mardi 23 mai 2017

Une campagne présidentielle de qualité : toujours le progrès !...



Fillon : et la culture !

3 avril 2017.
Extrait du blog   affordance.info :
2017. Journal de 20h de TF1. F. Fillon. "Une seule chose pourrait m'empêcher d'être candidat, c'est si mon honneur était atteint, si j'étais mis en examen." 
Là on cherche encore à comprendre. Un fracas. Et depuis un feuilleton. Raconté et étalé partout précisément parce qu'avant toute chose il est de l'ordre de l'inénarrable. 
Depuis le début de cette histoire, depuis ce journal de 20h sur TF1, il y a quelque chose qui m'obsède. Une réminiscence. Un souvenir. L'impression que tout cela a déjà été écrit. Que je l'ai déjà lu quelque part. Quelque chose que je viens à l'instant de retrouver. Une évidence. Juste après l'inénarrable vient l'innommable. 
"Ce sera moi, il faut continuer, je ne peux pas continuer, je vais donc continuer, il faut dire des mots, tant qu'il y en a, il faut les dire, jusqu'à ce qu'ils me trouvent, jusqu'à ce qu'ils me disent, étrange peine, étrange faute, il faut continuer, c'est peut-être déjà fait, ils m'ont peut-être déjà dit, ils m'ont peut-être porté jusqu'au seuil de mon histoire, devant la porte qui s'ouvre sur mon histoire, ça m'étonnerait, si elle s'ouvre, ça va être moi, ça va être le silence, là où je suis, je ne sais pas, je ne le saurai jamais, dans le silence on ne sait pas, il faut continuer, je ne peux pas continuer, je vais continuer.Tout le reste ce ne sont que des histoires inracontables, inénarrables. Sinon la fin de l'Histoire, la fin des histoires. De leurs histoires." 
Voilà ce que Beckett écrivait, voilà ce que Fillon se serait dit s'il avait eu un peu de lettres, et d'esprit ... Mais d'esprit ...

Toujours Fillon

5 avril 2017.
Je cite encore le Canard Enchaîné : « lundi matin (3 avril), alors qu’il déroule son « projet pour la France » sur BFM TV, à la question « Est-ce que vous arrivez à mettre de l’argent de côté ?» Fillon répond : « Personnellement non. » Eclat de rire général. Calculettes en folie : quoi, l’ancien premier ministre gagne, en moyenne, 24350 euros par mois, sans compter les revenus de Pénélope, les remboursements des enfants, les cadeaux de l’ami Bourgi, et il tire la langue ? Et il annonce que les français vont devoir serrer la ceinture ? Et il veut geler le SMIC ! Et il prétend faire président ! Il a dix sept comptes en banque et rien dessus ! C’est à se taper le cul par terre. »
Entendu ailleurs : « ce que j’aime chez François Fillon, c’est qu’il nous dit la vérité » Jérôme Chartier, conseiller de Fillon.

Réflexion idiote !

« - En politique les extrêmes, se rejoignent !
- T’as déjà vu, toi, le zéro et l’infini se rejoindre ? 
- C’est que t’es un con de scientifique, tu connais rien à la réalité !»

Au XXIème siècle tout progresse … même la grippe !



… mais pas la distribution électrique.

Sous titre : 

XIXème siècle, LE RETOUR.

La Palestine, ou plutôt ce qu’il en reste, une prison à ciel ouvert: « On existe encore mais … ça ne saurait durer. »


Palestine avant 1947, puis plan de partage ONU 1947, territoires palestiniens de 1967, et 2010.

