samedi 14 septembre 2013

REPONSE A ERIC...



Eric me propose une réflexion :
« faut-il que les "démocraties" occidentales soient tombées bien bas pour que Villepin soit aussi remarquable et que Poutine puisse jouer les Moïse... Je te laisse le soin du développement ! ».

Vaste réflexion !
Le constat, que l’on confirme tous les jours, est effectivement la déliquescence des "démocraties" occidentales. La dernière et la plus significative, est l’abandon du rôle de gendarme du monde par l’impérialisme américain sur le problème de la Syrie, après les retraits d’Irak et d’Afghanistan, au grand dam de notre François Hollande qui s’est imprudemment avancé. Cette déliquescence est due à la crise du système capitaliste lui-même. Force est de constater que la résistance grandit et les soulèvements populaires sur tous les continents sont dirigés contre cet ordre mondial.
En fait tout repose dans les choix politiques, aujourd’hui comme hier.
Quels choix ? va-t-on me répondre.
Il y a toujours chez l’être humain des choix possibles, encore faut-il en être conscient et le vouloir !
Il y a possibilité de choix entre le consensus que l’on nous distille dans tous les médias :
-        il n’y aurait pas d’alternative au capitalisme, nous ne pouvons que l’améliorer, car tel le phénix il ressuscite à chaque crise,
ou le droit d’avoir des opinions différentes :
-        il y a des alternatives au capitalisme pourrissant, d’autres systèmes existent, l’histoire est une éternelle évolution.
C’est fondamental. On va encore me dire non, il y a la réalité. Je répète la réponse est : l’histoire nous apporte les preuves qu’un système engendre une réalité qui n’est pas éternelle mais en perpétuelle évolution avec un début et une fin parfois flous. La première option est, contrairement aux idées reçues, une raison de changement car elle ne satisfait pas la majorité humaine, mais bien une minorité qui amasse sur le dos des autres. Quand une minorité dirige sans partage, quand elle explique à longueur de journée qu’il n’y a qu’une issue, c’est une dictature ! Quand il n’y « aurait » pas de choix possible, il n’y a plus démocratie dans les faits, et on prépare le lit des « populistes » tel Hitler et son national-socialisme. Voilà pourquoi les "démocraties" occidentales sont tombées bien bas. La création de plus value par la spéculation, la financiarisation de l’économie et de tous les services publics, la mondialisation qui exonère les grandes entreprises des impôts dans leur ancien état-nation, rapprochent le système de l’abîme. Finalement, l’analyse de Marx et Engels s’avère vraie sur l’évolution du système. Il est facile alors pour des régimes comme celui exercé par Poutine de tenter de prendre le « leadership » puisque cette possibilité lui est offerte. Que fera la Chine ? Quant à l’Europe on voit bien que c’est un vassal des Etats-Unis, à la solde des multinationales ( voir dernièrement le fleuron finlandais Nokia). Plus aucune influence !

Au Japon, en bien plus mauvais état que nous à tout point de vue, mais dans notre conception actuelle encore « état souverain », donc avec un avantage capitalistique (une dette à taux réduit envers sa banque centrale et une possibilité de dévaluation de sa monnaie) sur nous qui dépendons de la communauté européenne (une dette envers des banques privées à taux décidé par elles, pas de possibilité de dévaluation de la monnaie, un budget contrôlé par la communauté) , le philosophe Tatsuru Uchida déplore la situation dans le journal Asahi Shimbun et pose des questions qui s’avèrent générales:
A quoi ressemblera notre pays dans l’avenir ?” Voilà une question que l’on me pose souvent. A quoi je réponds : “Il y a une bonne et une mauvaise nouvelle. Par laquelle voulez-vous que je commence ?” Malgré son apparence simpliste, cette phrase me semble adaptée au contexte puisqu’il existe bel et bien un constat pessimiste concernant le Japon.
Commençons par la mauvaise nouvelle. Le Japon, de fait, est entré dans un processus de déclin en tant qu’Etat-nation. En effet, plutôt que d’agir pour son peuple, l’Etat tend de plus en plus à privilégier autre chose. Pour être clair, j’entends par “autre chose que le peuple” l’ensemble des multinationales. Bien que ces entreprises aient été fondées au Japon par des personnes de nationalité japonaise, cela remonte à longtemps. Aujourd’hui, non seulement celles-ci délocalisent leur production à l’étranger, mais les actionnaires, les salariés et les gérants sont de nationalités diverses, ce qui fait d’elles des entreprises sans patrie. Or “le Japon ne pourrait se maintenir dans la concurrence mondiale qu’à la seule condition d’obéir à cette forme d’entrepreneuriat” (du moins, c’est ce que clament haut et fort les médias).
Prenons l’exemple du constructeur automobile Toyota. Bien qu’il ait toujours mis un point d’honneur à produire 3 millions de ses automobiles dans les usines de l’archipel, il a dû récemment abandonner cette ligne de conduite. L’explication serait la suivante : s’il favorise l’emploi local et paie donc les charges sociales au Trésor public, il peut certes contribuer à l’enrichissement national, mais ne saurait être compétitif à l’échelle internationale. Les actionnaires étrangers considèrent comme absurde que les patrons concentrent l’emploi et la richesse dans un pays en particulier. Une bonne gestion d’entreprise consiste à employer une main-d’œuvre qualifiée au moindre coût, à repérer les pays où réglementations économiques et restrictions environnementales sont peu sévères et à s’implanter dans les régions où les infrastructures sont bonnes. C’est là une logique tout à fait rationnelle pour les investisseurs. Ainsi, les grandes entreprises japonaises se sont “globalisées” – ou sont en train de l’être – et, à terme, aucune entreprise n’échappera à cette évolution. J’insiste sur le fait que cette mondialisation générale est un choix tout à fait logique pour les actionnaires. Cependant, que le gouvernement d’un Etat-nation soit en faveur d’une telle évolution en dépit de son peuple, voilà qui est incohérent.
 Après l’accident de Fukushima [en mars 2011], lorsqu’il a été question pour la première fois de redémarrer la centrale nucléaire d’Ohi [située dans le centre-ouest du Japon, mise à l’arrêt pour inspection après la catastrophe], les multinationales et les médias ont argumenté en faveur de cette décision de la façon suivante : “Faute d’avoir puisé dans l’énergie thermique après la fermeture des centrales nucléaires, on a vu le prix de l’énergie augmenter et les coûts de production en conséquence, mettant ainsi à mal la compétitivité du Japon sur la scène internationale. Si vous voulez que le Japon gagne dans la concurrence mondiale, redémarrez les réacteurs.” De plus, les entreprises se sont enhardies à menacer le gouvernement de délocaliser leur production à l’étranger, en faisant mine de déplorer qu’il s’ensuivrait une perte massive de l’emploi, un appauvrissement des finances de l’Etat et une crise économique profonde. A la suite de cette véritable intimidation, le gouvernement du Parti démocrate [centre gauche, au pouvoir de 2009 à 2012] a fléchi en autorisant la réouverture de ladite centrale [en juillet 2012].
Mais il suffit d’un peu d’imagination pour se rendre compte que ce discours est quelque peu étrange. Supposons qu’un accident nucléaire se reproduise dans l’archipel. Que feront ces entreprises qui brandissent leur intention de quitter le Japon si les coûts énergétiques venaient à augmenter ? Accepteraient-elles de supporter en partie les coûts de décontamination parce qu’elles auraient exigé la remise en ­service des réacteurs ? S’enga­geraient-elles à œuvrer pour la reconstruction de la région, à participer à l’effort national et à garantir l’emploi ? Il me semble évident qu’elles n’assumeraient pas la ­responsabilité d’avoir été à l’origine d’un nouveau désastre. Je suis persuadé qu’elles refuseraient en toute conscience de maintenir leurs activités sur un territoire si dangereux, soulignant qu’il est improbable que des produits contaminés puissent se vendre. Alors, les entreprises quitteraient l’archipel sans même hésiter.
Personnellement, j’éprouve une forte réticence à considérer comme japonaises ces entreprises qui ne ratent pas une occasion de soutirer les faveurs de l’Etat en menaçant de quitter le pays. Elles ne considèrent ce pays que comme une réserve exploitable à volonté, jusqu’à épuisement. Lorsqu’une entreprise privée s’exonère des coûts de décontamination et se sert des impôts pour nettoyer ce qu’elle a pollué, elle externalise le coût environnemental (Tepco, la compagnie d’électricité gestionnaire de la centrale de Fukushima, profite d’ailleurs grandement de cette logique). Réduire le coût de l’électricité en exigeant le redémarrage des réacteurs revient à “externaliser le coût de fabrication”.
Faire construire des rails de Shinkansen et des autoroutes pour faciliter l’accès à ses usines, c’est aussi “externaliser” le coût de la distribution. En incitant les universités à former “un contingent de travailleurs anglophones, durs en affaires mais également dociles, de sorte qu’ils acceptent de travailler trois cents heures par mois et de s’expatrier du jour au lendemain”,
les entreprises s’exonèrent des frais de formation de leurs salariés. En somme, la stratégie fondamentale des multinationales consiste à imposer à l’Etat-nation des dépenses qu’elles devraient assumer, tout en accaparant les bénéfices.
Il ne s’agit pas là de dire que ces entreprises sont mauvaises ou de porter un quelconque jugement de valeur. Somme toute, elles ne font qu’adopter un comportement justifié et rationnel : atteindre un maximum de bénéfices. Cependant, considérer qu’il est légitime d’imposer des dépenses à l’Etat et à son peuple en invoquant le prétexte qu’elles sont “japonaises” est tout à fait inacceptable.
Pourquoi les multinationales ne renoncent-elles pas à leur appartenance japonaise, alors même qu’elles sont apatrides ? Certainement pour justifier le transfert des dépenses en proclamant que la maximisation de leurs profits génère la richesse nationale. L’appartenance nationale est leur unique argument pour profiter du portefeuille de l’Etat. C’est pourquoi les entreprises multinationales et leurs partisans s’obstinent à interpeller le peuple japonais sur les moyens par lesquels le Japon pourrait “gagner dans la concurrence mondiale”.
Comme si le profit des entreprises et la hausse des cours de la Bourse allaient de pair avec la valeur même du peuple japonais – et qu’il s’agisse là d’une évidence ne nécessitant aucune argumentation. Leur propos se réduit très vite à une question purement utilitaire telle que :
“Combien êtes-vous prêts à prendre en charge pour nous aider à nous exonérer de nos coûts et à maximiser nos profits ?” Si l’on empruntait les termes du fameux discours de J. F. Kennedy, cela reviendrait à dire : “Ne vous demandez pas ce que les entreprises peuvent faire pour vous, mais ce que vous pouvez faire pour elles.” Je remarque, non sans être offusqué, que les médias japonais rabâchent à outrance ce genre de sophisme sans aucun sens critique.
Par ailleurs, il est important de se rendre compte que l’amalgame entre profit des entreprises et richesse de la nation requiert une solidarité nationale exacerbée afin de dissimuler son imposture. A première vue, il semble que la mondialisation et le nationalisme xénophobe soient incompatibles ; en réalité, ce sont les deux faces de la même médaille. Aujourd’hui, le discours ambiant est que le peuple japonais doit à tout prix soutenir les multinationales, compétitives internationalement, car elles sont le
“navire amiral de l’économie japonaise”.
Les compromis imposés sont pourtant nombreux : accepter de faire des heures supplémentaires gratuites et de gagner un salaire minimal, reconnaître l’anglais comme langue officielle dans les entreprises, accepter la hausse des taxes sur la consommation, fermer les yeux sur l’écroulement de l’économie locale et le déclin de l’agriculture, de la sylviculture et de la pêche dans le pays, pour entrer dans l’accord de Partenariat transpacifique [PTP, en cours de négociation] et accepter le redémarrage des centrales. Publié le 18 mai 2013.

