mardi 3 janvier 2017

En Grèce, les soldes continuent.



Alors même que le Fonds monétaire international reconnaît qu’il ne faut plus infliger à Athènes davantage d’austérité, le Mécanisme européen de stabilité, emmené par le ministre allemand des finances Wolfgang Schaüble, a suspendu des mesures d’allègement de la dette grecque. Objectif : Sanctionner le gouvernement Tsipras qui, confronté à un désastre social, venait d’annoncer aux retraités un versement unique compris entre… 300 et 830 euros, et lancer une nouvelle vague de privatisation. Une étude du Transnational Institute (TNI) sur l’industrie de la privatisation en Europe, publiée en février 2016, parvient à la conclusion qu’il « n’existe aucune preuve démontrant que les entreprises privatisées fournissent un service plus efficace ». Qui ne s’en est pas encore aperçu, à part les aveugles ? En revanche, la vague de privatisations a fait chuter les salaires, dégradé les conditions de travail et accru les inégalités de revenus. C’est l’objectif de la Commission Européenne : une classe ouvrière taillable et corvéable en permanence.
Rappelons-nous :
Et elle crée des peuples sous alimentés sans faire payer les riches (armateurs et autres crapules capitalistes) sans état d'âme. Tuer les pauvres c'est moins grave que de tuer des animaux !

A bientôt.

Le dessinateur Philippe Becquelin, alias Mix & Remix, est mort.


Sa famille a annoncé sa mort sur twitter :

Mix & Remix. 19 décembre, 23:00

C'est avec une immense tristesse que nous vous faisons part du décès de Mix & Remix dont la lutte déterminée contre un cancer du pancréas a pris fin hier soir en début de soirée. – Sa famille endeuillée
Mix & Remix, de son vrai nom Philippe Becquelin, est né en Suisse le 6 avril 1958 à Saint-Maurice, dans le canton du Valais. Il a débuté comme dessinateur en 1984, année où il obtient un diplôme de peinture aux Beaux-Arts avec sa femme, d’où le pseudonyme Mix & Remix (qu'il conserve même lorsqu'il poursuit sa carrière en solo). Mix & Remix a collaboré avec le journal suisse L'Hebdo, de 1987 à 2012, avant de rejoindre Le Matin Dimanche. Il a aussi dessiné pour l'émission "Infrarouge" sur la RTS (Radio Télévision suisse), l'hebdomadaire Courrier international et pour Siné Hebdo, en France. Il était connu pour caricaturer les politiques de tous horizons en les affublant d'un gros nez, pour son sens de l'absurde et sa grande humanité. Avec l'humour noir qui le caractérisait, il avait évoqué sa maladie sur son compte twitter.

 

Ses dessins m’ont beaucoup amusé.

Les réformes ont déjà des effets négatifs sur la durée des retraites.



La direction des études du ministère des Affaires sociales (Drees) vient de publier le bilan des réformes menées entre 2010 et 2015. Soit les lois Woerth en 2010 et Touraine en 2014, plusieurs décrets (dont l'extension du dispositif « carrières longues » en 2012) et plusieurs accords paritaires sur les complémentaires.
Résultat : le temps moyen passé à la retraite ne va pas augmenter, mais au contraire diminuer.
Alors où sont les fameux gains d'espérance de vie qui allaient mettre en faillite les caisses de retraite ?

Un article dans les Echos analyse les courbes produites :