Audition de la Libre Pensée par l’Observatoire de la Laïcité le 17 janvier 2017



L ’Observatoire de la laïcité, dans le cadre de la confection de son rapport annuel avait demandé à entendre la Fédération nationale de la Libre Pensée. La délégation de celle-ci était conduite par son Président Jean-Sébastien Pierre.
► Christian Eyschen, vice-Président :
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs,
Tout d’abord, nous voudrions remercier l’Observatoire de la laïcité de nous avoir invités pour pouvoir nous exprimer.
Nous sommes dans une période de voeux, donc on peut faire des voeux. Il y a des temps d’incertitude et nous espérons vraiment que, quelques soient les aléas de la vie politique, l’Observatoire et ses responsables seront maintenus, parce que nous considérons, sans aucune flagornerie, que l’Observatoire a montré son utilité. Il dit le droit, c’est tout à fait intéressant, et le travail qui a été fait est tout à fait positif. Nous espérons que cela va continuer.
Nous observons avec un certain amusement que même les esprits chagrins ou critiques de l’Observatoire de la Laïcité sont parfois amenés à reprendre des propositions et à demander que les propositions de l’Observatoire soient mises en oeuvre. Comme quoi il ne faut pas désespérer du genre humain.
Nous sommes attachés, à la Libre Pensée, à des principes dont un certain nombre ont été rappelé par nos amis de la Ligue de l’Enseignement et la Ligue des Droits de l’Homme. La République n’est pas plurielle, le mouvement laïque l’est et c’est très heureux qu’il le soit. Nous sommes très attachés à cette distinction de sphère publique et sphère privée. Nous l’avons expliqué et démontré de notre point de vue, même si nous avons parfaitement conscience qu’en fait la difficulté n’est pas de monter et démontrer ce qu’est la sphère publique, mais ce qu’est la sphère privée qui est beaucoup plus large, car elle intègre tout une série de données.
Nous sommes aussi très attachés, c’est notre conception et nous la partageons avec beaucoup, au fait que la laïcité, c’est la liberté et non pas une succession d’interdits. C’est pour cela que lorsque l’on parle de recrudescence de lois, cela nous pose quelques problèmes et nous sommes très attachés à l’article 10 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen du 26 août 1789, parce que nous estimons que c’est quelque chose de véritablement fondateur qu’il faut défendre absolument.
Par ailleurs, le débat sur « les racines » commence un peu à être épuisant. On l’avait eu sur le traité constitutionnel européen et cela s’est terminé comme on le sait. Il faudra rappeler un jour qu’on ne juge pas un arbre à ses racines, mais à ses fruits. C’est une différence d’approche importante parce que cela dépend de ce que l’on veut et de ce que l’on fait. Est-ce que c’est un passé fantasmé ou un avenir que l’on développe ?
Comme vous le savez sans doute, avec nos amis de la Ligue de l’Enseignement, de la Ligue des Droits de l’Homme et bien d’autres, nous avons lancé un Appel des laïques qui reprend ces principes, qui trouve un écho important. Cela fait belles lurettes qu’il n’y avait pas eu de déclaration d’intention avec un tel panel et une telle diversité et c’est tout à fait porteur d’optimisme dans la situation.
Comme est aussi porteur d’optimisme ce qui est en train de se passer sur un certain nombre de terrains juridiques. Je ne reprendrais pas le problème des burkinis, car cela n’avait strictement rien à voir avec la laïcité, mais avec la question des libertés.
Sur la question des crèches, nous sommes assez satisfaits qu’à partir du moment où le débat est posé sur la place publique, les grands principes sont rappelés et avancent. Par exemple, ce qu’a dit le vademecum de l’Association des Maires de France est quand même important, même si on a vu que ce n’était pas simple à gérer pour elle.
De la même manière, la plupart des positions de l’Observatoire de la Laïcité nous conviennent, car cela va dans le sens de cette éthique de la liberté.
Les arrêts du Conseil d’Etat sur les crèches vont marquer, à terme, avec des conséquences, un coup d’arrêt sur cet empiétement de l’espace public, de la sphère publique par le religieux. Nous en sommes tout à fait convaincus, même si bien évidemment il y a des gens qui font des recours et des actions et d’autres qui commentent les actions et recours des autres. Ils sont d’autant plus virulents qu’ils n’ont pas fait de recours et pas d’actions. C’est la loi du genre, mais nous pensons qu’il va y avoir véritablement un coup d’arrêt et quelque chose de salutaire va être manifesté.
Nous allons nous exprimer cette semaine sur ce qui s’est passé dans la Fonction publique. Nous avons d’ailleurs demandé une entrevue avec Mme Girardin pour engager ce débat.
Dernier point et non le moindre. Il y a un aspect qui doit être abordé et qui est extrêmement important à nos yeux. C’est la loi El Khomri, dite loi Travail, et notamment ce qu’elle indique sur la limitation des libertés dans les entreprises privées. Nous avons le sentiment, tant sur le plan syndical que sur la laïcité et les libertés publiques, que cette loi va connaître un long calvaire de crucifixion juridique. Ce qui n’est pas pour nous déplaire particulièrement, mais je pense que c’est quelque chose qui va avoir lieu et, c’est une préoccupation que nous avons, parce que si au nom de la discrimination, de la stigmatisation, on en vient à faire voter une loi par une majorité dite « progressive et progressiste », qui dit qu’il faut réprimer les opinions dans les entreprises, quel gigantesque retour en arrière !
Cela pose toute une série de problèmes. On voit bien là la distinction entre la sphère publique et la sphère privée.
Je vous remercie.
► Jean-Sébastien Pierre, Président :
Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs,
Je partage bien évidemment ce qui vient d’être dit par Christian Eyschen sur cet aspect de sphère publique et sphère privée. Je trouve que le débat sur le voile à l’université est particulièrement important et particulièrement éclairant.