Les questions posées demandent des réponses, et elles ne peuvent être données que dans le cadre d’une vraie démocratie, avec des représentants du peuple élus avec mandat et non payés pour faire un métier, qu’ils font d’ailleurs très bien, à la solde du système à des degrés divers ! Les réponses sont à trouver dans le cadre du respect des droits de tous les hommes et de la justice. Quand on constate la situation elle ne peut passer par des améliorations et demande un changement de système. Ces choix doivent pouvoir s’exprimer librement ce qui n’est pas le cas sans qu’on vous rie au nez. Rira bien qui rira le dernier. Mais pour le moment des variations voient le jour. Je prends l'édito de Eric Chol

Classes moyennes : picotements et ébullition

Karl Marx l’avait juré : les classes moyennes n’existent pas. Seul problème, elles rassemblent déjà des centaines de millions d’individus à travers la planète. Alors imaginez le penseur, avec sa longue crinière blanche et sa barbe, en train de réviser son postulat d’hier, et de twitter, un siècle et demi après son Manifeste du Parti communiste, “Classes moyennes de tous les pays, révoltez-vous #révolution”. Le message, adressé par @Kmarx2013, poursuivrait son tour du monde, en Chine, au Brésil, en Turquie ou en Indonésie. Lutter, oui, mais pour quoi et contre qui ? C’est vrai, les classes moyennes des pays émergents ont des fourmis dans les jambes. C’est vrai aussi, leurs démangeaisons risquent de mettre la planète en ébullition. Mais il manque encore à ces nouveaux contestataires un projet politique.
Dans ce grand basculement du monde, il n’y a pas que des gagnants. En Europe ou aux Etats-Unis, les classes moyennes traditionnelles sont à la peine. Dans les années 1960, leurs parents avaient cru à la fable de l’ascenseur social. C’était avant la mondialisation, avant la crise. Ces catégories sont en voie de désagrégation. En haut, les rescapés : primes confortables, pavillons cossus, 4 x 4 hybrides et vacances exotiques. En bas, les déclassés : salaires rabougris, avenirs précaires et clients potentiels de l’agence locale de Pôle emploi. Entre ces deux univers, la cognée de la mondialisation fait son travail d’éclatement. Les anciennes classes moyennes pourraient, elles aussi, avoir des picotements dans les jambes. Une envie de révolte, avec ou sans projet politique. Courrier International n°1185 18 juillet 2013.

Oui il s’agira d’un combat de classes sociales. Mais la fameuse « classe moyenne » existe-t-elle en tant que classe ? Non, elles n’ont que très peu d’intérêts communs factuels. Non, elle ne sciera pas la branche sur laquelle elle vit, c’est un groupe contestataire pas révolutionnaire. Seule la classe ayant des intérêts communs, conscients ou inconscients, mais n’ayant rien à perdre peut engendrer un changement révolutionnaire. Marx et Engels avaient donc raison, n’en déplaise aux modernes qui cherchent à inventer des nouveautés pour le plaisir de changer les mots. Que certaines parties de la « classe moyenne » accompagne le changement c’est probable.
Oui, les "démocraties" occidentales sont tombées bien bas.

A bientôt.

dimanche 25 août 2013

Dernières nouvelles de ce jour !




En lisant la presse ce matin (française et européenne) certains titres me gratouillent les méninges.

Il y a cinquante Martin Luther King a eu un rêve.

On sait aujourd’hui, cinquante ans plus tard, que c’était bien un rêve.

Le PP offre au PSOE un pacte pour créer un délit de financement illégal.

Le PP espagnol englué plus haut que le cou dans une affaire de financement truqué, avec comptes en Suisse, estime se sortir de la fosse à purin en disant « on oublie cette petite erreur et on sera dur pour les prochains tricheurs ». Quelle grandeur politique ! Mais c’est l’apanage de tous les partis européens.

Fukushima : Tepco s’excuse d’avoir mal surveillé sa centrale accidenté.

Une nouvelle fuite d’eau contaminée a été constatée et Tepco, entreprise privée doit faire des bénéfices pour la satisfaction de ses actionnaires, après avoir construit sur un site sensible aux tremblements de terre, avoir réduit les services de sécurité, avoir abouti à un « gros problème » sur sa centrale, avoir menti sur les dégâts réels, s’excuse de mal surveiller ses « ruines » et de ne pas avoir vu une nouvelle fuite d’eau ! Les privatisations des services publics c’est pas un rêve comme Luther King, c’est un cauchemar, et pas qu’au Japon. Rappelez-vous (je sais c’est vieux ça a bien un mois) les trains rapides en Espagne, au XXIème siècle ils ont supprimé les détecteurs de sécurité (trop cher) laissant la place à un seul homme pour conduire. Bientôt dans les avions un pilotage automatique sans doublage de sécurité (Ryanair doit bien y penser…).

Vas-y Manuel !

C’est la « une » de … Minute ! Avec photo de Manuel Valls ! Minute qui soutient Manu ! Le PS a décidément toute les tendances, comme à l’UMP. Bientôt un gouvernement d’union nationale (très mode) Le Pen – Copé – Valls !

Comment gagner de l’argent sans travailler.

Je sais vous avez compris avec les aides sociales. Et bien non ! Les Echos quand il parle d’argent ne parle pas de impécuniosité, mais de la bourse, d’obligations, de spéculation même. Et il est vrai qu’il y a des opportunités. Et que même si on supprimait ces ridicules « aides sociales », on pourrait se faire un petit supplément pour laisser parfois un pourboire.
Tiens tant qu’on parle des Echos, on peut aussi se féliciter de

Le marché du travail en Europe de plus en plus flexible.

Dans lequel on peut lire :
« …les pays de l’Union européenne multiplient les réformes allant vers un assouplissement de leur marché du travail… 
Le contrat de travail « zéro heure » plébiscité par les employeurs britanniques.
Le débat fait rage outre-Manche depuis que le Chartered Institute of Personnel and Development a calculé que 1 million de personnes, soit quatre fois plus que les données officielles, étaient soumises à ce régime qui permet aux entreprises de recruter des salariés pour le nombre d'heures dont elles ont besoin, sans autres obligations. Deux autres statistiques sont venues nourrir le débat. Plus d'un quart d'un échantillon de 600 employeurs interrogés par le Recruitment and Employment Confederation, le lobby de l'industrie du recrutement, ont recours aux zéro heure. L'association Resolution Foundation a, de son côté, calculé que le salaire horaire moyen en zéro heure était de 40 % inférieur à celui constaté pour un emploi traditionnel. Les salariés concernés, dans le secteur de la restauration (presque tous les employés de McDonald's) et l'hôtellerie et dans une moindre mesure dans la distribution, font face à une instabilité de leurs revenus et de leur emploi du temps. D'autant que beaucoup doivent s'engager à être disponibles à tout moment, contrairement aux free-lance que l'on rencontre dans certaines professions, comme le journalisme…..