« La Drees compare quatre générations éloignées de dix ans, en commençant par
- Ceux nés en 1950, qui ont théoriquement liquidé leurs droits en 2010. Ces sexagénaires n'ont été touchés qu'à la marge par la sous-indexation des pensions de base et complémentaires, et le décalage d'avril à octobre de leur revalorisation voté en 2014.
- La génération 1960 est « pleinement touchée par la réforme de 2010 » qui repousse les bornes d'âge de deux ans (62 ans au minimum et 67 ans pour le taux plein). « Elle commence également à être affectée par les accords nationaux Agirc-Arrco », ajoute la Drees : en 2011, 2013 puis 2015, trois accords interprofessionnels ont débouché sur une hausse des taux de cotisation pour les salariés du privé, une baisse du rendement des régimes, une baisse des avantages familiaux. Plus de la moitié des représentants de cette génération sont également touchés par l'instauration d'abattements temporaires sur la retraite complémentaire des salariés, décidée en octobre. Ces quinquagénaires bénéficient tout de même de départs anticipés pour carrière longue dans des conditions favorables.
- La génération 1970 sentira l'augmentation de la durée de cotisation requise pour toucher une retraite à taux plein, votée en 2014.
- La génération 1980 prend de plein fouet cette réforme. Ces trentenaires qui ne partiront que dans les années 2040 voient aussi la majorité de leur carrière touchée par les accords Agirc-Arrco.
- Les générations suivantes pourront en partie se consoler avec la baisse du nombre d'heures payées au SMIC requises pour valider un trimestre - 150 heures contre 200 avant 2014 -, qui leur permettra d'accumuler plus facilement des droits à la retraite.
Globalement, les réformes stabilisent voire diminuent la durée de la retraite à 25-26 ans entre les quatre générations étudiées. Alors que le principe posé en 2003 était de consacrer deux tiers des gains d'espérance de vie au travail et un tiers à la retraite, la réforme a été « plus exigeante que la norme d'équité » pour les quadras et quinquas, qui passeront même moins de temps à la retraite. La pension moyenne croît grâce à l'allongement des carrières : rapportée au salaire moyen, celle des femmes nées en 1980 devrait être de 3 % plus élevée qu'avant les réformes. Pour les hommes, le gain ne sera que de 1 % car ils ont plus recours au départ anticipé. De plus, ils abrègent plus souvent leur vie professionnelle faute de retrouver un emploi. Ramenée à la durée de la retraite, la pension cumulée baissera de 6 % pour les hommes de 1980 et de 3 % des femmes. »

Encore une fois les « prévisions » ne confirment pas le « soi disant » diagnostic ! Mais est-ce surprenant ? Les économistes qui nous gouvernent ne proposent que les arguments qui sont  favorables aux intérêts de la finance et du profit. Nous vivons dans un système économique d’exploitation de l’homme par l’homme (c’est peut-être « ringard » de le rappeler), ou toutes références aux valeurs morales sont des artifices de Père Noël.
Nos revendications se heurtent aux exigences de cette économie. Il est une évidence, de gauche ou de droite, le prochain président et son gouvernement seront sommés par l’UE de mettre en oeuvre plus avant les exigences du capital financier, qui sont de détruire tout ce qui a été acquis et notamment depuis 1945 (fonction publique, Sécurité sociale, Code du travail, etc.), l’issue pour les travailleurs ne se trouve ni dans des replâtrages ni dans les combinaisons politiques. Un choc est inévitable entre le capital et le travail. Des comités de liaison et d’échanges (CLE), dans lesquels des discussions sur l’ébauche du programme politique de changement se mène, ont commencé à désigner leurs délégués pour une conférence nationale le 25 mars 2017. Notre conception du « rassemblement le plus large possible » est à l’opposé des manœuvres électoralistes conduisant à l’impasse. Nous n’irons pas où ils veulent nous conduire, les moyens existent pour faire aboutir nos intérêts. C’est dans la « lutte des classes » et non pas dans la « lutte des places », que doit se mener notre combat : l’aide au rassemblement des exploités, dans l’unité avec leurs organisations, pour dégager le chemin vers la démocratie.

A bientôt.

Humour de l'an dernier ... et oui !


Sans paroles


Trouvez la différence entre un GEEK et un ISLAMISTE :

En fonction de leur tenue, la barbe que portent certains hommes n’est pas perçue de la même façon. Cette remarque, à l’origine du projet Hipster/Muslim, la Néerlandaise Shirin Mirachor se l’est faite à Amsterdam-West, un quartier populaire où vivent à la fois de nombreux musulmans et de nombreux hipsters, deux groupes chez qui il est fréquent de porter la barbe et au sujet desquels circulent nombre d’a priori. L’exposition vient de s’installer à Anvers.



