ce que n'importe quelle institution - ou n'importe lequel de ses  agents - a comme « intention » à ton égard demeure secondaire. Notre monde est un monde physique. Il faut que tu apprennes à jouer défensif : ignorer ce que dit la tête et ne pas quitter le corps des yeux. Très peu d'Américains affirmeraient sans ambages qu'ils veulent que les Noirs soient abandonnés à la rue. Mais de très nombreux Américains font tout ce qu'ils peuvent pour préserver l'existence du Rêve. Quand j'étais jeune, personne n'aurait osé dire franchement que l'école était faite pour sanctifier l'échec et la destruction. Mais de très nombreux éducateurs parlaient de « responsabilité   individuelle » dans un pays fabriqué et entretenu dans un climat d'irresponsabilité criminelle. Le but de ce langage, fait d' « intentions » et de « responsabilité individuelle » c'est la disculpation à grande échelle. On convient que des erreurs ont été commises. Que des corps ont été détruits. Que des gens ont été réduits en esclavage. Mais on pensait bien faire.
On a fait au mieux. Cette expression, « bonnes intentions » c'est un badge qui permet de traverser l'histoire sans encombres, un somnifère garant du Rêve.
Il est devenu essentiel pour moi de remettre constamment en question les histoires qu'on me racontait à l'école. Ne pas demander « pourquoi ? » et ne pas continuer à poser la question encore et encore était une erreur. J'ai posé des questions à mon père, qui très souvent refusait de me répondre et préférait me renvoyer vers d'autres livres. Ma mère et mon père m'éloignaient toujours des réponses toutes faites, des réponses au rabais - même de celles qu'ils croyaient vraies.

Pendant une recherche pour un article dans la ville de Chicago :

 J'avais passé la semaine à explorer la ville, déambulant parmi les terrains vagues, observant les gamins désoeuvrés, m'asseyant sur les bancs d'églises en sursis, chancelant dans la rue devant les peintures murales dédiées aux morts. Et, de temps en temps, j'entrais dans les humbles foyers des Noirs de cette ville, qui avaient dix décennies d'existence. Ces gens étaient profonds. Leurs logements étaient remplis des emblèmes d'une vie digne - certificats de citoyenneté, portraits de maris et de femmes disparus, plusieurs générations d'enfants vêtus du costume de leur université. Ils avaient su mériter ces récompenses à force de faire le ménage dans d'imposantes demeures pendant qu'ils vivaient dans des chambres sordides de l'Alabama, avant de monter à la ville. Et ils avaient réussi tout ça contre la ville, qui était censée leur accorder un répit mais s'était avérée n'être qu'un autre terrain de pillage, un peu plus complexe. Ils avaient cumulé deux, trois emplois à la fois, mis leurs enfants au lycée et à l'université, et étaient devenus des piliers de leur communauté. Je les admirais, mais je ne perdais jamais de vue que je rencontrais là les survivants, tout au plus : ceux qui avaient enduré le mépris glacial des banques, la fausse sympathie des agents immobiliers - « je suis désolé, cette maison vient d'être vendue hier » - les renvoyant vers des quartiers situés dans les ghettos ou bientôt destinés à devenir des ghettos, le cynisme des prêteurs qui découvraient cette nouvelle classe captive et tentaient de la dépouiller de tout ce qu'elle possédait. Dans ces foyers, je parlais aux meilleurs d'entre eux, mais derrière chacun, je savais que des millions avaient disparu.
Je savais aussi que des enfants étaient nés dans le même genre de cages à poules dans le Westside dans les mêmes ghettos, tous aussi planifiés que n'importe quelle subdivision administrative. Ces quartiers sont le résultat d'un acte de racisme élégant, ce sont des champs de mort autorisés par les politiques fédérales, où nous sommes, encore une fois, pillés de notre dignité, de nos familles, de nos richesses et de nos vies. Et il n'y a aucune différence entre le meurtre de Prince Jones et ceux qui se produisent sur ces champs de mort : les deux phénomènes puisent leurs racines dans l'inhumanité supposée des Noirs. Une histoire de pillage, un enchevêtrement de lois et de traditions, un héritage, un Rêve, voilà ce qui avait tué Prince Jones, aussi sûrement que ça tuait des Noirs à North Lawndale avec une régularité effrayante. « Le crime des Noirs envers les Noirs » c'est du jargon, c'est la violence appliquée au langage, une violence qui fait miraculeusement disparaître les hommes qui ont conçu les contrats d'habitation, ficelé les dossiers de finance ment, imaginé les cités, construit les rues et vendu de l'encre rouge au baril. Et ça ne devrait pas nous surprendre. Le pillage de la vie noire a été inscrit dans ce pays dès sa petite enfance et renforcé tout au long de son histoire. Ce pillage est ainsi devenu un trésor familial, une intelligence, un état de conscience, un réglage par défaut vers lequel, sans doute pour le restant de nos jours, nous devons invariablement revenir.
Les champs de mort de Chicago, de Baltimore, de Detroit, ont été créés par la politique des Rêveurs, mais leur poids, la honte qui les enveloppe, ne reposent que sur ceux qui y meurent.
Il y a là une grande supercherie. Hurler au « crime des Noirs envers les Noirs » revient à tirer sur un homme puis à lui faire honte parce qu'il saigne. Quant au principe fondateur qui permet l'existence de ces champs de mort - la soumission du corps noir -, il n'est pas différent de celui qui a permis le meurtre de Prince Jones. Le Rêve consistant à agir en tant que Blanc, à parler blanc, à être blanc, a assassiné Prince Jones aussi sûrement qu'il assassine des Noirs à Chicago avec une régularité effrayante. N'accepte pas ce mensonge. Ne bois pas de ce poison. Les mains qui ont tracé ces lignes rouges autour de la vie de Prince Jones sont les mêmes que celles qui ont tracé les lignes rouges autour du ghetto.