Le succès des «mini-jobs» en Allemagne.

7,8 millions de travailleurs, soit 15 % à 20 % de la population active, ont un «mini-job» en Allemagne. Introduits dès la fin des années 1970, ces emplois à temps partiel, rémunérés 450 euros par mois au maximum, ont été renforcés par les réformes Schröder…

Le licenciement facilité en Espagne…

Un SMIC jeune et un recul des conventions collectives en Grèce… »


Que des bonnes nouvelles !
Mais ça dépend pour qui.
Exercice facile d’école primaire : « Je vous propose de réfléchir à comment vous pouvez vivre avec 450 euros par mois aujourd’hui en Allemagne, le pays miracle de l’UE ».

Aujourd’hui, je fais un rêve : vous allez prendre conscience que la « crise » est une aubaine pour certains, mais pas pour vous !

Tiens un dernier titre (pour la route...)

Birgitta Jonsdottir, député islandaise : "Le capitalisme ne peut pas changer, il faut le détruire"

A bientôt.

dimanche 18 août 2013

JAZZ IN MARCIAC



Marciac est une bastide gasconne typique de 1200 habitants, dans le Gers, qui en temps normal, bien intégrée dans son milieu naturel, ne se distingue en rien de ses villages voisins.
Pourtant de fin juillet à mi août environ 20 à 30 000 personnes par jour, se pressent dans la ville.]
En effet depuis 1978, Jazz in Marciac (JIM), un festival de jazz créé par Jean-Louis Guilhaumon, avec le parrainage de Guy Laffite se déroule à ces dates et est devenu l'un des plus, si ce n’est le plus, importants festivals de France, en tout cas le seul de cette taille totalement intégré à la vie de la ville.
http://www.jazzinmarciac.com/



En arrivant à Marciac le matin, les possibilités de parquer son véhicule sont encore nombreuses, puis plus on approche de la soirée, plus l’affaire se complique, pourvu que la pluie ne s’en mêle pas, car beaucoup de stationnements sont dans des champs empirant encore la situation. Avec l’expérience de nos séjours annuels, nous arrivons donc le matin, pour trouver une place dans la masse des campings cars présents. On débarque dans un village de plus en plus bondé au fur et à mesure de la journée. Les concerts gratuits débutent vers 11h avec le festival off sur la place centrale, qui a conservé ses arcades médiévales, puis se multiplient  vers le lac (péniche et mini port), dans les bistrots, restaurants, au coin des rues, jusqu’à 21h, ou débutent les payants, dans la salle de l’Astrada et bien sûr le Chapiteau de 5000 places posé sur le terrain de rugby, alors que l’ambiance continue autour de la place.
De nombreux restaurants, du village, ou tavernes installées pour l'occasion, proposent de la cuisine gersoise avec foie gras, canards et oies, arrosés par le vin du coin (sponsor du festival) le Saint Mont.
Les petits commerces présentent des produits de toutes origines au bio bien sûr, des vêtements africains ou asiatiques, des touaregs (en tenue, abonnés au festival) vendent en particulier leurs bijoux, le métissage est à l’honneur. Ici la foule présente n’est pas uniforme, mais disparate, le communautarisme est absent comme dans le jazz, musique ouverte : jeunes et vieux, personnalités et quidams, punks et smarts, blancs et noirs, autochtones et étrangers (beaucoup d’étrangers sensibles à la musique et à l’art de vivre gersois) se côtoient sans distinction, dans les queues on se parle, même si l’expression n’est pas homogène. Les musiciens se promènent dans le festival, naturellement, on en rencontre m^me le matin autour du lac faisant un footing…
C’est aussi des expositions d’art, des conférences, des animations dont le Coin des Gamins, paradis des 5 à 14 ans, qui propose gratuitement tous les jours des apprentissages divers et variés, du modelage aux ateliers de percussions, en passant par les pratiques du cirque.
Le festival c’est cette année : 865 bénévoles de tous ages à la disposition du festival pour animer, nettoyer, placer, etc...Tant qu’on est dans les chiffres c’est aussi 564 musiciens, 132 journalistes et photographes répertoriés et logés, sans compter les musiciens anonymes.





Samedi soir 3 août au chapiteau, Wynton Marsalis est présent pour la deuxième fois (habituelle programmation) de la saison avec son quintette. Trompettiste, ambassadeur et parrain attitré du festival (à la suite de Bill Coleman et Guy Lafitte), présent à chaque édition depuis 1991, il intervient régulièrement au long de l’année dans les classes jazz du collège de Marciac (devenu une pépinière de nouveaux talents). Une statue à son effigie a été érigée sur une place près du centre du village où l’on a situé les Territoires du Jazz (locaux abritant l’histoire du jazz et les expositions). Ce soir, c’est la soirée où il partage la scène avec un invité qui a pu être, par exemple, il y a quelques années, Richard Galliano, pour un spectacle intitulé « d'Edith Piaf
à Billie Holiday ». Le jazz est une musique ouverte et variée, elle peut encourager tous les mélanges de sensibilités, toute les expériences, c’est une musique de métissage, en tout cas à Marciac c’est la règle, même si certains festivals de jazz pratiquent parfois une politique plus sélective. Ce soir il a invité The Sachal Jazz Ensemble dirigé par Nijat Ali. « Un américain invite des pakistanais pour partager un moment de vie, seule la musique produit ceci aujourd’hui, pourquoi cela ne deviendrait pas normalité… » dit Wynton calmement, placidement, sereinement à son habitude. Et l’émotion est présente, les instrumentistes pakistanais sont à la hauteur, particulièrement les solos de flûte ou de sithar. Encore un grand moment. Puis vint le grand pianiste Ahmad Jamal et son quartet rythmique. « A son age, 83 ans, il ne cherche plus à surprendre par sa  vivacité technique … certains nommeront cela l’excellence, d’autres diront : c’était pas mal » dira le journal quotidien du festival. Personnellement la créativité de son groupe rythmique ne compensera pas le rabachage d’Ahmad ce soir. Si une grande partie du public était « Ahmad-doué », je me suis ennuyé.
Dans la semaine nous écouterons au festival off, avec grand intérêt, les groupes Ting A Ling, Soul serenade et sa chanteuse, Mississipi Jazz Band, Michel Bonnet Mem’Ory, mais aussi Anne Paceo 5tet, Jazz trad, Paul Cheron 7tet. C’est notre hit parade du festival off.




Samedi 10 août en concert de clôture du Chapiteau, les manouches du trio Rosenberg et leur invité le violoniste Costel Nitescu, enflammeront le Chapiteau en première partie, avant Goran Bregovic et son orchestre des mariages et enterrements. Goran Bregovic alternera les explosions musicales dont il a le secret, avec des extraits de la musique du film « la reine Margot » et son chœur masculin. Là, il faudra toute la maîtrise et le doigté de Bregovic pour obtenir de la partie jeune du public le silence et le calme après l’emballement provoqué par certains morceaux. Il obtiendra même de les faire chanter en chœur mélodieusement, et il dirigera la fête durant deux heures et demi. Quel artiste !
Le matin, entre 7h et 8h, à l’heure des brumes sur le lac, aux campings cars tout le monde dort, quelques voitures ont encore leurs occupants finissant leur nuit, les deux clochers du village pointent leur dard dans le soleil levant, et la place du village se réveille lentement occupée seulement par quelques employés municipaux de service de nettoyage, et de Marciacais qui devisent sur le temps qu’il va faire, se saluant par le prénom, à la boulangerie ou chez le marchand de journaux (la Dépêche bien sûr).
Dans un moment quelques festivaliers endormis viendront prendre leur café et les volets se refermeront pour conserver la fraicheur intérieure et un peu d’intimité. La foule reprendra possession de la place et le festival off se terminera tranquillement dans trois jours. A l’année prochaine !