De ce point de vue-là, notre position est exactement la même que celle qui a été développée par notre ami de la LDH, avec une argumentation supplémentaire. Il a été souvent relevé que c’était parce que les étudiants étaient majeurs que l’on ne pouvait pas leur appliquer la loi de 2004. C’est une partie de la réalité, mais pas la seule. Je pense que l’habillement, notamment dans les amphithéâtres, a toujours été libre dans ce pays tout du moins depuis l’établissement des Franchises universitaires au 13ème siècle, en ce sens qu’on a le droit, dans un amphithéâtre de l’université française, de s’habiller comme on veut. On y a connu, cela ne se fait plus pour des raisons de désuétude, des bonnes soeurs en cornette, des curés en soutane, des militaires en uniforme et dans d’autres pays où les franchises universitaires existent sous une autre forme, on y a connu des chefs indiens emplumés et des trappeurs avec des toques de David Crockett. Je parle de cela, car ce n’est pas que franco-français comme affaire. C’est le problème des Franchises universitaires qui sont partagées très très largement dans le monde.
De ce point de vue-là, il me fait particulièrement plaisir que ces attendus sur les Franchises universitaires en France aient été repris et que la position sur le voile à l’université ait été reprise par l’unanimité du CNESER et par la Conférence des Présidents d’Universités. On peut considérer que de hautes autorités de l’université et de la recherche scientifique en France ont pris position de façon libérale sur cette question, que nous partageons entièrement.
Très rapidement sur l’enseignement supérieur. Là encore je ne considère pas, pour ma part, que ce soit spécialement l’Islam qui pose problème sur la laïcité dans l’enseignement supérieur. Je suis très inquiet et très opposé au fait que les COMUE (Communautés d’Universités et d’Etablissements) qui s’installent, aient la prétention, sans autre forme de procès, d’intégrer tranquillement des universités catholiques – instituts catholiques. Déjà les universités catholiques n’ont pas le droit de s’appeler comme cela, elles l’osent pourtant de plus en plus. Celle d’Angers reprend son terme d’université qu’elle avait abandonné pendant un temps, celle de Lyon également, donc il y a une offensive très forte vis-à-vis de l’enseignement supérieur. L’établissement des COMUE sous cette forme, associant indistinctement l’enseignement public et l’enseignement privé, va porter de mon point de vue, un coup assez dur à la laïcité dans l’enseignement supérieur.
Nous nous inquiétons de l’établissement, manifestement concerté, dans une dizaine d’universités, de Diplômes universitaires dits de « connaissance des religions » qui sont, dans leur déclaration, fait pour former les aumôniers et les imams. Ce n’est pas toujours dit comme cela, mais c’est quand même l’esprit. L’esprit n’est pas d’enseigner le droit laïque tout simplement de façon à ce que tout étudiant qui en fait la demande, quel que soit son origine et son métier, puisse en faire la démarche, mais explicitement de dispenser une formation à des professions religieuses. Là, je pense que l’on a quitté l’esprit et la lettre, au moins l’esprit, car évidemment il n’est pas question d’attaquer la liberté de telle ou telle université de faire tel ou tel diplôme, cela fait aussi partie des Franchises dont je parlais tout à l’heure, mais on peut au moins en discuter le principe au minimum sur le plan philosophique.
J’ai vu par exemple à Rennes, une déclaration dans Ouest-France donnant nommément la composition des étudiants inscrits dans ce diplôme d’université, par religion. C’est la première fois de ma vie que je vois une chose pareille ! Désigner les étudiants à une formation universitaire par leur religion et leur rôle religieux.
Voilà le complément que je voulais apporter sur l’enseignement supérieur et là aussi j’apprécie le travail fait par l’Observatoire de la laïcité.
► David Gozlan, Secrétaire général :
Tout d’abord sur la formation des imams, ce qui nous a interrogé, parce que c’est une presse de bonne foi qui a donné l’information, c’est La Croix, c’est le fait que cette formation des imams, in fine, pour qu’ils aient le tampon « République et Laïcité », ce soit l’Institut Catholique de Paris qui la fournisse. Comme nous avons une pratique de l’Institut Catholique de Paris, considérant qu’ils forment des prêtres pour détourner la laïcité, cela nous a interrogé.
Toute la question, c’est celle de l’article 2 de la loi de 1905, parce que la vraie question, c’est : est-ce que la République doit reconnaître ces prêtres, imams ou rabbins au titre de ministres du culte et les former en tant que tels ou des gens en formation comme des étudiants-lambda dans les universités ? La question elle est là. Et c’est exactement la même question qui a été posée cet été avec la mise en place de la fondation de l’Islam de France. C’est Islam de France ou Islam en France ? Nous nous pensons que c’est l’Islam en France, comme il y a un catholicisme, un judaïsme, un protestantisme en France etc. Ce n’est pas DE France. Ce n’est pas à la République de les reconnaître.
Cela rejoint un petit peu le rapport de l’Institut Montaigne qui a été donné dans cette espèce de contradiction, où l’Institut Montaigne explique, sur la question de l’Islam notamment : les citoyens musulmans sont sécularisés dans l’immense majorité, mais nous préconisons une certaine forme de reconnaissance et une unification des situations de type concordataire. Cela nous inquiète, car comme je l’ai déjà dit devant l’Observatoire, lorsque la loi de 1905 a été faite elle a été réalisée pour tous les cultes. Le culte musulman compris. Je le répète, il y avait beaucoup plus de musulmans en France en 1905 qu’aujourd’hui. Il y en avait 10 millions et Jean-Pierre Chevènement explique dans une interview qu’il y en a 4,1 millions aujourd’hui. Il y en avait donc le double en 1905 et il suffit d’appliquer la loi à tout le monde et à tous les citoyens pour que chacun devienne citoyen.
Un dernier point sur l’instrumentalisation de l’Islam. Lorsque l’on voit toutes ses affaires de voiles, ce qui interroge se sont les Unes de journaux, parce que les images restent et se sont toujours des titres chocs. Si vous regardez bien c’est toujours une femme voilée et une Marianne à côté. C’est-à-dire une forme d’opposition République / religion. Il y a quand même cette problématique-là qui est mise en avant. J’avais eu une discussion avec l’Observatoire sur le traitement médiatique de la laïcité et je pense que l’on n’a pas évolué, pas progressé sur ce terrain-là hélas.
S’il y avait une préconisation à avoir, c’est sur la question de l’utilisation par les Elus. Je pense que le travail de l’Association des Maires de France est essentiel. Quand les Elus arrêteront d’instrumentaliser la laïcité et/ou une religion, en l’occurrence l’Islam, je pense qu’on gagnera en visibilité, en clarté et on avancera. Il faudrait peut-être avoir des Elus assez courageux pour faire des mises au point à certains moments sur ces questions-là de façon à poser le débat de manière intelligente et claire.
Nous vous remercions.

