vendredi 4 septembre 2015

Nuances du vocabulaire … toujours.



Sous le même titre, dans ce blog, le 31 juillet vous avez lu :
Les Blancs sont des expats (expatriés), les autres sont des immigrés ! La manière de définir les personnes qui quittent leur pays pour trouver du travail en dit long sur les préjugés, constate un blogueur africain.

Le dictionnaire Larousse nous définit ainsi le préjugé : Jugement sur quelqu'un, quelque chose, formé à l'avance selon certains critères personnels et qui oriente en bien ou en mal les dispositions d'esprit à l'égard de cette personne, de cette chose. Opinion adoptée sans examen, souvent imposée par le milieu, l'éducation : exemple, avoir les préjugés de sa caste.

Le débat sémantique est important car il cache toujours une action médiatique pour inférer sur ce qu’on appelle l’opinion publique.
« Comment faut-il appeler les personnes qui meurent par milliers, avalées, englouties dans les mers de notre monde ? Comment faut-il appeler ceux qui à Calais rêvent de passer en Angleterre, partis de leur pays pour sauver leur peau ? Et ceux qui sont venus pour une vie meilleure tout simplement ? » Ces questions qui paraissent banales sont pourtant rarement posées, alors que le vocabulaire utilisé est porteur d’idéologie, de croyance et de jugements qui alimentent dans la majorité des cas dans nos pays, des sentiments et des opinions dangereuses et la plupart du temps fausses. Les mots comptent : « Réfugiés », « migrants », « clandestins », ou simplement, pour être provocateur, « touristes » ?

La question est pourtant parvenue jusqu’au médiateur de Radio France. En mai, il décrivait le sujet comme « sensible chez de nombreux auditeurs ». Un auditeur remarque : « quand ils sont à nos portes ou sur le territoire de l’Union européenne, ils sont des migrants ou des sans-papiers. Quand ils sont en Turquie parce qu’ils fuient la Syrie, ils sont réfugiés. »

Le choix des mots n’est pas anodin, et il se joue une bataille politique autour de l’emploi de chacun d’entre eux. Tous ne correspondent pas à la même situation juridique (réfugiés/étranger en situation irrégulière, par exemple) et ne projettent pas la même image (migrant/clandestin, par exemple). Il y a donc un sens, une raison, au dérapage de l’un à l’autre. D’autant plus que si on se rappelle la « retirada », l’exil espagnol autour de 1936 : de « clandestins » passant la frontière, ces « migrants » étaient « internés » dans les camps français, pour devenir plus tard des « réfugiés ». Tout cela suivant la politique en vigueur.

Les termes de « clandestins » et de « sans papiers » ne sont utilisés aujourd’hui que par l’extrême droite. Et pourtant nous avons désormais tous en tête des images bouleversantes de familles épuisées, d’enfants dans les bras de leurs parents. Trop banalement. Un communiqué de l’agence des Nations unies soulignait déjà en juin que : « Plus de la moitié de la population réfugiée est composée d’enfants, une proportion tout à fait alarmante. » Ce que dit le glissement de “clandestin” vers “réfugié” ou “exilé”, c’est donc aussi un ressenti, une émotion vive.Un enfant ne peut pas être un “migrant”. Le regard peut aussi changer.

Afghans, Irakiens, Iraniens, Soudanais, Syriens, Kurdes, Érythréens,… : des hommes, des femmes – et des enfants – transitent ainsi par Calais depuis maintenant vingt ans. L’immense majorité d’entre eux fuient la guerre (qu'européens ou américains, ont déclarée ou entretiennent) ou la répression et relèvent d’un besoin de protection internationale. Et nous luttons contre cet « envahissement ».

C’est ainsi que, alors que je rédige (lentement) cet article une photo parait. Aujourd'hui vous la connaissez tous. Et cette photo change toute la perception de ces migrations, confirmant ce que je voulais exprimer : on peut, par la présentation médiatique (émotion, choc,…), modifier et même inverser la position politique de l’opinion publique.