 A bientôt.

samedi 27 juillet 2013

L’appartenance à l’UE c’est un gouvernement des riches pour les riches

 Les 500 premières fortunes de France se sont enrichies de 25% en un an

Le journal Les Echos du 10 juillet dernier rapporte :
« Les 500 premières fortunes de France ne connaissent pas la crise et ont même vu leur richesse globale augmenter de près d’un quart en un an, rapporte l’hebdomadaire Challenges à paraître jeudi. Son montant s’établit à 330 milliards d’euros. Il a quadruplé en une décennie et représente 16% du produit intérieur brut du pays. Il compte aussi pour 10% du patrimoine financier des Français, « soit un dixième de la richesse entre les mains d’un 100 millième de la population ». Ce groupe de 500 compte 55 milliardaires, 10 de plus que l’année dernière, précise l’hebdomadaire. »
Les dix premiers sont...
Les dix premiers du classement ont vu leur fortune croître de 30 milliards en douze mois, à 135 milliards (40% du total). En tête de liste, Bernard Arnault PDG de LVMH, affiche une fortune de 24,3 milliards d’euros, en hausse de 3,1 milliards. Il est suivi de l’héritière de l’Oréal, Liliane Bettencourt, avec une fortune de 23,2 milliards, qui a fait un bond de 7,9 milliards. Gérard Mulliez, du groupe de distribution Auchan, arrive non loin derrière avec 19 milliards (+ 1 milliard), suivi de Bertrand Puech (Hermès)dont la richesse s’est maintenue à 17,4 milliards.
Les suivants sont Serge Dassault, du groupe industriel Marcel Dassault (12,8 milliards d’euros), François Pinault (Kering, 11 milliards), Vincent Bolloré (Bolloré, 8 milliards), le « roi de la bière et du vin » Pierre Castel (7 milliards) , qui fait cette année son entrée dans le Top-10, Alain Wertheimer de Chanel (7 milliards), lui aussi nouveau membre du club des 10. Enfin le dernier du Top-10 est le fondateur de l’opérateur Free, Xavier Niel, entré dans le classement des 500 plus grandes fortunes de France en 2003 avec 80 millions d’euros et qui pèse actuellement plus de 70 fois plus (5,9 milliards).
Ce qui fait dire à un économiste de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) :
« La politique de la gauche n’appauvrit pas les riches et en une année leur fortune a augmenté de… 25 % ! »
Quelle lucidité ! Il y aurait de quoi rire ! Ledit gouvernement, en même temps qu’il enrichit les riches, continue sans faillir à appauvrir la population. L’un ne va pas sans l’autre, le gâteau n’est pas extensible. 
« Vous avez dit quoi ?  Justice sociale !..., c’est quoi ?  Une insulte ?.. ».

Et oui, comme dit le beauf de droite « il faut des riches pour nous nourrir ». Mais on n’en est pas là. On est dans une société où l’on appauvrit le pauvre au profit du riche. Jusqu’à quand ?...

Et en plus les sociétés ne paient pas les impôts !

Que représente l’impôt pour les stars du CAC 40 ?

Sujet souvent polémique, la fiscalité des grands groupes cotés recouvre des réalités très contrastées. Fonction pour l’essentiel du secteur et de la localisation géographique de l’activité, la facture fiscale payée par chaque membre de l’indice à l’échelle mondiale est aussi le reflet de la capacité de chacun à optimiser son montant.Le journal «Les Echos» dresse un panorama sur la base des données compilées en exclusivité par le cabinet Landwell & Associés (PwC). Et il remarque :          
« Quid des impôts en France ?
La lecture des comptes ­consolidés des entreprises françaises ne permet pas de savoir combien d’impôt est dû ou payé dans chaque pays. Par ailleurs, Bercy ne communique pas le détail des impôts collectés auprès de chaque société. Néanmoins, selon le rapport de Gilles Carrez publié en 2011, les groupes du CAC 40 ont été redevables d’un montant moyen par exercice et hors crédit d’impôt recherche de 3,5 milliards d’euros (soit 86 millions par groupe) pour les exercices clos en 2007, 2008 et 2009. Le rapport montre aussi que la moitié des stars de la cote ont acquitté un ­impôt dérisoire au regard du chiffre d’affaires généré. »

Malgré la crise, la richesse mondiale a augmenté de plus de cinq milliards entre 2007 et 2012.

 En 2012, le monde comptait 12 millions d’individus fortunés, c’est-à-dire des personnes qui disposaient d’au moins un million de dollars à investir. Par rapport à 2011, le nombre de millionnaires a ainsi augmenté de 9,2%, selon le rapport sur la richesse dans le monde, réalisé par les cabinets de conseil Cap Gemini et RBC Wealth Management.

Une richesse équivalente à 175 fois le budget européen



Chiffre vertigineux, la richesse globale de ces individus représentait 46.200 milliards de dollars en 2012, soit 35.000 milliards d’euros. A titre de comparaison, cela fait à peu près 175 fois le montant du budget européen pour 2013.
Les fortunes mondiales n’ont pas vraiment pâti de la crise. Entre 2007 et 2012, la richesse totale des individus fortunés a progressé de 5.500 milliards de dollars. D’après le rapport, cette somme devrait atteindre 55.800 milliards de dollars d’ici à 2015.
"Le salaire, les primes, la propriété d’entreprise et les investissements composaient plus des deux-tiers de la source de richesse des personnes interrogées", précise-t-il.

Pendant ce temps le ministre de l'intérieur, Manuel Valls, a annoncé jeudi 24 janvier une baisse de 8 % du nombre des morts sur les routes en 2012, ramené à son plus bas historique.
Le ministre a réaffirmé son objectif de "diviser par deux, d'ici à 2020, le nombre de morts sur les routes" appelant à "sans cesse poursuivre nos efforts". L'an passé, 3 645 personnes ont été tuées sur les routes, soit 318 vies épargnées par rapport à 2011, a déclaré le ministre, en présentant le bilan annuel des accidents de la route. C'est, a-t-il ajouté, "le plus bas niveau de tués" depuis 1948, année où ils ont commencé d'être officiellement comptabilisés
Je voudrai ramener ce grand objectif du ministre de l’intérieur a un parallèle avec une autre statistique passée en coup de vent sur nos grands journaux d’information. Le suicide. On en parle en Grèce, en Italie mais c’est normal ils ont des problèmes et nous « sommes à l’abri ». Pourtant l'enjeu est de taille. En 2010, en France, sur 10.000 cas de suicides, il y en a eu environ 3.000 chez les plus de 65 ans, alors que les personnes âgées ne représentent que 20% de la population totale. Et les plus de 85 ans seraient même quatre fois plus nombreux à se suicider que la moyenne de la population. Le suicide est même l'une des trois principales causes de décès des personnes âgées, après le cancer et les maladies cardiovasculaires, selon le ministère. "A l'inverse du suicide de l'adolescent, le suicide de la personne âgée provoque peu d'émoi médiatique. C'est un phénomène constamment sous-évalué et banalisé, voire tabou", a souligné Michèle Delaunay pour défendre son rapport.

Tout ceci fait partie d’un ensemble et je me pose la question :
« Dans quelle société vivons nous ? »

A bientôt.



lundi 22 juillet 2013

JE NE L'AVAIS PAS ENCORE FAIT :



 Dans la série de mon titre « LE TRAVAIL TUE » voilà la Une de Courrier International du 30 mai 2013.




Je vous propose de lire :
L'édito de Eric Chol

Europe : les errements de Tina

Depuis cinq ans, l’Europe vit sous le règne de Tina, déesse du pouvoir et de l’argent, symbole de la vertu et de la raison. D’apparence sévère, la divinité possède de grands talents, qu’elle exerce de son Olympe de Francfort ou de son refuge bruxellois. Munie de son bâton d’austérité, Tina a parcouru l’Europe, d’Athènes à Lisbonne, de Londres à Madrid, de Rome à Dublin, en distribuant à ses sujets souffrants des breuvages au goût amer. S’inspirant des faux médecins du XVIIe siècle, elle pratique abondamment les saignées et les amputations en répétant, telle une formule magique : “Le déficit, le déficit, vous dis-je.” Et tandis que le continent européen, amoindri par la maladie et les mauvais traitements, s’achemine vers un déclin inéluctable, Tina exulte, promettant des lendemains meilleurs en échange de toujours plus de rigueur. Et si la déesse capricieuse s’était trompée ? Si ses potions imbuvables n’étaient que du poison ? Car il ne faut pas s’appeler Argan, le malade imaginaire de Molière, pour comprendre que “[se] couper un bras et [se] crever un œil, afin que l’autre se porte mieux” relève au mieux de l’absurdité, au pire de la sorcellerie. La vérité, c’est que Tina n’est pas une déesse, elle est une sorcière. Aveuglée par ses pouvoirs, elle a répandu le mal. Il est grand temps de se débarrasser de Tina, au nom terriblement sinistre (There Is No Alternative). L’austérité, l’Europe l’a appris à ses dépens, est une arme fatale.
 


Trois articles à lire sur ce numéro de Courrier International.
Celui par qui le scandale est arrivé est un jeune doctorant américain. Effectivement pour cet étudiant et son prof, rien ne prouve – comme l’ont affirmé les célèbres économistes de Harvard, Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff – que la croissance d’un pays ­s’effondre si son endettement dépasse 90 % de son PIB, car il a relevé des erreurs fondamentales dans leur étude.
L’affaire dépasse largement le cadre ­académique. Car, comme le ­rappelle le Prix Nobel d’économie
Paul ­Krugman, en Europe et aux Etats-Unis, les ­partisans de l’austérité se sont emparés des travaux de ­Reinhart et Rogoff pour ­justifier leur politique. Une politique dont les effets sur la santé publique sont catastrophiques. Le prix des politiques de rigueur qui taillent dans les dépenses de santé et de protection sociale se compte en vies humaines. C’est ce qu’affirment deux chercheurs dans un nouvel ouvrage qui fait grand bruit.


A bientôt
 

samedi 27 avril 2013

LE TRAVAIL TUE : MEME PAS PEUR !






Jeudi 18 avril : catastrophe industrielle au Texas, 15 morts, 60 disparus, 200 blessés.
Vendredi 19 avril : attentat terroriste à Boston 3 morts, 130 blessés

Eclipsé par la folle chasse à l’homme de Boston, « l’accident » a quitté la une des journaux américains (et des nôtres) le jour même.