A bientôt.

Les français ne travaillent pas assez !

Surprise, surprise !

Dans cette statistiques qui découvre-t-on en dernière place ?
Les grands exemples allemands.

A bientôt

Colloque de Toulouse « La guerre contre les Nations, la guerre entre les Nations »




Déclaration des participants du Colloque de Toulouse
Des 26 et 27 novembre 2016 – Université Toulouse-Jean Jaurès
L’année 2016 a vu se tenir deux colloques sur la Guerre de 1914-1918, organisés par la Libre Pensée. Le premier à Aix-en-Provence, le 19 novembre, sur « Les colonies et leurs mobilisés dans la Grande Guerre » et le deuxième, à Toulouse, sur la question des Nations.
La question des États-Nations est aussi importante aujourd’hui qu’hier. En effet, l’une des théories mises en oeuvre par les laudateurs des Institutions de l’Union européenne a été que l’État-Nation est consubstantiel à l’idée de guerre. En conséquence, il faudrait faire disparaître les États-Nations au profit de structures supranationales pour faire disparaître les guerres. Or, le constat s’impose : l’Union européenne n’a pas fait disparaître la guerre, bien au contraire. Elle tend même à devenir un instrument de la guerre, menée au service de l’OTAN, c’est-à-dire au compte des intérêts de la Banque Mondiale, du FMI et de la Banque centrale européenne.
La Guerre de 1914-1918 fut bien une guerre contre les Nations : elle préparait un siècle de souffrances, de misères, de destructions et d’exodes massifs. Les flots de réfugiés aujourd’hui sont les conséquences directes de la Première guerre mondiale et des conséquences qu’elle a engendrées, des problèmes qu’elle n’a pas résolus.
Les participants au Colloque de Toulouse ont pu faire plusieurs constats :
1°) - La guerre a d’abord été une guerre économique de rapines et de prébendes pour accroître les intérêts des puissances belligérantes. Les USA n’ont jamais cessé de fournir des biens matériels aux puissances centrales. Malgré le blocus « officiel » contre l’Allemagne, les États-Unis ont continué de lui transmettre des marchandises et des matières premières pour la guerre, par l’intermédiaire des pays neutres. Business is business. Les historiens, dans leurs études actuelles, ont démontré que, sans cette aide, l’Allemagne aurait été vaincue dès le début de 1916. Jamais la formule d’Anatole France - « On croit mourir pour la patrie, on meurt pour les industriels » - n’aura été aussi vraie.
2°) - Si la guerre a profité aux grands groupes capitalistes, dont beaucoup se sont constitués à cette occasion, cette guerre a considérablement appauvri les puissances belligérantes, les vaincus comme les vainqueurs, hormis les USA qui sont sortis du conflit en position de force. La Deuxième guerre mondiale amplifiera encore ce processus.
Le tableau ci-dessous montre que les pays neutres ont connu une progression importante de leur PIB pour la période 1913-1929, ce qui ne fut pas le cas pour les pays en guerre :
Pays neutres % par an
Suède : 1,9
Finlande : 2,4
Danemark : 2,7
Suisse : 2,8
Norvège : 2,9
Pays-Bas : 3,6
Pays combattants % par an
Royaume-Uni : 0,7
France : 1,9
Italie : 1,7
Belgique : 1,4
Allemagne : 1,2
Autriche : 0,3

