Dans mon article du 7 décembre 2018 En
France et nulle part ailleurs. La violence vient d’où ? Certains ont douté
de la présence unique de lycéens. Les casseurs ne sont jamais loin, en tout cas
c’est ce qu’on leur répète en boucle sur les médias. J’ai choisi et édité ces
vidéos, ces images, et ces commentaires car ils sont tout à fait authentiques,
et ont été confirmés par l’agence AFP
Factuel 🔎 @AfpFactuel à es
mineurs qui ont été ensuite entendus en garde à vue sans avocat !
Examiner les choses avec recul, permet de constater que la « vérité » est sujette à des évolutions et que finalement la « sagesse » et la lenteur sont plus adaptées pour évaluer la réalité des faits. Continuons donc à ne pas nous laisser prendre dans le « tourbillon médiatique » sujet à retournements permanents.
lundi 14 janvier 2019
vendredi 7 décembre 2018
En France et nulle part ailleurs. La violence vient d’où ?
« Macron perd la sympathie des jeunes en raison de
comportements qui font polémique : cet été, il a sèchement réprimandé l’un
d’entre eux en lui demandant de l’appeler “Monsieur le président” et, plus
récemment, il a suggéré à un autre de se secouer pour trouver du travail. Il
perd la sympathie de son gouvernement – un mélange remarquable mais fragile de
sensibilités de droite et de gauche –, ainsi qu’en témoignent la démission de
son ministre de l’Environnement (fi n août) et celle de son ministre de
l’Intérieur (fin septembre). Et il est en train de perdre la sympathie des
Français, si l’on en juge par le chiffre de sa popularité, tombé au taux
alarmant de 30 %(plus bas depuis) » relève le journal américain Foreign
Policy. « Mais après l’annonce de ses plans pour “transformer le
système de santé français” et “construire un islam français”, et le lancement,
en l’espace de quelques semaines, de réformes de la SNCF, du droit du travail
et de l’enseignement, il est clair que le problème de Macron ne vient pas de
son incapacité à tenir ses promesses ».
Der Spiegel le plus important journal allemand écrit :
« Nul n’a représenté le caractère français auprès d’un large public, en
France comme à l’étranger, aussi justement que René Goscinny, le créateur
d’Astérix et du Petit Nicolas. Astérix, c’est ce Gaulois doué d’une vive
intelligence, d’un sentiment aigu de la justice et réfractaire à toute
autorité. Le Petit Nicolas, c’est la même chose à l’école. Mais c’est tout le
pays qui joue ce rôle tacite dans le concert des nations et des peuples depuis
la Révolution française. On peut trouver les Français insupportables et
arrogants, mais dans les situations difficiles on leur trouve quand même plus
d’intelligence et d’amour de la liberté démocratique qu’à presque tous les
autres. »
Oui. Et alors ?
La faute des
irréductibles Gaulois ?
Non. Macron détruit le modèle social français et même plus
loin avec l’arrogance du jeune ambitieux :
- Les silences sur son ami Benalla accusé d’avoir frappé des manifestants, y compris sur la non-perquisition rendue impossible par l’absence de clés et l’ « impossibilité » de trouver un serrurier libre, relèvent du mépris pour le peuple. (Dupont-Aignan n’a peut-être pas tort en rejetant les violences sur les sbires de Macron.).
- Quand il conseille, à Colombey les Deux églises, à des retraités mécontents, « Qu’ils devraient suivre les conseils du général de Gaulle et ne pas se plaindre ».
- Quand il conseille à un horticulteur au chômage : « il vous suffit de traverser la rue pour trouver du travail ». Un commentaire non seulement irrespectueux, mais dépourvu de réalisme.
- Lorsqu’il décrit ses concitoyens comme « des Gaulois réfractaires au changement ».
- Qu’il affirme que les aides sociales représentaient « un pognon de dingue », le chef de l’État prouve son choix pour la France des riches.
- En Grèce, Macron assure qu’il ne cédera rien aux « fainéants et aux cyniques ». Il montre qu’il ne supporte pas l’opposition.
- En disant croiser dans les gares « les gens qui réussissent et ceux qui ne sont rien », on peut lui répondre que l’habit ne fait pas le moine (le catho jésuite devrait le savoir), et de ne pas voir que la pauvreté n’entrave pas la valeur des citoyens.