Réalités.
Une correspondante du journal Le Monde écrit à propos du Texas « j’ai eu l’impression surréaliste de vivre dans un monde où tout le monde il est beau et gentil, où les entreprises se doivent de prendre des risques pour rester rentables et assurer l’emploi des travailleurs, où les victimes sont courageuses, pas chochottes, et toutes prêtes à retourner vite au boulot. Aux Etats-Unis, si pas de travail, pas d’indemnité de chômage (ou très peu), pas d’assurance médicale, perte de sa maison… ».
Pourtant l’historique des infractions à la réglementation, des amendes distribuées par les gendarmes fédéraux ou locaux, imputées à cette usine, est impressionnant. La dernière inspection des autorités fédérales sanitaires aurait été conduite il y a 28 ans. Le directeur de la Texas Commission on Environmental Quality explique que la boîte, créée en 1962, bénéficiait du système «  grand-father  » (grand-père), qui dispense les vieilles usines de respecter toutes les normes en vigueur.
Observons qu’AZF n’accumulait pas au départ autant d’infractions à la loi que l’entreprise texane, et que l’administration française avait moins de négligences à se reprocher que les différentes autorités de régulation aux EU. La correspondante du journal Le Monde remarque  « Même lorsqu’ils sont conscients des risques, les gens n’ont parfois pas d’autre choix que d’habiter en pleine pollution, au milieu des usines et dans une atmosphère pourrie écœurante, comme je l’avais constaté avec horreur dans les villes pétrochimiques de Texas City et Pasadena : les cours des maisons donnaient sur les tuyaux des raffineries ».
Il est de bon ton de récriminer sur la Chine qui ne respecte rien, mais les EU (le pays des libertés dit-on) n’ont pas l’air en meilleure posture. Les accidents technologiques sont un peu considérés comme des fatalités inhérentes à l’activité économique, alors qu’on pourrait dénoncer l’incurie, la négligence et/ou la rapacité des exploitants de l’installation fautive.



Irrationalité.
Le lendemain l’attentat de Boston avait pris la « une »des médias. La correspondante du journal Le Monde précisait «J’ai écouté les radios américaines toute la journée, elles ont à peine reparlé de l’accident de West au Texas ». 
La raison, faculté propre à l'esprit humain, devrait normalement nous amener à réfléchir, pour évaluer les degrés de dangerosité et de sécurité, de fixer des critères de vérité et d'erreur, et aussi de mettre en œuvre des moyens en vue d'une fin donnée. Hors l’irrationnel domine les médias, et apparemment nos esprits. La psychose de l’attentat (amplifiée par les médias) submerge la raison. On va pleurer à chaque marathon, et on continuera de passer et de travailler dans des « pétaudières » cent fois plus dangereuses. On a peur de prendre l’avion, et on roule en voiture avec cent fois plus de risques.

Accidents du travail : 2 morts par jour en France, 5 000 dans le monde.


Regardons la réalité :

Aujourd’hui, en France, selon les chiffres de l’assurance maladie et du ministère du Travail,
le travail tue, blesse et rend malade, à raison de deux morts par jour dus à des accidents du travail, de huit morts par jour dus à l’amiante, de deux millions et demi de salariés exposés chaque jour dans leur travail à des cocktails cancérogènes.
Le Bureau international du travail (BIT) a publié un rapport, la Sécurité au travail en chiffres qui montre que 5.000 personnes par jour dans le monde meurent dans le cadre de leur travail.
Ce sont des millions d’hommes et de femmes constamment poussés aux limites de ce qu’un être humain peut supporter, moralement et physiquement.

Tout cela est le fait d’un système qui privilégie le profit, la finance, aux dépens de l’exploité.Un système en crise, à bout de souffle, qui génère, comme dans toute dépression, des terrorismes, mais qui tue directement dans une proportion inégalée et cela dans un silence de … mort. Zola redevient actuel. « Heureusement » l’Europe se désindustrialise pourrait-on dire.

Jusqu’où la barbarie peut-elle continuer ?


A bientöt


dimanche 7 avril 2013

Retour sur la viande de cheval renommée boeuf

 

 

 

Suivant notre habitude sur ce blog nous traitons rarement « l’actu », peu propice à la réflexion. Peut-être vous rappelez-vous le scandale de la viande de cheval « renommée » bœuf. Ce scandale limité, en apparence, à l’UE (Union Européenne) laquelle, comme le relève le journal roumain « Romania libera », « s’appelait Communauté économique européenne (CEE) jusqu’en 1993, titre qui reflétait bien mieux son essence » écrit-il. Personnellement je pense au contraire que le changement de « titre » n’est pas un hasard, mais reflète bien le passage de la domination de l’économique à celle du tout financier.  
A travers la presse britannique, où le scandale a commencé, et européenne essayons d’éclairer quelques points.

Tabous sociétaux.
Tout d’abord un article du maire de Londres depuis 2008 et toujours journaliste britannique, , Boris Johnson, membre du Parti conservateur, né en 1964 nous signale-t-on. Ses chroniques « ludiques, érudites et iconoclastes » paraissent tous les lundis dans The Daily Telegraph, le quotidien britannique grand format le plus vendu, très proche du Parti conservateur.

« Imaginez que vous êtes un anthropologue venu de Mars. Vous débarquez sur Terre. En ramassant un journal, vous découvrez que les habitants ne décolèrent pas parce qu’on leur a fait manger de la viande de cheval à leur insu. Vous remarquez les tentatives des ministères pour consoler le public endeuillé, l’inquiétude du Premier ministre qui redoute que cette affaire “dégoûtante” ne se retrouve au menu pour un bon moment et vous constatez l’hystérie généralisée qui s’est emparée du pays. Puis vous prenez le train pour Paris et dans un restaurant votre détecteur d’ADN vous informe que la belle pièce de viande sucrée qui se trouve dans votre assiette n’est autre que cette viande chevaline qui fait verser des larmes aux Britanniques.
Incroyable ! Voilà deux pays ayant à peu près le même niveau de civilisation, une histoire et des langues intimement liées, et qui à l’ère d’Internet affichent des conceptions radicalement différentes quant à la consommation de ce fier compagnon de l’humain qu’est le cheval. De fait, après un rapide tour du monde, vous découvrez que ce sont les scrupules britanniques qui semblent excessifs. Du Mexique au Kazakhstan, on trouve du cheval dans toutes les assiettes; et les Chinois n’hésitent pas à engloutir chaque année 1,7 million de canassons. L’hippophagie est un phénomène qui lie entre elles des communautés aussi étendues qu’hétérogènes. Et pourtant la viande de cheval reste un tabou en Grande-Bretagne. Fronçant frénétiquement vos sourcils verts, vous vous télétransportez tout autour du monde à la recherche d’autres exemples de tabous alimentaires. En quelques jours, votre récolte est abondante. Les pays musulmans mangent du chameau et des yeux de mouton mais ils ne touchent pas aux chiens, contrairement aux Coréens qui élèvent des milliers de canidés pour mieux les déguster. Certains cantons suisses se régalent de fricassée de chat, tandis que d’autres cantons sont scandalisés par ces pratiques. Certaines religions interdisent la consommation de porc et d’autres, celle des crustacés. Tout en remplissant votre carnet électronique de tous ces détails exotiques, vous tentez d’analyser ce mystère. Pourquoi un même aliment est-il interdit par certaines cultures et mis à l’honneur par d’autres ? Alors, pourquoi donc ?
Vous mâchonnez votre stylo intergalactique quand soudain vos yeux sortent de leurs orbites sur leurs longues tiges rouges : vous venez de comprendre. Tout est question de contrôle. Cette amusante espèce qui a nom Homo sapiens sort à peine de sa sauvagerie préhistorique et redoute plus que tout un retour à la barbarie et au chaos. La race humaine a donc élaboré au cours des millénaires l’idée du tabou comme instrument de cohésion sociale. Certaines choses sont nefastus,  haram, interdites. Au plan individuel et collectif, les peuples ont érigé de petites clôtures électriques dans leur tête, et, en tombant d’accord sur ce qui était tabou, ils ont défini leur identité, se déterminant par opposition aux autres, créant ainsi un sentiment d’identité essentiel. Par ce contrôle de petits détails de comportement, la société a pu étendre son contrôle à d’autres aspects plus importants. Vous découvrez alors que le plus intéressant dans le tabou, c’est qu’il évolue avec le temps. Certaines choses qui étaient acceptables à une époque donnée peuvent devenir source de scandale à une autre époque et vice versa. Le tabac est aujourd’hui tabou et ne reviendra jamais à la mode. Quant au mariage gay, à en croire les sondages, la majorité des gens ne comprend pas pourquoi on en fait tout un plat pour la simple raison que l’homosexualité n’est plus taboue. Aujourd’hui, c’est le sexe avec des mineurs qui est devenu un tabou beaucoup plus virulent. De retour dans votre soucoupe volante, vous rédigez les conclusions du rapport sur les tabous humains que vous allez présenter à vos confrères anthropologues dès votre retour sur Mars. Vous décidez que si les tabous varient selon les pays, c’est parce que leur contenu importe moins que la proscription elle-même ; et qu’une société se définit par ce qu’elle juge ou non acceptable. Sur quoi porteront les prochains interdits, concluez-vous brillamment ? Si pour les Britanniques et les Américains manger du chien, du chat et du cheval est déjà haram, combien de temps faudra-t-il pour que tous les animaux soient exclus de notre régime alimentaire ? Vous pariez que, dans cent ans, les Britanniques érigeront des monuments à la mémoire des multitudes d’animaux morts pour les nourrir, et le Premier ministre britannique présentera ses excuses à tous les bœufs abattus pour fournir le traditionnel roast beef du dimanche. »