Pas besoin de discussions, le discours de l’extrême droite devient obsolète, je n’ai même plus besoin d’argumenter. Alors pourquoi faut-il attendre si longtemps pour agir. Les hommes restent des hommes, nous ne sommes pas une race supérieure, à enfermer dans des frontières. Mais je reste lucide, le choc de l’image passera vite…

A bientôt.

mercredi 12 août 2015

Raphael CORREA



Premiers pas dans Quito. Rumeur grandissante à l’approche du centre-ville : cela fait déjà plusieurs jours que le peuple bat le pavé. Depuis son accession au pouvoir en 2007, Raphaël Correa jouit pourtant dans la rue d’une solide popularité. Il a fallu que le prix du baril de pétrole descende très bas (–50%) -un coup des ricains?- pour que l’Etat n’ait plus grand-chose à redistribuer.
 
 

Pourtant, dès les premiers mois de son accession au pouvoir, le gouvernement a doté le pays d’un réseau routier tout neuf, et massivement investi dans l’éducation et la santé, avec des résultats probants et visibles : dispensaires gratuits, écoles gratuites (yc matériel scolaire et transport des enfants dans les campagnes). Comme au Venezuela, les médecins cubains sont venus à la rescousse, si sollicités dans les états progressistes qu’ils perdent ici une partie de leur légendaire suprématie. Des petits vieux dans les villes font la queue sur les trottoirs pour percevoir leur revenu minimum, placides et plutôt en bonne forme. On mange à peu prés à sa faim dans les campagnes équatoriennes et jusque dans les villes moyennes. 

 
Il est possible de pénétrer en Equateur sans visa. Des colonies d’Américains trustent quelques pans de territoires en haussant les prix quand l’autochtone fait de même de ses épaules. Les cubains incarnent l’immigration pauvre, massive et mal-acceptée. Car, étonnamment, cette population majoritairement métisse pratique le racisme avec une certaine ferveur. Mais jamais tant que la religion catholique. Le passage du pape en juillet 2015 a en effet déchainé dans toute l’Amérique du Sud une passion qui supplante tout, même le football ; des pèlerins des pays voisins ont fait le voyage, d’autres ont parcouru des centaines de kilomètres à pieds… Et, ma foi, c’est plus difficile de se moquer de l’évènement avec cet homme surprenant, dont on peut se demander, à la mesure de ses prises de position inédites à la tête du clergé, comment il échappe à la dague ou au calice mortels de quelques services secrets. Parallèlement, comme partout dans le monde, l’Eglise Evangéliste tisse sa toile et gagne du terrain, avec le même marketing que les Frères Musulmans là-bas ou le FN ici.

Le pétrole a été nationalisé et malgré ce: concédé pour partie aux chinois, ce qui fait tousser certains. A côté: une production insolente de bananes, de crevettes (dont l’équatorien voit à peine l’emballage d’exportation), un cacao haut de gamme et le tourisme qui prend lentement essor (la variété du pays possède tout ce qu’il faut pour plaire !). Peu de capacité de transformation des matières premières et une balance commerciale très déficitaire, contre laquelle Correa vient d’imposer récemment l’obligation pour les restaurateurs industriels d’utiliser exclusivement les produits nationaux. Les produits d’importation de biens non-essentiels sont fortement taxés, donnant l’illusion à l’étranger riche que la vie est chère en Equateur. La fuite des capitaux vers la Colombie et le Pérou, états libéraux, se poursuit à bon rythme…

A Guayaquil, la ville économique de l’Equateur qui renferme ses laissés-pour-compte, un programme de reconquête sociale redonne vie à des bidonvilles : l’Etat fournit gratuitement aux habitants les matériaux et l’enseignement pour construire leurs maisons et traiter l’assainissement, redonnant dignité à des gens qui se détournent de la drogue.

Dans une prise de conscience un peu tardive, le gouvernement tente de préserver son plus bel atout patrimonial : la nature. Le plus gros prédateur, le pétrole, a déjà partiellement ravagé le sud-amazonien, et avant lui : les chercheurs d’or. 