jeudi 12 janvier 2017

Pour une fois l’actualité du jour : mercredi 11 janvier



Un sondage SECRET donnerait Macron vainqueur au second tour de la présidentielle, contre Le Pen, ou contre Fillon. C’est « Challenges » qui l’annonce en exclusivité, mais chut ! c’est secret et « fragile méthodologiquement ». Donc comme disait Coluche « circulez, y a rien à voir ». Mais que si ! Toute la presse s’en saisit. On croirait assister à la campagne de Trump : Plus c’est faux, plus on en parle ! Moi aussi !...
Pourtant ce sondage IFOP fabriqué, ne fait état que de la « possibilité » de voir Macron face à Le Pen au second tour. Ce qui, selon le même IFOP n’est pas possible. Autant dire que c’est parler pour ne rien dire. Alors l’IFOP, vend des « fake » sondages, puisqu’il y a des clients pour acheter. Mais on manipule en même temps l’esprit des lecteurs et auditeurs.
Parlant de Trump, il y aurait « un rapport explosif mais non vérifié » qui « agite les medias américains », qui révélerait, outre des rapports suivis entre Trump et les Russes, des « frasques sexuelles » (avec sextape) dudit Trump à Moscou, en 2013, frasques qui placeraient Trump, à la merci d’un chantage des Russes. Les médias français ne se laissent pas aller à ce genre « d’info », « explosives mais non vérifiées », bien sur. Mais … pourtant tous en parlent en long et en large. Est-ce de l’info ou de l’infaux permanente ? Je ne pleure pas sur le compte de Trump : plus menteur que lui … difficile, mais c’est le genre d’info ( ou infaux, on ne sait !) qui lui apporte l’appui dont il a besoin.
Je vous parle, moi aussi, pour une fois d’actualité car elle apporte de « l’eau à mon moulin ». Relisez le sous-titre du blog : Examiner les choses avec recul, permet de constater que la « vérité » est sujette à des évolutions et que finalement la « sagesse » et la lenteur sont plus adaptées pour évaluer la réalité des faits. Continuons donc à ne pas nous laisser prendre dans le « tourbillon médiatique » sujet à retournements permanents.