Il reprend une anecdote pour son fils :

Te souviens-tu du jour où je t'ai emmené au travail pour la première fois, quand tu avais treize ans ? J'allais voir la mère d'un enfant noir qui était mort. Le garçon avait eu une altercation avec un homme blanc et il avait été tué parce qu'il refusait de baisser le son de sa musique. Le tueur, une fois son chargeur vidé, avait emmené sa copine à l'hôtel. Ils avaient bu. Ils avaient commandé une pizza. Et le lendemain, de son propre gré, l'homme s'était rendu, déclarant avoir vu une arme à feu. Il avait affirmé avoir craint pour sa vie et avoir agi par légitime défense. « J'ai été victime, puis vainqueur » avait-il déclaré, tout comme des générations de pillards américains l'avaient déclaré avant lui. Aucune arme n'a jamais été retrouvée. Le jury a été influencé par ses déclarations; il n'a pas été jugé coupable du meurtre, seulement d'avoir tiré plusieurs fois alors que les amis du gamin essayaient de s'enfuir. Détruire le corps d'un Noir était acceptable, à condition de le faire avec efficacité.

« On sait que les réactions des politiques sont tributaires des enjeux électoraux et de l’air du temps » dit Alain Mabanckou, avec juste raison. TaNehisi Coates apporte, après James Baldwin, un témoignage et une grande contribution pour changer l’ « air du temps ». Lisez UNE COLERE NOIRE, Lettre à mon fils, c’est admirable.

Du vinaigre dans l'eau sucrée. Par Michel Sérac.



Nombre de ces élus étaient jeunes, n'avaient jamais siégé. Ivres de l'immense pouvoir d'un seul parti, celui du chef de l'état, ils exultaient, préparaient leur revanche sur l'odieuse démocratie, qui donnait aux classes inférieures des droits abusifs.
De la tourbe populaire, ils étaient protégés par une Constitution, faite exprès pour qu'une minorité politique dicte sa loi. Au diable les angoisses des esprits chagrins ! Ils s'attaquaient à des droits plantés dans les consciences par des soulèvements historiques ? Ils devaient leur succès improbable au seul rejet des précédents, à l'indifférence méprisante, au dégoût ?
Qu'importe : la Constitution éternelle les protégeait.
On les appelait les ultras.
Ils voulaient restaurer une monarchie toute puissante, balayer l'oeuvre de la révolution, c'était en 1815. Leur nom passa à l'histoire : la Chambre introuvable, tant était grand le divorce entre leur pouvoir et la volonté populaire. L'expression « plus royaliste que le roi » fut inventée pour désigner ces réactionnaires féroces.  

Tandis que les macronistes, ultras du patronat, nagent dans les médias comme dans une mer d'eau sucrée, goûtons le vinaigre versé par France Info : « Si la France 
était une commune de 100 habitants, moins de 11 auraient voté pour En Marche ». Eh oui ! Pour ce bonaparte d'occasion surgi d'un régime pourrissant et qui déclare la guerre au peuple travailleur, 82 % n'ont pas voté et 89 % dédaignent ses aspirants à une Chambre introuvable de restauration patronale.
Celle de 1815 dura 9 mois et fut suivie de trois révolutions. Quand le peuple ne va plus aux urnes…

mardi 23 mai 2017

La saison 2016-2017 du rugby français condense tout ce qu’il ne voulait pas voir.