Plusieurs villes côtières et la célèbre Vallée des Centenaires aimantent des populations de baba-cools –pour la plupart des étrangers, et souvent gringos- qui expérimentent le mélange de l’ennui avec des substances hallucinogènes.

Et donc, la population de Quito, la ville qui fait / défait les politiques (*) et héberge l’armée, gronde en ces jours contre Correa.

Comment en est-on arrivé là ?
Dans l’exercice plus délicat de son second mandat, le leader a sans nul doute été atteint de chavisme. Il a tout d’abord achevé de dresser un appareil d’état tentaculaire, en disproportion avec le niveau de vie du pays. Il occupe aussi tout l’espace médiatique, depuis ses rencontres avec la population abondamment diffusées par la télévision, jusqu’à certains panneaux de propagande qui balisent les bords de routes. Et puis, il y a eu cette tentative, fustigée par Lula, de modifier la constitution pour pouvoir se représenter à vie, signe de faiblesse de ceux qui imaginent leur force irremplaçable.

Mais ce qui a réellement mis la rue en ébullition, c’est le projet de loi d’impôt sur la succession. Les petites gens, qui n’ont pas lu Rousseau, y ont vu, au même titre que la classe dominante, atteinte à leurs intérêts…

La guerre civile a probablement été évitée grâce aux propos modérateurs du pontife François !

                                                                                                                           E.H.
(*) Correa est originaire de Guayaquil
 
 

vendredi 31 juillet 2015

Nuances du vocabulaire et relents de supériorité.



Faut-il faire la chasse aux fraudeurs sociaux ?
Ce que nous ne voulons pas, c’est le discours stigmatisant qui va souvent avec. Quand ce sont les entreprises qui fraudent, on parle d’optimisation fiscale, il y a deux poids deux mesures.

Expatriation, immigration :
Les Blancs sont des expats (expatriés), les autres sont des immigrés !
La manière de définir les personnes qui quittent leur pays pour trouver du travail en dit long sur les préjugés, constate un blogueur africain.

Sur la protection sociale :
Le gouvernement veut maîtriser tout le champ de la protection sociale si l’on en juge par la mission qu’il a confiée au Haut conseil au financement de la protection sociale. C’est une dérive économique libérale parce que le Chef de l’Etat a accepté le pacte budgétaire européen qui impose de réduire les coûts. Que se passera-t-il s’il n’y a pas d’accord sur les retraites complémentaires et si l’Etat reprend la main ?
Il remettra au pot ou il privatisera ? Regardez par exemple ce qu’il se passe avec Areva !
Le paritarisme est menacé. Or le paritarisme est une vraie école de responsabilité et un rempart.

A bientôt.

Quelle laïcité ? La laïcité tout simplement.



Les médias et tous ceux qui participent au « prêt à penser » nous abreuvent de la diversité de la laïcité. Pourtant il y a des définitions qui clarifient la question, notamment la loi de 1905, adoptée après des années de discussion. Mais le prétexte de modernisation est toujours présent. Que je sache un chat est toujours un chat, et un humain toujours humain.
La majorité des définitions rejoignent celle-ci :
La laïcité ou le sécularisme est le principe de séparation de l'État et de la religion et donc l'impartialité ou la neutralité de l'État à l'égard des confessions religieuses.
Dans une perspective laïque, les croyances et convictions qui ont rapport à la religion (religions proprement dites, croyances sectaires, déisme, théisme, athéisme, agnosticisme, spiritualités personnelles) ne sont que des opinions privées, sans rapport direct avec la marche de l'État. C'est là considérer la politique comme une affaire humaine, seulement humaine. Réciproquement, la liberté de croyance et de pratique doit être entière, dans les limites de « l'ordre public ».
Le Larousse indique : « Conception et organisation de la société fondée sur la séparation de l'Église et de l'État et qui exclut les Églises de l'exercice de tout pouvoir politique ou administratif, et, en particulier, de l'organisation de l'enseignement. »