Sur cette mise au point d’un britannique envers ses compatriotes, entrons dans le problème lui-même avec des extraits d’un article de  John Lichfield dans « The Independent on Sunday » :

 « …Elle est sortie d’abattoirs roumains qui produisent et découpent de la viande aussi bien bovine qu’équine. Elle a ensuite été importée, en passant par les Pays Bas, dans le sud de la France par une société fondée par deux frères rugbymen, les Spanghero, qui l’a revendue à une autre entreprise française, Comigel, de Metz. Enfin, elle a rejoint au Luxembourg voisin une usine fabriquant des plats surgelés pour des supermarchés de 16 pays de l’Union européenne. Mais la liste des intermédiaires n’est sans doute pas encore exhaustive. Le 10 février, Benoît Hamon, le ministre français chargé de la Consommation, détaillait de façon plus byzantine encore le parcours suivi par la viande. Selon une enquête préliminaire, a-t-il déclaré, elle serait aussi passée par Poujol, une autre société française, qui “a acquis la viande surgelée auprès d’un trader chypriote, qui avait sous-traité la commande à un trader situé aux Pays-Bas, ce dernier s’étant fourni auprès d’un abattoir […] situé en Roumanie”, précise le communiqué du ministère. »…« Des produits censés être composés de bœuf mais contenant de l’ADN de cheval ont été découverts en Irlande, en Espagne, en Suède, et sans doute aussi aux Pays-Bas. On sait que Comigel, la société française qui fournissait à Findus et à Aldi la viande frelatée contenue dans des lasagnes et des spaghettis à la bolognaise, distribue ses produits sous différentes marques dans 16 pays de l’UE. »…« A tout cela viennent s’ajouter les quantités colossales de viande chevaline importée en Europe pour l’alimentation animale ou humaine (les Italiens sont les plus gros consommateurs du continent), mais aussi pour des produits non alimentaires. En 2011, la France a importé 1,8 million de tonnes de viande de cheval du Canada, et 1,2 million de tonnes supplémentaires du Mexique, l’essentiel provenant à l’origine des Etats-Unis. L’Hexagone abat également 16 970 chevaux par an, mais dans cette crise sanitaire c’est plutôt la viande provenant d’Europe centrale et orientale, ainsi que des Etats-Unis, qui est montrée du doigt. »

La mondialisation est à l’honneur dans ces circuits, comme diraient les « experts » ; « c’est un circuit moderne et financièrement lucratif ». On peut remarquer que Comigel fabrique des plats cuisinés sous différentes marques, plus ou moins chères, mais finalement identiques. En fait le prix est déterminé par l’image plus ou moins bonne de la marque qui commercialise et non du contenu comme les « experts » s’appliquent à nous le faire croire. Ceci me fait penser à un article du supplément économique d’El Pais regrettant que la marque « Allemagne » se vende plus cher et plus facilement que la marque Espagne, alors que, par exemple, vous pouvez doubler sur l’autoroute des camions « montant vers le nord » avec des Opel neuves fabriquées à Saragosse pour être livrées en Allemagne ou ailleurs, avec l’estampille fabrication allemande.

Mats-Eric Nilsson dans le journal suédois Aftonbladet va plus loin dans cette implication de la finance et de la publicité :

«… Cela dit, je suis aussi choqué que n’importe qui par le dernier scandale alimentaire en date. La vraie révélation de cette affaire n’est pas tant que l’on ait mis du cheval dans un plat qui ne devait pas en contenir, mais plutôt que l’industrie agro­alimentaire se soit laissé berner et ait perdu la maîtrise de ses produits. Le fait que nous, consommateurs, ayons été trompés est déjà grave en soi. Mais, en réalité, le plus grave est que les entreprises responsables ne savent pas elles-mêmes ce qu’elles commercialisent. Par ailleurs, leurs déclarations ne veulent rien dire. “Nos lasagnes ont fait l’objet d’une sélection soigneuse de manière à répondre à nos critères rigoureux en matière de goût, de qualité et d’apport nutritionnel”, pouvait-on lire sur le produit Findus incriminé, aujourd’hui retiré de la vente. Alors qu’ils ne savaient manifestement même pas de quelle viande il s’agissait. Dans ces conditions, comment peuvent-ils se prononcer sur la qualité du produit ?
Toutes sont confectionnées par le même groupe français, qui, sous une multitude de marques, produit chaque année plusieurs dizaines de milliers de tonnes de plats cuisinés qu’il exporte vers quinze pays.
Le fond du problème réside dans la pression concurrentielle impitoyable, à l’œuvre dans un système totalement opaque, à la fois pour les autorités et pour le consommateur. Les ingrédients et les additifs sont achetés sur un marché au comptant international où celui qui fait l’offre la plus basse remporte le droit d’approvisionner les énormes usines de production d’où sortent aujourd’hui nos plats cuisinés.
Il n’est donc pas étonnant de découvrir qu’un fournisseur moins scrupuleux que les autres a eu l’idée de frauder. Et il y a fort à parier que ce scandale ne sera pas le dernier. A bien des égards, la production alimentaire mondiale est en pleine dérive. En vantant des produits fabriqués selon les recettes de nos mères et de nos grands-mères, l’industrie s’évertue à créer de la proximité et de l’authenticité. Or la vérité est que ses produits sont de plus en plus anonymes et se composent essentiellement d’ingrédients à bas prix importés du monde entier. »

  Les fonds d’investissement en cause…

Martha Gill dans l’hebdo britannique New Statesman  arrive au “vrai” problème :

« Jusqu’ici, on a peu parlé du fait que Findus, la société qui est aujourd’hui sur la sellette dans le scandale des produits à la viande de cheval, a été racheté en 2008 par le fonds d’investissement privé Lion Capital. En règle générale, les fonds d’investissement rendent les entreprises qu’ils rachètent plus rentables avant de les revendre avec profit. Ils sont également connus pour les faire crouler sous les dettes avant de leur imposer des programmes de réduction des coûts draconiens. Un rapide examen de l’expérience de Findus au cours des cinq dernières années montre que c’est exactement ce qui s’est produit dans son cas. En difficulté depuis son rachat, Findus a dû récemment recevoir une injection de 257,9 millions d’euros pour pouvoir rester à flot. Il a également subi une “importante restructuration” l’an dernier. En était-il arrivé au point de devoir utiliser de la viande moins chère ? L
e 8 février, les projecteurs se sont braqués sur Comigel, l’entreprise française qui fournit la viande à Findus. En 2007, le groupe Comigel a lui aussi été racheté par un fonds d’investissement privé, Céréa Capital qui a imposé des programmes de réduction des coûts.
Ce qu’il faut retenir de cette affaire, c’est que certaines sociétés ne peuvent supporter d’être restructurées au point de mettre leurs produits en péril. Et cela vaut particulièrement pour les entreprises alimentaires.
Pas besoin de test d’ADN. Nous devons juste surveiller les aliments qui sortent de filières comportant des entreprises rachetées : c’est de là que va venir le prochain scandale alimentaire. »

Pas folle Martha !
J’écrivais un article en 2008 sur l’ADT expliquant le rôle des fonds de pension et d’investissements dans la financiarisation des entreprises, et je concluais 
« L’histoire récente démontre que les dirigeants de ces fonds de pension et d’investissements ne s’occupent pas d’où vient l’argent, mais du système qui les a créés et des résultats financiers à l’intérieur de ce système, donc du profit. Ils se tournent vers le profit financier pur, l’investissement se désagrège, les moyens de production monopolisés ne se développent plus. On parle même aujourd’hui de prochaines famines dans les pays pauvres et de possibles pénuries de denrées alimentaires dans les pays riches (source ONU), non pour des problèmes climatiques, mais uniquement par des problèmes d’approvisionnement et de prix (Afrique, etc…) dues à la raréfaction de l’offre pour maintenir le profit, résultat de l’ « industrialisation » (ou « libéralisation ») de l’agriculture. Le cas du lait est symptomatique de cet état de fait. Il y a 30 ans le lait, produit en abondance en Europe était stocké pour les « excédents » et jeté à la mer pour maintenir, disait-on, les prix à la production. Aujourd’hui grâce à la « rationalisation » et l’industrialisation de la production (en fait garantir le profit des gros industriels du lait par une raréfaction ou « décroissance de l’offre ») la production de lait en Europe ne suffit plus. Depuis un an les augmentations sont énormes (près de 100% dans certains pays européens) dues à la raréfaction de l’offre. Le système économique capitaliste libéral a tué la majorité des producteurs (surtout les petits et moyens) pour garantir le profit. C’est l’assassinat organisé et planifié de millions d’humains de pays pauvres, ou appauvris dans les pays « riches ». Ce n’est qu’un exemple, beaucoup d’autres peuvent être cités (sources officielles ONU). Le capitalisme aborde son stade ultime. »
Toutes les filières sont susceptibles d’intéresser ces fonds « vautours », le bio au même titre.
 A bientôt.
Sources : Courrier International.

jeudi 28 mars 2013

Nouvelles de ces derniers jours.