Les dernières images prouvent encore une fois qu’il n’a
aucun respect :
Elles sont dignes d’un pays non démocratique. Qui peut
cautionner de traiter des jeunes de la même manière que de redoutables
perturbateurs ? des images de dictature ? Surtout venant de quelqu’un qui a
excusé Benalla !
C'est en France sous Macron !
mardi 9 octobre 2018
Préambule de rappel.
Depuis la dernière mise à jour du blog en janvier, le
« tourbillon médiatique » a été particulièrement riche. Finalement
les réactions «à chaud » n’apportent pas grand-chose de positif, sauf de brèves
colères ou de rares satisfactions. Seule la réaction réfléchie permet
d’apporter des conclusions pour l’avenir. C’est le grand problème des réseaux
sociaux. Donc, comme dit le sous-titre du blog : « Examiner les
choses avec recul, permet de constater que la « vérité » est sujette à des
évolutions et que finalement la « sagesse » et la lenteur sont plus adaptées
pour évaluer la réalité des faits. Continuons donc à ne pas nous laisser
prendre dans le « tourbillon médiatique » sujet à retournements permanents ». Ce
sera le but de cette parution tardive, qui fera la part belle aux sujets, déjà,
« historiques » de l’année en cours. Ce rappel nous permettra de
juger les actes par les faits.
Commençons toutefois par un petit moment d’humour avec l’une
des nombreuses « brèves » arrogantes et culottées de notre Jupiter :
« Pour trouver un emploi, je traverse la rue et je vous
en trouve »
Chômeurs prenant le passage clouté (nouveau PoleEmploi) vers le trottoir d'en face.
Avant de s'envoler en direction du 17e Sommet de la
francophonie, Emmanuel Macron a fait étape devant la "French Tech" à
la Station F. Le président français a imposé à son auditoire un discours où il
a maltraité... la langue française. A grands coups de "take for
good", "privacy", "space and defense", "early
stage", "lead" et autres "commodity" empruntés à
l'anglais. À n'en pas douter, la "start-up nation" a fait son grand
retour dans le "process" présidentiel.
Pour clôturer ce prologue, méditez sur cette maxime tirée du recueil « La plaisante sagesse Lyonnaise » de Justin Godart, fondateur de La Ligue contre le cancer :
« C’est mal fait d’arriver à la fin de sa vie, juste au moment où l’on commence à savoir vivre ».
L’animal un citoyen comme les autres ? ou Le temps des industriels charcutiers végétariens.
Nouvelle version de la Cène.
Bientôt, les vaches françaises pourront mourir joyeusement :
en vertu d’une loi votée en mai dernier par l’Assemblée nationale, chaque
abattoir sera doté d’un responsable du bien-être des animaux, qui veillera à ce
que les bêtes soient bien « étourdies » — c’est-à-dire électrocutées
ou gazées — avant leur exécution…
Sous la pression d’associations, plusieurs grandes
compagnies de cirque (Joseph Bouglione en France, Barnum aux États-Unis…) ont
récemment cessé d’utiliser des animaux dans leurs spectacles, et des chaînes de
supermarché ont retiré de leurs étagères les œufs des poules élevées en cage.
Quant aux librairies, leurs rayons se couvrent de livres vantant les mérites du
régime sans viande.
À certains égards, l’animal constitue un obstacle, il faut
l’héberger, le nourrir, le soigner, etc…, pour l’industrie agroalimentaire qui
n’aura aucun scrupule à s’en détourner si elle trouve une matière première plus
rentable…
Investi par les fonds de pension et les start-up de la
foodtech, le secteur du simili-carné est en plein développement. Avec l’argent
de Google, des scientifiques américains s’emploient à cultiver des steaks in
vitro à partir de cellules souches, un projet salué avec enthousiasme par PETA.