Début mars 2015, France 3 a interrogé des philosophes français avec la question : « Que doit être la laïcité en France ? »
Bien sûr le pannel incluait le référentiel médiatique, Michel Onfray, philosophe athée. Pour lui : « la laïcité doit évoluer », car quand la loi de 1905 est proclamée, « on est dans une configuration ultra-catholique et non musulmane. »
Rappelons que l’affirmation que l’Islam n’était pas présent sur le territoire de la République en 1905 ne repose que sur une lecture révisionniste de l’Histoire. Elle est donc fausse et mensongère, car en 1905, il y avait 3 départements français en Algérie qui regroupaient 10 millions de musulmans, soit le double d’aujourd’hui en France. La mémoire fait aussi défaut, parfois, aux philosophes.
Il réclame donc, déclaration faite aussi à la télévision, « un islam républicain » : « On doit pouvoir permettre que les imams soient formés par la République et qu'il y ait même un financement public de tous les lieux de cultes. On sait très bien que tant qu'on laisse le financement des mosquées à des entreprises privées, ce sont les entreprises d'Arabie Saoudite et du Qatar qui sont dans des logiques d'islam intégriste et conquérant qui vont financer placer et surveiller leurs imams ». Déclaration choc ! Mais habituelles chez lui. Il la joue sur la peur du grand méchant loup, comme s’il n’y avait pas d’autres possibilités. Fini la laïcité ! D’ailleurs pour lui : « la loi de Séparation des Eglises et de l'Etat est hypocrite. On sait très bien qu'il y a un droit de regard de la République sur la religion. Aujourd'hui un évêque est nommé avec l'assentiment des pouvoirs politiques en place. »  Ah bon ! Alors il faut demander d’appliquer la loi.
Exit donc la laïcité. Non, pour le philosophe : « il faut arrêter de faire de la laïcité une religion, mais la repenser au regard de ce qu'il se passe dans l'histoire, dans la sociologie et dans la démographie de notre pays. »
Le mélange lui sied bien, lui qui est d’un  athéisme « religieux ». Remettons les choses en place, la religion est une chose, la République en est une autre. En quoi l'Islam devrait être « républicain » ? Ce que préconise Michel Onfray, c'est l'ingérence de l'Etat dans les affaires religieuses, c'est le gouvernement qui doit décerner le label « républicain » aux religions. C'est bien le retour du Concordat contre la loi de Séparation des Eglises et de l'Etat. Ce n'est plus la séparation, c'est l'intégration sous contrôle des religions par l'Etat.

On vous l'avez bien dit que ce n'était pas un laïque !
Je reprendrais la conclusion de la Libre Pensée sur l’appel à participer à la grande manifestation nationale qu’elle organise, le samedi 5 décembre 2015, 15H place de la République à Paris :
« … Il s’agit d’une remise en cause de la séparation de la sphère publique et de la sphère privée qui est le fondement de la loi du 9 décembre 1905 de Séparation des Eglises et de l’Etat. Quand la laïcité est partout, elle n’est nulle part. Les mêmes, qui ne cessent de nous parler de laïcité, refusent obstinément d’exiger l’abrogation de la loi Debré du 31 décembre 1959 qui organise le détournement chaque année de plus de 10 milliards d’euros de fonds publics pour les écoles catholiques.
La République ne reconnaît, ne subventionne, ni ne salarie aucun culte (Article 2 de la loi du 9 décembre 1905). La Fédération nationale de la Libre Pensée appelle tous les laïques authentiques à participer à la grande manifestation nationale qu’elle organise. Pour la défense de la loi de 1905 :
Abrogation de la loi Debré ! »

A bientôt.

jeudi 30 juillet 2015

De plus en plus d'enfants pauvres dans les pays riches.