La guerre a eu des conséquences dramatiques, sur tous les plans, pour les Nations et pour les peuples.
3°) - Si la plupart des Empires disparaîtront (Allemagne, Autriche-Hongrie, Ottoman, Russie), seul l’Empire britannique résistera, sans doute parce qu’il appartenait au camp des vainqueurs, comme l’Empire colonial français. Force est de constater, par contre, que les formes parlementaires des ex-Empires des Puissances centrales disparaîtront toutes à l’issue de la guerre. Ce ne fut donc ni une guerre pour la morale, ni une guerre pour la démocratie.
4°) - Cette guerre a été un conflit embrassant au fur et à mesure la quasi-totalité des pays. Des déclarations de guerre vont se succéder tout au long des années du conflit :
- 1er août 1914 : L’Allemagne déclare la guerre à la Russie.
- 3 août 1914 : Déclaration de guerre de l'Allemagne à la Serbie et à la France.
- 4 août 1914 : La Grande-Bretagne déclare la guerre à l'Allemagne.
- 2 novembre 1914 : La Turquie déclare la guerre à la Russie
- 24 mars 1915 : L’Italie entre dans le conflit.
- 27 août 1916 : La Roumanie déclare la guerre à l’Autriche-Hongrie.
- 6 avril 1917 : Les États-Unis déclarent la guerre aux puissances centrales.
- 29 juin 1917 : La Grèce entre dans le conflit.
Ce sont les intérêts politiques, économiques, territoriaux qui expliquent l’entrée dans le conflit des pays et non une quelconque volonté de lutter pour la démocratie. Là aussi, Business is business. La question de possibles gains territoriaux est aussi déterminante dans l’action des belligérants.
5°) - Beaucoup de corps constitués et de personnes ont poussé à participer à la mobilisation guerrière, souvent celle des autres, car selon une formule célèbre, « ils étaient toujours prêts à se battre avec la dernière goutte du sang des autres ». Beaucoup de champs d’activités ont été étudiés depuis. Il y en a un cependant qui a relativement échappé aux investigations des historiens : celui des chercheurs et des scientifiques, dont nombre d’entre eux ont participé activement, par l’intermédiaire de leurs travaux, à la grande boucherie.
Quasiment seuls, le grand libre penseur Lord Bertrand Russel au Royaume-Uni et G.G. Nicolaï à Berlin ont voulu faire entendre la voix du pacifisme internationaliste dans le conflit. Il serait intéressant que la Libre Pensée consacre un colloque ou une conférence publique à cette question. Notamment pour établir les conséquences futures de tout cela dans les conflits suivants. « C’est un désir singulier que de rechercher le pouvoir pour perdre la liberté ». – Francis Bacon.
6°) - Si le pacifisme s’est exprimé tout au long du conflit (voir le discours de la Libre Pensée pour le 11 novembre 2016), il l’a fait sous des formes différentes. Il y eut aussi une expression internationaliste clairement manifesté à Zimmerwald (1915), à Kienthal (1916) et Stockholm (1917).
2016 est le centième anniversaire du Manifeste internationaliste de Kienthal, nous voulons en citer quelques passages qui montrent sa brulante actualité.