Tandis que le souci d’une alimentation végétarienne se développe, de nouveaux
produits apparaissent dans les épiceries : des saucisses à base de pois,
des jambons « sans viande mais riches en protéines »… Ces mixtures
qui ont l’apparence, la texture et prétendument le goût de la viande sont
souvent concoctées par des multinationales de la boucherie ou de la
charcuterie, comme Fleury-Michon, qui a créé en 2016 la gamme Côté
végétal, Herta (Le bon végétal), Aoste (Le végétarien) ou Le Gaulois (Le
Gaulois végétal). Et elles n’ont pas grand-chose de naturel. Pour préparer son
cordon bleu « végétal » (vendu par une grande enseigne 67 % plus
cher que son équivalent carné), le volailler Le Gaulois doit par exemple
mélanger pas moins de quarante ingrédients, dont la maltodextrine (support
d’arôme et agent de charge permettant d’augmenter le volume d’une denrée), le poireau
et le blanc d’œuf en poudre, la gomme de xanthane (gélifiant), la carraghénane
(épaississant et stabilisant), les protéines de soja réhydratées, le citrate de
sodium (conservateur régulateur d’acidité, aromatisant), etc… L’engouement
végétarien peut paradoxalement générer une nourriture de plus en plus
artificielle, renforçant ainsi la mainmise de l’agro-industrie sur la chaîne
alimentaire.
Ceci est un extrait d’un article, très documenté du Monde
Diplo par Benoît Bréville.
Vive donc le vé…quelque chose ? Et bon appétit ! Confiance, vous serez
peut-être bientôt herbivore bio-industriel ! En attendant je mange de la
viande.
À partir de ce lundi 1er octobre, vous allez gagner plus sans travailler plus...
Essuyez vos larmes de joie, le Père Noël de l’Elysée n’a pas
eu les moyens de gâter tous les Français, mais les retraités ne sont pas dans
le bon wagon encore une fois. Seuls les actifs pourront se targuer de voir leur
salaire augmenter … de quelques euros. Et plus le salaire est élevé, plus la
hausse de 1 % vous paraîtra importante. Par exemple, pour un smicard, le coup
de pouce sera de 11 € net. Pour un cadre supérieur rémunéré 3 500 € brut par
mois, le gain sera de 35 €. Vous ne payez plus de cotisations chômages sur
votre salaire ! Pas mal, hein ? Votre salaire net augmente ! Oui
mais, votre brut ne bouge pas ? D’une part cette cotisation faisait partie
de votre salaire appelé différé et n’est donc pas compensée. En supprimant les
cotisations salariales chômage et en baissant celle maladie, Macron ne
s’attaque pas qu’à nos salaires, il détruit aussi le principe fondateur de la
Sécurité Sociale et du chômage, la solidarité par la modification de son mode
de financement autonome de l’État et des actionnaires. Jusqu’à présent, un
employé qui gagnait sa vie cotisait et pouvait prétendre à des indemnités
chômage. C’est désormais terminé. Avec cette réforme, les indemnités perçues
lors de la recherche d’emploi seront réduites et à la discrétion du
gouvernement. La charité de l’Etat, remplace la solidarité, on voit bien là
quelles sont les influences Jupitérienne. C’est la finance pour les riches et
la charité pour les pauvres. Voyez du côté des encycliques catholiques.
Quel « progrès » !...
Il faut résister. Pour cela depuis le début de l’année, des
comités regroupent les militants ouvriers, syndicalistes, élus aux
appartenances et aux parcours divers. Là, une large discussion a lieu avec des
milliers de militants qui veulent résister à Macron et qui veulent défendre et
organiser la reconquête des acquis de 1936 et 1945. Elle exige d’élargir et de
renforcer ces comités comme cadre de discussion et d’action commune, c’est
pourquoi les comités de résistance et de reconquête préparent un rassemblement
le 10 novembre.
Même les possédants s’affolent !