Depuis 2008, le nombre d'enfants vivant sous le seuil de pauvreté a augmenté de 3,5% en moyenne dans les pays économiquement les plus développés de la planète, selon un rapport publié par l'UNICEF daté du 28 octobre 2014.
Depuis le début de la dernière crise financière, l'UNICEF évalue l'évolution du nombre d'enfants vivant dans des ménages dont le revenu est inférieur au seuil de pauvreté.Dans les 41 pays suivis - membres de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ou membres de l'Union européenne - "le nombre d'enfants ayant sombré dans la pauvreté […] dépasse de 2,6 millions le nombre d'enfants qui en sont sortis (6,6 millions, contre 4 millions)", selon l'UNICEF. Plus de 76 millions d'enfants vivraient donc dans la pauvreté dans ces pays pourtant prospères.
Pour la France l’augmentation du taux de pauvreté des enfants est de 3% (de 15,6 % à 18,6 %) entre 2008 et de 2012, "ce qui correspond à une augmentation nette d'environ 440.000 enfants pauvres". Un enfant sur cinq vit donc sous le seuil de pauvreté. On relève une augmentation de 5,7% en Italie et de 8,10% en Espagne. Les cinq pays les plus mal classés dans le tableau sont l'Irlande (10,60%), la Croatie (11,80%), la Lettonie (14,60%), la Grèce (17,50%) et l'Islande (20,40%).
"Deux tiers des pays européens étudiés ont connu une aggravation du dénuement matériel sévère" après 2008, détaille les auteurs du rapport. " Dans les pays les plus touchés, la proportion d'enfants gravement défavorisés a quasiment doublé en quatre ans."
"Le nombre de familles indiquant que leur situation est "très difficile" a augmenté dans la plupart des pays", poursuivent les chercheurs. "Depuis 2008, le pourcentage de ménages avec enfants n'ayant pas les moyens d'acheter de la viande, du poulet ou du poisson tous les deux jours a plus que doublé en Estonie, en Grèce et en Italie."
Europe qui, je vous le rappelle, ne peut que vous apporter la paix et la prospérité. La réalité c’est l’évolution de la pauvreté et ce n’est pas fini, loin de là. Le peuple grec, comme le peuple français n’a pas à payer pour une dette qui n’est pas la sienne, alors que le nombre et la fortune des millionnaires ne cesse de dépasser les sommets !
L'incapacité à faire face aux dépenses imprévues a augmenté de près de 60% en moyenne au sein des ménages avec enfants dans les 12 pays les plus touchés.
"Le pourcentage de jeunes ne travaillant pas et ne suivant ni études ni formation (NEET) a considérablement augmenté dans de nombreux pays", alerte l'UNICEF. "Dans l'Union Européenne, 7,5 millions de jeunes […] ne travaillaient pas et ne suivaient ni études ni formation en 2013, soit près d'un million de plus qu'en 2008." En France, cette situation concerne 11,2% des 15-24 ans.
Source : Les enfants de la récession : impact de la crise économique sur le bien-être des enfants dans les pays riches, Bilan Innocenti 12 (2014) Centre de recherche de l'UNICEF, Florence.
A bientôt.

mardi 21 juillet 2015

La Grèce ... ah la Grèce !

Exemple de démocratie :
On fait un référendum, vous répondez ce que vous voulez, et l'Etat appliquera ce que l'Europe aura décidé.
C'est mieux que la démocratie, c'est de la "démocratie avancée".
La Grèce vote à 61% contre un projet en accord avec son gouvernement, qui appliquera finalement la demande des Européens.

  Varoufakis



Juncker
Angela Merkel avec Juncker, Président de la Commission.



Ce n'est pas nouveau :
Le Danemark et la Suède ont refusé la monnaie unique en 2000 et 2003, l'Irlande a dit non aux Traités de Nice et de Lisbonne en 2001 et 2008, et la France et la Hollande au Traité constitutionnel en 2005. Les "instances européennes" n'en ont pas tenu compte.