Manifeste de Kienthal
AUX PEUPLES QU’ON RUINE ET QU’ON TUE !
Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !
Deux ans de guerre mondiale ! Deux ans de massacres ! Deux ans de réaction !
Qui donc est responsable ? Où sont donc - derrière ceux qui, au dernier moment ont allumé l’incendie - ceux-là qui l’ont voulu et préparé depuis un quart de siècle ?
Ils sont parmi les privilégiés !... « Les institutions du régime capitaliste qui disposent du sort de peuples, les gouvernements (monarchiques ou républicains), la diplomatie secrète, les puissantes organisations patronales, les partis bourgeois, la presse capitaliste, l’Église - sur elles repose toute la responsabilité de cette guerre, surgie d’un ordre social qui les nourrit. »…
Après avoir couché dans la tombe des millions d’hommes, désolé des millions de familles, fait des millions de veuves et d’orphelins, après avoir accumulé ruines sur ruines, et détruit irrémédiablement une partie de la civilisation, cette guerre criminelle s’est immobilisée. Malgré les hécatombes sur tous les fronts, pas de résultats décisifs. Pour faire vaciller seulement ces fronts, il faudrait que les gouvernements sacrifient des millions d’hommes.
Ni vainqueurs ni vaincus, ou plutôt tous vaincus, c’est-à-dire tous saignés, tous épuisés : tel sera le bilan de cette folie guerrière. Les classes dirigeantes peuvent ainsi constater la vanité de leurs rêves de domination impérialiste…
Que vos voix nombreuses crient avec les nôtres : À bas la guerre ! Vive la paix !
TRAVAILLEURS DES VILLES ET DES CHAMPS !
… Le vrai but de cette boucherie mondiale est, pour les uns de s’assurer la possession du butin qu’ils ont rassemblé pendant des siècles et au cours d’autres guerres ; pour les autres d’aboutir à un nouveau partage du monde, afin d’augmenter leur lot en annexant des territoires, en écartelant des peuples, en les rabaissant au niveau des parias.
… La guerre n’a jamais tué la guerre. Au contraire, en excitant les sentiments et les intérêts de « revanche », la guerre prépare la guerre, la violence appelle la violence….
Il n’y a qu’un moyen d’empêcher les guerres futures : C’est la conquête du gouvernement et de la propriété capitaliste par les peuples eux-mêmes. La « paix durable » sera le fruit du Socialisme triomphant.
PROLÉTAIRES !
Regardez autour de vous. Quels sont ceux qui parlent de prolonger la guerre jusqu’au bout, jusqu’à la « victoire » ? Ce sont les auteurs responsables, les journaux alimentés aux fonds secrets, les fournisseurs aux armées et tous les profiteurs de guerre, les social-nationalistes, les perroquets de formules guerrières gouvernementales, les réactionnaires qui se réjouissent en secret de voir tomber sur les champs de bataille ceux qui menaçaient hier leurs privilèges usurpés, c’est-à-dire les socialistes, les ouvriers syndicalistes et ces paysans qui semaient le blé rouge à travers les campagnes…
Assez de ruines aussi ! Car c’est sur vous, peuples travailleurs, que tombent et tomberont ces ruines. Aujourd’hui, des centaines de milliards sont jetés au gouffre de la guerre et perdus ainsi pour le bien-être des peuples, pour les oeuvres de civilisation, pour les réformes sociales, qui auraient amélioré votre sort, favorisé l’instruction et atténué la misère….
Peuples qu’on ruine et qu’on tue, debout contre la guerre ! Courage ! N’oubliez pas que, malgré tout, vous êtes encore le nombre et que vous pourriez être la force. Que dans tous les pays, les gouvernements sentent grandir en vous la haine de la guerre et la volonté de revanches sociales, et l’heure de la paix sera avancée.
À bas la guerre !
Vive la paix ! - la paix immédiate et sans annexions.
Vive le socialisme international !

Les participants au colloque de Toulouse entendent poursuivre leurs actions incessantes et fécondes pour la réhabilitation collective des Fusillés pour l’exemple de 1914-1918. Ils appellent les militants pacifistes internationalistes à multiplier les démarches pour amplifier les prises de positions des Conseils généraux (31 à ce jour), des Conseils régionaux (6 à ce jour) et des Communes (près de 2 000 à aujourd’hui) qui exigent cette réhabilitation collective.
Les participants au colloque de Toulouse remercient les nombreuses associations amies et les organisations syndicales ouvrières qui exigent de concert cette réhabilitation collective.
Les participants au colloque de Toulouse appellent toux ceux qui se reconnaissent dans la cause de la réhabilitation collective des Fusillés pour l’exemple à intensifier la collecte des fonds nécessaires pour que soit érigé un monument en leur hommage sur la ligne de front et à faire circuler l’Appel à la République des descendants des Familles de Fusillés pour recueillir un maximum de signatures.
Toulouse, le 27 novembre 2016

samedi 8 octobre 2016

CICE 40 milliards aux patrons contre le million d’embauches, où en es-t-on ?