Surprise début septembre : Valéry
Giscard d'Estaing « pousse un coup de gueule contre le capitalisme
financier », rapporte La Nouvelle République. Celui-ci était l'invité de
l'évènement littéraire « Le château de Meslay fête les écrivains »,
dans le Loir-et-Cher, dimanche 9 septembre. "Actuellement, la société
évolue dans une société où l'argent a le
pouvoir... À l'heure actuelle, l'enrichissement des plus riches est plus
rapide qu'il ne l'a jamais été. Moyennant
quoi, personne ne proteste. C’est très étrange. Et cela dans le monde
entier ». Il n’est pas le seul à l’intérieur du capitalisme, à se
poser des questions sur cette politique. Les économistes américains, Prix
Nobel, Stiglitz et Krugman estiment, se référant à la Grande Dépression des
années 29, que cette politique fera des ravages. En France, oh! Surprise :
« Marx avait raison », c’est ainsi que Patrick Artus conclut son
livre choc « Et si les salariés se
révoltaient ? » (Fayard), coécrit avec Marie Paule Virard. Pourtant,
le chef économiste de Natixis n'est pas connu pour ses écrits glorifiant
l'auteur du Capital. Directeur de la recherche et membre du comité exécutif
d'une banque d’investissement, administrateur de Total, Artus n'a pas le profil
d'un économiste « atterré » hostile à l'économie de marché. Selon le
magazine économique Challenges « cet expert qui connaît le système
financier de l'intérieur - il est membre du conseil scientifique de l'Autorité
des marchés financiers - bombarde de flashs quotidiens les grands gestionnaires
d'actifs sur les évolutions macroéconomiques. Or son ouvrage constitue la
critique du système capitaliste la plus aboutie de ces dernières années. Très
détaillé et documenté, ce livre plein d'exemples est un cri d'alarme, qui
pointe les nouveaux périls de l'économie mondiale ». Il pointe l’explosion
des inégalités dans la société actuelle, qui alimente « la cohorte des
travailleurs pauvres », et l’obsession du court terme des actionnaires. Je
cite : « Le capitalisme évolue vers un modèle où les actionnaires s’efforcent
de préserver coûte que coûte dividende et rendement du capital, quitte à
demander aux salariés une part croissante des risques économiques, et trouvent
normal de licencier facilement lorsque la situation de l’entreprise se dégrade
sans se préoccuper de partager les profits lorsque l’économie va bien… ».
Warren Buffet reconnaissait dans
une interview au New York Times en 2006 qu’une « lutte des classes »
faisait rage, et précisait « c’est ma classe, les riches, qui a
déclaré cette guerre et c’est elle qui est en train de la remporter ».
Réveillez vous !
Incendie de la tour Grenfell. « L’austérité tue ».
En juin 2017, la tour Grenfell, située dans le quartier
huppé de Kensington et Chelsea, à Londres, abritait 350 personnes dans 127
logements sociaux de deux et trois pièces. Le nombre d’habitants, avait
légèrement augmenté depuis la fin des travaux de rénovation, en 2016, où de
nouvelles fenêtres avaient été installées dans tous les logements et le
bâtiment isolé par l’extérieur avec des panneaux d’aluminium imperméables à la
pluie. L’incendie s’est déclaré à 0 h 15, mercredi 14 juin, dans
l’appartement d’un chauffeur de taxi d’origine éthiopienne, au quatrième étage.
À 1 h 20 du matin, l’incendie s’était étendu en diagonale vers le
haut du bâtiment avant de gagner la façade nord, passant du quatrième au
quatorzième étage en quinze minutes environ.
Les barrières coupe-feu qui devaient combler les espaces
entre les panneaux en cas d’incendie étaient trop petites ou mal posées, ce qui
a permis à ces espaces d’agir comme une cheminée et d’aspirer les flammes vers
le haut. Il fallait de grandes échelles, mais elles sont rares dans le centre
de Londres et la première n’est arrivée qu’une demi-heure après le premier
appel téléphonique aux services d’urgence. Ces immeubles étant censés être
construits de façon à ce qu’un incendie ne puisse pas s’y propager, la plupart
des pompiers (ils étaient environ 200 à 2 heures du matin) ont mis les
gens dans des appartements “sûrs” qui en fait ne l’étaient pas du tout, ou leur
ont fait remonter les escaliers, comme le montrent les textos et les appels
envoyés par des habitants de la tour à des personnes à l’extérieur. Le
centre de traitement des urgences de Stratford, où seulement onze agents
étaient présents, a été submergé d’appels : plus de huit cents ont été
donnés depuis l’intérieur ou les abords de la tour cette nuit-là. Certains ont
été déviés vers les centres du Kent, dans le Sud-Est, et même de Newcastle,
dans le nord du pays. 72 personnes dont 18 enfants sont morts.