A bientôt




lundi 20 juillet 2015

Soyez écolo mettez un Froome dans votre moteur



Pour une fois je réagis à l’actualité.
Mardi 14 juillet 2015. Otez-moi d’un doute, je regarde le Tour de France et l’accélération de Froome me laisse perplexe, comme beaucoup d’autres cyclistes. Est-ce naturel ?
Le patron de l'équipe Sky, Sir Dave Brailsford nous dit après l’arrivée : « La surprise, c'est le résultat des autres qui n'étaient pas au niveau attendu ». Ah bon, ce n’était que ça. Tous les Contador, Nibali, Quintana, Valverde, etc… ridicules car mal préparés. Sur le moment j’avais pensé au dopage. Quelle erreur. Contador, mal préparé donc, a tout de même gagné le Tour d’Italie. Mais au fond, le problème n’est-il pas là. A la vitesse atteinte par les coureurs et les efforts demandés, 2 grands tours ce n’est plus possible. Personne n’évoque cet argument. Froome dit « je m’entraine dur et je récolte les résultats ». Jalabert, ancien coureur, dit « c’est offensant envers les adversaires que de laisser entendre qu’ils ne s’entraînent pas autant que lui ». Justement au Tour d’Italie, les Sky ont testé, en vue du Tour, pour leurs leaders (dans ce cas Richie Porte) l’utilisation d’un camping car luxueusement équipé pour éviter les changements d’hôtel, perturbants disent-ils. L’UCI a interdit à la suite ce changement prétextant que les coureurs doivent rester à la disposition de l’organisateur de la course, l’utilisation d’un motorhome privé pouvant favoriser des activités illicites. Le lendemain 15 juillet, Sir Dave Brailsford convie la TV à visiter  les fameux camping cars pour montrer qu’ils sont équipés normalement, lit super confortable. Rien n’indique qu’il puisse y avoir d’activités particulières (transfusion sanguine ?...). Oh ! Surprise. Même du thé extra ! Pourtant Sir Dave Brailsford : « nous respectons les règles, personne ne couche là ! ». Si finalement les coaches. Alors les fameux essais en soufflerie, pour perfectionner la position du coureur. Ah çà non ! Regardez Froome et vous verrez le Jacouti sur un vélo ! Mêmes coudes et jambes  écartés et Peut être le pédalier ovoïde alors ?Non finalement cela ne s’est pas généralisé et n’est même pas utilisé sur piste. Alors c’est inné ! Froome né au Kenya est du plus pur bio africain.
A quand la publicité contre le réchauffement climatique :
« Soyez écolo mettez un Froome dans votre moteur »



Ci dessus le Jacouti en plein effort ! A vélo c'est la même allure que Froome
A bientôt.

samedi 18 juillet 2015

La Streikrepublik ou l’Allemagne république de la grève.



C’est une étonnante idée ?
Pourtant, non. El Pais, le grand quotidien espagnol, publie un article sur le nouveau terme à la mode, omniprésent, en Allemagne : la Streikrepublik, jeu de mots qui substitue à Bundesrepublik Deutschland  -République Fédérale de l'Allemagne- par la République de la Grève.
Il faut remercier pour l’apparition de ce néologisme les conducteurs de trains, les employés de garderies, les facteurs, les pilotes d’avions et, prochainement, les contrôleurs aériens. « Beaucoup de citoyens ont ces jours-ci la sensation que les travailleurs des services publics se sont mis d'accord pour revendiquer leurs droits » cite El Pais. De l’autre côté on voit les choses différemment. Là on se rappelle que grâce à la « « modération » salariale et à l’abaissement des indemnités et de la durée du chômage (agenda du social-démocrate Schroeder) ces dernières années, l'Allemagne est en avance sur ses voisins dans les restrictions pour, soi disant, sortir mieux armée de la crise de l'euro.  Que le pouvoir d'achat des travailleurs a stagné dans les 15 dernières années. Et que l'inégalité entre ceux qui gagnent plus a grandi et n'a pas moins cessé de croître. Les syndicats et les partis de gauche croient que l'heure de commencer à répartir le gâteau entre tous est arrivée. Et, sur le champ, les représentants des travailleurs n'ont inventé rien de nouveau : ils savent que s'ils veulent quelque chose, ils auront à se battre fort pour l'obtenir. Et la grève est la meilleure arme. CQFD.