A bientôt

La vie privée, c’est fini ?...



En Grande Bretagne siège avancé du capitalisme financier une nouvelle loi l’Investigatory Powers Act (IPA) est passé par le Parlement le 17 novembre presque sans encombre. Elle élargit les pouvoirs des services secrets et conduira à la destruction totale de la vie privée des citoyens. 
Pourtant la nouvelle loi a été universellement critiquée par les médias selon Spiked : « Certes, il était prévisible qu’Edward Snowden, l’ancien employé de la NSA devenu lanceur d’alerte, soit scandalisé : il accuse cette loi de mettre en place la “surveillance la plus extrême de toute l’histoire de la démocratie occidentale”. De même, il n’était guère étonnant d’entendre Liberty, organisation de défense des droits civiques, donner dans l’hyperbole : “Sous couvert de lutte contre le terrorisme, l’État [britannique] déploie [...] le système [de surveillance] le plus intrusif de quelque démocratie que ce soit dans l’histoire de l’humanité.” Mais même l’ONU s’en est prise à l’IPA : son rapporteur spécial pour le droit à la vie privée, Joe Cannataci, a déclaré que des “mesures portant atteinte à la vie privée, comme la surveillance et le piratage à grande échelle, telles qu’elles sont envisagées par le projet de loi, devraient être interdites plutôt que légitimées”. Et même le tabloïd  Daily Star y est allé de sa larme progressiste, lançant d’un ton plaintif : “Est-ce la fin du porno ?” ». Grave…
Partout dans notre monde les restrictions aux libertés augmentent, pour des raisons diverses. Dans les pays occidentaux, comme le notre, chaque nouvelle violation de nos libertés par l’État est justifiée au nom de la sécurité. Dans la pratique, la protection des citoyens contre les délits graves s’est rapidement muée en une surveillance des citoyens pour des délits mineurs.
En l’absence de vie privée, le conformisme prospère. L’érosion de la vie privée, de plus en plus happée par la sphère publique, laisse l’individu impuissant face aux pressions extérieures. Il y aura des pressions pour se conformer à la moyenne et adhérer aux sermons du jour. Le totalitarisme progresse dans cette situation. Le populo-fascisme revit. « Ou bien la situation est-elle finalement comparable aux dernières heures du Titanic, quand la vigie annonce un iceberg à l’horizon, mais que l’équipage et les passagers ne sentent pas encore le danger ? ». La réponse sera peut-être donnée prochainement.
S’organiser pour résister, c’est la seule issue pour ne pas couler avec le système. 

A bientôt

La fin de l’Histoire n’a pas eu lieu !