Le comité de suivi du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) vient de rendre un rapport sur les effets du CICE.
Rappelons que, grâce au CICE, le patronat a déjà reçu 11,2 milliards d'euros en 2014, 14 milliards en 2015 et va recevoir 18,2 milliards en 2016 (1).
Avec quels résultats ?
Ce comité de suivi répond :
- " Pas d'effet observable sur l'investissement, la recherche et développement et les exportations "
- " Peu d'effets sur les salaires par tête "
- " Des incertitudes entourent l'évaluation des effets sur l'emploi " (après trois ans d'analyse !). Où est le million d’embauches promis par Gattaz ?
Les promesses de patrons rendent les fous heureux !
Alors, où est passé l'argent ?
" Le comité note que le CICE a conduit à une amélioration sensible des marges des entreprises " (2).
Ce n'est pas nous qui le disons !
A noter que, au moment même où ce rapport est publié, le gouvernement a déjà décidé d'augmenter de 6 à 7 % le taux du crédit d'impôt pour 2017, soit la modique somme de trois milliards d'euros supplémentaires !      

(1) Et cela s'ajoute aux exonérations de cotisations et à la baisse des cotisations d'allocations familiales.
(2) Selon le secrétaire général de la CGT, le CICE a rapporté 6,3 millions d'euros à Alstom, qui veut fermer le site de Belfort.

Une brève d'E. H.


Mort de Shimon Peres : temps maussade sur Israël.

samedi 24 septembre 2016

Migration, Intégration, Tolérance…



La migration est un phénomène récurrent dans l’histoire de l’humanité. Entre grande périodes migratoires et stabilisations éphémères, l’homme d’aujourd’hui est un métis, quel que soit sa couleur et sa prétendue, par la manie de classifier tout, race. L’humain originel n’avait pas de couleur car poilu. Puis, né en Afrique, il avait une peau noire, et par le phénomène de l’Evolution des Espèces, il s’est adapté aux régions dans lesquelles il a séjourné suffisamment de temps. Notre ancêtre est donc un noir !...

La France aujourd’hui comme hier ne fait pas exception à la règle, qu’y a-t-il de commun entre breton, catalan, alsacien, corse, j’en passe, à part d’être citoyen de la République Française. A tous les partisans d’une « identité française », je souhaite bien du plaisir…
Rien qu’au 20ème siècle la France a connu de nombreuses migrations, certaines souhaitées par l’Etat, Afrique du Nord, une migration produit de la colonisation, qui a beaucoup aidé le développement industriel avec une main d’oeuvre plus « facile » que les métropolitains, ou souvent non souhaitée, polonais, italiens, espagnols, portugais. Le français n’a jamais accueilli avec bienveillance ces migrations et n’a jamais favorisé l’intégration de ces « envahisseurs ». Rien en France aujourd’hui, en dehors de quelques associations, ne propose une aide, et ce n’est pas un hasard si les immigrants ne souhaitent pas rester dans notre pays, si accueillant dit-on, mais surtout croit-on !
Depuis 2015, l’Europe a dû faire face à l’arrivée de 1,5 million de migrants, due, en particulier à son implication dans les différentes guerres issues de ses « interventions » en compagnie des Américains dans la zone Afrique, Moyen Orient, jusqu’à l’Afghanistan. Porter la guerre ailleurs, et essayer de décider quels « amis », la plupart du temps dictateurs, doivent diriger ces Etats, il y a toujours un retour de bâton. La question qui se pose désormais à nos dirigeants est donc de savoir comment répondre aux inquiétudes de leurs citoyens sans recourir à la démagogie. Hors les réponses sont plutôt populistes. En Allemagne la chancelière a accéléré la mise en place d’une loi sur l’intégration : cours de langue, orientation et formation professionnelle, logement... L’Etat fédéral peut aussi s’appuyer sur les Länder, les municipalités, les bénévoles, les associations, ou même les entreprises. Un projet global, orienté vers l’avenir. Surtout un projet de société, avec des solutions. Certes, la politique d’accueil des migrants d’Angela Merkel suscite de nombreuses critiques, on l’a vu lors des dernières élections, les néo-nazis ressuscitent.