Sur le plan économique, le Top 14 s’est entiché de mécènes qui, pour y avoir englouti des millions, se sont crus légitimes à le piétiner. Rayer de la carte un club plus que centenaire ? Même les propriétaires asiatiques de clubs de football anglais n’avaient pas osé, s’en tenant à la destruction de stades et au dessin de nouveaux maillots.
Les joueurs ont mordu goulûment - qui leur en voudrait ? - dans ce gâteau multiplié par deux en dix ans. Et on parle là des masses salariales officielles, sans parler des salaires déguisés en droits d’image. Combien de temps avant le premier scandale de fraude fiscale, inéluctable au vu des montants en jeu, du système de rémunération et de la présence croissante d’avocats au chevet des stars du Top 14 ?
Dans le Top 14, des stars sud-africaines ou néo-zélandaises signent les contrats de leur vie pour une ou deux saisons. Des additions de talent qui, quand la greffe prend, peuvent vous amener un titre, mais elles retardent l’émergence de jeunes talents et contribuent à la désidentification d’un public à son club, d’autant plus que le système de transferts du rugby est plus laxiste que celui du football.
La Fédération. Le patron, c’est Laporte. Son second, Serge Simon.
Le premier a aussitôt fait céder la digue que représentait le maillot du XV de France, vierge de sponsor. Sans crainte des conflits d’intérêts, il a offert le torse des internationaux à Mohed Altrad, propriétaire du club de Montpellier, qu’il défend dans l’affaire des matchs reportés. Selon l’Equipe, entraîneur de Toulon, Laporte « avait porté le degré d’irrespect des arbitres à des niveaux rappelant certains techniciens de Ligue 1 ». Le second, médecin de profession, prend autant de plaisir à enfoncer la lutte antidopage qu’à pousser en mêlée au siècle dernier. En coulisse, la Fédération a engagé un bras de fer avec l’Agence française de lutte contre le dopage. Les deux hommes avaient été les plus bruyants lorsqu’il s’était agi, ces dernières années, de contester l’existence de produits dopants dans les vestiaires du Top 14.

Et aujourd’hui, Clément Mazella dans Rugbyrama écrit sous le titre « Pendant les barrages le rugby a dépassé le stade de la violence » : « Les barrages de Top 14 ont donné lieu à des matches ô combien engagés avec des chocs d'une violence hallucinante. Les K.O ont été nombreux. C'était à celui qui allait encaisser le plus de coups sans rompre. Bien évidemment, le rugby est un sport de contacts, de combat, où il faut prendre le dessus sur son adversaire. Mais là, sur chaque impact ou presque, on a tremblé. Chaque plaquage, chaque charge étaient plus qu'appuyés. Et que dire des déblayages ? Certaines fois, cela dépassait l'entendement.» … « Le but, c'est de faire mal, très mal, toujours plus mal à l'adversaire. Sur l'action de Josua Tuisova, l'ailier toulonnais décida d'aller tout droit et de rentrer dans David Smith. Cela aurait été la même chose s'il y avait eu un mur devant lui. Pourquoi n'a-t-il pas essayé un crochet ou de le prendre de vitesse ? Est-ce l'évolution des mentalités dans notre championnat ? A ce rythme-là, on comprend pourquoi les spectateurs sont de plus en plus nombreux à regarder les matches de Super Rugby où l'évitement prédomine ainsi que la vie du ballon. » … « En y réfléchissant, si les arbitres sanctionnaient chaque faute, on boucherait nos oreilles tant les sifflets retentiraient. Et le jeu n'en serait plus un tellement celui-ci serait haché. Que faire alors ? Le débat mérite d'être ouvert. Car là, on a dépassé les limites de la violence. Et ce sans bagarre générale. Un comble. » … « Dans quel état seront les joueurs dans dix ans ? »

Cela fait longtemps déjà que je choisis de regarder les matches de Super Rugby plutôt que le Top14, où la technique individuelle est extraordinaire et collective (l’évitement est l’apanage des blacks surtout, mais des australiens aussi) au service de la vie du ballon. Bien sûr, tout n’est pas parfait, les nations du Sud ont aussi leur disparité. Toutefois l’éclosion annuelle de jeunes qui bousculent les hiérarchies chez les Néo Zélandais, due à la formation, bien sûr, et la vie du ballon sur les matches (surtout blacks ou confrontation avec les australiens) est devenue évidente.
A bientôt.