Les observateurs « avisés » et surtout « officiels » en étaient persuadés : la victoire dans les années 1990 du libéralisme (politique), encouragée par la mondialisation des idées et l’effondrement des frontières, allait permettre l’éclosion définitive des droits universels libéraux (marchés, ect…). Le célèbre philosophe, économiste et chercheur en sciences politiques américain, auteur du livre « La fin de l’Histoire et le Dernier Homme », Fukuyama, l’avait annoncé en 1989. Livre dans lequel il affirme que la fin de la guerre froide a permis la victoire de la démocratie et du libéralisme sur les autres idéologies politiques. Avec la chute du bloc soviétique, le monde se rangerait donc sous la bannière de la démocratie libérale. C’est la « fin de l’Histoire » et donc l’éternité du capitalisme.
Depuis le Gotha capitaliste a tenu ce discours.
« Un quart de siècle plus tard, la roue a tourné... sans faire progresser les libertés », note Eric Chol dans Courrier International.
Aujourd’hui après l’élection de Trump, le même Fukuyama affirme, sous le titre « La fin de la démocratie libérale » : « nous entrons manifestement dans une nouvelle ère de nationalisme populiste, dans laquelle l’ordre libéral qui prédominait, tel qu’il a été construit depuis les années 1950, subit les assauts de majorités démocratiques en colère et véhémentes. Le risque est immense de voir le monde tout entier sombrer dans des nationalismes antagonistes et tout aussi remontés, ce qui serait aussi lourd de conséquences que la chute du mur de Berlin en 1989 ».
Tiens, tiens… La « fin » promise n’a pas eu lieu, mais dans l’agonie du système, les mêmes voient poindre (et favorisent) la prise de pouvoir par des régimes totalitaires.
Tout dans notre monde a une fin, pas l’éternité. Les systèmes politiques et économiques n’y échappent pas. L’alternative reste socialisme ou barbarie.

A bientôt

mardi 3 janvier 2017

Ils iront tous au paradis !



Selon les médias, le pape François 1er est un pape progressiste. Il s'est affirmé comme voulant ouvrir l'Eglise à la société sans vouloir, bien évidemment, remettre en cause les dogmes de l'Eglise. C'est ainsi que par décision papale, Le Vatican rappelle qu'il ne veut pas de prêtres gays, sauf … si c'est une passade, et qu’il vient d'autoriser les évêques à accorder le pardon à une femme qui a pratiqué un avortement. Ainsi, une femme qui a avorté et qui a reçu le pardon d'un évêque pourra aller au paradis. Quelle mansuétude ! Cette fois il faudra en référer à l’évêque… Tout de même.

 L’ONU qui a importé le choléra à Haïti, dans sa hâte à sauver le peuple, a pris exemple et présenté des excuses "au peuple haïtien". C’est mieux que rien, dira-t-on. Le geste vaut un pardon papal.
Le président turc, Erdogan, est qualifié « d'autoritaire », pas de dictateur,  par ces mêmes médias. Dans le même temps où il réprime son peuple, licencie des dizaines de milliers de fonctionnaires et fait arrêter des milliers d'opposants potentiels, accusant les kurdes de tous les malheurs, sa majorité gouvernementale parlementaire a adopté (en novembre) au Parlement une loi à propos du viol des mineures. Cette loi votée préconise que le violeur d'une mineure ne soit pas poursuivi pénalement s'il épouse sa victime ! Devant le tollé et l'émoi provoqués par cette décision il a demandé au gouvernement de retirer la loi, pourtant votée, afin de la réécrire. Pour cette réécriture, peut-être devrait-il s'inspirer du pape François, lequel a rassemblé l'ensemble des évêques de France dans la cathédrale de Lourdes pour une prière commune de pardon pour l'attitude de l'Eglise à l'égard des actes pédophilie commis par des curés. Faute avouée, faute pardonnée… Ils iront tous au paradis.   

A bientôt.

Populisme !... ou nationalisme populo-fasciste.



L’esthétique de cette affiche russe affirme bien la symbolique que les politiciens représentés veulent faire passer médiatiquement : l’humain providentiel qui va vous sauver. En évidence, l’éloge de la beauté sculpturale blanche, allégorie de tous les fascismes politiques ou religieux occidentaux. Vous sauver de quoi ? De tout, pas besoin de programme tout est possible avec lui (elle).
Boris Cyrulnik dans son livre « Ivres paradis, bonheurs héroïques » dit : « L'héroïsation est fondée sur notre besoin d'espérance et sur le souvenir d'une figure d'attachement qui nous sécurisait quand nous étions enfant. Imaginez que vous soyez désorienté par une catastrophe sociale et qu'en plein malheur un homme providentiel vous révèle d'où vient le mal, et vous donne en même temps les recettes pour y échapper : vous reprenez espoir...et votre héros vous offre la conduite à tenir dont vous avez besoin »…
« Un homme providentiel viendra pour vous sauver (du péché, de l’humiliation). Si vous croyez en lui, si vous le servez bien, il vous mènera à la victoire et vous serez vengés. Le premier récit marque son empreinte, le reste n’est que de l’eau tiède après un alcool fort. C’est pourquoi les scénarios héroïques sont réduits à quelques images : Roland à Roncevaux, Napoléon à Austerlitz. Une sémantisation schématique devient vite un slogan, une phrase boursouflée, une image forte font plus d’effet qu’un long discours. »…
et à la question : « Dans ce type de spectacle, le héros est érotisé, écrivez-vous », il répond : « C’est un érotisme sans sexualité. Hitler, transparent dans la vie réelle, et, d’après la littérature, sans doute médiocre amant, était flamboyant dans les cérémonies publiques. Les femmes, devant le dictateur nazi, réagissaient comme des groupies pendant un concert de rock. Il recevait des milliers de lettres d’amour par jour, alors que, dans la vie, il était fade. Il n’était rien sans sa parade ! Oui, le héros est érotisé - tout comme la mort l’est chez les djihadistes de Daech. Ne promet-on pas aux jeunes martyrs soixante-douze vierges au paradis ? Dans mon livre, je dresse une opposition entre ce héros - visible, spectaculaire, érotisé - et le résistant, qui se tient dans l’ombre. Germaine Tillion était une résistante, pas une héroïne au sens strict. Elle voulait vivre ! Or, ces héros aiment la mort. »