Ces vingt dernières années, avec l’aide de ses lobbys et
encouragé par la « folie dérégulatrice » du gouvernement Blair
et par la « marchandisation de la sécurité » qui l’a accompagnée, le
secteur du bâtiment a pris l’habitude de faire fi des réglementations, de truquer
les tests et de considérer ces pratiques comme normales. Les indices de cette
tragédie se cachaient sous plusieurs tonnes de cendres : les produits
utilisés par les sous-traitants, les bardages, tout l’équipement de sécurité –
les fenêtres de piètre qualité, les portes qui ne fermaient pas, les espaces
mal conçus entre le bardage et l’isolant, lui-même inflammable. Il est de
notoriété publique que les matériaux d’isolation font l’objet d’un marketing
trompeur, et que les constructeurs associent des matériaux sans les avoir
testés ensemble : or ces problèmes sont à l’origine de l’incendie de la
tour Grenfell. La responsabilité du conseil d’arrondissement conservateur, pour
infractions aux règles de sécurité a été immédiatement relevée. Pourtant
il y a d’autres responsables, les fabricants et ceux qui leur permettent de
travailler avec des normes incendie inacceptables, sont bien
les coupables. Il s’agit bien d’une histoire de dérégulation et de
négligence industrielle, permise par les actes de plusieurs gouvernements,
travaillistes, conservateurs et autres, en particulier la privatisation de
tous les services publics.
« L’austérité tue », pouvait-on lire sur une
pancarte brandie pendant la manifestation du 21 juin 2017, quelques jours
après l’incendie, à Londres.
A Gênes, et ailleurs : Les ponts s’effondrent… mais pas les profits.
« Ce n’est pas la fatalité qui fait s’écrouler les
ponts », dit l’architecte génois Renzo Piano, « Il s’agit encore moins
d’incriminer les intempéries. Projeté en 1963, inauguré en 1967, le pont
Morandi de Gênes est depuis toujours objet de questions et de controverses
quant aux conditions de sa réalisation. »
Peu à peu des indices accablants sont apparus : ce pont
était vieux et mal entretenu à tel point que sa démolition avait été envisagée
en 2009. Si des réparations avaient été effectuées en 2016, elles ne
répondaient pas à ce qui était attendu pour sécuriser le viaduc.
L'accident, tôt ou tard, était devenu inéluctable.
Interviewé par les médias italiens, le procureur de la République a aussi
affirmé que le drame n'était pas une fatalité et qu'une erreur humaine pouvait
l'expliquer. De plus, le trafic avait plus que triplé ces trente-cinq dernières
années. Etait-il prévu pour de telles charges ? Mais ce sont surtout les interventions
de maintenance qui ont manqué tout au long de ces décennies. Il y a des lustres
que tous savaient, dénonçaient l’état structurel inquiétant, alarmant. On n’a fait
que mettre des cautères sur une jambe de bois, passant outre les innombrables
avertissements d’experts, ingénieurs, chercheurs, élus, associations de
riverains.
Les informations laissent ainsi apparaître une incurie :
celle des responsables de l'entretien de ce pont construit en plein milieu de
la ville et emprunté tous les ans pas des dizaines de millions de véhicules
soit la société Autostrade et sa maison
mère Atlantia, propriété du groupe Benetton.
D'autres ponts en
Italie seraient ainsi dans le même état, notamment en Sicile et en Calabre où
sévit une corruption considérable, notamment à travers le secteur des travaux
publics.
Il faudra bien aller au-delà pour trouver les vrais
responsables. Le drame de Gênes est révélateur d'un abandon progressif des
services publics en Europe. « La farce
des funérailles d’Etat, alors que c’est l’Etat le responsable de nos
malheurs » a été dénoncée par le père d’une victime.
Est-ce seulement une catastrophe italienne ? Non, tous les
gouvernements privatisent et démantèlent les services publics.
Les ponts s’effondrent… mais pas les profits.
Un système barbare.
Ce que nous montre le drame de Gènes ou celui de la tour
Grenfell, tout comme les incendies en Grèce, c'est qu'il faut stopper la
réduction aveugle des crédits et des effectifs des services publics.
Ces incendies qui ont fait des dizaines de victimes en Grèce
au mois de juillet ont aussi démontré l'impéritie des responsables publics dans
cette affaire. Le gouvernement a accepté sa responsabilité politique avec la
démission d'un ministre et deux responsables locaux de la sécurité ont été
limogés.