Résistance … en marche !



La Constitution de 1958 instituant la Ve République, concoctée sur mesure par et pour de Gaulle en pleine guerre d’Algérie, repose sur une conception profondément antidémocratique des institutions, avec un exécutif tout puissant (notamment l’article 16 que Mitterrand qualifiait de « coup d’État permanent », mais qu’il s’est bien gardé d’abroger) et un parlement « croupion » rendu impuissant par le recours à l’article 49.3 ou aux ordonnances.
La presse s’extasie sur le renouveau du personnel politique avec Macron, 39 ans.
Changement ? Nouveauté ?
Son programme ? Poursuivre et amplifier la politique de destruction de tous les acquis ouvriers menée par ses prédécesseurs au compte de la bourgeoisie, de l’Union européenne et de la mondialisation.
Toutes ces « nouvelles figures », derrière un masque « moderne », fabriqué par les médias y compris people, ne sont rien d’autre que les exigences du patronat et du Medef, à savoir : détruire toute réglementation, Code du travail, Sécurité sociale,…
Détruire toutes les conquêtes de 1936 et 1945, et pour ce faire, tenter de liquider les syndicats.
En dépit du matraquage, du chantage à la « montée de l’extrême droite », malgré les menaces et les insultes contre tous ceux qui se refusaient à voter Macron, malgré toutes les invectives illustrées par l’incroyable formule : « S’abstenir, c’est voter Le Pen », seize millions ont refusé ce piège, en s’abstenant, en votant blanc ou nul. Ce rejet est l’expression de la colère qui gronde dans ce pays contre toute la politique menée par les gouvernements successifs au compte des diktats de l’Union européenne, du FMI et du capital financier. C’est la colère de la population salariée, au chômage ou retraitée, confrontée à la destruction de l’hôpital public, de l’école et de l’ensemble des services publics. C’est la révolte de toute une jeunesse confrontée à la destruction des diplômes et à qui Macron et ses soutiens disent aujourd’hui : « Il n’y a pas d’autre avenir pour vous qu’Uber, les start-up dès l’adolescence ou filer à l’étranger. »
Oui, il y aura, c’est inévitable, confrontation. Il faut être prêt !
La gravité de la situation, ses enjeux historiques, appelle à poursuivre la discussion sur la proposition de constituer un « Comité national de défense des conquêtes de 1936 et 1945 ». Cette discussion doit continuer à s’étendre pour contribuer, à la résistance plus que jamais déterminante pour les travailleurs, les jeunes, les retraités, la République, la civilisation, contre la décomposition et la barbarie inhérentes au capitalisme pourrissant.

A propos de l’Appel aux laïques



Suite à l’Appel aux laïques, et son succès, rappelons-en les objectifs :
- La Séparation des Eglises et de l'Etat organise la distinction entre la sphère publique et la sphère privée, entre le pouvoir civil et le monde religieux. En conséquence, l'Etat, sous aucune forme, ne doit s'ingérer dans les affaires religieuses. Il n'a pas à organiser un culte.
C'est un principe essentiel et, en contrepartie, la religion ne doit pas se mêler des affaires publiques. Si l'Etat, et quelles qu'en soient les raisons, décide d'organiser un culte, nous ne sommes plus dans le domaine de la laïcité, mais dans celui du concordat. Les cultes doivent s'organiser comme ils l’entendent, et s'ils ne le peuvent pas, ce n'est pas à la puissance publique de le faire à leur place.
- La République assure la liberté de conscience pour tous, elle n'a pas à distinguer entre les religions, entre celles qui auraient sa faveur au détriment d'une autre. La laïcité, c'est la neutralité de la puissance publique en matière de croyance et de non-croyance. Tout autre comportement relève de la discrimination, de l'inégalité et de l'ingérence antilaïque.
- La laïcité de l'Etat impose qu'il n'y ait aucun financement public des activités religieuses quelles qu'elles soient. Les Elus du peuple ne doivent faire aucune allégeance publique à un culte. Libre à eux de pratiquer, en dehors de leurs missions publiques, l’opinion philosophique de leur choix.
- Enfin l’appel des laïques est une référence explicite au Serment de Vincennes de 1960 qui rappelle que la Nation doit consacrer ses efforts pour la seule Ecole de la République, l’Ecole laïque. Le rassemblement effectué autour de ce rappel d’un principe fondamental est donc d’une importance capitale. Fonds publics au Public, Fonds privés au Privé. Le détournement de fonds annuel est aujourd’hui de 10 milliards d’euros.