Intégration ou assimilation ?
On entend parler d’intégration, mais aussi d’assimilation. Les mots ont toujours leur importance.
Je viens de lire un article de Philipp Ther, historien, professeur à l’université de Vienne (Autriche), qui correspond bien aux définitions des deux mots : « L’assimilation signifie qu’un groupe minoritaire se fond totalement dans la société majoritaire. L’intégration en revanche inclut le fait que des spécificités peuvent être conservées et acceptées par la société d’accueil – qui par conséquent évolue. C’est en cela que le processus se fait dans les deux sens » souligne Philipp Ther, « le processus d’intégration se fait sur le long terme. Les exemples réussis dans l’histoire montrent qu’il faut compter deux ou trois générations »… « La conjoncture, reconnaît-il, est aujourd’hui défavorable, car les sociétés occidentales doutent fortement d’elles-mêmes. Les phénomènes de “désintégration”, de “ghettoïsation” ou de “sociétés parallèles” ne doivent pas être exagérés, surtout “quand l’Etat n’est pas faible et que les immigrés sont tributaires de la solidarité interethnique”, comme cela a pu être le cas aux Etats-Unis. »
L’assimilation est une illusion, un leurre, l’intégration nécessite de l’adaptation, mais étant demandée le plus souvent à une population peu cultivée, il est aussi nécessaire que les Etats aident à cette intégration et que tous fassent preuve de tolérance (processus dans les deux sens).

Tolérance et intolérance.
Tout d’abord qu’est-ce-que la tolérance ?
Au sens général, la tolérance, du latin tolerare (supporter), désigne la capacité à permettre ce que l'on désapprouve. Au sens moral, la tolérance est la vertu, qui porte à respecter ce que l'on n'accepterait pas spontanément, par exemple lorsque cela va à l'encontre de ses propres convictions, qui admet chez les autres des manières de penser et de vivre différentes des siennes propres. En fait, savoir vivre en société. Pour clarifier le propos, prenons un exemple français. Le massacre de la Saint Barthélémy accompli par les catholiques français, qui, dans leur « immense bonté », n’ont pas tué tous les protestants, n’a pas abouti à une assimilation des protestants. Les protestants, pourtant « français de souche » selon la terminologie d’extrême droite, ont beaucoup émigrés vers d’autres pays, mais certains sont restés et ont cherché à s’intégrer, malgré l’intolérance catholique. Voltaire dit : la « Tolérance n’est pas une position mais un combat. » Ceci est important et rationnel. Dans son Traité sur la tolérance publié en 1763, le texte vise la réhabilitation de Jean Calas, protestant (différent donc coupable) faussement accusé et exécuté pour avoir assassiné son fils afin d'éviter que ce dernier ne se convertisse au catholicisme. Dans ce livre, Voltaire invite, déjà, à la tolérance entre les religions, prend pour cible le fanatisme religieux et présente un réquisitoire contre les superstitions intégrées aux religions. Le Traité sur la tolérance est toujours d'actualité au XXIe siècle. En effet, en janvier 2015, à la suite de l'attentat contre Charlie Hebdo, l'ouvrage de Voltaire se plaçait au sommet des ventes des librairies un peu partout dans le monde. Ses ventes en France passent de 11 500 en 2014 à 185 000 exemplaires fin 2015. Tout le monde ne plie pas face à la stupidité populiste.
L’intolérance c’est aussi la condamnation de Dreyfus, juif, différent donc coupable.
En 1905 pour la loi sur la laïcité de l’Etat, nombre de protestants se sont retrouvés du côté de cette loi, à nouveau contre les catholiques. Grâce à cette loi, LES religions, réservées à la sphère privée, ne devraient plus se combattre sur la place publique, mais c’est sans compter sur la pression cléricale, on le voit toujours aujourd’hui.
Magyd Cherfi a écrit un livre  «Ma part de Gaulois» et dit dans une interview :
« C'était une idée phare, de raconter l'arrivée de la gauche au pouvoir (1981), en même temps que la conscience beur qui s'éveille. On avait intégré la gauche, on nous disait que c'était avec la gauche que les beurs auraient une place en France : la fraternité, la République, la liberté de ton et d'expression… Mais nos parents se disaient dans le même temps : avec Mitterrand, on va repartir. La marche des beurs se met en place deux ans plus tard, on va réclamer l'égalité des droits… Et on obtient une carte de résident. Quand t'es arabe, t'es pas l'égal d'un blanc ! Une carte de résident, c'est l'autorisation de rester un peu plus longtemps … »
Et 30 ans après, que reste-t-il ?
« Le rendez-vous manqué est né là, et depuis le précipice n'a fait que s'écarter. On arrive à l'affrontement qu'il y a aujourd'hui et qu'on peut résumer : «puisque vous ne voulez pas qu'on soit musulman, on va l'être, même si on ne l'est pas».
Qu'est ce qu'il faudrait faire ?
« Inventer des symboles, des signaux dans lesquels ils peuvent se refléter. Tout le temps La Marseillaise, le drapeau bleu blanc rouge, la France de Vercingétorix à Louis XVIII…Où est-ce qu'on existe dans la nation Française ? Il n'y a pas de symbole où se refléter. Veut-on une société qui reste blanche ou est-ce qu'on assume l'aspect cosmopolite ? Ne pas avoir donné le droit de vote des immigrés a été une erreur fondamentale, pour l'idée de dire «vous appartenez à la nation». Même en étant Algérien, tu vas pouvoir voter parce qu'en réalité, et c'est objectivement vrai, tu es Français. Au bout de soixante ans, nos parents ont vécu moins de 18 ans en Algérie… Donner le droit de vote, c'est exiger qu'ils soient Français, et là, tu crées un ciment. »