Mais deux ou trois démissions ne sont pas suffisantes pour
le bilan accablant de ce qui s'est passé. L’urbanisation anarchique sans
contrôle des pouvoirs publics qui n'en ont plus les moyens (Bruxelles exige) et
l'absence totale d'un plan d'évacuation sont les principales responsables.
Même un spécialiste des questions européennes, Patrick
Martin-Genier, enseignant en droit public et constitutionnel écrit :
« La privatisation ne constitue pas la panacée, loin de là. L'enfer est
souvent pavé de bonnes intentions. Au Royaume-Uni, la privatisation des
transports ferroviaires est une catastrophe, notamment dans la région de
Manchester où les usagers ont été obligés de changer leurs horaires pour
s'adapter au manque de fiabilité des trains tandis que le service national de
santé est en ruine, les autorités publiques, faute de crédits, étant dans
l'incapacité de répondre à l'exigence d'un système de soins moderne et adapté
aux besoins des usagers et des patients ».
Les sociétés privées se battent pour se partager le gâteau
des concessions autoroutières et également des aéroports, comme Atlantia ou
Vinci. Au-delà des autoroutes, tous les gouvernements livrent peu à peu tous
les pans du service public à des multinationales rapaces : chemins de fer,
concessions hydrauliques, transport aérien, etc…, avec le soutien empressé de
l’Union européenne qui, bien qu’en crise, multiplie directives et règlements
facilitant cette mise en coupe réglée.
La France n’est pas épargnée par ce phénomène. Il est donc
urgent de stopper la réduction aveugle des crédits et des effectifs des
services publics qui ne pourra qu'aggraver encore plus la situation.
Ce qui caractérise la Révolution Française, la République,
c’est que pour assurer l’égalité des citoyens devant la loi, on a créé les services
publics, c’est une différence fondamentale avec l’Ancien Régime. A travers la
liquidation actuelle des services publics, et les appels à la charité, la
bienfaisance, on voit une volonté de remettre en selle les religions, pour
faire passer la pilule, dirons-nous.
L’Irlande avance, Jupiter recule…
En mai Macron a sans doute vu Marie, en rêve espérons.
Macron, chanoine de Latran, a fait allégeance à la Conférence des évêques de
France. « Nous partageons le
sentiment que le lien entre l'église et
l'état s'est abîmé, et il nous importe, à vous comme à nous de le réparer » leur a-t-il dit. Où
a-t-il vu des liens à réparer ? Ou alors c’est une nouvelle attaque, pas
la seule depuis qu’il est au pouvoir, contre la loi de 1905. Après avoir ainsi
menacé la loi de laïcité républicaine de 1905, il félicitait le clergé de
« protéger la vie de l'enfant à naître » on reconnaît ici, la formule
qui punit l'avortement chez les catholiques.
Juste après, vendredi 25 mai en république d'Irlande, où
l'Eglise commande depuis toujours la répression d'état, où l'on punissait I'IVG
de la prison à vie jusqu'en 2013 (de 14 ans depuis), la terre tremblait sous
les pieds des amis cléricaux de Macron.
C'est justement la formule jésuitique, « droit à la vie
de l'enfant naitre », inscrite dans la Constitution irlandaise, que ce
peuple vient de balayer, par une majorité écrasante de 66 %.
En Irlande prospéraient impunément les persécuteurs. Tandis
que l'état subjugué par l'Eglise terrorisait les « femmes déchues »
(mères non mariées), une armée de prédateurs, de pervers, de sadiques en
soutane torturait des milliers d'enfants Quatre rapports officiels accablants,
dont un de 2 500 pages d'horreurs pédophiles, l'exhumation en 2014 de dizaines
de squelettes de nouveau-nés sous le couvent de Tuam, ont révulsé l'opinion. Le
meurtre légal de Savita, sacrifiée à un fœtus moribond, exaspéra les femmes d'Irlande,
son visage devint leur bannière de combat, elles viennent de terrasser les
bourreaux.
Il faut agir dans l’union la plus large, dans la diversité
et l’unité, pour défendre la loi de 1905 !
Le Congrès national de la Libre Pensée a appelé à faire du
week-end des 8 et 9 décembre 2018 un grand moment de mobilisation de défense
laïque. Il a demandé à toutes les Fédérations départementales de la Libre
Pensée d’agir en conséquence pour la réalisation de l’union laïque la plus
large.
Ne touchez pas à la loi de 1905 !
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