A bientôt.

lundi 13 juillet 2015

Convergences … spirituelles.



Une fois encore je ne résiste pas à vous livrer le mot d’humeur de Michel Sérac sur IO :    
Ce n'est pas un secret : les dignitaires du parti Vert se bousculent pour devenir ministres, aux côtés de Valls et Macron. Le rapprochement devrait s'opérer à l'approche de la cérémonie d'union sacrée sur le climat, à Paris fin 2015. Hollande y posera en sauveur de la planète, a fortiori sauveur de la France.
Ces compères viennent de faire ensemble la louange du pape, leur mentor écologique.
L’encyclique du pontife assimile la défense de l'environnement au respect de la Création divine, et le parti Vert se déclare en « convergence » avec le pape : contre la « consommation », pour la « sobriété », contre les « puissances de l'argent » (18 juin).
Pour Cécile Duflot, « l'écologie peut être comprise comme un dépassement du matérialisme » (Libération).
Ainsi, c'est avec ferveur que les Verts servent leurs deux maîtres, Hollande et le pape : en aidant les salariés, les communes, à moins consommer, grâce aux budgets et pactes d'austérité ; en approuvant la sobriété hospitalière de la loi Touraine.
Chacun voit bien aussi que le banquier-ministre Macron combat les puissances de l'argent.
Et par leur pieux soutien à la réforme Vallaud-Belkacem du collège, les Verts soulagent la jeunesse de connaissances inutiles, qui font obstacle à la vraie foi dans les mystères de la Création.
Hollande et les Verts convergent donc avec ce qu'ils appellent « une autorité morale de ce niveau » (Dantec, sénateur vert).
Nous verrons bientôt comment cette haute autorité morale " dépasse le matérialisme " : finances et mafia, pédophilie ecclésiastique, etc...

A bientôt

Le grand scandale des inégalités de santé



C’est en France aujourd’hui, que dis-je, en région parisienne, un voyage en RER proposé par « Périphéries » le 21 juin sur France Inter. Cela peut paraître insignifiant, vous verrez que les thèmes abordés dans cette émission d’un très bon niveau, laquelle côtoie l’excellente émission « 3D » qui va disparaître à la rentrée, sont toujours importants sur leurs contenus.
De quoi s’agit-il ? D’un parcours le long de la ligne B du RER.
Départ : le jardin du Luxembourg au cœur de la capitale. Arrivée : La plaine Saint Denis à peine quinze minutes plus loin.
Entre les deux, l’illustration des inégalités territoriales de santé dressées par Emmanuel Vigneron un professeur de géographie, spécialiste de la géographie sanitaire.
Et dans ce périple, qui n’est pas un parcours de santé, chaque minute compte car entre départ et arrivée, en moins de quinze minutes, l’espérance de vie des habitants du quartier a chuté de plus de six années.