« Le rendez-vous manqué », l’absence de tolérance…
Et la peur ! Ces guerres, soi disant pour établir la démocratie, provoquées par l’impérialisme américain et ses féaux engendre le terrorisme que les gouvernements utilisent pour amplifier la peur, et gouverner à leur aise. Dans l’Empire Romain on disait « donnez leur des jeux et du pain ». 
Oui, nous payons la crise de déclin du capitalisme, pécuniairement, car les financiers ont créé les conditions pour être exemptés, et par la peur.
Beaucoup répondent avec les populistes (héritiers du national-socialiste Hitler, Mussolini, Franco,…) au lieu de répondre classe contre classe.

A bientôt.

La science économique est infaillible !



Deux économistes secouent le monde économique, en prônant la fin des débats en sciences économiques, et donc la fin de la pluralité politique, puisqu’une seule solution est possible. Plus besoin d’élections, seulement des « scientifiques » de la question. Pour notre plus grand bien évidemment. Plus besoin de débats d’idées, de tendances, de consensus, le paradis capitaliste ! Mieux qu’une démocratie populaire sans opposition, puisqu’il n’y a plus besoin d’opposition.

Cela vous parait aberrant. Pas du tout, vous pouvez lire dans Les Echos en ce début d’automne : « Le livre que viennent de publier Pierre Cahuc et André Zylberberg, « Le négationnisme économique », secoue le monde des économistes. Les deux auteurs y avancent que l’économie est devenue une science exacte, donc peu susceptible d’être contestée. »

Donc la thèse défendue est qu'aujourd’hui, l’économie serait devenue une science exacte, une science expérimentale, aux résultats aussi sûrement établis que ceux de la physique et ce serait du négationnisme que de contester les théories économiques dominantes. Je vous rappelle que le négationnisme consiste à nier la réalité de la shoah et des chambres à gaz. Ce glissement sémantique, est choisi dans le but de produire une assimilation de la critique de la pensée économique dominante et de l’action criminelle. Rien de moins. Donc se débarrasser de tout ce (et ceux) qui contestent les affirmations des nouveaux savants de la pensée unique.

Nous atteignons les sommets du cynisme. Le système arrive vraiment à sa mort et ne sait plus que faire.
Bien sûr pour eux la solution est dans la modernité et la liquidation des retraites, de la Sécurité Sociale solidaire, de toutes les conquêtes sociales, en France, de 1936 et 1945 encore debout. « La fin de l’Etat providence », comme ils disent et « il n’existe qu’un remède : la saignée, c’est-à-dire la baisse continuelle du coût des bas salaires ». Certains économistes qui ne souhaitent pas une fin trop rapide commencent à s’affoler.

Le combat ne se règlera pas dans les élections, fussent-elles présidentielles.

A bientôt