Baisser le coût du travail, refondation de l’école, ce que l’histoire retiendra

Radios, journaux télévisés et la plupart des grands quotidiens présentent l’accord interprofessionnel conclu entre la CFDT, la CFTC, la CGC et le patronat, le 11 janvier, comme étant « historique ». Cet accord « est le plus important depuis plus de trente ans », a même lancé le Premier ministre.
Historique ? Ce que l’histoire retiendra vraiment, et qui sera primordial pour la suite des évènements, c’est que ni la CGT ni FO ne l’ont signé ! C’est un véritable échec pour le gouvernement qui s’était fait fort de donner une place particulière au « dialogue social », comptant même l’inscrire dans la Constitution. Il recherchait ainsi un moyen d’intégrer les organisations syndicales dans la politique gouvernementale, les associer à une brutale remise en cause du droit du travail, au nom de la compétitivité des entreprises. C’est raté. C’est un gouvernement en crise qui, sous l’effet des exigences de l’Union Européenne et du patronat, n’a d’autre choix que d’aller de l’avant dans les contre-réformes anti-ouvrières. Cela le fragilise encore plus, d’autant plus que ce revers n’est pas isolé. Dans l’enseignement, le gouvernement est confronté au rejet quasi unanime des enseignants et des syndicats concernant son projet d’aménagement des rythmes scolaires et de « territorialisation » de l’école. Instruction bannie, contenu restreint, au profit de « la mise en confiance de l’élève, de l’apprentissage du lien social, de savoir effectuer des tris dans l’information numérique ».  « Régionalisation » des écoles (au niveau de la commune pour les écoles primaires) synonyme d’éclatement définitif de l’égalité républicaine dans le domaine des savoirs. On parle « d’acquis régionalisés » !
Sans parler des atteintes aux retraites et à la santé, qui lèsent profondément notre avenir.

Mini zoom sur … l’Allemagne
Rappelons nous en 2003, Gerhard Schröder engage l'Allemagne dans la réforme sociale la plus vaste de son histoire, pour mettre en place les réformes demandées par l’Union Européenne. Une « transformation » en profondeur du marché du travail, une « réforme » du système de santé, de la retraite et du système scolaire.

Dix ans plus tard, le pari semble réussi si l’on se place du point de vue des dirigeants de l’UE. Mais « les esprits sont divisés sur le bilan réel des réformes économiques et sociales du chancelier social-démocrate » reconnaissent les « experts » européens. Et les effets des mesures « d’appauvrissement » du peuple ne sont pas encore achevées.

Les mesures les plus emblématiques ?
La réduction de la durée des indemnités chômage de 32 à 12 mois maximum : après un an, les chômeurs touchent l'équivalent de l'aide sociale. Loi connue sous le nom de « Hartz 4 », du nom de l'ancien DRH de Volkswagen qui l’a inspirée. La flexibilité accordée aux entreprises pour « s'affranchir » des conventions collectives de branche, ou encore le développement des « minijobs », payés jusqu'à 450 euros par mois au maximum. Réduction de l'impôt sur les sociétés et abaissement de 45 à 42 % du taux maximum d'imposition sur le revenu, aujourd’hui ce taux est revenu à 45% comme en France. Huit ans plus tard, l'Allemagne a divisé par deux son taux de chômage et compte 42 millions d'actifs. Mais l'Agenda 2010 a accru les inégalités. Alors que les revenus des riches ont augmenté, ceux du bas de l'échelle ont baissé. Un exemple : les 7 millions de « minijobs » ne sont rémunérés pour la plupart qu'entre 200 et 250 euros par mois, pour une durée de travail normale (soit 17% des salariés et ce chiffre est en courbe ascendante). Souvent, l'Etat est obligé de verser un complément. En d'autres termes, l'Etat subventionne des emplois à bas salaires au bénéfice des entreprises, qui profitent d'une main-d'oeuvre bon marché. Mais cela pose la question des futures retraites de ces salariés qui n'ont pas de quoi cotiser. Enfin, le but de ces emplois peu qualifiés était que les chômeurs trouvent ensuite un emploi stable, ce qui est rarement le cas.

A six mois des élections, le SPD, qui a enregistré en 2009 le plus mauvais résultat de son histoire avec 23 % des voix, vient d'axer son programme électoral sur la justice sociale, et estime nécessaire d'apporter des corrections aux réformes, mais quelle crédibilité a-t-il ? En fait comme en Espagne ou en Grèce, plus aucune. Mais c'est aussi le cas de la CDU, dont la candidate, Angela Merkel, ne veut en aucun cas abandonner le terrain social à son adversaire. Témoin, les deux partis, qui ont dirigé ensemble le pays entre 2005 et 2009, veulent chacun introduire une forme de salaire minimal, ce qu'ils excluaient il y a encore cinq ans. Les vestes se retournent facilement.

Un sondage de décembre 2012, par Forsa, organisme allemand d’analyses statistiques, prouve l’état d’esprit des allemands dans le pays soi disant à imiter. A la question : « Avez-vous peur de l’avenir ? » la réponse NON obtient 14%, Oui un peu 24% , Oui beaucoup, 35%, Oui énormément 26%. En tout 85% des allemands ont peur de l’avenir ! Vive le « modèle » !
Des grandes entreprises (Thyssen, Deutsche Bank, Deutsche Bahn, Bosch, Siemens) sont prises dans des scandales, des problèmes de livraisons, gestion calamiteuse, corruption, fausses factures, commissions douteuses et infractions à la législation sur les cartels ou manipulation du taux d’intérêt interbancaire.
« Tout cela arrive au moment où la chancelière vend au monde entier les vertus du modèle allemand, où l’on fustige sans retenue l’économie boiteuse de certains pays d’Europe, la corruption et la mauvaise gestion d’autres nations » nous dit le Frankfurter Rundschau.
Et oui, surtout adoptez vite le « modèle allemand » avant que celui-ci soit trop mal en point.

Comme on chantait dans les années précédant la guerre de 1940 :
« …Mais, à part ça, Madame la Marquise
Tout va très bien, tout va très bien.… »
Alors que plus rien ne restait de ses biens incendiés !...

Puis vint Chypre.

Aujourd’hui la France est sommée par l’UE de réaliser ces réformes que les gouvernements précédents n’arrivaient pas à mettre en place à cause de la résistance des travailleurs. Dans les journaux, les radios, les télévisions, une horde « d’experts » se relaie pour indiquer au bon peuple ce qu’il faut penser. Et « d’experts » de droite à « experts » de gauche, il y en a pour tous les goûts, mais avec la même recette. Ceux qui ont des avis divergents ne seraient pas crédibles. Contribuons donc à combattre ces « experts » qui ne sont que de vrais manipulateurs, assujettis à cette UE. On vient de le vérifier encore plus clairement avec l’affaire de Chypre, en constatant la violence avec laquelle ils peuvent décider de frapper les peuples. Ils disent avoir décidé de casser la place financière chypriote « hypertrophiée » dans le seul but d’éviter un effondrement en chaîne du système bancaire européen... tout aussi « hypertrophié » et gangrené ! Un plan d’une brutalité inouïe, qui  dirige Chypre vers une récession sans précédent pour de nombreuses années et une progression du chômage dans « des proportions dramatiques » (Les Echos). D’ores et déjà, les 19 000 employés des deux principales banques sont menacés dans leur emploi sur une population totale de 1 150 000 habitants ! Mais, selon les Echos, « En laissant entendre que les investisseurs privés renfloueraient les banques à la place des Etats, le président de l'Eurogroupe a inquiété les marchés ».  Parole malheureuse, ou nouvelle politique de défense de la finance, hier interdite ? Les « experocrates » nous bassinent tous les jours avec l’interdiction de toucher aux investisseurs privés.  La veste se tourne facilement, mais une seule politique persiste celle de la défense du capital international.
Ils ont raison du point de vue de l’intérêt des financiers, ils ont tort du point de vue économique, c’est même une aberration. Hors la politique c’est l’art de gouverner, et gouverner c’est faire des choix. Le choix de gouverner du seul point de vue de la finance, c’est gouverner dans l’intérêt d’une minorité. Gouverner dans l’intérêt d’une minorité c’est une dictature.

Dans un récent sondage IFOP, 64% des français estiment que la lutte des classes est une réalité contre 44% en 1967 ?
Rappel : Ce que l’on a appelé une « révolution » en 1968, sous la houlette de Dany le particide (voir son nouveau livre), anti syndicaliste, a en fait été dévoyée vers une « révolution des mœurs », alors que fin mai 68 le pouvoir fut vacant par la force de la grève générale. Les dirigeants communistes offrirent alors un grand coup de main à De Gaulle.

Seule l’action conjuguée des travailleurs et des peuples d’Europe pour abattre la troïka, qui lutte pour la défense des seules exigences du capital financier international, peut nous  libérer du carcan des traités européens en imposant aux gouvernements d’annuler leurs plans.
Pas vu à la télé : A Tarragone 160 délégués de 13 pays européens réunis les 16 et 17 mars 2013 en conférence ont adopté un appel pour aider les travailleurs et les peuples d’Europe à conjuguer leurs forces dans ce sens.