A bientôt.

Les Riches




Qu'est-ce qu'un milliardaire fait de son argent ? Des sociétés spécialisées se sont créées pour fournir tous les désirs des riches milliardaires aux quatre coins de la planète. La société Hermès, appartenant au groupe de Bernard Arnault crée des sacs de luxe, la liste d'attente est de cinq ans. On peut s'acheter un sac en peau de crocodile du Nil incrusté d'or et de diamant pour 110 000 euros.
On peut s’acheter un Iphone pour 3 millions d'euros avec une coque en or sertie de diamants.
Quand on est riche, on a une belle maison. Et, pour Noë1, on veut un bel arbre de Noël : une société livre un sapin de Noël pour 15 000 euros aux décorations en pierres précieuses.
Un riche peut vouloir un Jean Levis, mais pas n'importe quel Levis. La marque fabrique donc un Jean de luxe pour 25 000 euros.
La société Tips fabrique des sachets de thé à 280 euros le sachet, décoré de petits diamants. Une jeune milliardaire chinoise s’est vantée d’avoir acquis un jeune dogue du Tibet, espèce rare, pour la somme de 500 000 euros. Quand on aime les animaux on ne compte pas !
Un chausseur italien propose des chaussures sur mesure dans un cuir de très grande qualité mêlé avec des feuilles d'or de 24 carats,  pour 30 000 euros.
Enfin, un riche pourra s'acheter la nouvelle Bugatti, la Chiron, qui roule à 420 km/h, fabriquée entièrement à la main. Cinq cents modèles numérotés seront fabriqués; la moitié est déjà vendue ; prix de la voiture : 2,88 millions d’euros. Les riches ont du goût, du style, …des chaussures en or, du thé aux diamants. Il est évident qu’il leur faut toujours plus. N’ayant pas les mêmes goûts c’est à nous de serrer toujours plus la ceinture … en cuir quand même, pour le moment.


  

La BCE fait des cadeaux.



29 mars 2017.
Je cite le Canard Enchaîné : « Les banques ont réservé un triomphe, le 23 mars, à l’adjudication de la Banque Centrale Européenne, qui leur proposait des capitaux à un taux d’intérêt record : jusqu’à moins 0,4%.
Vous avez bien lu : un établissement financier qui emprunte à ces conditions 1 milliards d’euros ne devra rembourser que 984 millions dans quatre ans. Les banques ont ainsi levé 233 milliards, un montant record, de trois à quatre fois supérieur aux précédentes adjudications de la BCE ».
On n’est pas étonné ! Les cadeaux c’est pour les riches !

A bientôt

Tartuffe s'habille en vert



Je cite IO, Michel Sérac :
Le vert est à la mode chez les politiciens de tout acabit. Les gouvernements réactionnaires, socialistes inclus, déchaînent les guerres, détruisent  l'industrie, la santé publique, mais se piquent de sauver la planète.
Toute une gauche officielle remplace l'émancipation des travailleurs par l'utopie d'un capitalisme "écologique".Voici quelques faits que tous ces tartuffes se gardent bien d'évoquer.
Des études scientifiques ont procédé à des comparaisons entre la pollution produite par une voiture et celles excrétées par les supertankers et porte-containers géants     -(quatre terrains de football)- . Il en ressort qu'un seul de ces engins pollue autant que cinquante millions de voitures, et vingt, autant que toutes les voitures du monde. Or ils sont...soixante mille sur les mers.
Leur carburant est du fuel résiduel -le déchet du raffinage- et chaque jour chacun en brûle deux cents tonnes, et tous rejettent à la mer cinq mille tonnes de produits toxiques.
Nous parlons de l'industrie de ces richissimes capitalistes, exonérés de tous les règlements, car ils sont indispensables à toute la classe capitaliste mondiale, les magnats du fret maritime. Comment, sans eux, licencier les ouvriers d'Europe trop coûteux, fermer leurs usines, pour aller enrôler des esclaves salariés à bas prix, en Asie ? Et pour que tous les capitalistes s'enrichissent, le coût de transport des marchandises doit été optimisé.
Nous dirons les conséquences, comme la destruction de la banquise.
En attendant, triez bien vos déchets, sous peine d'être accusé, comme les pets des bovins (ne mangez plus de viande), de hâter le réchauffement climatique!
A bientôt.