Et oui en France, comme dans le monde « avancé », aujourd’hui les inégalités de santé se creusent. Certaines sont liées à la catégorie sociale à laquelle on appartient. D’autres au territoire où l’on vit une forme de discrimination. Les classes sociales n’ont pas disparues comme aiment à le raconter les « experocrates ». Je vais donc vous résumer l’enquête.
Pour les français malgré tout, la santé est toujours perçue comme une préoccupation majeure, arrivant souvent en deuxième position après l’emploi dans les sondages.
La santé a constitué un enjeu électoral au début de la Révolution française et lors du Front populaire.
Mais en dehors de ces périodes, assez peu de « politiques » voient dans la santé une source de revenus et d’emplois très importante, une source de lien social aussi, de cohésion de la nation, une source de fraternité bien utile quand la société est malmenée par la crise. Pourtant tout le monde en paye le coût dans le cadre des impôts républicains et de la Sécu. La santé c’est nous tous à travers les salaires qui payons, mais dans le cadre de la « baisse du coût des charges de l’entreprise » et depuis l’intégration comptable des dépenses de santé par l’UE dans le cadre du budget de l’Etat c’est devenu une dépense diminuée et à diminuer. Donc les politiques en parlent peu, sauf pour dénoncer des « abus ». Quand on compare aux « modèles » américains ou anglo-saxon on est encore loin de leur décadence, mais laissera-t-on aller jusque là ? C’est à nous de voir !
La santé c’est un domaine qui a connu de très grands, rapides et spectaculaires progrès. Longtemps, il a suffi de faire confiance à ce progrès.
Longtemps, il n’y a pas eu scandale. On avait fait un système de santé très égalitaire, bâti sur le même modèle que les lycées, les écoles... La France était un pays à peu près continûment peuplé, et de Paris jusqu’au plus petit hameau, il était assez facile de répartir les équipements selon un principe d’équité.
Aujourd’hui, les zones qui sont loin ou en « périphérie » des métropoles sont des zones de relégation : on y trouve à la fois les personnes âgées et les moins riches. On a donc une sorte de double relégation, qui atteint paradoxalement les personnes qui ont plus besoin de santé et de la solidarité sociale que d’autres. Les déséquilibres se sont donc accentués.
Toutes les inégalités ne sont pas des scandales. Mais quand les inégalités frappent toujours les mêmes, il y a injustice.
Dans le schéma de l’espérance de vie en Ile-de-France, au long du RER B [document ci-dessous]. On y voit qu’à quelques kilomètres de distance, à âge égal, le risque moyen de mourir varie de six ans. La carte des problèmes de santé recouvre en grande partie la carte de la pauvreté.
Mais Vigneron dit aussi que le fait même de vivre dans ces quartiers est pathogène... « C’est ce qu’on appelle « l’effet ZUS ». Il a été démontré que le simple fait d’habiter dans une zone urbaine sensible – une fois qu’on a neutralisé les effets d’âge, de sexe et de classe sociale – a des effets pathogènes. Ils sont liés à mille choses : au cadre de vie, au stress, à la pollution éventuelle, au faut qu’il n’y a pas d’offre de santé suffisante dans ces zones-là. On constate souvent plus de souffrance psychologique et d’obésité qu’ailleurs. C’est simple : dans les quartiers où il y a beaucoup de pauvres, les magasins vendent des trucs de pauvres et la qualité de la vie et de la bouffe s’en ressent. Quand on est plutôt aisé dans une zone pauvre, on adopte même le genre de vie des gens de la zone pauvre. »
Vigneron remarque que le sociologue Didier Fassin considère que « dans les pays industrialisés, l’état de santé d’une population ne dépend de son système médical que pour 1/5e, le reste relevant de facteurs proprement sociaux ».
Quand bien même l’état de santé ne serait lié que pour 20% au système de santé, eh bien c’est 20% sur lesquels nous pouvons agir, et sur lesquels la Constitution fait injonction à tous les républicains d’agir et ce sans oublier les pourcentages restants. On n’améliore pas la qualité des hôpitaux en diminuant leur budget ! D’autant plus que la santé reste un système très administré en France, et donc accessible à l’action publique. Des solutions il y en a, mais il faut rompre avec ce système capitaliste financier inique. Vigneron propose quelques améliorations, en particulier : Enseigner. « Si les jeunes médecins recevaient davantage d’enseignement des humanités – et ce n’est pas un vain mot puisque par le passé ça avait abouti à une meilleure répartition des professionnels –, la situation serait différente. Souvenez-vous : la vente de timbres sur la tuberculose à l’école, c’était de la vraie prévention, on avait des timbres et on allait les vendre en sonnant aux portes des voisins au profit du comité de lutte contre la tuberculose. On se sentait mû d’une certaine responsabilité et du même coup, on apprenait qu’il fallait se laver les mains pour lutter contre les maladies infectieuses. En gros : la République, ça s’apprend. Et pas avec TF1 ».
Mais là aussi l’enseignement ne prend pas la bonne direction.




A bientôt.