S’ils ne l’aiment pas, ils pensent qu’ils seront légendaires après celle-ci. Alors évitons ces héros et préférons ceux qui défendent les faibles mais restent à leur échelon.

Sachant que le terme populisme dans sa définition n’est pas tout à fait adapté aux mouvements d’Extrême droite que nous connaissons, qui seraient plutôt des nationalismes populo-fascistes, je vous propose un thème de réflexion pour l’année qui commence : Terrorisme et nationalismes populo-fascistes sont deux mamelles de notre société actuelle. Pensez-y !

A bientôt.

Trump avec … l’apport des medias.



Appâtés par l’argent et l’audience facile, les sites et journaux sont en partie responsables de l’ascension de Trump. Il faut désormais repenser leur rôle, estime Matthew Jordan, professeur américain spécialiste des médias à l’Université d’Etat de Pensylvanie. Les grandes chaînes d’information câblées ont engrangé des profits records de 2,5 milliards de dollars pendant cette saison électorale. David Folkenflik, de la radio publique NPR, a récemment rapporté que CNN avait gagné environ 100 millions de dollars de plus que prévu pendant ce cycle électoral. Pourquoi ?

Depuis toujours, les médias ne demandaient qu’à couvrir la vie trépidante de ce séducteur et magnat des affaires au parcours mouvementé, qui a passé plusieurs années à perfectionner son personnage de provocateur, à se vanter de ses conquêtes sexuelles et à insulter des personnalités publiques dans le Howard Stern Show. Trump a compris, en pratiquant ces médias, l’un des principes fondamentaux des organisations médiatiques à but lucratif : on peut dire n’importe quoi, même et surtout des mensonges, à condition de ne pas être ennuyeux. Le problème n’est pas seulement que ces articles ont focalisé l’attention sur Trump, en donnant de la visibilité à ses sujets et à sa façon de les présenter. Il est aussi prouvé que le simple fait de tenter d’expliquer ou de dénoncer un mensonge peut le renforcer. Des études sur la propagation des mythes antivaccins ont révélé que chaque fois qu’une figure télégénique répète un mensonge – même dans un segment ayant pour but de le corriger –, le public se familiarise avec celui-ci. Et paradoxalement, parce que les gens ont tendance à assimiler familiarité et vérité, plus un mensonge est dénoncé comme tel, plus il devient difficile de le distinguer de la vérité.
Importance du nombre de clics par rapport à la vérité.
Les médias en ligne exacerbent ce problème, car leurs modèles de revenus accordent plus d’importance au nombre de clics qu’à la vérité. Dans l’univers du capitalisme numérique, l’attention a une valeur monétaire. Or plus la déclaration est scandaleuse, plus elle génère de clics. Trump sait que ses propos colorés et trompeurs sont retweetés tant par ses amis que par ses ennemis et que des auteurs et des artistes s’en moqueront, les condamneront ou les défendront avec ardeur. En fait on en parlera et une majorité agissante se soumettra à ses propos. 
Selon une étude publiée en 2009, la commercialisation des médias entraîne un affaiblissement des connaissances politiques du public. Il semble ainsi que l’ignorance nationale soit la rançon de l’expansion d’un système médiatique fondé sur le profit.

A bientôt.