A bientôt

samedi 23 mars 2013


Une  version que j'aime de la chanson fétiche de la révolution du 25 avril au Portugal dont il est question dans l'article précédent

Grândola, Vila Morena est beaucoup plus qu'une chanson. L'auteur interprète José Zeca Afonso l'a créée en mai 1964 après un concert dans la ville alentejana de Grândola. Presque dix ans après elle a servi de mot de passe à 0h30 le 25 avril 1974, dans une émission de la station Rádio Renascença  afin d’avertir les capitaines impliqués dans le soulèvement après avoir entendu, qu'avait approché le moment. Ce jour a été une révolution insolite, non sanglante et heureuse. « Aussi surréaliste que cela puisse paraître : les soldats soulevés prenaient position corps à terre sur le trottoir tandis que des enfants sans école les regardaient baissés à leur côté; un agriculteur monté sur son tracteur en croisant de bon matin la colonne rebelle de blindés chargée d'occuper le coeur de Lisbonne, s'est exclamé : “Vive l’armée ! et allez jusqu’au bout !” ». Le peuple portugais est sorti alors dans la rue et on l'a jouée, donnant un appui débordant, nécessaire et brave à la révolte. Et Grândola, la chanson-consigne inventée par Zeca Afonso pour remercier une ville pour son accueil dans un récital, fut reprise par les capitaines comme message qui s'est transformée en symbole pur de ce jour, du meilleur de l'histoire contemporaine « lusa » (portugaise).
 

dimanche 17 mars 2013

Nouvelles d’Espagne

El fracaso de la reforma laboral.

Je rentre du séjour hivernal en Espagne, et je reprends un titre du journal El Pais, relatif à plusieurs articles analysant « l’échec de la réforme du marché du travail ». C’était une des réformes de base qui doivent résoudre « la crise » européenne selon la troïka (Commission Européenne, BCE, FMI) et qui est rabachée par les « experts nationaux » à longueur de temps dans les médias.

Plus d’un an après la destruction du Code du Travail par le gouvernement PP (sur ordre de la troïka) l’étude publiée par El Pais démontre que la destruction d’emploi (qui devait diminuer et s’arrêter) ne cesse d’augmenter et que la situation ne s’améliore pas. Qui plus est, la condition des travailleurs s’est considérablement dégradée à cause de ces mesures. ‘La ciudadania rechaza hoy la reforma’, les citoyens rejettent aujourd’hui en bloc cette réforme qui les a appauvris. La crise du bâtiment, la culpabilité espagnole, expliquerait la dureté des réformes. Mais la frénésie de la construction a commencé et continué sous l’impulsion européenne. Aujourd’hui TOUS les travailleurs payent ce qui n’est pas leur erreur. Si il y a eu erreur; car certains ont bien profité de la situation. Seuls les riches (riche selon El Pais : plus de 30 millions d’euros d’actifs) les banquiers et financiers ne sont pas touchés et même voient leurs actifs progresser en moyenne de 7%.

Les travaux de plusieurs hôpitaux en construction sont arrêtés, ou certains terminés et prêts à ouvrir restent fermés faute de pouvoir débloquer l’argent public, celui-ci par ailleurs disponibles pour les banques afin de résoudre leurs problèmes de fusion. Ces banques qui « jouent » dans leur comptabilité avec les stocks de logements, gagnant de l’argent en reprenant les faillites de l’immobilier, et en recevant en même temps des fonds publics. Spéculation et jeux d’écritures qui permettent de gagner de l’argent sans rien vendre. Ces banques qui expulsent les espagnols en appliquant des lois obsolètes, les « desahucios » qui se retrouvent à la rue. Après une majorité de juges qui rendent raison aux « desahucios », aujourd’hui un arrêt de la Cour européenne va peut-être limiter ce problème. Il faut noter le silence du PP gouvernemental sur le sujet.

On peut lire pourtant dans le supplément dominical « Economie », d’El Pais, toute les semaines, des articles de Stiglitz ou Krugman, (dangereux révolutionnaires !), prix Nobel d’économie, faisant référence à Roosevelt ou Keynes, critiquant ce qu’ils appellent une politique suicidaire de l’Europe en Espagne et en général.

La colère des travailleurs.


Toutes les semaines, en Espagne, il y a des manifestations :
- contre les expulsions de logement, à l'appel du mouvement des victimes des hypothèques, avec le soutien des syndicats,
- les travailleurs, médecins, et infirmiers du système de santé contre les coupes budgétaires, ou les projets de privatisation des hôpitaux.
- les syndicats ont appelé à soutenir les manifestations prévues le 20 février contre les reformes envisagées au sein du ministère de la justice. Ils ont appelé aussi, le 23 février, â de nouvelles manifestations dans tout le pays contre la corruption et pour la régénération démocratique.

Au même moment, au Portugal, une vingtaine de manifestations rassemblaient des dizaines de milliers de travailleurs dans les principales villes du pays, à l'appel de la Confédération générale des travailleurs portugais (CGTP); contre la politique économique du gouvernementale. Le secrétaire général de la CGTP Arménio Carlos, a annoncé à la fin de la manifestation â Lisbonne que son syndicat appellerait à des manifestations et des grèves pendant tout le mois de mars. L’hymne, « Grandola Vila Morena », de la révolution des œillets (contre Salazar) refleurit et est utilisé pour interrompre les discours des dirigeants, dont celui du Premier Ministre au Parlement.

Et ailleurs …

L’Italie.

Le boomerang Monti.
Colère contre l'austérité, rejet de l'Union européenne : le message du peuple italien n'échappe à personne.
Celui qui « rassurait les marchés » Monti, ce banquier installé par les commissaires de Bruxelles à la tête de l’Italie, vient de leur être renvoyé comme un boomerang avec, inscrite sur son front, leur cote de popularité : 10 %.

La Grèce.

Souriez : L’émir du Qatar vient d’acheter six îles grecques de la mer ionienne pour la modeste somme de 8.5 millions d’euros.

"Les Grecs" trichaient, ne payaient pas d’impôts. Quels grecs ? Les armateurs (qui ne payent toujours pas), les professions libérales, les chefs d’entreprise, et les artisans et commerçants qui « s’oubliaient sur la tva et le chiffre d’affaires ». Aujourd’hui les travailleurs payent ce qui n’est pas leur dette. Les malades du cancer dans le secteur public, le cas le plus commun (dans le secteur privé il faut payer) ne sont plus soignés faute de médicaments non livrés par les grands labos. La pauvreté et la précarité touchent 30 % des enfants.

Selon une étude de l'Office statistique de l'Union européenne (Eurostat), 27 % des jeunes de moins de 18 ans sont menacés de pauvreté ou d'exclusion sociale dans l'Union européenne.
Sans surprise, l'étude démontre que plus le niveau social des parents est faible, plus le risque de pauvreté est grand pour leurs enfants. Le pays où le " risque " de pauvreté des enfants est le plus important est la Bulgarie, avec 52 %, suivi de la Roumanie (49 %), la Hongrie (40 %) et l'Irlande (38 %). En France et en Allemagne, ce risque est respectivement de l'ordre de 23 % et 20 %. Le commissaire à l'Emploi et aux Affaires sociales de l'Union européenne, Laslzo Andor, a publié une recommandation écrite dans laquelle il prône de développer, par exemple, la scolarité très tôt comme en France, pour laisser la possibilité aux femmes seules de travailler. A condition, faudrait-il ajouter. qu'elles trouvent du travail.

Rappelons qu'en Bulgarie, c'est l'ouverture à la concurrence édictée par l'Union européenne pour la culture du tabac qui a jeté des dizaines de milliers d'enfants dans les champs de tabac en lieu et place de leurs parents, pour un coût moindre, au compte des grandes entreprises internationales.

D'un côté, l'Union européenne s'alarme de la précarité des enfants, et de l'autre, elle l'organise.

Alors !...

Comme Monti, le gouvernement français a approuvé le traité d'austérité. Comme lui, il s'attaque au pouvoir d'achat, à la protection sociale en un mot "au coût dut ravail". Comme lui, il est dépendant des marchés qui financent sa dette publique. Observations pertinentes…
Assumant le reniement de leurs promesses, en quelques mois, président et ministres français continuent à vouloir porter la hache de l'austérité dans les hôpitaux, les retraites, la fonction publique, et raturer disloquer le Code du travail.

Une chose est claire : les travailleurs et la majorité de la population en Espagne, au Portugal et dans tous les pays d'Europe sont opposés aux différents plans d'austérité dictés par la troïka.
Les travailleurs et les jeunes, la majorité de la population sont disposés, comme le montrent ces grèves et manifestations, à combattre pour le retrait de ces plans.

Question :

- peut-on faire reculer les gouvernements par un carrousel de manifestations sans objectif précis ? Peut-on porter un coup d'arrêt à la politique dictée par la troïka sans oeuvrer à unifier en un seul mouvement, sur des objectifs précis, tous les travailleurs des villes et des campagnes ? Les 15, 16 et 17 mars prochains se tiendra à Tarragone une conférence ouvrière européenne. Mais on ne vous le dira pas à la télé !

A Madrid, Athènes, Lisbonne, … et donc Paris, les gouvernements, sous le joug du capital financier restent sourds aux avertissements des peuples, ils ne font que préparer pour LEUR union européenne « une chute sans fin, dans une nuit sans fond » selon les mots de Victor Hugo comparant la situation de l’époque à l’Enfer de Dante.
(Avec mes remerciements pour la réutilisation de cette conclusion)

A bientôt